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Le français passe sans y penser de « il semble fatigué » à « il a l’air fatigué », puis à « il ressemble à son père ». Le russe sépare ces trois idées : казаться pour l’impression, выглядеть pour l’apparence, похож на pour la ressemblance. Chacune a sa construction, et c’est là que le francophone se trompe.
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Regardez quelqu’un qui rentre d’une longue journée. Vous pouvez dire qu’il semble fatigué, qu’il a l’air fatigué, qu’il a mauvaise mine, ou même qu’il ressemble à son père quand il fait cette tête-là. Le français glisse d’une formule à l’autre sans changer de construction : un verbe, puis un adjectif ou un complément. Le russe range ces phrases dans trois cases distinctes, avec trois mots différents et des cas différents, et c’est l’un des endroits où la traduction mot à mot échoue le plus sûrement.
La première idée est celle de l’impression. Une chose vous paraît d’une certaine façon, sans que vous en soyez tout à fait sûr : le problème vous semble difficile, la journée vous a paru longue, cet homme vous fait l’effet d’être honnête. Le russe emploie alors казаться kazát’sia, et l’impression peut porter sur à peu près tout : l’allure d’une personne comme son caractère, la difficulté d’une tâche comme la durée d’un après-midi. Ce verbe laisse souvent entendre que la réalité pourrait être autre.
La deuxième idée est celle de l’apparence visible. On juge ce que montrent un visage, une silhouette, des vêtements : quelqu’un a bonne mine, a l’air reposé, fait plus jeune que son âge. Le verbe est выглядеть výgliadiet’, construit sur la racine de глядеть, regarder. Il parle de ce que l’on voit, et de rien d’autre.
La troisième idée est celle de la ressemblance : une personne ou une chose en rappelle une autre par ses traits. Le russe courant n’emploie pas de verbe pour cela, mais un adjectif sous sa forme courte, похож pokhój, suivi de la préposition на et de l’accusatif. Le français, qui dit « ressembler à », pousse vers un datif ; le russe n’en veut pas.
Les deux premières lignes ne diffèrent que par le verbe, et les deux sont correctes. La première rapporte une impression, la seconde décrit ce que l’on a sous les yeux. La troisième ne pourrait pas se dire avec казаться, car elle juge l’apparence elle-même au moyen d’un adverbe. La quatrième ne contient aucun des deux verbes. Le reste de la page déroule ces quatre phrases, une par une.
Voici, rangées par situation, les phrases françaises où l’hésitation est la plus fréquente. La deuxième colonne dit ce que le russe choisit, la troisième dit pourquoi. Lisez-les comme une série de réflexes à acquérir plutôt que comme des règles à réciter.
| En français je dis | En russe je choisis | Pourquoi | La phrase russe |
|---|---|---|---|
| Il semble fatigué. | казаться + instrumental | une impression, peut-être trompeuse | Он кажется усталым. On kájetsia oustálym. |
| Il a l’air fatigué. | выглядеть + instrumental | ce que montrent son visage, son allure | Он выглядит усталым. On výgliadit oustálym. |
| Tu as bonne mine. | выглядеть + adverbe | un jugement sur l’apparence elle-même | Ты хорошо выглядишь. Ty khorochó výgliadich’. |
| Elle fait trente ans. | выглядеть на + accusatif | l’âge que l’on paraît | Она выглядит на тридцать лет. Oná výgliadit na trídtsat’ liet. |
| Ce problème me paraît difficile. | казаться, la personne au datif | une impression que l’on rapporte à soi | Эта задача мне кажется трудной. Èta zadátcha mnie kájetsia troúdnoï. |
| Il me semble qu’il a raison. | мне кажется, что | une opinion avancée avec prudence | Мне кажется, что он прав. Mnie kájetsia, tchto on prav. |
| J’ai l’impression de vous connaître. | кажется, en incise | un doute glissé dans la phrase | Кажется, я вас знаю. Kájetsia, ia vas znáiou. |
