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« Dépendre de », « cacher à », « protéger contre », « se composer de » : quatre tournures françaises, une seule famille russe. От et из réclament toujours le génitif, mais ils ne se remplacent pas : l’un sépare et tient à distance, l’autre fait sortir de l’intérieur, et cette image survit dans leurs emplois les plus abstraits.
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Le francophone qui découvre que зависеть se construit avec от note une préposition de plus. Il gagnerait davantage à noter une image : от marque ce dont on s’écarte, из ce dont on sort. Presque tous les verbes de cette page se rangent derrière l’une ou l’autre, et le français, qui dit tour à tour « de », « à », « contre », « par » ou « en », ne vous aidera guère à choisir.
Dans l’espace, les deux prépositions disent d’où l’on vient. Из iz fait sortir d’un intérieur : on sort из комнаты, de la pièce. От ot fait partir d’un point ou d’une personne sans qu’on y soit entré : on s’éloigne от окна, de la fenêtre. Ce partage spatial, avec le с qui répond à на et l’от qui ramène de chez quelqu’un, est exposé à la page où et vers où. Nous le supposons connu : il ne sera question ici que des emplois abstraits, ceux où le verbe impose la préposition sans qu’aucun déplacement ait lieu.
Or les verbes abstraits gardent l’image. Отказаться от une idée, c’est s’en écarter ; защищать от le froid, c’est tenir le froid à distance ; зависеть от quelqu’un, c’est recevoir son sort d’un point extérieur à soi. À l’inverse, состоять из trois parties, c’est être fait de ce que l’on contient ; исходить из une hypothèse, c’est en sortir pour raisonner ; узнать из un livre, c’est puiser dedans. Quand vous hésitez, posez-vous une seule question : la phrase parle-t-elle d’un écart, d’une séparation, d’une personne d’où vient la chose, ou bien d’une matière, d’une source dans laquelle on puise, d’un état dont on sort ?
Deux certitudes simplifient le reste. La première : les deux prépositions commandent le génitif dans tous leurs emplois, et un pronom de troisième personne prend après elles le н- initial, от него ot niegó, из неё iz nieió. La seconde : le cas ne dépend pas du verbe, il suit la préposition. Tout l’effort porte donc sur le choix de la préposition, et c’est l’objet de cette page. Le tableau général des rections, cas par cas, se trouve à la page quel cas après quel verbe ; les autres prépositions du génitif sont rassemblées à la page le cas génitif.
Cette page est l’une des quatre que le dossier consacre aux verbes à préposition. Les trois autres sont citées plus bas, à l’endroit précis où leur préposition croise la nôtre.
Voici les seize constructions les plus utiles, regroupées par préposition. La dernière colonne signale l’erreur que la phrase française suggère : c’est elle qu’il faut relire avant de parler.
| Verbe | Préposition et cas | Exemple | Piège |
|---|---|---|---|
| зависеть zavíssiet’, dépendre | от + génitif | Цена зависит от сезона. Tsená zavíssit ot siezóna. — Le prix dépend de la saison. | « ça dépend », dit seul, ne se calque pas |
| отличаться otlitchát’sia, différer | от + génitif ; le trait à l’instrumental | Он отличается от брата характером. On otlitcháietsia ot bráta kharáktierom. — Il diffère de son frère par le caractère. | « par » se rend d’abord par l’instrumental, sans préposition |
| отказаться otkazát’sia, renoncer | от + génitif | Он отказался от сладкого. On otkazálsia ot sládkogo. — Il a renoncé aux sucreries. | « renoncer à » ne prend ni к ni le datif |
| отказать otkazát’, refuser à | datif, puis в + prépositionnel | Ему отказали в визе. Iemoú otkazáli v vízie. — On lui a refusé le visa. | sans -ся, et sans от |
| избавиться izbávit’sia, se débarrasser | от + génitif | Мы избавились от старого дивана. My izbávilis’ ot stárogo divána. — Nous nous sommes débarrassés du vieux canapé. | aucun complément direct |
| отвыкнуть otvýknout’, se déshabituer | от + génitif | После Москвы мы отвыкли от тишины. Póslie Moskvý my otvýkli ot tichiný. — Après Moscou, nous avions perdu l’habitude du silence. | c’est l’inverse de привыкнуть к |
