Un Russe porte trois noms, et celui du milieu n’a pas d’équivalent français : il est fabriqué sur le prénom du père, et c’est lui qui porte le respect.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l'application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s'écoutent en ligne, et non sur ce site.
Le français en connaît deux : le prénom et le nom. Le russe en compte trois, et les trois figurent sur les papiers d’identité.
Le patronyme se fabrique sur le prénom du père, au moyen d’un suffixe. Un homme dont le père s’appelle Пётр sera Петрович ; sa sœur sera Петровна. Le patronyme est donc porté par toute une fratrie, et il change d’une génération à l’autre.
L’ordre change selon le support. Dans la parole et dans la presse, on dit prénom, patronyme, nom. Dans un formulaire, un registre, une liste d’élèves, on écrit le nom d’abord : Смирнов Иван Петрович. Les administrations abrègent cette suite en trois lettres, ФИО FIO, pour фамилия, имя, отчество. Retenez la règle ainsi : vous parlez, le prénom d’abord ; vous remplissez, le nom d’abord.
Trois suffixes, choisis d’après la finale du prénom du père. La règle est régulière ; les irrégularités tiennent en une poignée de prénoms.
C’est le cas le plus fréquent. On ajoute -ович pour un fils, -овна pour une fille.
La finale molle appelle -евич et -евна.
Les prénoms en -ий perdent le plus souvent leur voyelle finale et la remplacent par un signe mou : Василий donne Васильевич, et non Василиевич.
Дмитрий échappe à cette contraction et garde son и : Дмитриевич, Дмитриевна. Le nom du compositeur Дмитрий Дмитриевич Шостакович Dmítriï Dmítriievitch Chostakóvitch suffit à le retenir.
Quelques prénoms masculins se terminent par une voyelle. Ils reçoivent -ич au masculin. Au féminin, deux suffixes se partagent le terrain, et c’est la place de l’accent dans le prénom qui tranche : si la finale est accentuée, on ajoute -инична ; sinon, -ична.
Le groupe est court, et vous l’avez sous les yeux presque en entier. Un seul de ses membres admet une seconde série, plus rare : à côté de Никитич et Никитична, on rencontre Никитович et Никитовна.
Comparez : Никита et Савва portent l’accent sur le radical, d’où Никитична ; Илья, Кузьма, Фома et Лука l’ont sur la finale, d’où la syllabe supplémentaire. La place de l’accent est ici une information grammaticale, ce qui est fréquent en russe — voyez l’accent tonique.
Leur radical se déforme, et aucune règle ne les rassemble.
| Prénom du père | Fils | Fille | Ce qui se passe |
|---|---|---|---|
| Пётр Piotr | Петрович Pietróvitch | Петровна Pietróvna | le ё redevient е, l’accent partant sur le suffixe |
| Павел Páviel | Павлович Pávlovitch | Павловна Pávlovna | le е tombe : c’est une voyelle mobile |
| Лев Liev | Львович L’vóvitch | Львовна L’vóvna | même chute, sur un radical d’une seule syllabe |
| Михаил Mikhaíl | Михайлович Mikháïlovitch | Михайловна Mikháïlovna | le и devient й |
| Яков Iákov | Яковлевич Iákovlievitch | Яковлевна Iákovlievna | un л s’insère devant le suffixe |
Prénom, patronyme et nom de famille prennent tous la marque du cas, chacun selon son propre modèle : c’est le principe exposé à la page les six cas. Le patronyme, lui, se décline comme un nom ordinaire, masculin en -ич, féminin en -а.
| Cas | Masculin | Féminin |
|---|---|---|
| nominatif | Иванович Ivánovitch | Ивановна Ivánovna |
| génitif | Ивановича Ivánovitcha | Ивановны Ivánovny |
| datif | Ивановичу Ivánovitchou | Ивановне Ivánovnie |
| accusatif | Ивановича Ivánovitcha | Ивановну Ivánovnou |
| instrumental | Ивановичем Ivánovitchem | Ивановной Ivánovnoï |
| prépositionnel | Ивановиче Ivánovitche | Ивановне Ivánovnie |
L’accusatif masculin est identique au génitif, parce qu’un patronyme désigne une personne : c’est la règle exposée à la page animé et inanimé.
Ce sont les plus nombreux. Ils suivent un modèle mixte, moitié nom, moitié adjectif : au masculin singulier, génitif, datif et prépositionnel sont ceux d’un nom ordinaire ; seul l’instrumental emprunte la finale de l’adjectif.
| Cas | Masculin | Féminin | Pluriel |
|---|---|---|---|
| nominatif | Иванов Ivanóv | Иванова Ivanóva | Ивановы Ivanóvy |
| génitif | Иванова | Ивановой | Ивановых |
| datif | Иванову | Ивановой | Ивановым |
| accusatif | Иванова | Иванову | Ивановых |
| instrumental | Ивановым | Ивановой | Ивановыми |
| prépositionnel | Иванове | Ивановой | Ивановых |
Notez la colonne du féminin : hormis l’accusatif Иванову, tous les cas obliques donnent Ивановой. Une seule forme pour cinq emplois.
Une exception d’origine. Quand un nom étranger se termine par hasard en -ин ou -ов, le suffixe n’étant pas perçu comme russe, l’instrumental se fait en -ом et non en -ым.
Deux noms de même terminaison, deux finales différentes : la distinction est fine et elle ne joue qu’à ce cas.
Ceux-là sont des adjectifs de plein droit et se déclinent comme tels, sans la moindre irrégularité. Le féminin se forme en -ая.
Une partie du stock est invariable. Le russe les laisse tels quels aux six cas, pour les deux genres et au pluriel.