| J’ai cru entendre frapper. | показаться | une impression soudaine | Мне показалось, что кто-то стучит. Mnie pokazálos’, tchto któ-to stoutchít. |
| Il ressemble à son père. | похож на + accusatif | une ressemblance de traits | Он похож на отца. On pokhój na ottsá. |
| Ils se ressemblent beaucoup. | похожи, sans complément | une ressemblance réciproque | Они очень похожи. Oní ótchen’ pokhóji. |
| Ça ne lui ressemble pas. | не похоже на + accusatif | une conduite inattendue de sa part | Это на него не похоже. Èto na nievó nie pokhóje. |
| On dirait qu’il va pleuvoir. | похоже | une déduction tirée des indices | Похоже, будет дождь. Pokhóje, boúdiet dojd’. |
| Elle me rappelle ma mère. | напоминать + accusatif | une ressemblance qui fait penser à quelqu’un | Она напоминает мне маму. Oná napomináiet mnie mámou. |
| Il paraît qu’il s’est marié. | говорят | un bruit qui court, non une impression | Говорят, он женился. Govoriát, on jenílsia. |
Trois lignes méritent un mot dès maintenant. La troisième montre que l’adverbe хорошо, « bien », n’a sa place, parmi ces mots, qu’après выглядеть : c’est la ligne qui distingue le plus nettement les deux verbes. La neuvième contient la préposition на, là où le français emploie « à » ; c’est l’un des pièges les plus sûrs de la page. La dernière rappelle que « il paraît que » ne dit pas toujours une impression : quand il rapporte ce qu’on a entendu dire, le russe change complètement de mot. Avant de choisir, posez-vous donc une seule question : est-ce que je parle d’une impression, d’une apparence ou d’une ressemblance ?
Commençons par la conjugaison. Казаться appartient à la première conjugaison, celle des désinences en -е-, et il porte une alternance de consonne que vous connaissez peut-être par сказать, dire : le з de l’infinitif devient ж au présent. Contrairement à ce qui se passe dans la seconde conjugaison, où seule la première personne du singulier change de consonne, l’alternance touche ici les six personnes. Le mécanisme est décrit à la page les consonnes qui changent au présent.
| Personne | Forme | Transcription | Exemple |
|---|---|---|---|
| я | кажусь | kajoús’ | Я тебе кажусь странным? — Je te parais bizarre ? (dit par un homme) |
| ты | кажешься | kájech’sia | Ты мне кажешься знакомой. — Tu me dis quelque chose. (à une femme) |
| он, она, оно | кажется | kájetsia | Он кажется усталым. — Il semble fatigué. |
| мы | кажемся | kájemsia | Мы кажемся моложе. — Nous paraissons plus jeunes. |
| вы | кажетесь | kájeties’ | Вы кажетесь спокойным. — Vous paraissez calme. (à un homme) |
| они | кажутся | kájoutsia | Эти правила кажутся сложными. — Ces règles paraissent compliquées. |
L’accent suit le schéma de сказать : il frappe la désinence à la première personne, кажусь, puis recule sur le radical pour les cinq autres. Le suffixe pronominal prend la forme -сь après une voyelle et -ся après une consonne, d’où кажусь et кажетесь, mais кажешься et кажется. Le passé se forme sur l’infinitif, sans aucune alternance : казался, казалась, казалось, казались kazálsia, kazálas’, kazálos’, kazális’.
Observez la cinquième ligne du tableau. Avec вы de politesse adressé à une seule personne, le verbe est au pluriel, mais l’adjectif attribut reste au singulier et prend le genre de la personne : Вы кажетесь спокойным à un homme, Вы кажетесь спокойной à une femme. C’est la règle ordinaire du vouvoiement russe devant un adjectif à forme longue.
Voici la construction qui coûte le plus cher au francophone. Après казаться, l’adjectif ou le nom qui dit comment la chose paraît ne se met pas au nominatif, comme le laisse attendre le français, mais à l’instrumental, le cas que décrit la page le cas instrumental. C’est le même cas qu’après быть au passé ou après стать, devenir : le verbe présente une qualité comme un état que l’on observe, non comme une identité.
