
Apprenez le russe à votre rythme !
Moins de 0,99 € par leçon !
50 leçons audio · 11 h 39 d’écoute · 14 minutes par leçon
Commande en ligne ; les liens de téléchargement arrivent ensuite par courriel.
Vous écoutez et vous répétez à voix haute ce que vous entendez : les 50 leçons se déroulent toutes de cette façon.
Le cours entier se télécharge en une fois, pour 49 € : je prends le cours complet.
Le français demande l’addition et demande l’heure avec le même verbe. Le russe sépare ce que l’on veut obtenir de ce que l’on veut savoir, et il ne confond jamais les deux. Un troisième tour se charge de la question elle-même.
Le cours complet de russe se télécharge : 50 leçons audio de 14 minutes, en fichiers MP3, pour un paiement unique de 49 €. Aucun abonnement, rien à résilier. La leçon 1 est plus haut, gratuite et complète.
« Je lui ai demandé l’addition », « je lui ai demandé l’heure » : pour un francophone, c’est deux fois le même verbe. Pour un Russe, ce sont deux actes qui n’ont rien en commun. Dans le premier, vous voulez obtenir quelque chose ; dans le second, vous voulez savoir quelque chose. Le russe donne à chacun son verbe, et il ne permet pas qu’on les échange.
Avant de parler, regardez ce que vous attendez de l’autre. Si vous attendez une chose, un service, un geste — qu’il vous passe le sel, qu’il vous rappelle demain, qu’il vous pardonne —, le verbe est просить prossít’, ou son perfectif попросить poprossít’. Si vous attendez une réponse, c’est-à-dire des mots — son nom, l’heure, le chemin de la gare —, le verbe est спрашивать spráchivat’, ou son perfectif спросить sprossít’. Le premier réclame, le second interroge.
La ressemblance des deux verbes n’aide pas. Ils partagent la même racine, прос-, que l’on retrouve dans вопрос voprós, la question, et dans просьба prós’ba, la demande au sens de service sollicité. Une seule lettre les sépare à l’infinitif, et l’oreille du débutant les confond volontiers. Un Russe, lui, ne les mélange jamais, pas plus qu’un francophone ne confondrait « prier » et « interroger ».
L’erreur typique du francophone est invisible dans sa propre langue, et c’est ce qui la rend tenace. Il pense « demander », il prend le premier des deux verbes qui lui vient, et il produit une phrase que tout Russe comprend mais qu’aucun ne dirait. Dire Он спросил меня прийти pour « il m’a demandé de venir », c’est interroger quelqu’un sur un infinitif, ce qui n’a pas de sens. Dire Я попросил, где вокзал pour « j’ai demandé où était la gare », c’est solliciter un mot interrogatif. Les deux phrases sont fautives, et pour la même raison : le verbe ne correspond pas à ce que l’on attend de l’autre.
Le premier test consiste à remplacer « demander » par un autre verbe français. Si « prier de », « solliciter » ou « réclamer » conviennent, vous êtes du côté de попросить. Si « interroger », « s’informer » ou « vouloir savoir » conviennent, vous êtes du côté de спросить. « Il m’a prié de venir » se dit ; « il m’a interrogé de venir » ne se dit pas : le choix est fait.
Le second test regarde ce qui suit le verbe. Un infinitif, ou un nom désignant ce que l’on veut recevoir, annoncent une demande à satisfaire : попросить. Un mot interrogatif — где, когда, почему, как — ou la particule ли annoncent une question rapportée : спросить. Le tableau ci-dessous applique ces deux tests aux emplois les plus ordinaires du verbe français.
| En français je dis… | Ce que j’attends | En russe je choisis… |
|---|---|---|
| Je demande l’addition. | une chose | попросить счёт |
| Je demande l’heure. | une information | спросить, который час |
| Je demande de l’aide. | un service | попросить помощи |
| Je demande le chemin. | une information | спросить дорогу |
| Je demande à Ivan de venir. | une action d’Ivan | попросить Ивана прийти |
| Je demande à Ivan s’il viendra. | une réponse d’Ivan | спросить Ивана, придёт ли он |
| Je demande pardon. | un pardon | попросить прощения |
| Je demande son nom. | une information | спросить, как его зовут |
| Je pose une question. | la question elle-même | задать вопрос |
| Ce travail demande du temps. | rien : il nécessite | требовать времени |
| Je me demande s’il viendra. | rien : je m’interroge | Интересно, придёт ли он. |
Les neuf premières lignes se règlent par les deux tests. Les deux dernières montrent que le français emploie encore « demander » là où personne ne demande rien à personne ; nous y reviendrons à la fin de la page, car le russe y emploie d’autres mots.