| защищать zachtchichtchát’, protéger | accusatif, puis от + génitif | Эта куртка хорошо защищает от ветра. Èta koúrtka khorochó zachtchichtcháiet ot viétra. — Cette veste protège bien du vent. | « contre » se dit от, non против |
| скрывать skryvát’, cacher | accusatif, puis от + génitif | Он скрывает от родителей плохие оценки. On skryváiet ot rodítieleï plokhíie otsiénki. — Il cache ses mauvaises notes à ses parents. | « cacher à » : pas de datif |
| лечить lietchít’, soigner | accusatif, puis от + génitif | Её лечат от ангины. Ieió liétchat ot anguíny. — On la soigne pour une angine. | la personne à l’accusatif, non au datif |
| получить poloutchít’, recevoir | accusatif, puis от + génitif | Я получил от сестры посылку. Ia poloutchíl ot siestrý possýlkou. — J’ai reçu un colis de ma sœur. | « prendre à quelqu’un » se dit взять у |
| требовать triébovat’, exiger | génitif ou accusatif, puis от + génitif | Эта работа требует от нас большой точности. Èta rabóta triébouiet ot nas bol’chóï tótchnosti. — Ce travail exige de nous une grande précision. | la personne après от, non au datif |
| состоять sostoiát’, se composer | из + génitif | Квартира состоит из трёх комнат и кухни. Kvartíra sostoít iz triókh kómnat i koúkhni. — L’appartement se compose de trois pièces et d’une cuisine. | « consister en » se dit состоять в |
| исходить iskhodít’, partir de | из + génitif | Надо исходить из фактов. Nádo iskhodít’ iz fáktov. — Il faut partir des faits. | une prémisse prend из, non от |
| узнать ouznát’, apprendre | из + génitif pour un texte | Я узнал об этом из новостей. Ia ouznál ob ètom iz novostiéï. — Je l’ai appris par les informations. | d’une personne, on dit узнать от |
| начать natchát’, commencer | с + génitif | Давайте начнём с главного. Daváïtie natchnióm s glávnogo. — Commençons par l’essentiel. | « commencer par » : ni по, ni через |
| брать пример brat’ primiér, prendre exemple | с + génitif | Бери пример со старшего брата. Bierí primiér so stárchego bráta. — Prends exemple sur ton grand frère. | « sur » ne se dit pas на |
Lisez la colonne du piège de haut en bas : le français y passe de « de » à « à », de « à » à « contre », de « contre » à « par », puis à « en » et à « sur », alors que le russe suit une image et non une préposition française. Les sections qui suivent reprennent ces verbes par familles de sens, chacune avec ses voisins moins fréquents.
Le premier groupe met deux choses en rapport pour dire ce qui les relie ou ce qui les sépare. Le plus fréquent de ces verbes, зависеть от zavíssiet’ ot, « dépendre de », pose peu de problèmes : le « de » français y répond exactement à от, et il suffit de mettre le complément au génitif. Le verbe est imperfectif et n’a pas de perfectif au même sens : on dépend d’une chose, on ne « finit » pas d’en dépendre.
Deux remarques. Quand ce dont on dépend est une proposition entière, la préposition ne peut pas s’y accrocher directement : le russe intercale le démonstratif au génitif, зависит от того, как…, от того, когда…, mécanisme décrit à la page les subordonnées. Ensuite, la réplique « ça dépend », lancée seule, ne se calque pas : la conversation dit volontiers смотря smotriá, suivi d’un mot interrogatif, ou когда как kogdá kak, « selon les fois ».
Отличаться от otlitchát’sia ot, « différer de, se distinguer de », demande un peu plus d’attention, parce qu’il peut recevoir deux compléments à la fois. Ce dont on diffère va après от, au génitif ; ce en quoi l’on diffère se met à l’instrumental, sans aucune préposition. Le français dit « par » ou « en », et la tentation est forte de chercher une préposition russe qui n’a rien à faire ici.
Le troisième exemple montre que le verbe peut aussi se passer d’от : il ne garde alors que l’instrumental et signifie « se distinguer par une qualité », dans un registre plutôt soigné. Le premier exemple, lui, rappelle que la préposition se loge entre les deux mots du réciproque, друг от друга ; la page себя et друг друга en donne la règle. On rencontre enfin по et le datif pour annoncer un critère de comparaison, отличаться по цвету, « différer par la couleur », mais l’instrumental reste la construction à apprendre en premier.
