Он врач : deux mots, aucun verbe, et la phrase est complète. Le russe n’a pas de présent pour « être » — il le retrouve au passé et au futur, et l’écrit le remplace souvent par un tiret.
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Le verbe быть byt’, « être », existe bel et bien en russe : il a un infinitif, un passé, un futur, un impératif. Il lui manque une seule chose, et c’est précisément celle que le francophone emploie le plus — le présent. Au présent, le russe ne le remplace par rien du tout. On pose le sujet, on pose ce qu’on en dit, et la phrase est terminée.
Aucune de ces phrases n’est abrégée ni familière : elles sont neutres et complètes. Le francophone ressent d’abord un manque et cherche un mot à glisser entre les deux termes. Il n’y en a pas, et le premier réflexe à prendre consiste justement à ne rien mettre. Le tiret de Москва — большой город n’est pas un verbe déguisé : c’est un signe de ponctuation, et la section suivante dit quand il s’impose.
Le procédé ne dépend pas de ce qu’on dit du sujet. Nom, adjectif, adverbe, groupe prépositionnel : le présent reste vide dans tous les cas.
Les formes болен, готовы, открыта appartiennent à la forme courte de l’adjectif ; les phrases du type Сегодня холодно Siegódnia khólodno, « il fait froid aujourd’hui », relèvent des tournures impersonnelles. Deux pages à part, un seul et même vide au présent.
Rien à ajouter, rien à inverser : seule l’intonation, ou le mot interrogatif, fait la question. C’est le sujet de la page les questions.
Comme le russe n’a ni article défini ni article indéfini, une phrase entière tient ainsi en deux mots. L’ordre dans lequel on les pose n’est pas indifférent pour autant : il porte l’information, comme le montre l’ordre des mots.
À l’oral, une courte pause sépare les deux termes ; à l’écrit, un tiret cadratin remplace le verbe absent. Il n’est ni décoratif ni libre. La règle tient en une phrase : le tiret apparaît quand chacun des deux termes est un nom au nominatif, un infinitif ou un nombre, dans n’importe quelle combinaison — deux noms, deux infinitifs, deux nombres, mais aussi un nom et un infinitif.
Il disparaît en revanche, en règle générale, dès que le sujet est un pronom personnel, dès que l’attribut est un adjectif, un adverbe ou un groupe prépositionnel, et dès qu’un petit mot s’intercale entre les deux termes.
| Construction | Exemple | Tiret |
|---|---|---|
| Deux noms au nominatif | Москва — столица России Moskvá — stolítsa Rossíi | oui |
| Nom et infinitif | Наша задача — победить Nácha zadátcha — pobiedít’ | oui |
| Deux infinitifs | Курить — здоровью вредить Kourít’ — zdoróv’iou vriedít’ | oui |
| Deux nombres | Дважды два — четыре Dvájdy dva — tchetýrie | oui |
| Devant это, вот, значит | Здоровье — это главное Zdoróv’ie — èto glávnoie | oui |
| Infinitif nié par не | Ломать — не строить Lomát’ — nie stróit’ | oui |
| Sujet pronom personnel | Он студент On stoudiént | non |
| Attribut adjectif | Ночь тихая Notch tíkhaia | non |
| Attribut nié par не | Бедность не порок Biédnost’ nie porók | non |
| Comparaison как, словно | Этот дом как дворец Ètot dom kak dvoriéts | non |
| Particule только, тоже | Март только начало весны Mart tól’ko natchálo viesný | non |
Deux lignes méritent d’être relues ensemble. L’attribut nié par не perd son tiret — Бедность не порок, « pauvreté n’est pas vice » — mais l’infinitif le garde malgré la négation : Ломать — не строить, « démolir n’est pas bâtir ».
Le tiret d’insistance. Après un pronom personnel, le tiret n’est pas la règle, mais il apparaît quand on veut peser sur le sujet : Я — твой друг Ia — tvoï droug, « moi, je suis ton ami ». Écrit sans raison, il donne une emphase que le russe courant n’a pas. Dans le doute, n’en mettez pas après un pronom personnel.
Le vieux russe conjuguait быть au présent comme n’importe quel verbe : есмь, еси, есть, есмы, есте, суть. Une seule forme est restée d’usage courant, есть iest’, et elle ne s’accorde plus avec rien : elle sert à toutes les personnes et aux deux nombres. La forme суть sout’ ne survit que dans l’écrit savant et comme nom, « l’essentiel ».
Surtout, есть ne signifie plus « est ». Il affirme l’existence ou la présence : « il y a ». C’est pourquoi il n’apparaît jamais dans Он врач, où l’on ne dit pas que le médecin existe, mais qui il est.
Le troisième exemple montre l’invariabilité : le sujet est au pluriel, есть ne bouge pas.
La première tournure affirme qu’une chose se trouve là ; la seconde la suppose connue et dit seulement où elle est.
La même opposition commande la construction qui remplace le verbe « avoir », У меня есть машина Ou mieniá iest’ machína. Elle a sa page : dire « avoir ».
Le contraire de есть n’est pas « не есть ». L’absence se dit нет niet, et ce qui manque passe alors au génitif : Здесь нет аптеки Zdies’ niet aptiéki, « il n’y a pas de pharmacie ici ». Nier un attribut est une autre affaire : on pose не devant le mot nié, Он не врач On nie vratch. Voyez la négation et le génitif de négation.
