Le français dit « aller » dans tous les cas. Le russe, lui, tranche avant même de conjuguer : un seul trajet dans une seule direction, ou un mouvement qui revient sur lui-même. Deux verbes différents, pour un seul verbe français.
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Le russe possède une quinzaine de couples de verbes de déplacement, présentés à la page le système des paires. Tous reposent sur la même opposition, et идти / ходить en est le modèle : c’est sur ce couple qu’on l’apprend, et une fois comprise ici, elle se transporte telle quelle sur les autres.
Le premier verbe, идти idtí, décrit un trajet unique, orienté vers un but, en cours. Le second, ходить khodít’, décrit un mouvement répété, un aller-retour, ou une déambulation sans direction fixe. Les grammaires les appellent respectivement unidirectionnel et multidirectionnel. Retenez plutôt : une flèche contre un va-et-vient.
Les deux phrases se traduisent par les mêmes mots français. En russe, elles ne disent pas la même chose du tout, et le choix n’est jamais libre. Notez au passage que les deux verbes sont imperfectifs : l’opposition dont il est question ici n’a rien à voir avec l’aspect, elle s’y superpose.
Elles n’appartiennent pas à la même classe : идти suit la première conjugaison, ходить la seconde. Le détail du mécanisme est à la page les deux conjugaisons.
| Pronom | идти — un trajet | ходить — des allers-retours |
|---|---|---|
| я | иду idoú | хожу khojoú |
| ты | идёшь idióch’ | ходишь khódich’ |
| он, она | идёт idiót | ходит khódit |
| мы | идём idióm | ходим khódim |
| вы | идёте idiótie | ходите khóditie |
| они | идут idoút | ходят khódiat |
Deux irrégularités méritent qu’on s’y arrête. D’abord le хожу de la première personne : le д du radical y devient ж, comme dans tous les verbes du même type. Ce phénomène est décrit à la page les alternances du radical. Ensuite l’accent de ходить, qui tombe sur la finale à la première personne — khojoú — puis remonte sur le radical partout ailleurs — khódich’. Ce déplacement est la norme dans cette classe de verbes ; voyez l’accent mobile du verbe. Идти, lui, garde l’accent sur la terminaison d’un bout à l’autre.
| Forme | идти | ходить |
|---|---|---|
| masculin | шёл chol | ходил khodíl |
| féminin | шла chla | ходила khodíla |
| neutre | шло chlo | ходило khodílo |
| pluriel | шли chli | ходили khodíli |
| impératif | иди, идите idí, idítie | ходи, ходите khodí, khodítie |
Le passé de идти est supplétif : il ne se forme pas sur le radical de l’infinitif, mais sur un radical entièrement différent. Aucune règle ne permet de le deviner, il s’apprend comme un mot nouveau. C’est l’un des rares verbes russes dans ce cas ; la page les verbes irréguliers en dresse la liste, et le passé expose la formation ordinaire. Une dernière chose sur ce tableau : l’impératif ходите khodítie s’écrit exactement comme le présent ходите khóditie, « vous allez ». Seul l’accent les sépare, et le russe ne l’écrit pas.
Au présent, le partage est net et se laisse formuler en une phrase. Идти répond à la question « où vas-tu là, tout de suite ? ». Ходить répond à « où vas-tu d’habitude ? ».
Après в ou на, la destination se met à l’accusatif, quel que soit le verbe choisi : le cas marque la direction, le verbe marque la manière dont on s’y rend. Les deux décisions sont indépendantes l’une de l’autre. D’autres prépositions demandent un autre cas — dans les listes ci-dessus, к врачу et по улице sont au datif — sans que cela change rien au choix du verbe.
C’est au passé que le francophone se trompe le plus, parce que les deux formes traduisent la même phrase française. Comparez.
La première phrase raconte un déplacement complet, aller et retour compris : on y est allé, on en est revenu, l’épisode est clos. La seconde ne raconte que la partie du trajet pendant laquelle quelque chose d’autre est arrivé. Autrement dit, шёл sert de toile de fond, ходил sert de récit.
Un aller-retour unique équivaut à был. Я ходил в музей et Я был в музее disent la même chose : je suis allé au musée. La différence est de construction, non de sens. Ходил annonce une destination, donc l’accusatif ; был annonce un lieu, donc le prépositionnel.