Le verbe transitif отличать, perfectif отличить, « distinguer », met ce que l’on distingue à l’accusatif et ce dont on le distingue après от. Dans la même famille, отставать от otstavát’ ot, perfectif отстать, dit l’écart de celui qui reste en arrière ; à l’impératif, la langue familière en tire une formule très fréquente.
Deuxième famille, la plus fournie : les verbes de l’abandon, du refus et de la délivrance. Ils disent qu’une chose est laissée de côté, et ils la placent après от. Le français, lui, varie sans cesse : « renoncer à », « se débarrasser de », « se passer de », « s’abstenir de », « se déshabituer de ». Si vous retenez que le russe pense ici à un écart, le « à » de « renoncer à » cesse de vous tirer vers le datif.
Les bases d’отказаться — от et le génitif pour ce que l’on refuse, un infinitif pour ce que l’on refuse de faire — sont posées à la page s’avérer, qui le distingue de son presque homonyme оказаться. Retenons ici ce qui s’y ajoute : le verbe couvre « renoncer » autant que « refuser », il sert à revenir sur ce que l’on a dit, et sa forme négative au futur fait une manière polie d’accepter.
Le dernier exemple montre le piège principal. « Refuser quelque chose à quelqu’un » ne se dit pas avec отказаться, qui est pronominal et parle de ce que l’on refuse pour soi. Il faut le verbe sans -ся, отказать otkazát’, avec la personne au datif et la chose après в, au prépositionnel. La phrase française a un complément direct, « le crédit » ; la phrase russe n’en a aucun. Employé avec la seule personne, Она ему отказала Oná iemoú otkazála, le verbe signifie « elle lui a dit non ».
Les verbes qui suivent se construisent tous avec от et le génitif. La deuxième colonne donne la paire d’aspect, perfectif d’abord ; la troisième signale ceux qui appartiennent surtout aux annonces et aux textes officiels.
| Sens | Paire d’aspect | Registre | Exemple |
|---|---|---|---|
| se débarrasser de | избавиться / избавляться | neutre | Как избавиться от этой привычки? Kak izbávit’sia ot ètoï privýtchki ? — Comment se débarrasser de cette habitude ? |
| se libérer de, être dispensé de | освободиться / освобождаться | neutre | Врач освободил её от физкультуры. Vratch osvobodíl ieió ot fizkoul’toúry. — Le médecin l’a dispensée de sport. |
| perdre l’habitude de | отвыкнуть / отвыкать | neutre | Я совсем отвыкла от русской зимы. Ia sovsiém otvýkla ot roússkoï zimý. — J’ai complètement perdu l’habitude de l’hiver russe (dit par une femme). |
| se laisser distraire de | отвлечься / отвлекаться | neutre | Не отвлекайся от дела. Nie otvliekáïsia ot diéla. — Ne te laisse pas distraire de ce que tu fais. |
| souffler, se reposer de | отдохнуть / отдыхать | neutre | Мне нужно отдохнуть от работы. Mnie noújno otdokhnoút’ ot rabóty. — J’ai besoin de souffler un peu, loin du travail. |
| s’abstenir de | воздержаться / воздерживаться | officiel, livresque | Просим воздержаться от курения. Prósim vozdierját’sia ot kouriéniia. — Nous vous prions de vous abstenir de fumer. |
| se dérober à, éluder | уклониться / уклоняться | officiel, journalistique | Он уклонился от ответа. On ouklonílsia ot otviéta. — Il a éludé la question. |
Plusieurs de ces verbes ont un partenaire transitif, où l’on fait subir l’écart à quelqu’un d’autre : la personne passe alors à l’accusatif, et la chose reste après от. Избавить, c’est épargner quelque chose à quelqu’un ; освободить, l’en libérer ou l’en dispenser, comme dans la deuxième ligne. Pour отвыкнуть, le partenaire est un verbe d’une autre racine, отучить otoutchít’, « faire perdre une habitude à quelqu’un ».