Les terminaisons sont celles de l’instrumental de l’adjectif : -ым au masculin et au neutre (-им après г, к, х, les chuintantes et pour les adjectifs mous : хорошим, синим), -ой au féminin (-ей après une chuintante quand la désinence n’est pas accentuée, et pour les adjectifs mous : хорошей, синей), -ыми ou -ими au pluriel. La troisième ligne en donne un exemple discret : день est masculin en russe, alors que « la journée » est féminin en français, et c’est le genre russe qui commande l’accord du verbe et de l’adjectif.
La personne à qui la chose paraît, quand on veut la nommer, se met au datif, le cas que décrit la page le datif. Elle se place volontiers juste avant le verbe : мне кажется, ему казалось, нам показалось. La quatrième ligne cumule ainsi deux cas autour d’un seul verbe : le datif pour la personne, l’instrumental pour le jugement.
Une phrase comme Он кажется усталый, calquée sur le français, avec un nominatif, n’appartient pas à la norme actuelle, et c’est l’instrumental qu’il faut produire. Retenez la construction comme un bloc, казаться plus instrumental, de la même façon qu’on retient стать врачом.
Deux virgules qui changent tout. Comparez Он кажется усталым On kájetsia oustálym et Он, кажется, устал On, kájetsia, oustál. Dans la première phrase, кажется est le verbe, et усталым son attribut à l’instrumental. Dans la seconde, кажется n’est plus qu’une incise, détachée par deux virgules et par deux petites pauses à l’oral ; le vrai verbe est устал, passé de устать, « se fatiguer ». Le sens est voisin, « il semble fatigué » contre « il est fatigué, me semble-t-il », mais la construction n’a rien de commun.
C’est cette seconde tournure qui rend le français « sembler » suivi d’un infinitif, car казаться ne se fait pas suivre d’un infinitif à la manière de « il semble dormir » : Он, кажется, спит On, kájetsia, spit.
Choisissez la forme qu’appelle chaque phrase. Touchez une réponse, puis Correction.
Sans attribut, казаться devient une tournure impersonnelle, sans sujet, figée à la troisième personne du singulier : мне кажется, что… mnie kájetsia, tchto…, « il me semble que… ». Son fonctionnement général est décrit à la page les phrases sans sujet, et sa place parmi les manières de donner son avis, de la plus prudente à la plus ferme, à la page penser, croire, estimer. Nous n’y revenons pas. Ce qui nous intéresse ici est une distinction que le français fait à sa manière et que le russe répartit autrement : la différence entre « il me semble que » et « il semble que ».
Avec le datif, la phrase rapporte une impression personnelle, assumée comme telle : мне кажется dit « c’est mon impression ». Sans datif, кажется se glisse dans la phrase, en tête ou en incise, et marque un doute du locuteur : c’est toujours lui qui parle, mais il s’efface derrière sa phrase. Quand le français « il semble que » signifie plutôt que les indices vont dans un certain sens, le russe préfère d’autres mots, qui ne doivent rien à казаться.
| En français | En russe | Transcription | Ce qui se dit |
|---|---|---|---|
| Il me semble que tu as maigri. | Мне кажется, ты похудел. | Mnie kájetsia, ty pokhoudiél. | une impression que l’on assume (à un homme) |
| Il pleut, il me semble. | Кажется, идёт дождь. | Kájetsia, idiót dojd’. | un doute glissé en tête de phrase |
| — Tu le connais ? — Je crois que oui. | — Ты его знаешь? — Кажется, да. | Ty iegó znáiech’ ? Kájetsia, da. | une réponse prudente, en un mot |
| On dirait que tout va bien. | Похоже, всё в порядке. | Pokhóje, vsio v poriádkie. | une déduction tirée de ce que l’on observe |
| Apparemment, il a oublié. | Видимо, он забыл. | Vídimo, on zabýl. | une conclusion probable |
| Selon toute apparence, ils sont partis. | Судя по всему, они уехали. | Soúdia po vsiemoú, oní ouiékhali. | la même conclusion, sur un ton plus posé |
| On aurait pu croire que c’était simple. | Казалось бы, всё просто. | Kazálos’ by, vsio prósto. | une apparence que la suite va démentir |
La cinquième ligne emploie un mot de la famille de видеть, voir, dont la page voir ou regarder présente aussi le tour видно, « on voit que ». La dernière ligne demande un mot à part. Казалось бы kazálos’ by, figé, annonce une apparence pour mieux la contredire : la suite de la phrase, introduite d’ordinaire par но, « mais », vient la démentir. Казалось бы, всё просто, но…, « tout semble simple, et pourtant… ».