Une petite zone frontière existe, et il vaut mieux la connaître pour ne pas s’en inquiéter. Un conseil, une permission s’obtiennent en posant une question : on entend donc попросить совета aussi bien que спросить совета sprossít’ soviéta, et попросить разрешения aussi bien que спросить разрешения sprossít’ razriechéniia. Les deux se disent, avec le même génitif. Partout ailleurs, la frontière est nette, et les exercices de cette page s’en tiennent aux cas où elle l’est.
Commençons par les formes. Просить appartient à la seconde conjugaison et en offre le comportement le plus typique : à la première personne du singulier, et là seulement, le с du radical devient ш. On dit прошу, jamais просю. Ce changement touche toute une série de verbes, recensés à la page les consonnes qui alternent dans le radical. Le perfectif попросить se conjugue exactement de la même façon ; seulement, ses formes conjuguées sont des futurs.
| Personne | просить, présent | попросить, futur |
|---|---|---|
| я | прошу prochoú | попрошу poprochoú |
| ты | просишь próssich’ | попросишь popróssich’ |
| он, она | просит próssit | попросит popróssit |
| мы | просим próssim | попросим popróssim |
| вы | просите próssitie | попросите popróssitie |
| они | просят próssiat | попросят popróssiat |
Écoutez l’accent : il frappe la désinence à la première personne, prochoú, puis remonte sur le radical pour les cinq autres. Ce mouvement, très répandu dans la seconde conjugaison, est décrit à la page l’accent qui se déplace dans le verbe. Il produit une paire que seule l’oreille distingue : просите próssitie, « vous demandez », et l’impératif просите prossítie, « demandez ! », s’écrivent de la même façon et ne se prononcent pas de la même façon. Le passé, lui, est régulier : просил, просила, просили prossíl, prossíla, prossíli, et de même попросил, попросила, попросили.
La construction dépend de ce que l’on réclame. Une chose concrète et précise, que l’on pourrait montrer du doigt, se met à l’accusatif : le stylo, l’addition, la clé. Une chose abstraite ou une quantité sans mesure se met au génitif : de l’aide, un conseil, la permission, de l’argent, de l’eau. Cette répartition, que просить a en commun avec ждать, est exposée à la page les verbes qui hésitent entre accusatif et génitif ; ici, il suffit d’en retenir le principe et les formules figées qui en sont sorties.
Remarquez dans ces exemples la préposition у suivie du génitif : elle désigne la personne auprès de qui l’on obtient la chose. Le français dit « demander à mon frère » ; le russe dit, en somme, « demander chez mon frère ». Mais tout change dès que l’on demande à quelqu’un de faire quelque chose. La personne n’est plus une source, elle devient celle qui agira : elle passe à l’accusatif, suivie de l’infinitif de l’action attendue.
La dernière ligne montre une troisième construction, avec о et le prépositionnel. Elle permet de nommer dans la même phrase la personne sollicitée, à l’accusatif, et la chose demandée. On la retrouve dans une formule utile, Можно попросить вас об одолжении? Mójno poprossít’ vas ob odoljénii ?, « puis-je vous demander un service ? ». Enfin, quand l’action attendue d’un autre est décrite par une proposition complète, le russe emploie чтобы et la forme en -л, exactement comme après « vouloir » : Мама просит, чтобы ты позвонил Máma próssit, tchtóby ty pozvoníl, « maman demande que tu appelles ». Le mécanisme est celui que décrit la page le conditionnel et la conjonction чтобы.
| Ce que l’on demande | Construction | Exemple |
|---|---|---|
| une chose précise | accusatif | попросить счёт — demander l’addition |
| une chose abstraite, une quantité | génitif | попросить помощи — demander de l’aide |
| auprès de qui | у et génitif | попросить у брата денег — demander de l’argent à son frère |
| à qui, pour qu’il agisse | accusatif et infinitif | попросить маму позвонить — demander à maman d’appeler |
| à qui, et au sujet de quoi | accusatif, о et prépositionnel | попросить соседей о помощи — demander de l’aide aux voisins |
| qu’un autre agisse | чтобы et forme en -л | просить, чтобы все пришли — demander que tous viennent |
Прошу, formule de courtoisie. Employée seule, la première personne du présent a pris valeur de geste : on la dit en tendant une chaise, en ouvrant une porte, en présentant un plat. Elle équivaut à notre « je vous en prie », à notre « allez-y ». Elle entre aussi dans quelques formules toutes faites, qu’il vaut mieux apprendre d’un bloc.
