C’est le cas le plus fréquent du russe après le nominatif. Partout où le français dirait « de » — et dans plusieurs endroits où il ne le dirait pas.
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L’emploi de base est simple à saisir : quand deux noms se suivent et que le second précise le premier, le second se met au génitif. Le français emploierait « de » ; le russe n’emploie rien du tout et modifie la fin du mot. C’est le mécanisme décrit à la page une langue à désinences.
Notez l’ordre : le possesseur vient après le possédé, comme en français, et non avant comme en anglais. Le russe ne connaît pas de construction comparable au génitif saxon. Et comme il n’a ni article défini ni article indéfini, la suite de deux noms se réduit à deux mots.
C’est le deuxième grand emploi, et celui qui revient le plus souvent dans la conversation courante. Dès qu’on mesure, qu’on compte ou qu’on prélève une part, le nom de la matière passe au génitif.
много mnógo, мало málo, немного niemnógo, несколько niéskol’ko, сколько skól’ko commandent tous le génitif.
Le russe partage ici ses noms en deux régimes, dans le cas ordinaire où le groupe compté est sujet, ou complément direct inanimé. Après два dva, три tri, четыре tchetýrie, le nom se met au singulier ; à partir de пять piat’, il passe au pluriel. Les deux formes sont celles du génitif. Seul один odín échappe à la règle et garde le nominatif singulier.
Une nuance d’accent mérite d’être signalée, car elle s’entend : après un nombre, час porte l’accent sur la finale — dva tchassá — alors que le génitif ordinaire l’a sur la racine, около часа ókolo tchássa, « environ une heure ». Les grammaires russes appellent cette survivance une « forme de comptage » ; elle ne touche qu’une poignée de mots. Le déplacement de l’accent dans la déclinaison est traité à la page l’accent mobile du nom.
C’est le cas qui en réclame le plus grand nombre. Aucune règle ne les rassemble : elles s’apprennent une à une, avec leur régime, comme on apprend un mot de vocabulaire. Voici les plus courantes ; la liste n’est pas complète.
| Préposition | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| без | sans | без сахара biez sákhara — sans sucre |
| для | pour, à destination de | для мамы dlia mámy — pour maman |
| до | jusqu’à, avant | до вокзала do vokzála — jusqu’à la gare |
| из | hors de, provenant de | из Москвы iz Moskvý — de Moscou |
| от | de la part de, à partir de | от врача ot vratchá — de chez le médecin |
| с | depuis, de dessus | с работы s rabóty — du travail |
| у | chez, auprès de | у окна ou okná — près de la fenêtre |
| около | près de, environ | около дома ókolo dóma — près de la maison |
| после | après | после обеда póslie obiéda — après le déjeuner |
| кроме | sauf, hormis | кроме меня krómie mieniá — sauf moi |
| вместо | au lieu de | вместо чая vmiésto tcháia — au lieu du thé |
| вокруг | autour de | вокруг стола vokroúg stolá — autour de la table |
| против | contre, en opposition à | против войны prótiv voïný — contre la guerre |
| среди | parmi, au milieu de | среди друзей sriedí drouziéï — parmi les amis |
| мимо | en passant devant, au-delà de | пройти мимо дома proïtí mímo dóma — passer devant la maison sans s’arrêter |
Attention à с. Cette préposition change de sens avec le cas : suivie du génitif elle signifie « depuis, de dessus », suivie de l’instrumental elle signifie « avec ». Deux mots français pour une seule forme russe, la différence se lisant sur la fin du nom qui suit.
Attention à у. Elle situe d’abord dans l’espace, mais elle porte aussi la construction qui remplace le verbe « avoir » en russe. Cette construction fait l’objet d’une page à part entière.
Le russe distingue ce que le français marque par « du » et « de la ». Avec l’accusatif, le complément est pris en entier ; avec le génitif, il n’en est pris qu’une part.
Une forme ancienne survit. Quelques noms de matière possèdent un second génitif, en -у ou -ю, réservé justement au sens partitif : чаю tcháiou, сахару sákharou, народу naródou.
Ces formes reculent : le russe d’aujourd’hui accepte partout чая, сахара, народа. Elles gardent une couleur familière et orale. Sachez les reconnaître ; vous n’êtes pas tenu de les produire.