L’erreur classique consiste à croiser les deux : был ne se construit jamais avec l’accusatif de direction.
Quand le mouvement n’a pas de point d’arrivée, même s’il se déroule en ce moment même, le russe emploie le multidirectionnel. La préposition по suivie du datif accompagne souvent cet emploi.
Pour dire qu’un être est capable de marcher, ou qu’il ne l’est pas, seul ходить convient. Идти impliquerait un trajet précis, ce qui n’a aucun sens ici.
À l’impératif négatif, l’usage courant retient ходить. On défend d’aller quelque part en général, pas d’effectuer tel trajet précis. La formation des deux impératifs est traitée à la page former l’impératif.
Le présent de идти s’emploie couramment pour un projet daté et arrêté, exactement comme le français « demain, on va au théâtre ». Le futur proprement dit est exposé à la page les deux futurs.
Ni идти ni ходить ne se perfective sans préfixe. Pour dire qu’on se met en route, le russe recourt à пойти poïtí, que les dictionnaires donnent le plus souvent comme le perfectif de идти ; pour annoncer un aller-retour bref, il dispose de сходить skhodít’. Que ces deux préfixés forment ou non de vraies paires aspectuelles reste discuté ; la question est reprise à la page suffixes et paires supplétives.
Tous les autres préfixes — celui de l’arrivée, celui du départ, celui de la traversée — modifient à la fois le sens et l’aspect, et provoquent une bascule de paire que cette page ne traite pas. Elle est exposée à la page les préfixes de mouvement.
Le moyen de déplacement. Идти et ходить supposent qu’on se déplace par ses propres moyens, le plus souvent à pied. Dès que l’on voyage dans un véhicule, le russe change de couple : à pied ou en véhicule expose ce second partage, qui se superpose au premier sans le remplacer. Retenez seulement ceci : le choix entre le trajet unique et l’aller-retour reste exactement le même, quel que soit le couple.
Transporter quelqu’un ou quelque chose. Porter un objet, conduire un enfant, acheminer une marchandise appellent des verbes distincts, eux aussi organisés par paires : voyez porter, mener, transporter.
Les emplois où il n’est plus question de marche. Идти est l’un des verbes russes les plus productifs hors de son sens propre : Дождь идёт Dojd’ idiót, « il pleut ». On en trouvera la liste raisonnée à la page les emplois figurés, qui seule les traite.
La règle se comprend vite, le réflexe est lent. Distinguer une flèche d’un va-et-vient demande une minute. Choisir le bon verbe au milieu d’une phrase, sans s’interrompre, demande des semaines d’écoute. C’est exactement ce que travaille notre cours de russe, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes. Les autres points de grammaire sont rassemblés dans nos guides de grammaire.
Choisissez le verbe que la situation impose. Touchez une réponse, puis Correction.
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Lire cette page ne vous fera pas parler — écouter, si. Quatorze minutes par jour, vous répétez à voix haute ce que vous entendez, et la langue s'installe. La première leçon est gratuite sur la plateforme ou l'application, sans carte bancaire.
Идти décrit un trajet unique, orienté vers un but, en cours : Я иду в школу Ia idoú v chkólou, je suis en route vers l’école. Ходить décrit un mouvement répété, un aller-retour ou une déambulation : Я хожу в школу Ia khojoú v chkólou, j’y vais tous les jours.
Parce qu’on raconte une sortie achevée : on y est allé, on en est revenu. Шёл ne décrirait que la portion de trajet pendant laquelle un autre événement est survenu, et la phrase resterait suspendue.
шёл chol, шла chla, шло chlo, шли chli. Ce passé est supplétif : il se forme sur un radical entièrement différent de celui de l’infinitif, et ne se devine donc pas.
Le д du radical devient ж devant la terminaison de la première personne du singulier. L’alternance touche tous les verbes du même type ; l’accent se déplace lui aussi, de la finale khojoú au radical khódich’.
L’usage courant retient не ходи nie khodí : on défend de se rendre quelque part en général. Не иди existe, mais reste rare et marqué, réservé à un trajet précis qu’on cherche à arrêter sur-le-champ.
Non, pas pour le voyageur : le russe change alors de couple de verbes. L’opposition entre le trajet unique et l’aller-retour, elle, reste rigoureusement la même. La page consacrée au déplacement en véhicule expose ce second partage.
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