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On apprend d’abord за pour dire « derrière » et « à table ». Dans la conversation, pourtant, la préposition sert surtout à payer, remercier, voter, trinquer, trembler pour un proche, aller chercher le pain ou garder les enfants. L’accusatif y désigne ce que l’on obtient, ce que l’on juge ou ce que l’on défend, l’instrumental ce que l’on suit ou que l’on va prendre : ce partage suffit le plus souvent à retrouver le cas.
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Pour un francophone, за za commence comme une préposition de lieu : derrière la maison, à table, de l’autre côté d’une frontière. Cette part du travail est faite ailleurs. Ce qui reste est plus vaste et plus fréquent : le prix d’un achat, la raison d’un merci ou d’une amende, le camp que l’on choisit, la personne pour qui l’on s’inquiète, celle que l’on suit, l’objet que l’on part chercher. Ces emplois se traduisent rarement par « derrière », et c’est pourtant le même petit mot, avec deux cas seulement à sa disposition.
Comme в et на, la préposition за fait alterner deux cas selon qu’on est quelque part ou qu’on s’y rend : l’instrumental pour la position, derrière un objet ou à une table, l’accusatif pour le mouvement qui y conduit. Ce mécanisme est exposé à la page où et vers où, et nous ne le démontons pas une seconde fois. Retenez-en seulement deux couples très courants, où le sens de « derrière » s’est presque effacé et que le francophone ne devine pas.
Les deux derniers exemples font entendre une curiosité : dans quelques groupes figés comme celui-ci, l’accent passe sur la préposition et le nom devient atone, zá gorod. Ailleurs, за s’appuie sur le mot qui le suit sans porter d’accent, comme les autres prépositions courtes.
Hors de l’espace, les deux cas se partagent le terrain d’une façon qui garde la trace de leur premier emploi. L’accusatif, cas de la direction, désigne ce vers quoi se tourne une transaction ou un sentiment : ce que l’on obtient en échange, ce qui mérite un merci ou une sanction, la cause que l’on défend, la personne pour qui l’on tremble. L’instrumental, cas de la position « derrière », désigne ce que l’on a devant soi quand on marche à la suite de quelque chose : la personne que l’on suit, l’objet que l’on va prendre, l’enfant que l’on surveille. Ce n’est pas une règle à appliquer les yeux fermés, car quelques emplois s’en écartent, mais c’est un fil conducteur qui évite la plupart des erreurs.
Voici l’ensemble des sens traités dans cette page, rangés par cas. La dernière colonne donne l’équivalent français le plus fréquent ; vous verrez qu’il ne contient presque jamais le mot « derrière ».
| Sens | Cas | Exemple | Équivalent français |
|---|---|---|---|
| le prix, la contrepartie | accusatif | купить за тысячу рублей koupít’ za týssiatchou roubliéï | acheter mille roubles |
| la place de quelqu’un | accusatif | работать за двоих rabótat’ za dvoíkh | travailler comme deux |
| la méprise | accusatif | принять за иностранца priniát’ za inostrántsa | prendre pour un étranger |
| le motif d’une réaction | accusatif | спасибо за подарок spassíbo za podárok | merci pour le cadeau |
| le soutien, le toast | accusatif | голосовать за проект golossovát’ za proiékt | voter pour le projet |
| la crainte pour quelqu’un | accusatif | волноваться за сына volnovát’sia za sýna | s’inquiéter pour son fils |
| la prise, l’entrée dans une tâche | accusatif | взяться за дело vziát’sia za diélo | se mettre à l’ouvrage |
| le délai, l’avance | accusatif | за неделю до отпуска za niediéliou do ótpouska | une semaine avant les vacances |
| le seuil dépassé | accusatif | ей за шестьдесят ieï za chest’diesiát | elle a passé la soixantaine |
| la succession | instrumental | день за днём dien’ za dniom | jour après jour |
| ce que l’on va prendre | instrumental | в аптеку за лекарством v aptiékou za liekárstvom | à la pharmacie chercher un médicament |
| surveiller, soigner | instrumental | следить за детьми sliedít’ za diet’mí | surveiller les enfants |
| l’activité en cours | instrumental | за обедом za obiédom | pendant le déjeuner, à table |
| à qui revient la décision | instrumental | выбор за вами výbor za vámi | le choix vous appartient |
Lisez la colonne des cas de haut en bas : neuf lignes sur quatorze appellent l’accusatif. C’est lui que le francophone oublie le plus souvent, parce qu’il a appris за avec l’instrumental de за столом et qu’il le reproduit par habitude. Les sections qui suivent reprennent ces lignes une à une.
