Le russe subordonne avec une poignée de conjonctions, et une virgule sépare la subordonnée de la principale, quelle que soit sa longueur. La difficulté est ailleurs : чтобы impose au verbe qui suit une forme qui ressemble à un passé.
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En français, la virgule suit le rythme de la phrase : on écrit « je sais qu’il est là » sans rien mettre. En russe, elle marque une frontière grammaticale. Dès qu’une proposition en complète une autre, une virgule les sépare, quelle que soit leur longueur et quel que soit leur ordre. C’est la règle de ponctuation la plus régulière du russe.
Une seule exception est courante : quand la subordonnée se réduit à un mot interrogatif isolé, sans verbe à elle, la virgule tombe.
Insérée au milieu de la principale, la subordonnée est encadrée par deux virgules. Et lorsque deux conjonctions se suivent, la virgule se place entre elles — sauf si la seconde appelle plus loin un то ou un так de reprise, qui soude alors les deux conjonctions.
Un point de forme, enfin : l’ordre des mots ne change pas dans la subordonnée. Pas d’inversion, pas de verbe rejeté à la fin ; elle se construit comme une phrase indépendante, selon les principes décrits à la page l’ordre des mots.
C’est la conjonction la plus fréquente. Elle introduit ce qu’on sait, ce qu’on voit, ce qu’on pense — un fait, présenté comme tel. Le russe n’ayant pas de subjonctif au sens français, le verbe garde après что la forme qu’il aurait dans une phrase isolée.
Le dernier exemple mérite qu’on s’y arrête : là où le français bascule au subjonctif dès que le verbe d’opinion est nié, le russe ne bouge pas. Sur la syntaxe de не, voyez la négation.
Deux что qu’il ne faut pas confondre. Le même mot sert de conjonction — « que » — et de pronom — « quoi, ce que ». La virgule ne les distingue pas, puisqu’elle est là dans les deux cas. Le test : le pronom est un membre de la proposition et peut se décliner.
C’est le mécanisme central de la page. Dès que la subordonnée n’énonce plus un fait mais une chose voulue, demandée, visée, что cède la place à чтобы tchtóby. Deux constructions en dépendent, et le choix ne tient qu’à une question : les deux propositions ont-elles le même sujet ?
| Situation | Construction | Exemple |
|---|---|---|
| Même sujet, après un verbe de volonté | infinitif seul, sans conjonction | Я хочу спать. Ia khotchoú spat’. — Je veux dormir. |
| Même sujet, but d’une action | чтобы + infinitif | Я пришёл, чтобы помочь. Ia prichól, tchtóby pomótch’. — Je suis venu pour aider. |
| Sujets différents | чтобы + forme en -л | Я хочу, чтобы ты остался. Ia khotchoú, tchtóby ty ostálsia. — Je veux que tu restes. |
La forme en -л qui suit чтобы n’est pas un passé, malgré les apparences. La conjonction contient la particule бы, celle du conditionnel, et cette particule réclame toujours la forme en -л. Le sens reste ouvert sur l’avenir ; la forme, elle, est imposée, et s’accorde en genre et en nombre avec le sujet de la subordonnée comme au passé.
Notez l’ordre transmis à un tiers : le français dit « dis-lui de venir » avec un infinitif, le russe ouvre une subordonnée. Pour l’ordre adressé directement, il a l’impératif.
Quand la subordonnée dit dans quelle intention on agit, le même partage s’applique.
Le dernier cas est instructif : la subordonnée n’a aucun sujet, et la forme en -л apparaît quand même, au neutre. Les tournures impersonnelles ne relâchent pas la contrainte. Notez aussi la forme abrégée чтоб tchtob, courante à l’oral, de sens identique.
Une préposition russe exige un cas, et une proposition entière ne peut pas se décliner. Le russe place donc devant la subordonnée le démonstratif то, qui reçoit le cas à sa place. D’où ces groupes que l’on rencontre dès les premières conversations, et que le français rend par un seul mot.
La forme de то change à chaque fois : elle obéit à la préposition ou au verbe de la principale, non au contenu de la subordonnée. On retrouve la mécanique des pages les six cas, quelle préposition, quel cas et les démonstratifs.
Le reste des conjonctions s’apprend comme du vocabulaire, chacune avec son sens. Aucune ne réserve de surprise comparable à celle de чтобы.
