Le russe ne conjugue pas un verbe à deux futurs. Il en construit un seul, mais de deux façons, et c’est l’aspect du verbe qui décide laquelle.
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Le français conjugue un verbe à un futur : « je lirai ». Le russe fait de même, mais chaque verbe appartient d’avance à l’un de deux camps — l’imperfectif ou le perfectif — et ce camp commande la fabrication de sa forme future. Un verbe imperfectif se met au futur au moyen d’un auxiliaire : le verbe быть conjugué, suivi de l’infinitif. Un verbe perfectif se passe d’auxiliaire : il prend les désinences du présent, et ces désinences y valent un futur.
Retenez d’emblée qu’un verbe ne possède pas les deux formes. La question « lequel des deux futurs employer ? » ne se pose donc jamais en ces termes : elle revient à choisir un verbe, c’est-à-dire un aspect. Ce choix relève de la page l’aspect au futur, et la notion elle-même de la page perfectif et imperfectif. Celle que vous lisez ne traite que de la fabrication des formes.
Une réserve, et une seule : les verbes biaspectuels, qui appartiennent aux deux camps à la fois. использовать ispól’zovat’, « utiliser », accepte le futur composé буду использовать aussi bien que le futur simple использую, forme qui vaut par ailleurs pour le présent. Ces verbes sont peu nombreux et se consultent à la page les verbes sans paire.
| Aspect du verbe | Comment se fait le futur | Exemple |
|---|---|---|
| Imperfectif | быть conjugué + infinitif | я буду читать ia boúdou tchitát’ — je lirai |
| Perfectif | désinences du présent, sans auxiliaire | я прочитаю ia protchitáiou — je lirai |
Les grammaires appellent la première forme futur composé et la seconde futur simple. Les deux noms sont commodes, à condition de ne pas y voir deux temps du même verbe.
Le verbe быть byt’, « être », n’a plus de présent conjugué en russe d’aujourd’hui : il n’en subsiste que есть iest’, forme unique et invariable réservée à l’existence. La phrase ordinaire se passe donc de copule, et l’on dit Он врач On vratch, « il est médecin », sans aucun verbe. Au futur, en revanche, быть réapparaît, pleinement conjugué, sur un radical буд- qui ne ressemble pas à son infinitif. Ces six formes sont à savoir par cœur : elles servent deux fois, comme verbe à part entière et comme auxiliaire.
| Personne | Forme | Transcription |
|---|---|---|
| я | буду | boúdou |
| ты | будешь | boúdiech’ |
| он, она, оно | будет | boúdiet |
| мы | будем | boúdiem |
| вы | будете | boúdietie |
| они | будут | boúdout |
L’accent ne bouge pas : il reste sur бу- aux six personnes, commodité rare dont la page l’accent mobile du verbe montre qu’elle n’est pas la règle. Employé seul, быть au futur traduit tous les emplois du verbe « être ».
Deux prolongements, que cette page se contente de signaler. Devant un nom attribut, le russe met ce nom à l’instrumental : Он будет врачом On boúdiet vratchóm, « il sera médecin ». Et la tournure qui remplace le verbe « avoir », absent du russe, se met au futur par la même forme, accordée avec la chose possédée et non avec le possesseur ; elle fait l’objet d’une page à part entière.
À la forme négative, не se place devant la forme de быть, et le sujet d’une phrase d’absence passe au génitif : Завтра дождя не будет Závtra dojdiá nie boúdiet, « demain il ne pleuvra pas ». Ce basculement de cas est expliqué à la page le génitif de négation.
La formation ne connaît aucune irrégularité de forme. On conjugue быть selon le sujet, et l’on pose derrière lui l’infinitif imperfectif, qui ne change jamais, quelle que soit la personne. Deux mots, dont un seul porte les marques grammaticales. Un verbe échappe au procédé : быть lui-même, qui est son propre futur et ne s’appuie sur aucun auxiliaire — буду быть ne se dit pas.
| Personne | Forme | Traduction |
|---|---|---|
| я | буду читать boúdou tchitát’ | je lirai |
| ты | будешь читать boúdiech’ tchitát’ | tu liras |
| он, она | будет читать boúdiet tchitát’ | il, elle lira |
| мы | будем читать boúdiem tchitát’ | nous lirons |
| вы | будете читать boúdietie tchitát’ | vous lirez |
| они | будут читать boúdout tchitát’ | ils, elles liront |
Le -у accentué de в саду n’est pas une faute : c’est la forme spéciale décrite à la page le second locatif.