Le premier emploi non spatial est celui du marché. Suivi de l’accusatif, за introduit la contrepartie d’un échange : le prix payé ou reçu après купить, acheter, продать, vendre, получить, recevoir, отдать, donner. Le français, lui, met souvent le prix sans préposition, « acheter un vélo dix mille roubles », ou avec « pour ». Avec купить et продать, le russe ne laisse pas ce choix : le prix passe toujours par за. Avec отдать et получить, la somme peut aussi être le complément direct, et за introduit alors ce qui s’échange contre elle : отдать все сбережения за картину, comme dans le quatrième exemple ci-dessous, ou получить за работу тысячу рублей. Dans tous les cas, ce qui s’échange contre le complément direct passe par за.
Le dernier exemple montre le prix unitaire : брать за урок, faire payer la leçon, comme on affiche un tarif à la pièce ou à la nuit. Notez aussi l’ordre de la question : за сколько forme un bloc, la préposition en tête, et ce bloc ouvre volontiers la phrase.
Le piège se trouve dans le verbe voisin. « Coûter » se dit стоить, et ce verbe met le prix à l’accusatif nu, sans préposition : Билет стоит пятьсот рублей Biliét stóit piat’sót roubliéï, « le billet coûte cinq cents roubles ». Comparez les deux questions : Сколько стоит этот телефон? Skól’ko stóit ètot tieliefón ? demande le prix affiché ; За сколько ты купил этот телефон? Za skól’ko ty koupíl ètot tieliefón ? demande ce qu’a coûté un achat déjà fait. La construction de платить, avec la personne payée au datif et la chose payée après за, ainsi que la différence avec оплатить, sont détaillées à la page payer et coûter.
Un deuxième sens découle directement du premier : si l’on peut donner une chose pour une autre, on peut aussi agir pour une autre personne, c’est-à-dire à sa place. La personne remplacée se met à l’accusatif après за.
C’est ici que le « pour » français devient dangereux, car il couvre deux idées que le russe sépare. Я сделал это для тебя Ia sdiélal èto dlia tiebiá veut dire « je l’ai fait pour toi », pour te faire plaisir, à ton intention ; Я сделал это за тебя Ia sdiélal èto za tiebiá veut dire « je l’ai fait à ta place », parce que tu ne l’as pas fait. De même, l’argent que l’on réserve à un achat futur ne prend pas за mais на : деньги на билет, l’argent pour le billet. Le partage complet du « pour » français entre для, ради, на, за et по fait l’objet de la page dire « pour » en russe.
L’échange peut aussi être une erreur : on prend une personne pour une autre, comme on échangerait un objet contre un autre. Принимать за, принять за traduisent « prendre pour », et выдавать себя за, « se faire passer pour ». Les deux mettent l’identité supposée à l’accusatif.
Dans ces quatre phrases, le nom qui suit за désigne une personne, et un masculin animé emprunte à l’accusatif la forme du génitif : немца, другого, врача, дурака. C’est la principale source d’erreurs de désinence après за : on voit l’accusatif, on croit qu’il ressemble au nominatif, et l’on oublie qu’au masculin il ne lui ressemble que pour les inanimés.
Le deuxième grand territoire de за et de l’accusatif est celui du jugement. La préposition introduit ce qui motive une réaction : un remerciement, une excuse, un éloge, un reproche, une récompense, une sanction, voire un attachement. Le français dit « merci pour », « pardon de », « félicité pour », « puni pour », « aimé pour » ; le russe dit chaque fois за, et l’acte jugé se met à l’accusatif.