Отвыкнуть от mérite une mention particulière, parce qu’il est le contraire exact de привыкнуть к et du datif : on s’habitue en allant vers une chose, on s’en déshabitue en s’en écartant. Le second appartient à la page les verbes en к, et les deux se conjuguent de la même façon au passé, où la syllabe -ну- tombe : отвык, отвыкла, отвыкли otvýk, otvýkla, otvýkli, comme le montre la page le passé pour привык.
Quant à воздержаться et уклониться, ils sonnent comme un règlement intérieur. On les lit sur les affiches et on les entend dans les comptes rendus ; dans une conversation, on dira plus simplement не курите, « ne fumez pas », ou он не ответил, « il n’a pas répondu ».
Choisissez la forme qui complète chaque phrase : selon les cas, le nom ou le pronom qui suit от, le trait qui fait la différence, la préposition elle-même, ou la personne dans la construction du verbe. Touchez une réponse, puis Correction.
Troisième famille : les verbes qui placent une barrière entre quelqu’un et un danger, un secret ou une maladie. Le français y emploie « contre », « de » ou « à » ; le russe garde от, parce qu’il voit partout la même chose, un écart que l’on crée ou que l’on maintient. Quand le verbe est transitif, la personne ou l’objet protégé se met à l’accusatif ; ce que l’on écarte va dans tous les cas au génitif après la préposition.
Deux pièges guettent ici le francophone. Le premier tient à « contre » : la tentation de traduire « protéger contre » par против prótiv est forte, mais avec защищать la norme est от. Employé avec un simple complément direct, sans от, le même verbe se traduit d’ailleurs souvent par « défendre » : защищать свою точку зрения zachtchichtchát’ svoioú tótchkou zriéniia, défendre son point de vue. C’est la préposition qui fait apparaître le danger que l’on écarte.
Le second piège tient à « cacher à quelqu’un ». Le « à » français appelle le datif dans l’esprit du francophone, et le datif est fautif : on cache une chose от quelqu’un, parce qu’on la tient hors de sa portée. Прятать priátat’ se dit surtout d’un objet que l’on dissimule, скрывать skryvát’ plutôt d’une information, d’un sentiment, d’un secret. Devant всех, la préposition prend la forme ото.
Le vocabulaire de la santé suit la même logique : un remède tient le mal à distance. On soigne quelqu’un от une maladie, la personne à l’accusatif et la maladie au génitif ; le pronominal лечиться от dit que l’on se soigne soi-même. On entend aussi la maladie en complément direct, лечить простуду, « soigner un rhume », mais la personne, elle, ne se met pas au datif. Les noms de remèdes reprennent la préposition, là où le français dit « contre ».
Quatrième famille, celle des verbes où quelque chose nous parvient d’une personne : une lettre, une nouvelle, une attente, une exigence. La personne se met après от, au génitif ; la chose reçue ou attendue occupe la place du complément, à l’accusatif ou au génitif selon le verbe. Le français dit « de » (« recevoir de », « attendre de », « exiger de »), mais aussi « par » (« je l’ai appris par lui ») ou une tournure toute différente, comme « qu’est-ce que tu me veux ? ».
Observez le deuxième et le troisième exemple : la chose voulue ou attendue est au génitif, чего, такого, et la personne de qui on l’attend suit от. Avec требовать, « exiger », la chose exigée se met au génitif quand elle est abstraite, comme точности dans le tableau du début. Attendre quelque chose de quelqu’un n’est pas, enfin, compter sur lui : « compter sur » se dit надеяться на et l’accusatif, construction qui relève de la page les verbes en на.
От ou у : celui qui envoie, celui chez qui l’on prend. Le français dit « à » ou « de » dans les deux situations, le russe les sépare. От désigne la personne d’où vient la chose : l’expéditeur, celui qui informe. У, suivi lui aussi du génitif, désigne la personne qui avait la chose et à qui on la prend, l’emprunte ou la demande.
Le dernier exemple montre qu’узнать change de sens avec la préposition : узнать от, c’est apprendre ce qu’on vous a dit ; узнать у, c’est se renseigner auprès de quelqu’un.
Un dernier groupe emploie от pour la cause d’un état que l’on subit : страдать от, souffrir de, уставать от, se lasser de, умирать от, mourir de, плакать от, pleurer de. Leur logique, et l’opposition avec из, qui donne le motif d’un acte voulu, sont exposées à la page exprimer la cause ; nous n’en retenons que deux points de construction.