Un homonyme à connaître tout de suite. есть est aussi l’infinitif du verbe « manger ». Я хочу есть Ia khotchoú iest’ ne signifie donc pas « je veux être », mais « j’ai faim » ; pour « je veux être », il faut быть.
Reste un emploi d’insistance où есть souligne une identité : Это и есть ответ Èto i iest’ otviét, « c’est justement là la réponse ».
Le vide ne concerne que le présent. Dès qu’on quitte le présent, быть redevient un verbe ordinaire, qu’il faut exprimer. Le passé s’accorde en genre et en nombre avec le sujet — был, была, было, были — et le futur se conjugue en personnes sur un radical буд-.
| Sujet | Présent | Passé | Futur |
|---|---|---|---|
| я | — | был, была byl, bylá | буду boúdou |
| ты | — | был, была byl, bylá | будешь boúdiech’ |
| он | — | был byl | будет boúdiet |
| она | — | была bylá | будет boúdiet |
| оно, это | — | было býlo | будет boúdiet |
| мы | — | были býli | будем boúdiem |
| вы | — | были býli | будете boúdietie |
| они | — | были býli | будут boúdout |
La colonne du passé ne connaît pas les personnes : elle ne distingue que le genre et le nombre, si bien que Я был et Я была se choisissent selon que l’on est un homme ou une femme. La formation de ce passé est traitée à la page le passé ; celle du futur, à la page les deux futurs, où быть sert en outre d’auxiliaire à tous les verbes imperfectifs.
есть n’a pas de passé propre : « il y avait » se dit avec был accordé au nom qui suit. Un seul verbe couvre ainsi les deux valeurs que le français sépare en « être » et « il y a ».
Tant qu’il n’y a pas de verbe, les deux termes sont au nominatif : Мой брат — врач. Dès que быть est exprimé, l’attribut quitte le nominatif et passe le plus souvent à l’instrumental. Ce cas, ses formes et ses nuances appartiennent en propre à la page le cas instrumental, qui en traite tous les emplois ; retenez seulement, ici, que passer au passé ne se contente pas d’ajouter un mot, mais modifie aussi la fin du suivant.
Sous la négation, быть cède le plus souvent son accent à не au masculin, au neutre et au pluriel, mais jamais au féminin ; et l’absence d’une personne se dit par la forme neutre invariable не было, suivie du génitif.
Le premier point relève de l’accent mobile du verbe, le second du génitif de négation.
L’infinitif, lui, est d’un usage constant : il apparaît dès qu’un autre verbe ou un mot modal le réclame.
L’impératif будь boud’ et будьте boúd’tie se rencontre surtout dans des conseils et des formules de politesse, qu’il vaut mieux apprendre tels quels. Sa formation figure à la page former l’impératif, et le choix entre les deux à la page tutoyer ou vouvoyer.
La difficulté n’est pas de comprendre, mais de se taire. Aucune règle de cette page ne demande un effort de mémoire : il s’agit de ne rien dire là où le français dit un mot. Or ce réflexe ne se défait qu’à l’oreille, en entendant cent fois Он дома sans rien entre les deux mots. C’est la raison d’être de notre cours de russe, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes.
Deux voisines immédiates : dire « avoir », qui traite l’autre grand verbe manquant, et la négation, qui montre où se place не dans une phrase sans verbe. La vue générale est à la page la grammaire complète.
Choisissez la forme de быть qu’appelle chaque phrase, ou le mot qui tient la place du verbe. La traduction française fixe le temps et le sens : lisez-la avant de répondre. Touchez une réponse, puis Correction.
Cent pages qui se répondent, des sons de la langue à son histoire, avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l'ordre, ou au gré de vos questions.
Lire cette page ne vous fera pas parler — écouter, si. Quatorze minutes par jour, vous répétez à voix haute ce que vous entendez, et la langue s'installe. La première leçon est gratuite sur la plateforme ou l'application, sans carte bancaire.
Parce que le russe n’a plus de présent pour быть. La phrase se réduit au sujet et à ce qu’on en dit, sans rien entre les deux : Он врач On vratch, « il est médecin ». Ce n’est ni un raccourci ni un registre familier, c’est la construction ordinaire.
Quand chacun des deux termes est un nom au nominatif, un infinitif ou un nombre : Москва — столица России, Курить — здоровью вредить, Наша задача — победить. On ne le met pas, en principe, après un pronom personnel, ni devant un adjectif, un adverbe ou un groupe prépositionnel, ni quand не, как, только ou тоже s’intercale.
La première affirme qu’une pharmacie existe à cet endroit, « il y a une pharmacie ici ». La seconde suppose la pharmacie connue et dit seulement où elle se trouve, « la pharmacie est ici ». есть marque l’existence, jamais l’identité.
Non. есть ne sert qu’à poser une existence ou une présence, et l’on dit simplement Он врач. L’ajout de есть devant un attribut sonne comme une traduction mot à mot.
Его не было дома Iegó nie bylo dóma. La personne absente passe au génitif et le verbe reste à la forme neutre invariable не было, qui ne s’accorde avec rien.
Non. Le vieux russe conjuguait есмь, еси, есть, есмы, есте, суть. Seul есть est resté d’usage courant, avec un sens d’existence ; суть ne survit que dans l’écrit savant et comme nom signifiant « l’essentiel ».
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