Choisissez la forme qui convient. Demandez-vous d’abord ce que l’on réclame, puis à qui. Touchez une réponse, puis Correction.
Le perfectif спросить se conjugue comme просить, avec la même alternance et le même accent : спрошу sprochoú, спросишь spróssich’, спросит spróssit, et ainsi de suite. Comme tout perfectif, il n’a pas de présent : я спрошу veut dire « je demanderai ». L’imperfectif, en revanche, est d’une autre fabrication. Il ne se forme pas avec un préfixe, mais avec le suffixe -ива-, qui fait passer le о de la racine à а et le с à ш : спрашивать. La paire figure dans le tableau de la page les imperfectifs formés par suffixe.
| Personne | спрашивать, présent | спросить, futur |
|---|---|---|
| я | спрашиваю spráchivaiou | спрошу sprochoú |
| ты | спрашиваешь spráchivaiech’ | спросишь spróssich’ |
| он, она | спрашивает spráchivaiet | спросит spróssit |
| мы | спрашиваем spráchivaiem | спросим spróssim |
| вы | спрашиваете spráchivaietie | спросите spróssitie |
| они | спрашивают spráchivaiout | спросят spróssiat |
Voyez la différence entre les deux colonnes. Dans спрошу, le ш n’apparaît qu’à une seule personne, parce qu’il vient de l’alternance de la conjugaison. Dans спрашивать, il est partout, parce qu’il appartient au radical même de l’imperfectif. Deux ш semblables, deux origines différentes : c’est pourquoi l’imperfectif le garde au passé, спрашивал spráchival, alors que le perfectif retrouve son с, спросил sprossíl.
La personne interrogée peut se construire de deux façons, toutes deux correctes. La plus directe est l’accusatif : спросить маму, interroger maman. L’autre est la préposition у suivie du génitif, déjà rencontrée avec просить : спросить у мамы, demander à maman, au sens de s’adresser à elle pour savoir. La seconde présente la personne comme une source de renseignement ; elle est très répandue à l’oral, surtout quand la phrase dit aussi ce que l’on cherche à savoir.
Ce que l’on veut savoir se dit de trois manières. Un nom à l’accusatif, quand l’information tient en un mot : l’adresse, le prix, le chemin. La préposition о et le prépositionnel, quand on interroge sur un sujet plus large ; la langue familière remplace volontiers ce tour par про suivi de l’accusatif. Enfin une question complète, rapportée après une virgule, et c’est le tour que vous emploierez sans doute le plus.
La dernière ligne contient le piège principal de la question rapportée. Le « si » français ne se traduit pas par если, qui est le « si » de la condition. Le russe place la particule ли immédiatement après le mot sur lequel porte la question, et ce mot passe en tête de la proposition. Le verbe garde par ailleurs le temps qu’avait la question d’origine : « elle m’a demandé si j’aimais » se dit avec un présent, люблю, parce qu’elle m’a demandé « est-ce que tu aimes ? ». Ces deux mécanismes sont exposés aux pages l’interrogation indirecte et les subordonnées et pourquoi le russe ne fait pas de concordance des temps.
Demander quelqu’un. Спрашивать suivi d’une personne à l’accusatif peut aussi vouloir dire « demander après quelqu’un », chercher à le voir. C’est le tour que l’on entend à une porte ou à un guichet. Au téléphone, en revanche, la formule figée emploie l’autre verbe.
Dès que le mot « question » apparaît, le verbe change. Le russe ne dit pas спрашивать вопрос, pas plus que le français ne dit « demander une question » : avec le nom вопрос, il emploie задавать zadavát’ et son perfectif задать zadát’, un composé de дать, donner. Le perfectif se conjugue donc sur дать, l’un des rares verbes réellement irréguliers de la langue, dont les formes sont détaillées à la page les verbes à formes imprévisibles. L’imperfectif suit давать et perd au présent son suffixe -ва-.