Au passé, la tournure se fige au neutre, puisqu’elle n’a pas de sujet avec quoi s’accorder : Мне казалось, что ты занят Mnie kazálos’, tchto ty zániat, « je croyais que tu étais occupé ». Remarquez le présent занят dans la subordonnée : le russe garde le temps de l’impression au moment où on l’avait, sans le transposer comme le fait le français. Le neutre казалось ne dépend pas de qui parle : un homme et une femme disent мне казалось de la même façon ; seul занят s’accorde, avec la personne à qui l’on parle, et devient занята devant une femme.
Le perfectif de казаться, au sens de sembler, est показаться pokazát’sia. Il se conjugue de la même façon, покажусь, покажешься, покажется, et son passé est показался, показалась, показалось, показались. Comme tout perfectif, il ne présente pas un état qui dure mais un moment : l’instant où l’impression se forme. Le fonctionnement des paires est exposé à la page perfectif et imperfectif ; voici ce qu’il donne ici.
| Phrase | Aspect | Ce qu’elle dit |
|---|---|---|
| Фильм казался мне скучным. | imperfectif | l’ennui a duré tout au long de la séance |
| Фильм показался мне скучным. | perfectif | un jugement porté une fois, en sortant |
| Мне казалось, что кто-то стучит. | imperfectif | une impression qui persistait |
| Мне показалось, что кто-то стучит. | perfectif | un bruit que l’on a cru entendre un instant |
| Тебе показалось. | perfectif | tu as dû rêver, il n’y avait rien |
La dernière ligne est une réplique à apprendre telle quelle. Тебе показалось Tiebié pokazálos’, ou Вам показалось en vouvoyant, répond à quelqu’un qui croit avoir vu ou entendu quelque chose : « c’est une impression », « tu as rêvé ». À la première personne, Мне показалось sert à reconnaître sa propre méprise, « j’ai cru… ». Le perfectif convient bien à ces phrases, car l’impression trompeuse est un instant, non un état.
Méfiez-vous d’un piège de vocabulaire. Le verbe est formé sur показать, montrer, et il a gardé un second sens : se montrer, apparaître, se laisser voir. Le contexte tranche en général, mais il faut connaître ce sens pour ne pas chercher une impression là où il n’y en a aucune.
Dans ce sens, l’imperfectif n’est plus казаться mais показываться, comme le montre la troisième ligne. La deuxième est une formule courante : « se montrer au médecin », c’est aller se faire examiner, avec le médecin au datif.
Changeons de verbe. Выглядеть suit la seconde conjugaison, celle des désinences en -и-, et il connaît l’alternance de глядеть et de видеть : le д devient ж à la première personne du singulier, et là seulement. L’accent reste sur la syllabe вы- à toutes les formes, ce qui rend le verbe facile à reconnaître à l’oreille.
| Personne | Forme | Transcription | Exemple |
|---|---|---|---|
| я | выгляжу | výgliajou | Как я выгляжу? — De quoi j’ai l’air ? |
| ты | выглядишь | výgliadich’ | Ты хорошо выглядишь. — Tu as bonne mine. |
| он, она | выглядит | výgliadit | Он плохо выглядит. — Il a mauvaise mine. |
| мы | выглядим | výgliadim | Мы выглядим смешно. — Nous avons l’air ridicules. |
| вы | выглядите | výgliaditie | Вы прекрасно выглядите. — Vous avez une mine superbe. |
| они | выглядят | výgliadiat | Они выглядят усталыми. — Ils ont l’air fatigués. |
Le passé est régulier, выглядел, выглядела, выглядели výgliadiel, výgliadiela, výgliadieli. Le verbe est imperfectif et n’a pas de perfectif usuel dans ce sens : on ne « termine » pas d’avoir l’air de quelque chose. Он выглядел усталым rend donc aussi bien « il avait l’air fatigué » que « il a eu l’air fatigué ».