Deux remarques. La première concerne благодарить, remercier : la personne remerciée est un complément direct, à l’accusatif, et la chose dont on la remercie vient ensuite avec за, si bien que la phrase contient deux accusatifs, l’un nu, l’autre après la préposition. Le calque du « à » ou du « de » français, qui pousserait vers un datif ou un génitif, est ici une faute. La seconde concerne le « de » français suivi d’un infinitif passé, « merci d’être venu », « pardon de vous avoir dérangé » : le russe n’a pas d’infinitif passé, et il passe alors par un nom, comme спасение dans l’exemple de la médaille, ou par une proposition, que l’on verra plus bas.
Les verbes de rancune, обижаться, en vouloir, et сердиться, être fâché, se construisent avec deux compléments. La personne visée se met après на et à l’accusatif ; la raison du grief se met après за, à l’accusatif lui aussi. Le français confie ces deux rôles à « à » et à « pour », le russe à deux prépositions de direction.
La question qui demande le motif d’une réaction se forme avec la même préposition : За что? Za tchto ?, mot à mot « pour quoi ? ». Elle ne demande pas la cause d’un événement, mais ce que l’on a fait pour mériter un merci, une punition ou une colère. Prononcée seule, sur un ton indigné, elle dit « qu’est-ce que j’ai fait ? ». La réponse polie à un merci, Не за что, « il n’y a pas de quoi », repose sur la même construction ; elle ne se confond pas avec ни за что, « pour rien au monde », et la différence entre les deux est expliquée à la page personne, rien, nulle part.
Le second exemple montre ce qui se passe quand le motif est une action entière, avec son verbe. Une préposition ne peut pas gouverner une proposition ; le démonstratif то prend donc l’accusatif à sa place, et la subordonnée vient l’expliciter après une virgule. Ce montage, commun à toutes les prépositions, est décrit à la page les subordonnées.
Reste à ne pas confondre за avec son voisin из-за. Ce dernier, suivi du génitif, donne la cause d’un événement, le plus souvent fâcheux : Из-за аварии мы два часа стояли в пробке Iz-za avárii my dva tchassá stoiáli v próbkie, « à cause d’un accident, nous sommes restés deux heures dans les bouchons ». За, lui, désigne l’acte que quelqu’un juge et qui lui vaut une réaction. L’amende est donnée за превышение скорости, pour l’excès de vitesse ; le retard est arrivé из-за аварии, à cause de l’accident. L’ensemble des moyens d’exprimer la cause est rassemblé à la page exprimer la cause.
Troisième famille, toujours à l’accusatif : за désigne ce que l’on soutient. On vote pour un candidat, on lutte pour ses droits, on se déclare favorable à une idée. La préposition peut même s’employer seule, comme un adverbe, dans un vote à main levée, et elle a pour contraire против prótiv, contre, qui demande le génitif.
Le couple s’est figé en une expression que l’on emploie comme un nom : взвесить все за и против vzviéssit’ vsie za i prótiv, « peser le pour et le contre ».
Le toast appartient à la même logique : on boit pour quelqu’un ou pour quelque chose, et ce pour quoi l’on lève son verre se met à l’accusatif. Le français dit « à votre santé », « à notre rencontre », avec la préposition « à » ; le russe ne dit ni в ni на, mais за, et le verbe peut disparaître entièrement.
Dans les deux derniers, le toast est porté à des personnes, et l’accusatif animé fait son office : хозяйка devient хозяйку, comme tout féminin en -а, animé ou non, alors que молодые, les jeunes mariés, prend au pluriel la forme du génitif, молодых.
Le même accusatif sert aux sentiments que l’on éprouve pour quelqu’un d’autre : l’inquiétude, la peur, la joie, la honte. On s’inquiète за quelqu’un comme on lutte за lui, en se tournant vers lui.
Le deuxième exemple cache un piège de taille. Бояться, sans préposition, se construit avec le génitif et désigne ce qui fait peur : Ребёнок боится темноты Riebiónok boítsia tiemnotý, « l’enfant a peur du noir ». Avec за et l’accusatif, il désigne celui pour qui l’on a peur. Я боюсь его, j’ai peur de lui ; Я боюсь за него, j’ai peur pour lui. Une préposition de deux lettres renverse le rôle de la personne.