Mais le point décisif est ailleurs. La personne à qui l’on pose la question se met au datif, comme après сказать ou дать : on donne une question à quelqu’un, comme on lui donne un objet. Comparez спросить учителя, à l’accusatif, et задать вопрос учителю, au datif. Même personne, même situation, deux cas différents : c’est le verbe qui décide, et non le sens de la phrase.
Le même verbe sert à l’école dans un autre sens, celui de donner un devoir : Что задали на дом? Tchto zádali na dom ?, « qu’est-ce qu’on a eu comme devoirs ? ». Le lien avec la question n’est pas lointain : dans les deux cas, on assigne à quelqu’un une tâche à accomplir.
Les deux familles ont chacune leur nom, et ces noms rendent un service que l’on ne soupçonne pas : ils permettent d’annoncer à l’avance ce que l’on attend. Avant même d’avoir formulé sa demande, on prévient l’interlocuteur qu’il devra répondre ou qu’il devra agir. Le tour est très employé, au bureau comme entre amis.
| Formule | Transcription | Ce qu’elle annonce |
|---|---|---|
| У меня к вам вопрос. | Ou mieniá k vam voprós. | une question : on attend une réponse |
| У меня к вам просьба. | Ou mieniá k vam prós’ba. | un service : on attend un geste |
| У меня к вам большая просьба. | Ou mieniá k vam bol’cháia prós’ba. | un service important, annoncé avec égards |
| Есть вопросы? | Iest’ vopróssy ? | avez-vous des questions ? |
| Не вопрос! | Nie voprós ! | familier : pas de problème, c’est entendu |
À l’oral, prêtez attention au mot просьба : le с s’y prononce comme un з, sous l’influence du б qui suit, et l’on entend « próz’ba ». Ne cherchez donc pas le son « s » que l’écriture vous promet.
Choisissez la forme qui convient. Ici, on veut toujours savoir quelque chose.
Voici l’endroit où le francophone se trompe le plus souvent, et l’on comprend pourquoi. Le français met « à » devant la personne dans toutes ces phrases : demander à quelqu’un, poser une question à quelqu’un, dire à quelqu’un. Or la préposition « à » évoque le datif, et le datif n’est juste qu’après deux de ces verbes. La page consacrée au datif signale déjà ce piège parmi les endroits où le français vous trompe ; voici le tableau complet, verbe par verbe.
| Verbe | Cas de la personne | Exemple |
|---|---|---|
| сказать | datif | Я сказал маме. — J’ai dit à maman. |
| задать вопрос | datif | Я задал вопрос маме. — J’ai posé une question à maman. |
| спросить | accusatif | Я спросил маму. — J’ai interrogé maman. |
| спросить | у et génitif | Я спросил у мамы. — Je me suis renseigné auprès de maman. |
| попросить, une action | accusatif | Я попросил маму позвонить. — J’ai demandé à maman d’appeler. |
| попросить, une chose | у et génitif | Я попросил у мамы денег. — J’ai demandé de l’argent à maman. |
Lisez la colonne du milieu : le datif n’apparaît qu’avec les verbes qui transmettent quelque chose à la personne — des paroles, une question qu’on lui adresse. Avec les deux verbes de la demande, la personne est soit celle que l’on sollicite directement, soit la source chez qui l’on puise. C’est une logique, et non une liste : demander, en russe, ce n’est pas donner quelque chose à quelqu’un, c’est agir sur lui ou prendre chez lui. Jamais de datif après просить ni après спросить.
Une conséquence se voit dès que la personne est un masculin animé qui ne se termine pas en -а ou -я. Son accusatif emprunte la forme du génitif, et la phrase devient trompeuse à l’œil. La règle est exposée à la page l’accusatif des êtres animés ; elle vaut aussi au pluriel, pour tous les genres : попросить соседей, спросить детей.
Les deux premières lignes emploient la même forme, брата, mais pas le même cas : accusatif dans la première, génitif après у dans la seconde. Pour un masculin, l’oreille ne fait plus la différence ; seule la préposition la fait. Avec un féminin, au contraire, tout s’entend : маму d’un côté, у мамы de l’autre.