Là où казаться se contente pour l’essentiel de l’instrumental, выглядеть accepte plusieurs compléments, et chacun répond à une question différente sur l’apparence.
| Construction | Ce qu’elle dit | Exemple |
|---|---|---|
| + adverbe | un jugement sur l’apparence, bonne ou mauvaise | Ты отлично выглядишь. Ty otlítchno výgliadich’. — Tu as une mine superbe. |
| + instrumental de l’adjectif | l’air que l’on a | Она выглядела счастливой. Oná výgliadiela stchastlívoï. — Elle avait l’air heureuse. |
| + как + nominatif | ce à quoi l’on ressemble par l’allure | Он выглядит как настоящий профессор. On výgliadit kak nastoiáchtchiï profiéssor. — Il a tout l’air d’un vrai professeur. |
| + на + accusatif | l’âge que l’on paraît | Она выглядит на тридцать лет. Oná výgliadit na trídtsat’ liet. — Elle fait trente ans. |
| + comparatif | plus jeune, plus âgé que | Он выглядит моложе своих лет. On výgliadit molóje svoíkh liet. — Il fait plus jeune que son âge. |
La première ligne règle l’expression la plus utile de la page : avoir bonne ou mauvaise mine se dit avec un adverbe, хорошо, плохо, отлично, прекрасно. C’est un emploi que казаться ne connaît pas, et l’adjectif хорошим ne convient pas davantage. Comparez les deux premières phrases ci-dessous : l’une parle de la mine, l’autre du caractère.
La deuxième ligne du tableau montre que выглядеть, comme казаться, met l’adjectif à l’instrumental : выглядеть усталым, выглядеть больным. Avec un nom, la langue courante préfère как suivi du nominatif, comme dans la troisième ligne. La quatrième se calque mal sur le français, qui dit « faire trente ans » : le russe dit « avoir l’air sur trente ans », avec на et l’accusatif du nombre. La cinquième emploie le comparatif моложе, « plus jeune », suivi du génitif своих лет, « que ses années ».
Deux limites, enfin, qui distinguent encore ce verbe de казаться. Выглядеть ne prend normalement pas de datif de la personne qui observe : pour dire « il me paraît fatigué », on revient à мне кажется, ou l’on ajoute по-моему, « à mon avis ». Et il ne se construit pas avec un infinitif : « il a l’air de dormir » se dit Он, кажется, спит ou Похоже, он спит.
Un voisin trompeur : выглянуть. Le perfectif выглянуть výglianout’ et son imperfectif выглядывать viennent de la même racine, mais ils décrivent un mouvement, non une apparence : passer la tête dehors pour regarder. Выгляни в окно! Výgliani v oknó ! veut dire « jette un œil par la fenêtre ! ». Retenez aussi la question Как он выглядит? Kak on výgliadit ? : selon le contexte, elle demande « de quoi a-t-il l’air ? » ou « à quoi ressemble-t-il ? », c’est-à-dire une description physique.
Demandez-vous si la phrase rapporte une impression, une impression soudaine, ou une apparence visible.
Pour la ressemblance, le russe n’emploie pas de verbe dans l’usage courant. Il prend l’adjectif похожий, « semblable », sous sa forme courte, et le fait suivre de la préposition на et de l’accusatif. Comme toute forme courte, celle-ci s’accorde en genre et en nombre avec le sujet ; au présent, aucun verbe « être » ne paraît. La page la forme courte de l’adjectif explique pourquoi, en fonction de prédicat, la forme courte est de règle dès qu’un complément suit, comme ici.
| Accord | Forme | Transcription | Exemple |
|---|---|---|---|
| masculin | похож | pokhój | Он похож на отца. — Il ressemble à son père. |
| féminin | похожа | pokhója | Она похожа на маму. — Elle ressemble à sa mère. |
| neutre | похоже | pokhóje | Это похоже на сон. — On dirait un rêve. |
| pluriel | похожи | pokhóji | Они похожи на родителей. — Ils ressemblent à leurs parents. |
L’accent ne bouge pas : il reste sur la deuxième syllabe aux quatre formes. Au passé et au futur, le verbe « être » réapparaît et porte le temps, tandis que похож continue de s’accorder : Она была похожа на мать Oná bylá pokhója na mat’, « elle ressemblait à sa mère » ; Он будет похож на деда On boúdiet pokhój na diéda, « il ressemblera à son grand-père ».