Voici le point qui déroute le plus. Un nom de famille terminé par une consonne — signe mou compris —, russe ou étranger, se décline pour un homme et reste invariable pour une femme.
Les noms terminés par un -а non accentué après une consonne se déclinent comme un féminin en -а, pour un homme comme pour une femme : Глинка Glínka donne музыка Глинки moúzyka Glínki, « la musique de Glinka ».
La règle sociale est plus simple qu’il n’y paraît, et elle se résume à trois registres.
Prénom et patronyme : le respect. C’est la formule qu’on emploie envers un professeur, un supérieur, un médecin, une personne plus âgée, un inconnu dont on connaît le nom. Elle accompagne le vouvoiement, décrit à la page tutoyer ou vouvoyer. Le nom de famille n’y entre pas.
Le prénom seul : entre proches, et de plus en plus au travail. Entre amis, en famille, entre camarades d’études, le prénom suffit — et il est le plus souvent remplacé par une forme abrégée ou affectueuse, dont le mécanisme est traité à la page les diminutifs. Dans les entreprises jeunes, le prénom seul accompagné du vouvoiement s’est installé. L’usage n’est pas uniforme : envers quelqu’un de plus âgé, le patronyme reste la valeur sûre.
Cette dernière question n’a rien d’indiscret : on la pose couramment, le patronyme étant nécessaire pour s’adresser correctement à la personne. Une variante plaisante et un peu vieillie court encore : Как вас по батюшке? Kak vas po bátiouchke ?, mot à mot « comment êtes-vous du côté du père ? ».
Le patronyme seul : familier et chaleureux. Appeler quelqu’un Петрович ou Ивановна, sans le prénom, marque une familiarité bienveillante entre gens qui se connaissent de longue date — dans un atelier, un village, une équipe. Ce n’est pas grossier, mais ce n’est pas neutre : un étranger a tout intérêt à s’en abstenir.
Ce que vous entendrez, et ce que vous lirez. Les patronymes sont longs, et la parole rapide les écrase. Ивановна s’entend Иванна Ivánna ; Павел Павлович devient Пал Палыч Pal Pálytch ; Александр Александрович devient Сан Саныч San Sánytch ; Михайлович se réduit à Михалыч Mikhálytch. L’écriture, elle, ne bouge pas : ces formes ne se notent que dans les dialogues de roman. Ne les produisez pas ; sachez les reconnaître, sans quoi vous n’identifierez pas le nom qu’on vient de vous dire.
Et quand on ignore le nom ? Alors ces trois registres tombent, car ils reposent tous sur un nom qu’on connaît, et il faut aborder l’inconnu autrement : le russe n’a pas d’équivalent quotidien de « monsieur » et « madame ». Les mots qui remplacent ces appellations sont traités à la page tutoyer ou vouvoyer, et la troncation du prénom qui sert à appeler un proche à la page le vocatif familier.
Ce qui demande du temps, ici, n’est pas la règle. Former Петрович à partir de Пётр s’apprend en une minute. Dire Иван Петрович au bon moment, l’entendre quand il est contracté, le décliner sans hésiter : voilà ce qui demande de l’écoute. C’est le travail de notre cours de russe, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes.
Formez le patronyme demandé, puis mettez les noms au cas qu’exige la phrase. Toutes les formes proposées existent en russe : une seule convient. Touchez une réponse, puis Correction.
Cent pages qui se répondent, des sons de la langue à son histoire, avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l'ordre, ou au gré de vos questions.
Lire cette page ne vous fera pas parler — écouter, si. Quatorze minutes par jour, vous répétez à voix haute ce que vous entendez, et la langue s'installe. La première leçon est gratuite sur la plateforme ou l'application, sans carte bancaire.
C’est le deuxième des trois noms que porte un Russe, formé sur le prénom du père au moyen d’un suffixe : le fils d’Иван est Иванович, sa fille Ивановна. Il figure sur les papiers d’identité et sert à s’adresser poliment à quelqu’un.
Trois suffixes selon la finale du prénom du père. Consonne dure : -ович, -овна. Finale en -й ou signe mou : -евич, -евна. Finale en -а ou -я : -ич, et -ична ou -инична au féminin. Cinq prénoms déforment leur radical : Пётр, Павел, Лев, Михаил, Яков.
Parce que l’accent du prénom tranche. Никита le porte sur le radical, d’où le suffixe court ; Кузьма, Илья, Фома et Лука le portent sur la finale, d’où Кузьминична, Ильинична, Фоминична, Лукинична.
Envers un professeur, un supérieur, un médecin ou une personne plus âgée, oui : prénom et patronyme, avec le vouvoiement. Entre proches, le prénom seul suffit. Dans les entreprises jeunes, le prénom seul avec le vouvoiement s’est installé, mais l’usage n’est pas uniforme.
La plupart, oui. Ceux en -ов, -ев, -ин suivent un modèle mixte, moitié nom moitié adjectif ; ceux en -ский se déclinent comme des adjectifs. Restent invariables les noms en -ко, en -ых, et les noms étrangers accentués sur la finale.
Le -ин de Пушкин est un suffixe russe : l’instrumental emprunte alors la finale de l’adjectif. Celui de Чаплин ne l’est pas, et le nom se décline comme un nom ordinaire. La distinction ne joue qu’à ce seul cas.
Plus de 10 000 personnes ont appris avec la méthode LIMBA depuis sa création. La première leçon est gratuite sur la plateforme ou l'application, sans carte bancaire. Rappel : les deux formules sont indépendantes l'une de l'autre, et les leçons s'écoutent en ligne.
Toutes les langues depuis votre navigateur. Rien à installer. Ne donne pas accès aux applications mobiles.
Accéder à la plateforme →