Les deux verbes forment chacun une paire, et le choix entre les membres de la paire suit les règles générales de l’aspect. Quelques situations reviennent si souvent avec eux qu’il vaut la peine de les passer en revue une à une.
Une demande faite une fois, avec sa suite. Au passé comme au futur, le perfectif s’impose dès que l’on rapporte une demande précise, située, qui a reçu ou recevra sa suite. C’est le cas dans un récit, où les actions s’enchaînent l’une après l’autre.
Une demande répétée, une habitude. L’imperfectif décrit ce qui revient sans cesse, ce que quelqu’un a coutume de demander, ce que tout le monde demande.
Le simple fait d’avoir demandé. Quand seul compte l’acte, et non son résultat, l’imperfectif revient, comme dans toutes les phrases qui constatent une expérience. Un tour en particulier est d’usage constant : celui qui transmet un message emploie d’ordinaire просил plutôt que попросил, parce qu’il rapporte la demande elle-même, que le destinataire n’a pas encore satisfaite. Ce choix, qui contredit souvent l’intuition française, est développé à la page le choix de l’aspect dans un récit au passé.
L’impératif. Trois cas, qui suivent la règle générale décrite à la page l’aspect à l’impératif. Pour une demande ponctuelle adressée à quelqu’un, le perfectif : спроси, попроси. Pour une interdiction, l’imperfectif : не спрашивай, не проси. Pour une invitation, quand on autorise l’autre à faire ce qu’il s’apprête à faire, l’imperfectif encore : спрашивайте, « allez-y, posez votre question ».
Regardez d’abord le verbe : c’est lui, et non la préposition française, qui décide du cas. Puis demandez-vous si la demande est unique ou répétée.
Reste à savoir comment l’on demande sans brusquer. Le russe n’a pas besoin, pour cela, des deux verbes de cette page : la demande polie passe le plus souvent par un impératif adouci, par le petit mot можно, ou par une question au conditionnel. Le tableau ci-dessous va du plus direct au plus réservé.
| Formule | Transcription | Ton |
|---|---|---|
| Дайте воды. | Dáïtie vodý. | direct, sans formule : peut paraître sec |
| Дайте, пожалуйста, воды. | Dáïtie, pojálouïsta, vodý. | neutre, la formule ordinaire |
| Можно воды? | Mójno vodý ? | simple et aimable |
| Будьте добры, передайте соль. | Boúd’tie dobrý, pieriedáïtie sol’. | courtois |
| Не могли бы вы мне помочь? | Nie moglí by vy mnie pomótch’ ? | très poli, un peu distant |
| Я хотел бы попросить вас о помощи. | Ia khotiél by poprossít’ vas o pómochtchi. | formel (dit par un homme) |
Le mot можно mójno mérite qu’on s’y arrête. Il signifie « il est permis », et placé dans une question, il transforme n’importe quelle demande en demande de permission : Можно счёт?, Можно вас попросить?, Можно мне чаю?. C’est l’outil le plus commode du débutant, car il dispense de toute conjugaison. La dernière ligne du tableau emploie, elle, le procédé de хотел бы, la forme en -л suivie de la particule бы, décrit à la page consacrée à хотеть ; une femme dira Я хотела бы попросить вас.
Méfiez-vous d’une formule qui ressemble à de la politesse et n’en est pas toujours : Я бы попросил вас не курить здесь Ia by poprossíl vas nie kourít’ zdies’, « je vous prierais de ne pas fumer ici ». Le conditionnel y est poli dans la forme, mais le ton est celui d’un rappel à l’ordre, exactement comme dans la phrase française.
Pour une information, enfin, on ne dit presque jamais « je voudrais vous demander ». On commence par Скажите, пожалуйста, « dites-moi, s’il vous plaît », ou par une question négative, Вы не скажете…?, très polie malgré sa négation. Les deux verbes de la question ne viennent qu’ensuite, quand on demande la permission d’interroger.
Revenons aux deux dernières lignes du premier tableau. Le français emploie « demander » dans des phrases où personne ne sollicite ni n’interroge personne, et le russe, qui ne connaît pas cette extension, emploie alors des mots tout différents.
Exiger, nécessiter : требовать. « Je demande des explications », prononcé sur un certain ton, n’est plus une prière : c’est une exigence. Le russe passe alors à требовать triébovat’, perfectif потребовать, qui se construit comme просить : génitif pour une chose abstraite, чтобы pour l’action d’autrui. Le même verbe traduit le « demander » des choses, celui d’un travail qui demande du temps. Les petites annonces l’emploient à la forme en -ся.