D’abord страдать stradát’. Avec от, il dit ce qui fait souffrir, souvent une gêne passagère ou extérieure. Pour une maladie durable, il prend volontiers l’instrumental, sans préposition. Ensuite устать oustát’ : suivi d’от, il dit la lassitude que provoque une chose ; suivi d’un infinitif imperfectif, celle que provoque une action qui dure.
Choisissez ce qui complète la phrase : la préposition, le cas du nom, ou les deux à la fois. La glose française précise le sens voulu.
Avec из, le russe regarde à l’intérieur. Les verbes qui le réclament au sens abstrait ne parlent pas d’un écart, mais d’un contenu : la matière dont une chose est faite, le texte où l’on a puisé une information, la situation dont on sort, la personne dont sortira un jour un médecin. Le français dit « de », « en », « avec », « à », « par », « parmi » ; le tableau ci-dessous range ces emplois en cinq familles.
| Ce que dit из | Verbes | Exemple | Le français dit |
|---|---|---|---|
| la matière, les parties | состоять из, сделать из, готовить из | Стол сделан из дуба. Stol sdiélan iz doúba. — La table est en chêne. | « de », « en », « avec » |
| la source d’une idée | исходить из, следовать из, понять из, узнать из | Из этого следует, что он был прав. Iz ètogo sliédouiet, tchto on byl prav. — Il s’ensuit qu’il avait raison. | « de », « à », « par », « sur » |
| l’état dont on sort | выйти из, вывести из, исключить из | Он вышел из себя. On výchel iz siebiá. — Il est sorti de ses gonds. | « de », « hors de » |
| ce qu’une chose devient | получиться из, выйти из, вырасти из | Из него получится хороший врач. Iz niegó poloútchitsia khoróchiï vratch. — Il fera un bon médecin. | « faire », « donner » |
| le choix | выбрать из | Выберите один ответ из трёх. Výbieritie odín otviét iz triókh. — Choisissez une réponse parmi trois. | « parmi » |
Состоять из sostoiát’ iz donne les parties d’un tout, comme dans le tableau du début. Сделать из et готовить из donnent la matière, là où le français dit « en » ou « avec ». Pour la matière d’un objet, notez toutefois que le russe préfère souvent un adjectif : on dit plus volontiers деревянный стол dierieviánnyï stol que стол из дерева, « une table en bois ».
Un piège de taille se cache dans ce verbe. Le français « consister en » ne se rend pas par состоять из, mais par состоять в et le prépositionnel, très souvent dans le tour состоит в том, что…, qui annonce une explication. Les deux constructions disent deux choses différentes : les pièces dont se compose un ensemble, ou ce en quoi réside une chose. Les verbes qui appellent в, avec l’accusatif ou le prépositionnel, forment une autre série, présentée à la page les verbes en в.
Une idée, une conclusion, une information sortent d’une source, comme on sort d’une pièce. Исходить из iskhodít’ iz, « partir de, se fonder sur », est le verbe du raisonnement ; следовать из, « découler de », celui de la conclusion, le plus souvent sous la forme impersonnelle из этого следует. Понять из, узнать из et сделать вывод из disent ce que l’on tire d’un texte, d’une parole ou d’un événement. Le français varie à chaque phrase : « à ses paroles », « par le journal », « sur internet », « de cette histoire ».
Выйти из garde au figuré le couple qu’il forme au sens propre : le préfixe вы- et la préposition из se répondent, comme l’expose la page les préfixes de mouvement. On sort d’une crise, d’une situation, de la mode, et même de soi-même, ce qui veut dire perdre son calme. Le transitif вывести из fait sortir quelqu’un d’un état, et исключить из le fait sortir d’un groupe.
La symétrie de l’espace survit ici d’une manière instructive. Une institution où l’on entre avec в se quitte avec из : поступить в университет, « entrer à l’université », исключить из университета, « renvoyer de l’université ». Mais le travail se prend avec на, et l’on en sort donc avec с : Его уволили с работы Iegó ouvólili s rabóty, « on l’a licencié ».
