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Chez des Russes, la première question après le bonjour porte souvent sur le thé. L’accepter, le doser et le refuser ont leurs mots à eux, tout comme ces boissons, компот, морс ou квас, qui n’ont pas d’équivalent en français.
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Les pages de grammaire de ce dossier croisent souvent le thé ou le café, pour montrer un génitif partitif ou le genre d’un nom emprunté. Ici, les boissons sont étudiées pour elles-mêmes : ce qu’on boit, dans quoi on le boit, ce qu’on vous proposera en entrant chez quelqu’un, et ce qu’il convient d’y répondre. Le lait et les laitages, kéfir compris, sont à la page les aliments de base ; la commande au comptoir et le pourboire relèvent de la scène décrite à la page au restaurant et au café.
Le verbe de base est пить pit’. Il se conjugue sur un radical réduit, пью, пьёшь, пьют, et fait пей à l’impératif. Son perfectif выпить présente une quantité bue jusqu’au bout, un verre ou une tasse ; le partage entre les deux suit la logique exposée à la page perfectif et imperfectif. Un troisième verbe, попить, est celui de la conversation : boire un peu, le temps d’une pause, sans viser une quantité.
| Russe | Transcription | Français | Remarque |
|---|---|---|---|
| пить | pit’ | boire | imperfectif ; пью, пьёшь, пьют |
| выпить | výpit’ | boire (un verre, une tasse, en entier) | perfectif ; l’accent reste sur вы- : выпью, выпьешь |
| попить | popít’ | boire un peu, prendre un thé, un peu d’eau | perfectif, très courant à l’oral : попить чаю |
| напиток | napítok | la boisson | masculin ; pluriel напитки, le mot des menus et des étiquettes |
| жажда | jájda | la soif | féminin ; mot surtout écrit : à l’oral, on dit plutôt хочу пить |
| глоток | glotók | la gorgée | masculin ; génitif глотка |
| налить | nalít’ | verser, servir (un liquide) | perfectif ; imperfectif наливать |
| подлить | podlít’ | resservir, rajouter un peu | perfectif ; Подлить?, je vous en remets ? |
| стакан | stakán | le verre droit, sans pied | masculin ; eau, jus, et le thé des trains |
| чашка | tcháchka | la tasse | féminin ; diminutif чашечка |
| кружка | kroújka | la grande tasse, le mug ; la chope | féminin |
| кувшин | kouvchín | le pichet, la cruche | masculin ; pour l’eau, le kompot ou le mors qu’on pose sur la table |
Deux lignes du tableau évitent des erreurs fréquentes. La soif d’abord : жажда existe, mais ce mot se lit sur les affiches et dans les livres plus qu’il ne s’entend. Pour dire qu’on a soif, on dit simplement qu’on veut boire, ou que l’envie de boire vous prend ; la page dire « avoir » range ce tour avec la faim et le froid.
Le récipient, ensuite. Là où le français dit « un verre » pour presque tout, le russe distingue : стакан est le verre droit, celui de l’eau et du jus ; le verre à pied et le petit verre à alcool ont leurs propres noms, que vous retrouverez plus bas avec le vin et la vodka. La bouteille, бутылка, et la brique de jus, пакет, appartiennent au vocabulaire des emballages, présenté avec les quantités à la page faire ses courses.
L’eau, вода vodá, se reconnaît parfois mal à l’oreille, parce que son accent se déplace : on demande воду vódou, avec l’accent sur la première syllabe, mais un verre воды vodý. Selon les villes et les maisons, on boit l’eau du robinet telle quelle, filtrée ou bouillie, d’où le mot кипячёная, qu’on entend dans bien des cuisines. Au magasin, l’étiquette précise si l’eau est gazeuse ou non.
| Russe | Transcription | Français | Remarque |
|---|---|---|---|
| вода | vodá | l’eau | féminin ; accusatif воду, accent sur la première syllabe |
| питьевая вода | pit’ieváia vodá | l’eau potable | sur les bonbonnes et les grandes bouteilles |
| кипячёная вода | kipiatchónaia vodá | l’eau bouillie, puis refroidie | celle qu’on garde en carafe pour la boire |
| вода из-под крана | vodá iz-pod krána | l’eau du robinet | кран, le robinet |
| минеральная вода | minierál’naia vodá | l’eau minérale | familier : минералка |
| с газом / без газа | s gázom / biez gáza | gazeuse / plate | sur l’étiquette : газированная, негазированная |
| газировка | gaziróvka | l’eau gazeuse, le soda | familier |
| лимонад | limonád | le soda sucré | faux ami : pas forcément au citron |
| сок | sok | le jus | masculin ; апельсиновый, яблочный, томатный |
| компот | kompót | boisson de fruits cuits dans l’eau sucrée | faux ami : ce n’est pas une compote |
| морс | mors | boisson de jus de baies allongé d’eau | masculin ; souvent клюквенный, à la canneberge |
| квас | kvas | boisson fermentée au pain de seigle ou au malt | masculin ; à peine alcoolisée |
| кисель | kissiél’ | boisson de fruits épaissie à la fécule | masculin |
| лёд | liod | la glace, les glaçons | masculin ; génitif льда, со льдом ; la glace qu’on mange est мороженое |
Le fruit d’un jus se dit le plus souvent par un adjectif plutôt que par un complément : апельсиновый сок apiel’sínovyï sok, le jus d’orange, томатный сок tomátnyï sok, le jus de tomate. Ce procédé, commun à toute la langue, est décrit à la page les adjectifs de relation. Le même adjectif sert pour le компот et le морс : вишнёвый компот, à la cerise, клюквенный морс, à la canneberge.
