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Cours de languesVerbes et cas

Quel cas après quel verbe : la rection du verbe russe

Le sens ne permet pas de deviner le cas. помогать réclame le datif, заниматься l’instrumental, бояться le génitif — et il faut le savoir avant d’ouvrir la bouche.

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Le verbe choisit, le complément obéit

Le français connaît déjà le phénomène, sous une autre forme. « Aider quelqu’un » n’admet pas de préposition, « téléphoner à quelqu’un » en exige une, « avoir peur de quelqu’un » en exige une autre. Le verbe français commande une préposition ; le verbe russe commande un cas, c’est-à-dire une fin de mot, et la plupart du temps sans aucune préposition.

Quatre phrases françaises de même forme, quatre cas russes différents. Aucun raisonnement ne mène de l’un à l’autre : la rection est une information de vocabulaire, au même titre que le sens. Elle s’apprend avec le verbe, dès la première rencontre.

Cette page est une liste de verbes. Elle ne dit pas ce que signifie chaque cas ni comment on fabrique ses formes. Pour le sens et les emplois, voyez les six cas, puis les pages de l’accusatif, du génitif, du datif, de l’instrumental et du prépositionnel.

Apprendre le verbe avec sa question

Les Russes ne récitent pas des listes de cas : ils retiennent la question que le verbe appelle. помогать кому? — aider à qui ? Le pronom interrogatif sert d’étiquette, et cette étiquette se colle au verbe une fois pour toutes. Les dictionnaires russes procèdent ainsi : l’article d’un verbe commence par ces deux petits mots.

Les questions qui identifient la rection
CasQuestionVerbes courants
Accusatifкого? что? kogó ? tchto ?читать, видеть, слушать tchitát’, vídiet’, sloúchat’
Génitifкого? чего? kogó ? tchegó ?бояться, ждать, желать boiát’sia, jdat’, jelát’
Datifкому? чему? komoú ? tchemoú ?помогать, звонить, мешать pomogát’, zvonít’, miechát’
Instrumentalкем? чем? kiem ? tchem ?заниматься, гордиться zanimát’sia, gordít’sia
Prépositionnelо ком? о чём? o kom ? o tchom ?думать, говорить, мечтать doúmat’, govorít’, mietchtát’

Le prépositionnel n’apparaît jamais seul : il lui faut une préposition, d’où la forme de sa question. Le nominatif ne figure pas dans ce tableau, puisqu’il est le cas du sujet. Ce que chacun de ces cas signifie n’est pas notre affaire ici : c’est la matière des six cas. Nous n’en gardons que l’étiquette.

Ces questions ne restent pas dans les tableaux : on les pose tous les jours, et la réponse arrive déjà dans le bon cas.

  • Кому ты звонишь? Komoú ty zvoních’ ? — À qui téléphones-tu ?
  • Чего ты боишься? Tchegó ty boích’sia ? — De quoi as-tu peur ?
  • Чем он занимается? Tchem on zanimáietsia ? — Que fait-il ?
  • О чём вы думаете? O tchom vy doúmaietie ? — À quoi pensez-vous ?
  • Кого вы ждёте? Kogó vy jdiótie ? — Qui attendez-vous ?

Les verbes qui demandent le datif

Ce sont les verbes qui s’adressent à quelqu’un, ou qui agissent en sa faveur — ou contre lui. Le français en traite plusieurs comme des transitifs directs : de là vient l’erreur la plus répandue.

Huit verbes à complément au datif
VerbeSensExemple
помогать pomogát’aiderЯ помогаю брату. Ia pomogáiou brátou. — J’aide mon frère.
звонить zvonít’appeler, téléphonerПозвони мне вечером. Pozvoní mnie viétcherom. — Appelle-moi ce soir.
мешать miechát’déranger, gênerНе мешай мне работать. Nie miecháï mnie rabótat’. — Ne m’empêche pas de travailler.
верить viérit’croire quelqu’unЯ верю тебе. Ia viériou tiebié. — Je te crois.
советовать soviétovat’conseillerЯ советую вам эту книгу. Ia soviétouiou vam ètou knígou. — Je vous conseille ce livre.
отвечать otvietchát’répondre à quelqu’unОн мне не ответил. On mnie nie otviétil. — Il ne m’a pas répondu.
радоваться rádovat’siase réjouir deДети радуются снегу. Diéti rádouioutsia sniégou. — Les enfants se réjouissent de la neige.
завидовать zavídovat’envierЯ вам завидую. Ia vam zavídouiou. — Je vous envie.