Pour беспокоиться et волноваться, le russe admet aussi о suivi du prépositionnel, Не беспокойтесь обо мне. Les deux tours se rencontrent, et la frontière entre eux est souple ; за met plutôt l’accent sur la crainte d’un danger, о sur le souci que l’on se fait. Les constructions en о sont réunies à la page о, об ou про. Quant à переживать за, « s’en faire pour », il appartient à une langue plus familière, très répandue à l’oral.
Dernier emploi de la famille, la responsabilité : отвечать за, être responsable de, et ручаться за, se porter garant de. Le français emploie « de », le russe garde son accusatif.
Une autre série, plus concrète, garde l’accusatif pour une raison que l’on comprend dès qu’on la voit. Quand on attrape quelqu’un, la partie par laquelle on le saisit se met après за à l’accusatif : la main, la manche, le col. La personne elle-même, elle, est le complément direct du verbe. Le français dit « par la main » ; le russe dit « attraper quelqu’un pour la main ».
Le troisième exemple contient un piège : держаться за, se tenir à quelque chose, décrit pourtant une position immobile, et l’on attendrait l’instrumental. Il n’en est rien ; les verbes de prise, qu’ils décrivent le geste ou son maintien, gardent l’accusatif.
De la main qui saisit un outil, on passe sans effort au travail que l’on entreprend. Браться, взяться за et приниматься, приняться за veulent dire « se mettre à », « s’attaquer à », et l’ouvrage entrepris se met à l’accusatif.
Voici le point où les emplois non spatiaux rejoignent l’espace. On se met à table avec l’accusatif, сесть за стол, et l’on y est assis avec l’instrumental, сидеть за столом. Le russe a étendu ce couple à l’activité que la table, le bureau ou le volant permettent : se mettre à une tâche prend l’accusatif, y être occupé prend l’instrumental.
Ce couple n’est qu’un prolongement de celui du lieu, et il se raisonne de la même façon : la question « vers où ? » appelle l’accusatif, la question « où ? » l’instrumental. On le retrouvera dans la section consacrée à l’instrumental, avec за обедом et за работой.
Chaque phrase demande за suivi de l’accusatif. Choisissez la forme juste, en pensant aux noms animés.
За et l’accusatif servent aussi à mesurer. Ces emplois ont leur page propre, et nous ne faisons ici que les situer dans la carte de la préposition.
Le temps mis pour aboutir. За час, « en une heure », dit combien de temps il a fallu pour mener une action à son terme ; il s’emploie donc le plus souvent avec un verbe perfectif, l’imperfectif restant possible pour une habitude : Мы доехали до дачи за два часа My doiékhali do dátchi za dva tchassá, « nous sommes arrivés à la datcha en deux heures ». La même préposition sert au bilan d’une période : За последний год цены сильно выросли Za posliédniï god tsény síl’no výrosli, « au cours de la dernière année, les prix ont beaucoup augmenté ». La comparaison avec l’accusatif nu, на et в течение est menée à la page combien de temps.
L’avance sur un événement. Suivi de до et du génitif, за mesure l’écart qui sépare un fait d’un autre, plus tardif : Билеты надо купить за месяц до поездки Biliéty nádo koupít’ za miéssiats do poiézdki, « il faut acheter les billets un mois avant le voyage ». Les autres manières de situer un fait avant ou après un autre sont exposées à la page avant et après.
L’écart dans l’espace. Le même montage mesure une distance : Они живут за сто километров от Москвы Oní jivoút za sto kilomiétrov ot Moskvý, « ils habitent à cent kilomètres de Moscou ».
Le seuil dépassé. Devant un âge, une heure ou une température, за veut dire « au-delà de » : Ей уже за шестьдесят Ieï oujé za chest’diesiát, « elle a déjà passé la soixantaine » ; На улице за тридцать Na oúlitse za trídtsat’, « dehors, il fait plus de trente degrés ». C’est sans doute l’emploi le plus proche du sens de lieu : on est passé de l’autre côté d’une borne.