Le français dit « ressembler à quelqu’un », et le francophone cherche donc un datif. C’est la faute type : Он похож отцу ne se dit pas. Après на, le nom se met à l’accusatif, et cet accusatif prend la forme qui convient à un être animé, puisque l’on ressemble le plus souvent à quelqu’un. La règle est exposée à la page l’accusatif des êtres animés ; voici ce qu’elle donne ici.
Le masculin animé emprunte la forme du génitif, на старшего брата ; le féminin en -а prend -у, на сестру ; мать, féminin en signe mou, ne change pas ; le pluriel animé reprend lui aussi le génitif, на родителей. Même l’interrogatif suit la règle : on demande на кого, avec l’accusatif de кто, et non кому.
Une seconde faute guette celui qui connaît l’adjectif long. Он похожий на отца ne s’emploie pas comme phrase complète : la forme longue похожий sert devant un nom ou à sa suite, pas comme prédicat au nominatif suivi d’un complément. Мальчик, похожий на отца, « un garçon qui ressemble à son père » ; У нас похожие вкусы Ou nas pokhójie vkoússy, « nous avons des goûts semblables ».
Le français emploie un verbe pronominal, « se ressembler ». Le russe garde son adjectif, mis au pluriel, et peut s’en tenir là : Они очень похожи, « ils se ressemblent beaucoup ». Pour insister sur la réciprocité, il ajoute друг на друга, l’un à l’autre, où la préposition se glisse entre les deux mots, comme l’explique la page себя et друг друга.
Le neutre похоже mène une vie à part. Employé seul en tête de phrase, suivi d’une virgule ou de что, il introduit une déduction tirée de ce que l’on observe : c’est notre « on dirait que », « il semble bien que ». Avec на, il sert à dire qu’une chose ressemble à une autre, ou qu’une conduite ressemble à quelqu’un.
La troisième ligne est l’une des plus utiles : Это на тебя не похоже, « ça ne te ressemble pas », se dit d’un comportement qui surprend chez quelqu’un. La dernière est un reproche familier, adressé par exemple à un enfant qui rentre couvert de boue ; elle s’accorde, bien sûr, avec la personne visée, et devient На кого ты похожа! pour une fille.
Quand la ressemblance passe par l’esprit de quelqu’un, quand une chose « fait penser » à une autre, le russe emploie l’imperfectif напоминать napominát’, suivi de l’accusatif, sans préposition, avec la personne au datif : Она напоминает мне маму, « elle me rappelle ma mère » ; Эта мелодия мне что-то напоминает Èta mielódiia mnie tchtó-to napomináiet, « cette mélodie me rappelle quelque chose ». Ce verbe appartient d’abord à la mémoire, et la page se souvenir et oublier en détaille les autres constructions. Signalons enfin походить на, « ressembler à », avec le même accusatif : il existe, mais il sonne écrit, et la conversation lui préfère похож на.
Vérifiez la préposition, puis le cas, puis l’accord avec le sujet.
Les verbes français de l’apparence ont pris des sens que le russe confie à d’autres mots. Un francophone qui traduit « paraître » ou « sembler » par réflexe produit alors une phrase correcte en apparence, mais qui dit autre chose que ce qu’il pensait.