Ajoutez-y удивляться oudivliát’sia, s’étonner de, et принадлежать prinadlieját’, appartenir à. La liste est plus longue, mais ces dix verbes couvrent l’essentiel de la conversation. Voici de quoi les entendre en phrase :

Les verbes qui demandent l’instrumental

Deuxième groupe, tout aussi fermé. Le point commun se devine : on se sert de quelque chose, on s’en occupe, on le devient. Le français emploie ici un complément direct ou « de ».

Sept verbes à complément à l’instrumental
VerbeSensExemple
заниматься zanimát’sias’occuper de, pratiquerЯ занимаюсь спортом. Ia zanimáious’ spórtom. — Je fais du sport.
интересоваться intieriessovát’sias’intéresser àОна интересуется историей. Oná intieriessoúietsia istóriieï. — Elle s’intéresse à l’histoire.
пользоваться pól’zovat’siase servir de, utiliserМожно пользоваться словарём? Mójno pól’zovat’sia slovarióm ? — Peut-on se servir du dictionnaire ?
гордиться gordít’siaêtre fier deОн гордится сыном. On gordítsia sýnom. — Il est fier de son fils.
владеть vladiét’posséder, maîtriserОна владеет русским языком. Oná vladiéiet roússkim iazykóm. — Elle maîtrise le russe.
управлять oupravliát’diriger, piloterОн управляет компанией. On oupravliáiet kompániieï. — Il dirige une entreprise.
стать stat’devenirОн стал врачом. On stal vratchóm. — Il est devenu médecin.

Le dernier verbe mérite une note. стать et становиться stanovít’sia mettent à l’instrumental l’état atteint, et « être » fait de même au passé et au futur. Cet emploi touche l’attribut, non un complément ordinaire : il est exposé à la page de l’instrumental.

Les verbes qui demandent le génitif

Groupe plus restreint, mais très fréquent. On y trouve la crainte, l’attente, le souhait, l’évitement. N’y cherchez pas une unité de sens : достигать, atteindre, figure dans la même liste. C’est la liste qui compte, non la raison.

Sept verbes à complément au génitif
VerbeSensExemple
бояться boiát’siacraindre, avoir peur deЯ боюсь темноты. Ia boioús’ tiemnotý. — J’ai peur du noir.
ждать jdat’attendreЯ жду автобуса. Ia jdou avtóboussa. — J’attends l’autobus.
желать jelát’souhaiterЖелаю вам удачи. Jeláiou vam oudátchi. — Je vous souhaite bonne chance.
избегать izbiegát’éviterОн избегает конфликтов. On izbiegáiet konflíktov. — Il évite les conflits.
достигать, достичь dostigát’, dostítch’atteindreОни достигли цели. Oní dostígli tséli. — Ils ont atteint leur but.
просить prossít’demanderОн попросил помощи. On poprossíl pómochtchi. — Il a demandé de l’aide.
касаться kassát’siaconcerner, toucher àЭто меня не касается. Èto mieniá nie kassáietsia. — Cela ne me regarde pas.

Deux de ces verbes hésitent, et il faut le savoir. ждать prend le génitif quand l’objet attendu reste indéterminé, et l’accusatif quand il est identifié — une personne, un train précis. Les deux sont corrects ; ils ne disent pas la même chose.

Même partage pour просить : génitif pour ce qui est abstrait ou indéterminé, accusatif pour un objet précis.

Encore quelques phrases pour installer le réflexe : partout un génitif, sans la moindre préposition.

Quand une préposition s’intercale

Un grand nombre de verbes russes ne se contentent pas d’un cas : ils exigent une préposition, et cette préposition impose à son tour un cas. L’ensemble forme un bloc à mémoriser d’un seul tenant — verbe, préposition, cas.