Avec l’instrumental, за garde un lien plus visible avec la position « derrière ». Celui qui est derrière quelqu’un le suit ; ce qui vient derrière une chose lui succède ; et celui qui part derrière un objet va le chercher. Ces trois idées couvrent l’essentiel des emplois, auxquels s’ajoutent la surveillance et l’activité en cours.
Le tour один за другим mérite qu’on s’arrête sur son accord. Les deux mots désignent les éléments de la série, et ils prennent leur genre : один за другим pour des masculins, одна за другой pour des féminins, одно за другим pour des neutres, Письма приходили одно за другим, « les lettres arrivaient l’une après l’autre ». Le premier prend le cas de sa fonction, le plus souvent le nominatif du sujet (mais Он читал одну книгу за другой quand la série est complément direct), le second passe à l’instrumental. Même mécanique pour les séries bâties sur un nom répété : год за годом, année après année, шаг за шагом, pas à pas, раз за разом, à chaque fois, страница за страницей, page après page.
La file d’attente russe repose sur ce sens : celui qui arrive demande qui est le dernier, puis se déclare « derrière » lui, avec за et l’instrumental du pronom. Et c’est encore ce sens que l’on entend dans Повторяйте за мной, « répétez après moi », la consigne de tout cours de langue.
Celui qui part « derrière » un objet va le chercher : сходить за хлебом, aller chercher du pain. Cet emploi, avec les verbes à préfixe зайти за et заехать за, passer prendre quelqu’un, est décrit à la page chercher, trouver, qui le distingue des vraies recherches. Ajoutons ce qu’elle ne détaille pas : la préposition se combine sans peine avec un complément de destination, et la phrase contient alors deux cas différents, l’un pour l’endroit où l’on va, l’autre pour ce que l’on y prend.
Le dernier exemple étend le sens : la file d’attente за билетами est celle des gens venus prendre des billets. Une ambiguïté, en revanche, ne se lève que par le contexte. Он пошёл за ней On pochól za nieï peut vouloir dire « il l’a suivie » ou « il est allé la chercher » : les deux sens reposent sur le même cas, et c’est la situation qui tranche.
On a vu plus haut сидеть за уроками. L’instrumental après за désigne plus largement ce qui occupe quelqu’un au moment dont on parle : un repas, un travail, une lecture. Le français dit « pendant », « en train de », « à table » ; le russe se contente de la préposition.
Un dernier emploi, très idiomatique, dit à qui revient une décision, un choix ou un tour. La personne se met à l’instrumental, et le verbe « être » reste le plus souvent sous-entendu, comme au présent en général.
Une partie de ce qui précède tient au verbe plus qu’à la préposition : certains verbes appellent за comme d’autres appellent un datif, et il faut les apprendre avec leur cas. Les deux tableaux qui suivent les rangent par cas. Le premier réunit les verbes de l’instrumental, presque tous des verbes de surveillance, de soin ou de poursuite ; le second, les verbes de l’accusatif.
| Verbe | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| следить за sliedít’ za | surveiller ; suivre de près | Я слежу за новостями. Ia sliejoú za novostiámi. — Je suis l’actualité. |
| наблюдать за nablioudát’ za | observer | Учёные наблюдают за птицами. Outchónyie nablioudáiout za ptítsami. — Les chercheurs observent les oiseaux. |
| ухаживать за oukhájivat’ za | soigner, s’occuper de ; faire la cour à | Она ухаживает за больной матерью. Oná oukhájivaiet za bol’nóï mátier’iou. — Elle soigne sa mère malade. |
| присматривать за prismátrivat’ za | garder, avoir l’œil sur | Присмотри за моими вещами. Prismotrí za moími viechtchámi. — Garde un œil sur mes affaires. |
| гнаться за gnát’sia za | poursuivre, courir après | Не гонись за деньгами. Nie gonís’ za dien’gámi. — Ne cours pas après l’argent. |
| следовать за sliédovat’ za | suivre (soutenu) | Следуйте за мной. Sliédouïtie za mnoï. — Veuillez me suivre. |
La plupart de ces verbes résistent au calque, car le français les construit avec un complément direct : on surveille un enfant, on observe un oiseau, on soigne un malade. Le russe exige за et l’instrumental, Следи за ребёнком! Sliedí za riebiónkom !, « surveille le petit ! ». Le verbe смотреть, dans son sens de « garder », se construit de la même façon, et il est étudié à la page voir ou regarder. Notez enfin le double sens de ухаживать за : auprès d’un malade, il veut dire soigner ; auprès d’une personne que l’on courtise, Он красиво ухаживал за ней On krassívo oukhájival za nieï, il veut dire faire la cour.