| En français | En russe | Transcription | Ce qui se passe |
|---|---|---|---|
| Le problème s’est révélé simple. | Задача оказалась простой. | Zadátcha okazálas’ prostóï. | la réalité découverte, non l’apparence |
| Il paraît qu’il s’est marié. | Говорят, он женился. | Govoriát, on jenílsia. | un bruit qui court : « on dit » |
| Il fait semblant de ne pas entendre. | Он делает вид, что не слышит. | On diélaiet vid, tchto nie slýchit. | une apparence que l’on fabrique |
| Elle faisait semblant de dormir. | Она притворялась спящей. | Oná pritvoriálas’ spiáchtcheï. | un verbe qui veut, lui aussi, l’instrumental |
| Son livre a paru l’an dernier. | Его книга вышла в прошлом году. | Ievó kníga výchla v próchlom godoú. | paraître, c’est ici être publié |
La première ligne est la plus importante, car les deux verbes russes se ressemblent beaucoup. Казаться dit ce qui paraît ; оказаться, avec un préfixe, dit ce qui se révèle être, une fois les apparences dissipées. Ils prennent tous deux l’instrumental, et c’est pourquoi on les trouve si souvent dans la même phrase : Задача казалась трудной, но оказалась простой Zadátcha kazálas’ troúdnoï, no okazálas’ prostóï, « le problème semblait difficile, mais il s’est révélé simple ». Le second verbe a sa propre page, s’avérer, se révéler, qui en détaille les emplois.
La deuxième ligne corrige un réflexe tenace. Quand « il paraît que » rapporte ce que l’on a entendu dire, le russe ne parle pas d’impression : il dit говорят, « on dit », en tête de phrase ou en incise, Он, говорят, женился. Кажется, он женился se dit aussi, mais signifie autre chose : « je crois qu’il s’est marié », sur la foi de sa propre mémoire.
Les troisième et quatrième lignes traitent de l’apparence volontaire. « Faire semblant » contient le mot « semblant », mais le russe ne passe pas par казаться : il dit делать вид, что…, « faire mine de », ou emploie le verbe притворяться, « feindre », suivi de l’instrumental, comme притворяться больным, « faire semblant d’être malade ». La dernière ligne, enfin, rappelle que « paraître » au sens de sortir en librairie se dit выйти, « sortir ».
Tout ce qui précède se ramène à une suite de décisions, que l’on peut prendre dans l’ordre avant d’ouvrir la bouche.
Est-ce une impression, une apparence ou une ressemblance ? Une impression, sur n’importe quel sujet et souvent incertaine, appelle казаться, avec l’instrumental et, au besoin, le datif de la personne. Une apparence visible, ce que montrent un visage ou une silhouette, appelle выглядеть. Une ressemblance de traits avec quelqu’un ou quelque chose appelle похож на et l’accusatif.
Qu’est-ce qui suit ? Parmi les mots de cette page, un adverbe comme хорошо ou плохо ne va qu’avec выглядеть, de même qu’un âge introduit par на. Une proposition introduite par что appelle мне кажется ou похоже, selon que l’on parle d’une impression ou d’un indice. Un infinitif, comme dans « il semble dormir », ne suit aucun de ces mots : on passe à кажется en incise devant un verbe conjugué.
Le moment compte-t-il ? Si l’impression surgit d’un coup, et surtout si elle se révèle fausse, prenez le perfectif показаться : мне показалось, тебе показалось. Si elle dure, restez à казаться. Et si la réalité vient démentir l’apparence, c’est оказаться qui le dit.
Une affaire d’oreille avant tout. Personne n’a de mal à comprendre la différence entre « sembler », « avoir l’air » et « ressembler » une fois qu’elle est expliquée. La difficulté est de produire au bon moment выглядишь avec son adverbe, кажется avec son instrumental, похож на avec son accusatif, sans chercher. Ce réflexe vient des phrases entendues et répétées, jusqu’à ce que la préposition et la désinence arrivent d’elles-mêmes. C’est ce que travaille notre méthode de russe entièrement audio, en leçons de quatorze minutes, sur la plateforme web comme dans nos applications. Écoutez la première leçon aujourd’hui.
Choisissez le mot que la situation réclame. Demandez-vous d’abord s’il s’agit d’une impression, d’une apparence ou d’une ressemblance.
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Казаться rapporte une impression, sur n’importe quel sujet, souvent avec un doute : Задача кажется трудной, « le problème paraît difficile ». Выглядеть décrit l’apparence visible d’une personne ou d’une chose : Он выглядит усталым, « il a l’air fatigué ». Les deux prennent l’instrumental de l’adjectif, mais seul le second accepte un adverbe comme хорошо.