Se demander : интересно. Le russe n’a pas de « se demander » d’usage courant. Il dit « c’est intéressant », интересно intieriésno, et fait suivre la question indirecte, avec ли ou un mot interrogatif. On rencontre bien я задаю себе вопрос, « je me pose la question », mais plutôt à l’écrit.
| En français | En russe | Remarque |
|---|---|---|
| exiger des explications | требовать объяснений | génitif, comme après просить |
| ce travail demande du temps | эта работа требует времени | le sujet est une chose |
| on demande un serveur | требуется официант | tour des petites annonces |
| je me demande si… | интересно, … ли … | pas de verbe pronominal |
| demander en mariage | сделать предложение | « faire une proposition », avec le datif |
| l’offre et la demande | спрос и предложение | la demande vient en premier |
Les deux dernières lignes sont des curiosités utiles. « Il l’a demandée en mariage » se dit Он сделал ей предложение On sdiélal ieï priedlojéniie, « il lui a fait une proposition ». Et la demande des économistes, celle qui s’oppose à l’offre, est спрос spros, de la même racine que спросить : on la reconnaît, mais on ne la confond pas avec les verbes de cette page.
D’abord la question à se poser. Avant de parler, demandez-vous ce que vous attendez de l’autre. Une chose ou un geste : попросить. Une réponse : спросить. Si le mot « question » figure dans la phrase : задать вопрос. Et si personne n’attend rien de personne, cherchez un autre mot.
Ensuite le cas de la personne. L’accusatif pour celui que l’on prie d’agir ou que l’on interroge ; у et le génitif pour celui auprès de qui l’on obtient ou l’on s’informe ; le datif pour celui à qui l’on adresse une question avec задать, ou des paroles avec сказать. Le « à » français ne vous dit rien : c’est le verbe qui commande.
Puis les formes. прошу et спрошу avec ш, les cinq autres personnes avec с ; спрашивать avec ш partout ; задать sur le modèle de дать.
Enfin l’aspect et le ton. Le perfectif pour la demande faite, l’imperfectif pour la demande répétée, transmise ou interdite. Можно, пожалуйста et la particule бы pour la politesse, sans oublier que прошу, employé seul, est déjà une formule d’accueil.
Un choix qui se fait en une fraction de seconde. Comprendre la différence entre ces verbes prend dix minutes ; la faire sans y penser, au milieu d’une phrase, demande de l’entraînement. Il faut avoir entendu et répété assez de fois Можно вас спросить? et Можно вас попросить? pour que le bon verbe vienne avec la situation. C’est ce que travaille le cours audio de russe LIMBA, en leçons de quatorze minutes : on écoute, on répète, et le réflexe s’installe. Écoutez la première leçon aujourd’hui, avant d’avoir oublié la moitié de cette page.
Chaque phrase dit « demander » en français. Décidez si l’on veut obtenir, savoir, poser une question ou exiger.
Plus de cent cinquante pages qui se répondent — la mécanique de la langue, les verbes pris un à un, le vocabulaire par thème — avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.
50 leçons de 14 minutes, soit 11 h 39 d’écoute, en fichiers MP3. Je paie une fois, je reçois le lien par courriel, je télécharge le cours entier — ou je l’écoute en ligne.
La leçon 1 est en haut de cette page, gratuite et en entier : je l’écoute avant de payer, sans compte à créer et sans carte bancaire.
Ce que l’on attend de l’autre. Просить prossít’ sert à obtenir une chose, un service, une action : Я попросил счёт, « j’ai demandé l’addition ». Спросить sprossít’ sert à obtenir une information : Я спросил, который час, « j’ai demandé l’heure ». Le français emploie le même verbe pour les deux ; le russe ne les échange jamais.
Remplacez « demander » par un autre verbe français. Si « prier de » ou « réclamer » conviennent, prenez попросить ; si « interroger » ou « s’informer » conviennent, prenez спросить. Regardez aussi ce qui suit : un infinitif, ou un nom désignant ce que l’on veut recevoir, annoncent попросить, un mot interrogatif ou la particule ли annoncent спросить.