| Conjonction | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| потому что | parce que | Он не пришёл, потому что заболел. On nie prichól, potomoú tchto zaboliél. — Il n’est pas venu parce qu’il est tombé malade. |
| так как | comme, puisque | Так как шёл дождь, мы остались дома. Tak kak chol dojd’, my ostális’ dóma. — Comme il pleuvait, nous sommes restés à la maison. |
| так что | si bien que | Было поздно, так что мы вернулись домой. Býlo pózdno, tak tchto my viernoúlis’ domóï. — Il était tard, si bien que nous sommes rentrés. |
| если | si (condition réelle) | Если увидишь его, скажи ему. Iésli ouvídich’ iegó, skají iemoú. — Si tu le vois, dis-le-lui. |
| когда | quand, lorsque | Когда я пришёл, он спал. Kogdá ia prichól, on spal. — Quand je suis arrivé, il dormait. |
| пока | pendant que | Пока он спал, я готовил ужин. Poká on spal, ia gotóvil oújin. — Pendant qu’il dormait, je préparais le dîner. |
| пока не | jusqu’à ce que | Подожди, пока я не вернусь. Podojdí, poká ia nie viernoús’. — Attends que je revienne. |
| как только | dès que | Как только он придёт, мы начнём. Kak tól’ko on pridiót, my natchnóm. — Dès qu’il arrivera, nous commencerons. |
| перед тем как | avant de | Перед тем как уйти, выключите свет. Piéried tiem kak ouïtí, výklioutchitie sviet. — Avant de partir, éteignez la lumière. |
| с тех пор как | depuis que | С тех пор как он уехал, мы не виделись. S tiekh por kak on ouiékhal, my nie vídielis’. — Depuis qu’il est parti, nous ne nous sommes pas revus. |
| хотя | bien que | Хотя было холодно, мы гуляли. Khotiá býlo khólodno, my gouliáli. — Bien qu’il fît froid, nous nous promenions. |
La virgule de потому что. Elle se place normalement devant le groupe entier, mais se déplace à l’intérieur — après потому — lorsqu’une négation ou une particule restrictive précède la conjonction, ou lorsque plusieurs causes sont énumérées.
Le не de пока не ne nie rien. Il fait corps avec la conjonction et marque le terme de l’attente : Подожди, пока я не вернусь dit « attends jusqu’au moment où je serai revenu », et non « attends que je ne revienne pas ». Sans не, пока signifie « pendant que ».
Le futur après если et когда. C’est la faute la plus fréquente des francophones. Le français maintient le présent après « si » ; le russe met le verbe au temps du fait, donc au futur s’il est à venir.
La formation de ces futurs est exposée à la page les deux futurs. Ajoutons que la principale peut être reprise par un то facultatif : Если он придёт, то мы начнём. Quant à la condition irréelle — Если бы я знал, я бы сказал Iésli by ia znal, ia by skazál, « si j’avais su, je l’aurais dit » — elle relève de la page du conditionnel.
Quand la subordonnée reprend une question totale — celle à laquelle on répond par oui ou par non — le russe n’emploie pas если, mais la particule ли li, placée après le mot sur lequel porte le doute. Ce mot est le plus souvent le verbe, qui remonte alors en tête de la subordonnée.
Si la question porte sur un mot interrogatif, ce mot sert lui-même de charnière.
La question directe et l’emploi de ли hors subordination sont traités à la page les questions.
Les relatives. Toutes les subordonnées ci-dessus complètent un verbe ou la phrase entière. Celles qui complètent un nom se construisent avec который kotóryï, dont l’accord se fait à deux étages : les relatives en который.
Les temps du discours rapporté. Le russe ne recule pas le temps du verbe quand la principale est au passé : il conserve le temps de la phrase d’origine, là où le français impose l’imparfait. Voyez pas de concordance des temps.
Les équivalents condensés et l’aspect. À l’écrit soutenu, une subordonnée entière se remplace souvent par un gérondif ou un participe. Et son verbe reste soumis au choix d’aspect ordinaire — чтобы он подождал, чтобы не опаздывал — selon les règles de la page choisir l’aspect.
Une règle simple, un réflexe lent. Comprendre que чтобы demande la forme en -л prend trente secondes. Produire Я хочу, чтобы вы пришли sans hésiter, dans une phrase qui avance, demande des dizaines de répétitions à voix haute. C’est ce que travaille notre cours de russe, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes.
Choisissez la conjonction ou la forme verbale qu’appelle chaque phrase. La traduction française lève l’ambiguïté à chaque fois. Touchez une réponse, puis Correction.
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Oui, dès que la subordonnée a un verbe à elle, et quelle que soit sa longueur : Я знаю, что он дома. Le français écrit « je sais qu’il est à la maison » sans rien ; le russe n’a pas ce choix. La seule exception courante est la subordonnée réduite à un mot interrogatif isolé : Он ушёл и не сказал куда.
Parce que la conjonction contient la particule бы, celle du conditionnel, et que cette particule réclame la forme en -л. Ce n’est donc pas un passé de sens : Я хочу, чтобы ты пришёл parle de l’avenir. La forme s’accorde en genre et en nombre avec le sujet de la subordonnée.
Quand les deux propositions ont le même sujet : Я пришёл, чтобы помочь, je suis venu pour aider. Dès que le sujet change, l’infinitif devient impossible et la forme en -л s’impose : Я пришёл, чтобы ты не скучал. Après un verbe de volonté à sujet unique, чтобы disparaît même complètement : Я хочу спать.
De deux façons, qu’il ne faut pas confondre. Если introduit une condition : Если будет время, я приду. La particule ли introduit une question rapportée : Я не знаю, придёт ли он. Le français emploie le même mot dans les deux cas, le russe non.
Parce qu’une préposition russe exige un cas, et qu’une proposition entière ne peut pas se décliner. Le démonstratif то reçoit le cas à sa place, et la subordonnée vient l’expliciter : от того, что, за то, что, с тем, что, selon ce que réclament la préposition et le verbe.
Pas au sens français. Là où le français change de mode — après un verbe de volonté, après une négation, après « bien que » — le russe garde son verbe tel quel et se contente de choisir la conjonction : что pour un fait, чтобы pour une chose voulue. Après хотя ou après un verbe d’opinion nié, rien ne bouge du tout.
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