Parce que казаться met son attribut à l’instrumental, comme быть au passé ou стать : la qualité est présentée comme un état observé. Le nominatif calqué sur le français, Он кажется усталый, n’appartient pas à la norme actuelle. Les terminaisons de base sont -ым au masculin (-им après г, к, х et les chuintantes), -ой au féminin, -ыми au pluriel.
Sur la première conjugaison, avec le з changé en ж aux six personnes : кажусь, кажешься, кажется, кажемся, кажетесь, кажутся kajoús’, kájech’sia, kájetsia, kájemsia, kájeties’, kájoutsia. L’accent frappe la désinence à la première personne, le radical ailleurs. Le passé, régulier, est казался, казалась, казалось, казались.
Ты хорошо выглядишь Ty khorochó výgliadich’, avec le verbe выглядеть et un adverbe. On dit de même Вы прекрасно выглядите, « vous avez une mine superbe », ou Он плохо выглядит, « il a mauvaise mine ». Ni казаться ni un adjectif comme хорошим ne conviennent ici.
« Il me semble que » se dit мне кажется, что…, avec la personne au datif : c’est une impression que l’on assume. Sans datif, кажется se glisse en incise et marque un doute : Кажется, идёт дождь. Quand « il semble que » s’appuie sur des indices, le russe préfère похоже, видимо ou судя по всему.
« C’est une impression », « tu as dû rêver ». Показаться est le perfectif de казаться et marque l’instant où l’impression se forme, souvent pour la reconnaître fausse. À la première personne, Мне показалось, что кто-то стучит signifie « j’ai cru entendre frapper ». La tournure, sans sujet, reste figée au neutre.
Non. Formé sur показать, montrer, il signifie aussi se montrer, apparaître : Из-за туч показалось солнце, « le soleil est apparu derrière les nuages ». Показаться врачу, avec le datif, c’est aller se faire examiner. Dans ce sens, l’imperfectif est показываться, et non казаться.
Parce que похож se construit avec la préposition на suivie de l’accusatif, quoi que suggère le « à » français. L’accusatif prend la forme des êtres animés : на отца, на старшего брата, на сестру, на родителей. La question se pose de même : На кого он похож?, « à qui ressemble-t-il ? ».
Avec l’adjectif au pluriel, sans verbe pronominal : Они очень похожи, « ils se ressemblent beaucoup ». Pour souligner la réciprocité, on ajoute друг на друга, où la préposition se place entre les deux mots. L’expression похожи как две капли воды correspond à notre « comme deux gouttes d’eau ».
« Ça ne lui ressemble pas » : la conduite dont on parle surprend de la part de cette personne. Le neutre похоже s’accorde avec это, et la personne est à l’accusatif après на. Seul en tête de phrase, похоже signifie « on dirait » : Похоже, будет дождь.
Она выглядит на тридцать лет Oná výgliadit na trídtsat’ liet, avec выглядеть, la préposition на et l’accusatif du nombre. Pour comparer à l’âge réel, on emploie un comparatif : Он выглядит моложе своих лет, « il fait plus jeune que son âge ».
Tout dépend de ce que l’on veut dire. Pour rapporter un bruit qui court, le russe dit говорят, « on dit » : Говорят, он женился. Pour une impression personnelle, кажется ou мне кажется. Au sens d’être publié, enfin, « paraître » se dit выйти : Книга вышла в прошлом году.
Казаться dit ce qui paraît, оказаться ce qui se révèle être. Les deux prennent l’instrumental, et ils se répondent souvent dans la même phrase : Задача казалась трудной, но оказалась простой, « le problème semblait difficile, mais il s’est révélé simple ». Le second fait l’objet d’une page à part.
Par une incise devant un verbe conjugué : Он, кажется, спит ou Похоже, он спит. Ni казаться ni выглядеть ne se font suivre d’un infinitif à la manière du français. Et pour « elle fait semblant de dormir », on dira Она делает вид, что спит ou Она притворяется спящей, avec l’instrumental.
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