Un verbe pronominal garde son suffixe sur l’infinitif, et rien d’autre ne change. L’auxiliaire, lui, n’en prend jamais.
L’ordre быть puis infinitif est le plus courant, mais il n’est pas imposé : l’auxiliaire peut passer après l’infinitif, et d’autres mots s’intercaler entre les deux.
L’autre règle est plus rigide, et c’est la seule vraie interdiction de cette page : l’auxiliaire ne se combine qu’avec un infinitif imperfectif. Une suite comme буду прочитать n’existe pas en russe, et un russophone l’entend comme une phrase inachevée. Un verbe perfectif n’a jamais de futur composé, pour la raison exposée à la section suivante.
Un verbe perfectif n’a pas de présent. La chose surprend, puis se comprend : le perfectif donne l’action comme un tout mené à son terme, et l’on ne peut pas achever à l’instant même ce qu’on est en train de faire. Ses désinences de présent restent pourtant disponibles : elles donnent un futur.
Autrement dit, il n’y a rien de nouveau à apprendre : vous conjuguez un verbe perfectif exactement comme vous conjugueriez un imperfectif au présent, avec les deux jeux de terminaisons exposés à la page les deux conjugaisons. Seule la valeur change.
| Personne | прочитать, « lire en entier » | купить, « acheter » |
|---|---|---|
| я | прочитаю protchitáiou | куплю kouplioú |
| ты | прочитаешь protchitáiech’ | купишь koúpich’ |
| он, она | прочитает protchitáiet | купит koúpit |
| мы | прочитаем protchitáiem | купим koúpim |
| вы | прочитаете protchitáietie | купите koúpitie |
| они | прочитают protchitáiout | купят koúpiat |
Le second paradigme concentre deux difficultés. La première personne куплю insère un л que l’infinitif n’a pas : c’est l’une des alternances régulières traitées à la page les alternances du radical, et la même mécanique donne ответить → отвечу otviétchou ou сказать → скажу skajoú. La seconde est l’accent : il tombe sur la désinence à la première personne, puis recule sur le radical aux cinq autres. Le déplacement s’entend et s’apprend avec le verbe.
La lettre ё, et les verbes qui sortent du rang. Beaucoup de perfectifs gardent l’accent sur la désinence aux six personnes ; là où cette désinence accentuée est un е, elle s’écrit ё : возьму, возьмёшь, возьмёт voz’moú, voz’mióch’, voz’miót, « je prendrai, tu prendras, il prendra ». Les textes russes ordinaires impriment cette lettre е, sans tréma, ce qui masque à la fois la voyelle et l’accent : voyez la lettre ё, jamais écrite. Enfin, дать et ses composés se conjuguent sur un modèle unique — дам, дашь, даст, дадим, дадите, дадут dam, dach’, dast, dadím, dadítie, dadoút — qu’il faut retenir tel quel, avec les autres formes rebelles rassemblées à la page les verbes irréguliers.
C’est l’obstacle réel de ce chapitre, et il est de lecture avant d’être de production. Я пишу signifie « j’écris » ; Я напишу, qui n’en diffère que par deux lettres en tête, signifie « j’écrirai ». Le préfixe a rendu le verbe perfectif, et le perfectif a fait basculer la forme dans le futur. Rien dans la désinence ne le signale : c’est l’aspect du verbe, donc son vocabulaire, qui porte l’information.