Reste un emploi que le français ne soupçonne pas : из sert à dire ce qu’une personne ou une chose deviendra, comme si le résultat devait sortir d’elle. La personne passe au génitif, et ce qu’elle deviendra est le sujet du verbe. Получиться из annonce un résultat, выйти из s’emploie surtout à la négation, pour un projet sans avenir, et вырасти из dit ce que devient un être en grandissant (Из мальчика вырос настоящий мужчина) ; avec l’enfant pour sujet et le vêtement au génitif, il dit au contraire qu’on ne rentre plus dans ses habits.
Quelques verbes acceptent les deux prépositions, et le sens bascule avec elles. Ce sont les meilleurs exercices d’oreille de la page, car l’image y décide seule : une personne ou un point extérieur d’un côté, une source ou un milieu dont on sort de l’autre.
| Verbe | Avec от | Avec из |
|---|---|---|
| узнать, apprendre | une personne qui vous l’a dit : Я узнал об этом от соседа. Ia ouznál ob ètom ot sossiéda. — Je l’ai appris par le voisin. | un texte, une émission : Я узнал об этом из интернета. Ia ouznál ob ètom iz intiernéta. — Je l’ai appris sur internet. |
| исходить, partir de | ce dont une chose émane : Предложение исходило от директора. Priedlojéniie iskhodílo ot diriéktora. — La proposition venait du directeur. | une prémisse : Мы исходим из интересов клиента. My iskhódim iz intieriéssov kliiénta. — Nous partons des intérêts du client. |
| происходить, venir de | un ancêtre, l’origine d’un mot : Фамилия Кузнецов происходит от слова «кузнец». Famíliia Kouznietsóv proiskhódit ot slóva « kouzniéts ». — Le nom Kouznetsov vient du mot « forgeron ». | un milieu : Он происходит из семьи врачей. On proiskhódit iz siem’í vratchéï. — Il est issu d’une famille de médecins. |
| отойти / выйти | s’écarter : отойти от дел otoïtí ot diel — se retirer des affaires | sortir : выйти из игры výïti iz igrý — quitter la partie |
La dernière ligne réunit deux verbes de même racine, et c’est le préfixe qui annonce la préposition : от- appelle от, вы- appelle из. Ce réflexe vaut pour bien d’autres verbes de la page — отказаться, отвыкнуть, отличаться, отстать d’un côté, вывести, выбрать de l’autre — sans former pour autant une règle : зависеть, защищать ou избавиться prennent от sans porter son préfixe, et состоять prend из sans le sien.
Choisissez la préposition que réclame le sens indiqué par la glose, ou, pour deux phrases, la forme du mot qui suit из. Touchez une réponse, puis Correction.
Une troisième préposition de l’origine complète le tableau. С s, suivi du génitif, marque le point de départ d’une chose, ou la surface d’où l’on retire quelque chose. Au sens propre, il répond à на ; au sens abstrait, il fournit quelques constructions très fréquentes, que le français rend par « par », « sur » ou « de ».
La première est начинать, perfectif начать, suivi de с : on commence « à partir de » quelque chose. Le francophone, qui pense « commencer par », cherche un équivalent de « par » et tombe sur по ou через, deux fautes. Si ce par quoi l’on commence est une action, le russe passe par une proposition, avec le démonstratif au génitif : « commencer par s’excuser » devient « commencer par ceci, qu’on s’est excusé ».
La deuxième est брать пример с, « prendre exemple sur » : le « sur » français pousse vers на, mais le russe prend le modèle comme un point de départ. La troisième, переводить с… на…, « traduire d’une langue dans une autre », fait l’objet de la page expliquer, traduire. S’y ajoutent deux expressions figées que vous entendrez très souvent, l’une pour la folie, l’autre pour la confusion.
Au marché ou à la caisse, enfin, un verbe sous-entendu, взять, « prendre », explique une formule que tout voyageur doit connaître : on demande, mot à mot, combien le vendeur va prendre « de moi ».
Gardez en tête que с change de sens avec le cas : suivi de l’instrumental, il veut dire « avec ». Une seule désinence sépare donc deux phrases très différentes : Он начал с извинений On nátchal s izviniéniï, « il a commencé par des excuses », au génitif, et Он пришёл с извинениями On prichól s izviniéniiami, « il est venu présenter ses excuses », à l’instrumental.