Après un comparatif court, le second terme peut se mettre au génitif, sans aucun mot pour traduire « que ». Ce n’est pas la seule tournure, et il faut se garder de l’ériger en règle unique : le russe emploie tout aussi couramment la conjonction чем tchem, et le second terme reste alors au nominatif. Les deux constructions sont interchangeables quand on compare deux sujets ; dès que la comparaison porte sur autre chose — un adverbe, un groupe prépositionnel — чем est seul possible.
Pour situer un événement dans le calendrier, le quantième et le mois passent tous deux au génitif.
Quelques verbes réclament le génitif là où le français emploie un complément direct.
Le second exemple cache une subtilité que les manuels passent souvent : ждать prend le génitif quand l’objet attendu reste indéterminé — un bus, n’importe lequel — et l’accusatif quand il est identifié : Я жду Машу Ia jdou Máchou, « j’attends Macha ». La liste complète des verbes et du cas qu’ils commandent est à la page quel cas après quel verbe.
La négation. Sous la négation, le complément d’un verbe bascule très souvent de l’accusatif au génitif, et l’expression de l’absence l’exige. Cette alternance a ses règles, ses hésitations et ses tendances actuelles : elle est traitée à part, à la page le génitif de négation. Nous n’en donnons ici aucun exemple, pour ne pas mêler deux mécanismes distincts.
L’accusatif des animés. Pour les êtres vivants, la forme du génitif sert aussi d’accusatif : Я вижу брата Ia víjou bráta, « je vois mon frère ». La règle, ses limites et ses cas douteux relèvent de la page animé et inanimé.
Les désinences. Cette page dit quand employer le génitif ; elle ne dit pas comment le former. Les terminaisons se trouvent aux pages de déclinaison : le masculin, le féminin, le neutre, et pour le pluriel — la forme la plus capricieuse du russe — le génitif pluriel, souvent accompagné d’une voyelle mobile. La place du génitif parmi les autres cas est exposée à la page les six cas.
La difficulté réelle est le réflexe, non la règle. Comprendre que много работы demande le génitif prend une minute ; le produire sans y penser, dans une phrase qui avance, demande des heures d’écoute et de répétition. C’est précisément ce que travaille notre cours de russe, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes.
Choisissez la forme qu’appelle chaque phrase. On travaille ici la désinence du singulier, dans les trois genres, sur des radicaux durs comme sur des radicaux mous. Touchez une réponse, puis Correction.
Même exercice, mais plus exigeant. On y travaille le génitif pluriel, les voyelles mobiles, le régime des nombres et les mots qui ne changent jamais. Touchez une réponse, puis Correction.
Cent pages qui se répondent, des sons de la langue à son histoire, avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l'ordre, ou au gré de vos questions.
Lire cette page ne vous fera pas parler — écouter, si. Quatorze minutes par jour, vous répétez à voix haute ce que vous entendez, et la langue s'installe. La première leçon est gratuite sur la plateforme ou l'application, sans carte bancaire.
Il relie un nom à un autre, comme le « de » français : книга брата, le livre du frère. Il marque aussi la quantité, la part, la comparaison, la date, et il suit une quinzaine de prépositions.
Les plus courantes sont без, для, до, из, от, с, у, около, после, кроме, вместо, вокруг, против, среди, мимо. Elles s’apprennent une à une.
Parce que le russe change de régime selon le nombre : de deux à quatre, le nom compté se met au génitif singulier ; à partir de cinq, au génitif pluriel. Les nombres composés suivent leur dernier chiffre — et celui qui se termine par один revient au nominatif singulier : двадцать один брат dvádtsat’ odín brat.
Aucune de sens. чаю est un ancien génitif partitif, conservé par quelques noms de matière. Il sonne familier et recule devant чая, accepté partout aujourd’hui.
Souvent, oui : стол donne stolá, вода donne vodý. Le déplacement n’est pas prévisible et s’apprend avec le mot ; la page de l’accent mobile du nom en expose les schémas.
Aux pages de déclinaison : masculin, féminin, neutre, puis le génitif pluriel. La présente page traite les emplois, non les formes.
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