Dix verbes à préposition obligatoire
ConstructionCas appeléExemple
смотреть на smotriét’ naaccusatifОн смотрит на меня. On smótrit na mieniá. — Il me regarde.
играть в igrát’ vaccusatifМы играем в футбол. My igráiem v foutból. — Nous jouons au football.
отвечать на otvietchát’ naaccusatifОтветьте на вопрос. Otviét’tie na voprós. — Répondez à la question.
зависеть от zavíssiet’ otgénitifВсё зависит от погоды. Vsio zavíssit ot pogódy. — Tout dépend du temps.
отказаться от otkazát’sia otgénitifОна отказалась от работы. Oná otkazálas’ ot rabóty. — Elle a refusé le poste.
готовиться к gotóvit’sia kdatifЯ готовлюсь к экзамену. Ia gotóvlious’ k èkzámienou. — Je prépare mon examen.
привыкать к privykát’ kdatifОн привык к работе. On privýk k rabótie. — Il s’est habitué au travail.
знакомиться с znakómit’sia sinstrumentalЯ познакомился с Ниной. Ia poznakómilsia s Nínoï. — J’ai fait la connaissance de Nina.
жениться на jenít’sia naprépositionnelОн женился на Анне. On jenílsia na Ánnie. — Il a épousé Anne.
думать о doúmat’ oprépositionnelЯ думаю о работе. Ia doúmaiou o rabótie. — Je pense à mon travail.

La même mécanique, en dix phrases de plus. Le cas n’est jamais choisi par le verbe seul : c’est la préposition qui le fixe, et le couple se retient d’un bloc.

Certains verbes gouvernent deux compléments à la fois, chacun dans son cas. La construction est rigide et se retient comme une formule.

D’autres changent de sens selon le cas qui suit. La différence n’est pas un détail de style : elle est lexicale.

Les pièges du francophone

Les erreurs ne se répartissent pas au hasard : elles se concentrent sur les verbes dont la construction française contredit la construction russe.

Dernier avertissement, le plus utile : deux verbes de sens voisin peuvent régir deux cas différents. Le sens ne prédit rien, y compris à l’intérieur du russe.

Les deux dernières phrases se traduisent par les mêmes mots français et ne se construisent pas de la même façon. Raison de plus pour noter la rection en même temps que le mot.

Ce qui peut encore déplacer le cas

La négation. Un complément à l’accusatif peut basculer au génitif dès que la phrase est niée. Le verbe n’y est pour rien : c’est la négation qui agit. Ce mécanisme, ses règles et ses flottements actuels sont traités à la page le génitif de négation. Les verbes qui exigent déjà le datif, l’instrumental ou le génitif ne changent rien sous la négation.

Les êtres animés. À l’accusatif, les noms d’êtres vivants empruntent la forme du génitif — au masculin singulier et à tous les pluriels, mais non aux féminins en -а, qui gardent leur accusatif propre : Я жду сестру Ia jdou siestroú. Le verbe commande le même cas dans tous les cas ; c’est la forme qui change. La règle et ses cas douteux sont à la page animé et inanimé.

L’accent. Un complément peut déplacer son accent en changeant de cas, sans que la rection soit en cause. Les schémas sont réunis à la page l’accent mobile du nom.

L’aspect, en revanche, ne change rien. Les deux membres d’une paire d’aspect commandent le même cas : помогать et помочь pomótch’ veulent tous deux le datif, comme le montre Он помог мне On pomóg mnie, « il m’a aidé ». Un préfixe, lui, peut tout changer : il crée souvent un verbe nouveau, avec sa rection propre.

La rection se joue à la vitesse de la parole. Savoir que помогать demande le datif prend cinq secondes ; produire брату au moment où la phrase avance demande des dizaines de répétitions entendues. C’est exactement ce que travaille notre cours de russe, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes. Le reste du dossier de grammaire se trouve à la page la grammaire complète.

Première série : les rections de base

Un verbe, un complément : choisissez la forme, la question ou la préposition que la rection impose. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. Я помогаю ___. (J’aide mon frère.)
  2. Я читаю ___. (Je lis un livre.)
  3. Я занимаюсь ___. (Je fais du sport.)
  4. Я боюсь ___. (J’ai peur du noir.)
  5. Он верит ___. (Il croit le médecin.)
  6. Он гордится ___. (Il est fier de son fils.)
  7. Они достигли ___. (Ils ont atteint leur but.)
  8. Она владеет ___. (Elle maîtrise l’anglais.)
  9. помогать ___ (aider à qui ?)
  10. ждать ___ (attendre quoi ?)
  11. думать ___ (penser à quoi ?)
  12. Он помог ___. (Il m’a aidé.)
  13. Поздравляю вас с ___. (Je vous souhaite une bonne fête.)
  14. Всё зависит от ___. (Tout dépend du temps.)
  15. Я готовлюсь к ___. (Je prépare mon examen.)
  16. Я познакомился с ___. (J’ai fait la connaissance de Nina.)
  17. Он женился на ___. (Il a épousé Anne.)
  18. Мы играем в ___. (Nous jouons aux échecs.)
  19. Она играет ___ гитаре. (Elle joue de la guitare.)
  20. Он пользуется ___. (Il utilise un dictionnaire.)
  21. Он поблагодарил меня за ___. (Il m’a remercié de mon aide.)
  22. Я спросил ___. (J’ai demandé au professeur.)
  23. Я жду ___. (J’attends ma sœur.)
  24. Я верю ___. (Je crois en toi.)
  25. Не мешайте ___. (Ne le dérangez pas.)
  26. Не беспокойте ___. (Ne le dérangez pas.)
  27. Она занимается ___. (Elle fait de la musique.)
  28. Мы говорим о ___. (Nous parlons du travail.)