| Verbe | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| браться, взяться за | se mettre à ; saisir | Он взялся за ремонт. On vziálsia za riemónt. — Il s’est attaqué aux travaux. |
| держаться за | se tenir à | Держись за перила. Dierjís’ za pieríla. — Tiens-toi à la rampe. |
| благодарить за | remercier de | Благодарим вас за покупку. Blagodarím vas za pokoúpkou. — Merci pour votre achat. |
| извиняться за | s’excuser de | Он извинился за грубость. On izvinílsia za groúbost’. — Il s’est excusé de sa grossièreté. |
| хвалить, ругать за | féliciter, gronder pour | Не ругай его за это. Nie rougáï iegó za èto. — Ne le gronde pas pour ça. |
| наказывать, наказать за | punir pour | Детей наказали за ложь. Dietiéï nakazáli za loj’. — On a puni les enfants pour leur mensonge. |
| голосовать за | voter pour | Я голосовал за этого кандидата. Ia golossovál za ètogo kandidáta. — J’ai voté pour ce candidat. |
| бороться за | lutter pour | Врачи боролись за его жизнь. Vratchí borólis’ za iegó jizn’. — Les médecins ont lutté pour sa vie. |
| отвечать за | être responsable de | Я отвечаю за этот проект. Ia otviétchaiou za ètot proiékt. — Je suis responsable de ce projet. |
| волноваться, бояться за | s’inquiéter, avoir peur pour | Я боюсь за неё. Ia boioús’ za nieió. — J’ai peur pour elle. |
| пить за | boire à | Выпьем за успех! Výp’iem za ouspiékh ! — Buvons au succès ! |
| принимать, принять за | prendre pour | Его приняли за студента. Iegó príniali za stoudiénta. — On l’a pris pour un étudiant. |
Deux verbes très fréquents manquent à ce tableau parce qu’ils ont leur page. Le premier est платить за, déjà cité. Le second est выйти замуж за, « épouser » quand le sujet est une femme, qui demande l’accusatif, alors que l’état qui en résulte, быть замужем за, demande l’instrumental : la même préposition change de cas entre l’événement et l’état, comme entre la direction et le lieu. Le vocabulaire du mariage est réuni à la page la belle-famille.
Chaque phrase demande за suivi de l’instrumental. Choisissez la forme juste.
Après за comme après les autres prépositions simples, le pronom de troisième personne prend un н- initial : за него, за ним. Le tableau suivant aligne les deux séries, car c’est sur les pronoms que la différence de cas s’entend le mieux : за меня et за мной n’ont rien de commun à l’oreille.
| Pronom | за + accusatif : pour, à la place de | за + instrumental : derrière, à la suite de |
|---|---|---|
| я | за меня za mieniá | за мной za mnoï |
| ты | за тебя za tiebiá | за тобой za tobóï |
| он | за него za niegó | за ним za nim |
| она | за неё za nieió | за ней za nieï |
| мы | за нас za nas | за нами za námi |
| вы | за вас za vas | за вами za vámi |
| они | за них za nikh | за ними za ními |
Comparez Я за него, « je suis pour lui », dans un vote ou une dispute, et Я за ним, « je viens après lui », dans une file d’attente, ou « je vais le chercher ». La phrase ne contient pas de verbe, et c’est la seule désinence du pronom qui porte le sens.