Parce que ce verbe de la seconde conjugaison change son с en ш à la première personne du singulier, et là seulement : прошу, просишь, просит prochoú, próssich’, próssit. Le perfectif спросить fait de même : спрошу, спросишь. La forme просю n’existe pas dans la langue normée.
Jamais le datif après ces deux verbes, malgré le « à » français. Avec попросить, la personne que l’on prie d’agir est à l’accusatif : Я попросил маму позвонить. Avec спросить, la personne interrogée est à l’accusatif ou après у au génitif : Я спросил маму, Я спросил у мамы. Le datif n’apparaît qu’avec задать вопрос : Я задал вопрос маме.
Les deux sont corrects. L’accusatif est le plus direct et correspond à « interroger maman ». La préposition у suivie du génitif présente la personne comme une source de renseignement ; elle est très répandue à l’oral, surtout quand on précise ce que l’on veut savoir : Спроси у прохожего дорогу, « demande le chemin à un passant ».
Non. Avec le nom вопрос, le russe emploie задавать et son perfectif задать, conjugué sur дать : Можно задать вам вопрос? Mójno zadát’ vam voprós ?. La personne se met alors au datif. Sans le nom, on revient à спросить et à l’accusatif : Можно вас спросить?
L’accusatif pour une chose concrète et précise, que l’on pourrait montrer : попросить счёт, попросить ручку. Le génitif pour une chose abstraite ou une quantité indéterminée : попросить помощи, попросить совета, попросить денег. La formule Прошу прощения, « je vous demande pardon », est figée au génitif.
Avec попросить, la personne à l’accusatif et l’action à l’infinitif : Он попросил меня позвонить On poprossíl mieniá pozvonít’, « il m’a demandé de téléphoner ». On peut aussi employer чтобы et la forme en -л : Мама просит, чтобы ты позвонил. Jamais спросить dans ce sens : on n’interroge pas quelqu’un sur une action à faire.
Avec спросить, une virgule, puis le mot sur lequel porte la question suivi de la particule ли : Она спросила, люблю ли я кофе, « elle m’a demandé si j’aimais le café ». Le « si » français ne se traduit pas par если, et le verbe garde le temps de la question d’origine, ici le présent.
L’aspect. Спросить, perfectif, rapporte une question posée une fois, avec sa suite : Я спрошу у него завтра. Спрашивать, imperfectif, dit la répétition, l’habitude ou le simple fait d’avoir demandé : Я уже спрашивал, « j’ai déjà demandé ». À l’impératif négatif, seul l’imperfectif convient : Не спрашивай.
Parce que celui qui transmet un message rapporte la demande elle-même, que le destinataire n’a pas encore satisfaite. L’imperfectif constate l’acte sans en annoncer le résultat : Он просил передать, что позвонит завтра, « il m’a chargé de vous dire qu’il appellera demain ». Le perfectif conviendrait si l’on racontait la scène où la demande a été faite.
Le plus simple est можно : Можно вас попросить?, « puis-je vous demander quelque chose ? ». Au-dessus viennent Будьте добры suivi d’un impératif, Не могли бы вы…?, puis Я хотел бы попросить вас…, ou Я хотела бы pour une femme. Pour annoncer le service avant de le formuler, on dit У меня к вам просьба.
Par интересно intieriésno, « c’est intéressant », suivi de la question indirecte : Интересно, придёт ли он, « je me demande s’il viendra ». Le tour я задаю себе вопрос, « je me pose la question », existe, mais il appartient plutôt à l’écrit.
Par требовать, qui veut dire exiger et nécessiter, suivi du génitif : Эта работа требует времени Èta rabóta triébouiet vriémieni. Ni просить ni спросить ne conviennent, puisque personne ne réclame ni n’interroge. Le même verbe donne le tour des petites annonces, Требуется официант, « on demande un serveur ».
50 leçons de 14 minutes, 11 h 39 d’écoute, en fichiers audio. Un seul paiement de 49 € — aucun abonnement, rien à résilier.
La leçon 1 est gratuite et complète, en haut de cette page : je l’écoute en entier avant de payer, sans compte à créer et sans carte bancaire.
Ce que je reçois : les 50 leçons audio du cours de russe, à télécharger sur mon téléphone, ma tablette ou mon ordinateur, ou à écouter en ligne — les deux options restent ouvertes. Une question avant d’acheter : info@limbaaudio.com.