Seconde série : le pluriel et les pièges

Mêmes verbes, terrain plus difficile : le pluriel, les radicaux mous, les voyelles mobiles et les mots qui ne changent jamais. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. Она не верит ___. (Elle ne croit pas les médecins.)
  2. Он помогает ___. (Il aide ses parents.)
  3. Шум мешает ___. (Le bruit dérange les enfants.)
  4. Дети радуются ___. (Les enfants se réjouissent de la neige.)
  5. Я помогаю ___. (J’aide mon père.)
  6. Он привык к ___. (Il s’est habitué à son professeur.)
  7. Мы ждём ___. (Nous attendons des lettres, sans savoir lesquelles.)
  8. Она избегает ___. (Elle évite les fautes.)
  9. Она боится ___. (Elle redoute la rencontre.)
  10. Он отказался от ___. (Il a refusé l’argent.)
  11. Он боится ___. (Il a peur de l’eau.)
  12. Всё зависит от ___ недели. (Tout dépend du jour de la semaine.)
  13. Он стал ___. (Il est devenu médecin.)
  14. Он интересуется ___. (Il s’intéresse aux gens.)
  15. Я познакомился с ___. (J’ai fait la connaissance d’Ania.)
  16. Он женился на ___. (Il a épousé Maria.)
  17. Я часто думаю о ___. (Je pense souvent à mes amis.)
  18. Мы говорим о ___. (Nous parlons de la mer.)
  19. Он мечтает о ___. (Il rêve d’une maison.)
  20. Он смотрит на ___. (Il regarde les étudiants.)
  21. Ответьте на ___. (Répondez aux questions.)
  22. Я жду ___. (J’attends mes sœurs.)
  23. Он взял меня за ___. (Il m’a pris par la main.)
  24. Она читает ___. (Elle lit des livres.)
  25. Она моет ___. (Elle lave les fenêtres.)
  26. Мы говорим о ___ метро. (Nous parlons du nouveau métro.)
  27. Она гордится ___ пальто. (Elle est fière de son nouveau manteau.)

Toute la grammaire russe, chapitre par chapitre

Cent pages qui se répondent, des sons de la langue à son histoire, avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l'ordre, ou au gré de vos questions.

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Questions fréquentes

Qu’appelle-t-on la rection d’un verbe russe ?

C’est le cas — et parfois la préposition — que le verbe impose à son complément. помогать appelle le datif, заниматься l’instrumental. Cette information s’apprend avec le verbe, comme son sens.

Pourquoi dit-on « помогать брату » et non « помогать брата » ?

Parce que помогать gouverne le datif, alors que le français « aider quelqu’un » a un complément direct. La construction française n’est ici d’aucun secours, et l’erreur est la plus fréquente chez les débutants francophones.

Quels sont les verbes qui demandent le génitif ?

Les principaux sont бояться, ждать, желать, избегать, достигать, просить et касаться. Deux d’entre eux, ждать et просить, acceptent aussi l’accusatif quand l’objet est déterminé.

Un verbe peut-il gouverner deux cas ?

Oui, de deux manières. Certains prennent deux compléments à la fois, comme поздравлять кого с чем. D’autres changent de sens selon le cas : верить тебе, te croire, contre верить в тебя, croire en toi.

La rection change-t-elle avec l’aspect du verbe ?

Non. Les deux membres d’une paire aspectuelle commandent le même cas : помогать et помочь veulent l’un et l’autre le datif. Un préfixe qui crée un verbe réellement nouveau peut, lui, imposer une autre construction.

Comment retenir le cas exigé par un verbe ?

En apprenant le verbe accompagné de sa question : помогать кому?, заниматься чем?, бояться чего?. C’est la méthode des dictionnaires russes, et elle transforme une règle abstraite en réflexe.

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