Plusieurs mots courants commencent par за et s’écrivent en un seul bloc, alors qu’un groupe préposition plus pronom se prononce exactement de la même façon. À l’oral, le contexte suffit ; à l’écrit, la différence est une faute d’orthographe.
| Forme | Ce que c’est | Exemple |
|---|---|---|
| зато | conjonction : en revanche, mais au moins | Дорого, зато удобно. Dórogo, zató oudóbno. — C’est cher, mais c’est pratique. |
| за то, что | préposition, démonstratif, subordonnée | Его уволили за то, что он опаздывал. Iegó ouvólili za to, tchto on opázdyval. — On l’a renvoyé parce qu’il arrivait en retard. |
| затем | adverbe : ensuite | Затем мы пошли в кино. Zatiém my pochlí v kinó. — Ensuite, nous sommes allés au cinéma. |
| за тем | préposition et démonstratif | за тем домом za tiem dómom — derrière cette maison-là |
| зачем | adverbe : dans quel but | Зачем ты это сделал? Zatchém ty èto sdiélal ? — Pourquoi as-tu fait ça ? |
| за чем | préposition et pronom : quoi aller chercher | За чем ты пришёл? Za tchem ty prichól ? — Qu’est-ce que tu es venu chercher ? |
| за что | préposition et pronom : pour quel motif | За что его наказали? Za tchto iegó nakazáli ? — Pour quoi l’a-t-on puni ? |
Les trois dernières lignes valent un petit examen de conscience. Зачем demande le but, ce que l’on cherche à obtenir ; за что demande le motif d’une récompense ou d’une sanction ; за чем, plus rare, demande l’objet que l’on est venu prendre. Les trois se traduisent souvent par « pourquoi » ou « pour quoi », ce qui explique la confusion. Quant à зато, sa valeur de compensation, un défaut contrebalancé par un avantage, est étudiée à la page exprimer la concession.
La préposition est la même, le cas change avec le sens. Lisez la traduction avant de choisir.
Tout ce qui précède se ramène à quelques questions, que l’on peut se poser dans l’ordre devant chaque за qui n’est pas spatial.
Y a-t-il un échange, un jugement ou un soutien ? Si le complément est ce que l’on obtient contre de l’argent, ce que l’on remercie, ce que l’on punit, ce pour quoi l’on vote, l’on boit ou l’on tremble, c’est l’accusatif. C’est de loin le cas de la majorité des emplois, et c’est celui qu’il faut essayer en premier.
Suit-on quelque chose, va-t-on le chercher, le surveille-t-on ? Si le complément est devant soi au sens propre ou figuré, la personne que l’on suit, l’objet que l’on va prendre, l’enfant que l’on garde, le repas pendant lequel on parle, c’est l’instrumental.
Le verbe a-t-il sa construction propre ? Les verbes de prise et d’entreprise, держаться, взяться, приняться, veulent l’accusatif ; les verbes d’observation et de soin, следить, наблюдать, ухаживать, veulent l’instrumental. Pour eux, le tableau compte plus que le raisonnement.
Une préposition, deux désinences, et l’oreille pour arbitre. Savoir que l’on dit спасибо за помощь mais следить за детьми prend une minute ; le dire sans chercher, au milieu d’une phrase, demande d’avoir entendu et répété ces groupes un grand nombre de fois. C’est ce passage de la règle au réflexe que travaille notre cours de russe entièrement audio, en leçons de quatorze minutes.
Choisissez la préposition qui convient. Le cas du mot qui suit et la traduction vous guident.
Plus de cent cinquante pages qui se répondent — la mécanique de la langue, les verbes pris un à un, le vocabulaire par thème — avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.
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Deux cas, selon le sens. L’accusatif pour la direction et pour la plupart des emplois abstraits : le prix, le motif d’un merci ou d’une sanction, le soutien, le toast, la crainte pour quelqu’un, спасибо за помощь, голосовать за проект. L’instrumental pour la position et pour ce qui en découle : suivre, aller chercher, surveiller, идти за мной, следить за детьми.
Parce que ce que l’on remercie est le motif d’une réaction, et que ce motif s’introduit par за et l’accusatif : Спасибо за подарок, Извините за опоздание. Для désigne le destinataire d’une chose, celui à qui elle est destinée : подарок для мамы, un cadeau pour maman.