| Imperfectif | Présent | Perfectif | Futur |
|---|---|---|---|
| читать | читаю tchitáiou — je lis | прочитать | прочитаю protchitáiou — je lirai |
| писать | пишу pichoú — j’écris | написать | напишу napichoú — j’écrirai |
| делать | делаю diélaiou — je fais | сделать | сделаю sdiélaiou — je ferai |
| видеть | вижу víjou — je vois | увидеть | увижу ouvíjou — je verrai |
| покупать | покупаю pokoupáiou — j’achète | купить | куплю kouplioú — j’achèterai |
| говорить | говорю govorioú — je parle | сказать | скажу skajoú — je dirai |
| брать | беру bieroú — je prends | взять | возьму voz’moú — je prendrai |
Les trois dernières lignes montrent que le rapport entre les deux verbes n’est pas toujours un simple préfixe : il passe parfois par un suffixe, parfois par un mot entièrement différent. La fabrication de ces couples est décrite aux pages perfectiver par un préfixe et suffixes et paires supplétives. Pour lire une phrase au futur, une seule conséquence compte : un verbe conjugué au présent qui n’est pas imperfectif parle de l’avenir. C’est pourquoi les dictionnaires présentent les verbes russes par paires.
Идти et ехать sont imperfectifs : ils forment donc régulièrement буду идти, буду ехать. Ces formes ne sont pas fautives, mais elles situent une action pendant le trajet — « pendant que je serai en chemin ». Pour annoncer simplement un déplacement à venir, le russe recourt le plus souvent au futur simple des perfectifs correspondants, пойти et поехать.
Le système de ces verbes, qui vont par paires, est exposé aux pages le système des paires et идти ou ходить.
Après un verbe de parole au passé, le russe garde la forme du futur, là où le français passe au conditionnel. Le mécanisme lui-même relève de la page sur la concordance des temps ; il suffit ici de savoir reconnaître la forme.
Il n’existe pas de futur antérieur : aucune forme ne correspond à « j’aurai fini ». Une subordonnée introduite par когда ou если se met simplement au futur, et le sens d’antériorité vient du perfectif.
Il n’a pas non plus de tournure comparable à « aller faire » : Что ты будешь делать? couvre « que feras-tu ? » comme « qu’est-ce que tu vas faire ? ».
Deux formes, un seul réflexe à acquérir. La mécanique tient en dix lignes ; la produire sans hésiter suppose de connaître l’aspect du verbe au moment où l’on ouvre la bouche. C’est un travail d’oreille plus que de mémoire, et c’est exactement ce que fait notre cours de russe, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes. Pour les autres formes du verbe, voyez le passé, l’impératif et le conditionnel ; pour une vue générale, comment le verbe fonctionne.
Choisissez la forme de futur qu’appelle chaque phrase. Touchez une réponse, puis Correction.
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De deux façons, selon le verbe choisi : я буду делать ia boúdou diélat’ avec l’imperfectif, я сделаю ia sdiélaiou avec le perfectif. Les deux se traduisent par « je ferai ». Ce ne sont pas deux temps d’un même verbe, mais les futurs de deux verbes différents.
Sur un radical буд- : буду, будешь, будет, будем, будете, будут. L’accent reste sur la première syllabe aux six personnes. Ces formes servent de verbe « être » et d’auxiliaire du futur composé.
Parce que l’auxiliaire ne se combine qu’avec un infinitif imperfectif. Un verbe perfectif construit son futur seul, au moyen des désinences du présent : прочитаю. La suite буду прочитать n’existe dans aucun registre du russe.
Par l’aspect du verbe, jamais par la désinence, qui est la même. Я пишу signifie « j’écris » parce que писать est imperfectif ; Я напишу signifie « j’écrirai » parce que написать est perfectif. Il faut donc apprendre les verbes par paires.
Non. Aucune forme russe ne correspond à « j’aurai fini ». La subordonnée se met au futur simple et le perfectif suffit à marquer l’antériorité : Когда я закончу, я позвоню Kogdá ia zakóntchou, ia pozvonioú, « quand j’aurai fini, je téléphonerai ».
En plaçant не devant la forme conjuguée : я не буду ждать « je n’attendrai pas », он не придёт « il ne viendra pas ». Quand la phrase nie une existence, le nom passe au génitif : Завтра дождя не будет.
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