Une préposition se choisit avant d’ouvrir la bouche. Savoir que скрывать veut от prend une seconde. Dire от родителей au moment où la phrase avance, sans laisser le « à » français vous souffler un datif, demande d’avoir entendu et répété la tournure bien des fois. C’est exactement ce que travaille notre cours de russe, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes, sur la plateforme web comme dans nos applications : prenez la première leçon aujourd’hui.
Dernière série, où les verbes de la page se mélangent. Chaque réponse associe une préposition et un cas, ou un cas seul : un seul choix convient au verbe et au sens donné par la glose.
Plus de cent cinquante pages qui se répondent — la mécanique de la langue, les verbes pris un à un, le vocabulaire par thème — avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.
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Le génitif, dans tous leurs emplois, concrets comme abstraits : от брата, из книги. Après ces deux prépositions, le pronom de troisième personne prend un н- initial : от него, из неё. Le travail porte donc sur le choix de la préposition, non sur le cas.
Demandez-vous si la phrase parle d’un écart ou d’une source intérieure. От sépare, protège, éloigne, et désigne la personne d’où vient une chose : отказаться от, защищать от, получить от. Из fait sortir d’un intérieur, qu’il s’agisse d’une matière, d’un texte ou d’un état : состоять из, узнать из, выйти из. Le doute reste possible, et la construction s’apprend avec le verbe.
Avec un complément, par зависеть от et le génitif : Это зависит от тебя, cela dépend de toi. Employé seul, en réplique, « ça dépend » se rend plutôt par смотря suivi d’un mot interrogatif, Смотря когда, ou par когда как, « selon les fois ».
Отказаться от dit ce que l’on refuse ou abandonne pour soi : отказаться от сладкого, renoncer aux sucreries. Отказать, sans -ся, dit ce que l’on refuse à quelqu’un : la personne se met au datif, la chose après в et le prépositionnel, Ему отказали в визе, on lui a refusé le visa.
Avec скрывать, plutôt pour une information, ou прятать, plutôt pour un objet : la chose à l’accusatif et la personne après от, au génitif : Он скрывает от родителей плохие оценки. Le datif que suggère le « à » français est fautif ici. Devant всех, la préposition devient ото : скрывать ото всех.
Non : la norme est защищать от et le génitif, Эта куртка защищает от ветра. Employé avec un simple complément direct, защищать signifie « défendre » : защищать свою точку зрения, défendre son point de vue. C’est от qui introduit le danger que l’on écarte.
Parce qu’un remède tient le mal à distance, et qu’от exprime cet écart : лекарство от кашля, un médicament contre la toux, прививка от гриппа, un vaccin contre la grippe. Le verbe suit la même logique : лечить кого от чего, soigner quelqu’un d’une maladie, avec la personne à l’accusatif.
Tout dépend de la source. Une personne qui vous l’a dit appelle от : Я узнал об этом от соседа. Un texte, une émission, des paroles où l’on puise appellent из : из новостей, из письма. Pour « se renseigner auprès de quelqu’un », le russe dit узнать у.
Получить от présente la personne comme l’expéditeur, celle d’où vient la chose : Я получил от сестры посылку. Взять у la présente comme celle qui avait la chose et à qui on la prend ou l’emprunte : Я взял книгу у друга. On demande de même quelque chose у quelqu’un : попросить у брата денег.
Les deux existent et ne disent pas la même chose. Состоять из et le génitif donne les parties d’un tout : Квартира состоит из трёх комнат. Состоять в et le prépositionnel dit en quoi consiste une chose, souvent avec в том, что : Проблема состоит в том, что у нас нет времени.
Avec получиться из : la personne passe au génitif après из, et ce qu’elle deviendra est le sujet du verbe, Из него получится хороший врач. Le russe dit littéralement qu’un bon médecin sortira de lui. Pour un projet voué à l’échec, выйти из joue un rôle voisin : Из этой затеи ничего не выйдет.
Par начать с et le génitif : Давайте начнём с главного, commençons par l’essentiel. Si ce par quoi l’on commence est une action, le russe passe par une proposition : Он начал с того, что извинился, il a commencé par s’excuser. Ni по ni через ne conviennent.
Par l’instrumental, sans préposition : Он отличается от брата характером, il diffère de son frère par le caractère. La question correspondante est чем?. On entend aussi по et le datif pour annoncer un critère, отличаться по цвету, mais l’instrumental reste la construction de base.
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