Avec за et l’accusatif du prix : Я купил этот велосипед за десять тысяч рублей. La même construction sert à vendre, recevoir ou donner une chose contre de l’argent. Le verbe стоить, coûter, fait exception : il met le prix à l’accusatif sans préposition, Билет стоит пятьсот рублей.
Для меня veut dire « pour moi », à mon intention, pour me faire plaisir ; за меня veut dire « à ma place ». Он сделал это для меня, il l’a fait pour moi ; Он сделал это за меня, il l’a fait à ma place. Dans un vote, за меня signifie aussi « en ma faveur » : Все голосовали за меня.
« Je suis pour. » Employé seul, за marque l’approbation, comme dans un vote à main levée : Кто за? Кто против?, « qui est pour ? qui est contre ? ». Avec un complément, il prend l’accusatif : Я за эту идею, je suis favorable à cette idée.
Avec за et l’accusatif, et souvent sans verbe : За ваше здоровье!, « à votre santé ! », За встречу!, За нас!. Avec un verbe, on dit выпить за ou поднять бокал за. Le « à » français ne se traduit ni par в ni par на.
Les deux existent, avec des sens opposés. Бояться suivi du génitif désigne ce qui fait peur : Я боюсь собак, j’ai peur des chiens. Бояться за suivi de l’accusatif désigne celui pour qui l’on a peur : Я боюсь за детей, j’ai peur pour les enfants. Волноваться за et беспокоиться за ont le même sens que бояться за, mais sans tour opposé au génitif : leur variante est о suivi du prépositionnel, беспокоиться о детях.
Parce que les verbes russes de surveillance, d’observation et de soin se construisent avec за et l’instrumental, là où le français emploie un complément direct : следить за, наблюдать за, присматривать за, ухаживать за. On peut y voir l’image de celui qui se tient derrière ce qu’il surveille, mais le plus sûr est de les apprendre avec leur cas.
Avec le genre des éléments de la série : один за другим pour des masculins, одна за другой pour des féminins, одно за другим pour des neutres. Le premier mot prend le cas de sa fonction, le plus souvent le nominatif du sujet (одну за другой quand la série est complément direct), le second passe à l’instrumental. Les séries bâties sur un nom répété suivent le même schéma : день за днём, шаг за шагом.
Почему demande la cause d’un fait ; зачем, écrit en un mot, demande le but, ce que l’on cherche à obtenir ; за что, en deux mots, demande ce qui a valu une récompense, une sanction ou une colère : За что его наказали?. Écrit en deux mots, за чем demande l’objet qu’on est venu chercher : За чем ты пришёл?
Parce que l’alternance du lieu et de la direction s’applique ici aussi. Prendre le volant, c’est aller vers lui : accusatif, сесть за руль. Être au volant, c’est s’y trouver : instrumental, сидеть за рулём. Le même couple vaut pour une activité : сесть за уроки, se mettre à ses devoirs, et сидеть за уроками, y être occupé.
Из-за, suivi du génitif, donne la cause d’un événement, souvent fâcheux : из-за дождя, à cause de la pluie. За, suivi de l’accusatif, désigne l’acte qui vaut à quelqu’un une réaction : его наказали за ложь, on l’a puni pour son mensonge. Dans son sens de lieu, из-за veut dire aussi « de derrière » et répond alors à за.
Cela dépend de ce que l’on veut dire. Зато, en un mot, est une conjonction qui annonce une compensation : Дорого, зато удобно, c’est cher, mais c’est pratique. За то, en deux mots, est la préposition suivie du démonstratif, que complète en général une subordonnée : Его уволили за то, что он опаздывал.
Les deux lectures sont possibles, car les deux sens reposent sur за et l’instrumental. Seul le contexte tranche : une rue, une foule ou une silhouette qui s’éloigne font comprendre « il l’a suivie » ; une gare, une école ou un rendez-vous font comprendre « il est allé la chercher ». Pour lever le doute, on peut préciser avec следом, à sa suite, ou choisir зайти за ней, passer la prendre.
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