Ces quatre mots n’ont pas d’équivalent, et l’un d’eux trompe par sa forme. Le компот kompót se boit : ce sont des fruits ou des baies, frais ou secs, cuits dans de l’eau sucrée, et c’est le liquide qu’on sert, froid ou tiède, les fruits restant au fond du verre. Il clôt volontiers le repas de cantine : c’est le третье, le troisième plat, que présente la page les plats russes. L’été, on le met en bocaux pour l’hiver, comme le raconte la page la datcha et le potager.
Le морс mors part d’un jus de baies, allongé d’eau et sucré ; comme les baies ne cuisent pas longuement, il garde leur acidité. On le fait surtout avec la canneberge, клюква, ou l’airelle, брусника, deux baies sauvages présentées à la page la forêt et ses baies, mais aussi avec le cassis, чёрная смородина. Le кисель kissiél’ est épaissi à la fécule : selon la dose, il se boit ou se mange à la cuillère. Le квас kvas, enfin, est une boisson fermentée au pain de seigle ou au malt, aigre-douce et à peine alcoolisée, qu’on boit bien froide l’été et qui sert aussi de base à l’окрошка.
| Boisson | Ce qu’on y met | Comment on la boit | Ce qu’on entend |
|---|---|---|---|
| компот | fruits ou baies cuits dans l’eau sucrée | froid ou tiède ; les fruits se mangent parfois | компот из сухофруктов, aux fruits secs |
| морс | jus de baies, eau, sucre | frais, acidulé | клюквенный морс |
| кисель | fruits ou baies, épaissis à la fécule | chaud ou froid, plus ou moins épais | густой кисель, un kissel épais |
| квас | pain de seigle ou malt fermenté | bien froid, surtout l’été | холодный квас |
Retenez surtout le faux ami : la compote française, purée de fruits qu’on mange, se dit пюре, par exemple яблочное пюре. Un компот se verse dans un verre.
Choisissez le mot qui correspond au sens donné entre parenthèses. Touchez une réponse, puis Correction.
Le mot чай tchaï est masculin. Quand on vous en propose ou que vous en demandez, vous entendrez чаю à côté de чая : c’est un ancien partitif, présenté à la page le cas génitif, et les deux formes se disent. Le reste du vocabulaire suit le chemin du thé, de l’eau qui chauffe à la tasse qu’on sucre.
| Russe | Transcription | Français | Remarque |
|---|---|---|---|
| чай | tchaï | le thé | masculin ; à l’offre, on entend aussi чаю |
| чёрный / зелёный чай | tchórnyï / zielónyï tchaï | le thé noir / le thé vert | le noir est le thé ordinaire, celui qu’on sert en général si l’on ne précise rien |
| травяной чай | travianóï tchaï | la tisane | on nomme aussi la plante : чай с мятой, à la menthe |
| чайник | tcháïnik | la bouilloire | aussi la théière ; familier : le débutant, le néophyte |
| заварочный чайник | zavárotchnyï tcháïnik | la théière | petite, pour l’infusion forte |
| заварка | zavárka | l’infusion très forte, le concentré de thé | féminin, familier ; aussi les feuilles elles-mêmes |
| заварить | zavarít’ | faire infuser | perfectif ; imperfectif заваривать |
| кипяток | kipiatók | l’eau bouillante | masculin ; génitif кипятка |
| вскипеть | vskipiét’ | bouillir, arriver à ébullition | Чайник вскипел : l’eau est prête |
| пакетик | pakiétik | le sachet | чай в пакетиках, le thé en sachets |
| листовой чай | listovóï tchaï | le thé en feuilles, en vrac | le contraire du чай в пакетиках |
| крепкий / слабый | kriépkiï / slábyï | fort / léger | se dit aussi du café et de l’alcool |
| разбавить | razbávit’ | allonger, couper | perfectif ; разбавить кипятком |
| чайная ложка | tcháïnaia lójka | la cuillère à café | mot à mot « cuillère à thé » ; la grande est столовая ложка |
| вприкуску | vprikoúskou | en croquant le sucre à part | contraire : внакладку, le sucre fondu dans la tasse |
| самовар | samovár | le samovar | masculin |
| подстаканник | podstakánnik | le porte-verre en métal | celui du thé servi dans les trains |
| блюдце | blioúdtse | la soucoupe | neutre ; génitif pluriel блюдец |
Une ligne du tableau demande une explication, car elle décrit une manière de faire. Dans beaucoup de familles, à côté du thé en sachets, le thé ne se prépare pas tasse par tasse. On fait infuser dans une petite théière une infusion très forte, la заварка ; chacun en verse un fond dans sa tasse, puis complète avec l’eau bouillante de la bouilloire. C’est pourquoi l’hôte, en vous servant, pose deux questions à la fois : combien de заварка, et combien de кипяток. On lui répond покрепче, un peu plus fort, ou послабее, un peu plus léger.
Les deux adverbes вприкуску et внакладку viennent d’une façon plus ancienne de prendre le thé avec du sucre en morceaux : soit on le croquait à chaque gorgée, soit on le faisait fondre dans la tasse. Le premier s’entend encore, par plaisanterie ou par habitude. La soucoupe, elle aussi, a servi autrefois à boire : on y versait le thé brûlant pour qu’il refroidisse plus vite, geste qu’on voit sur les tableaux de la vieille Russie marchande plus qu’à table aujourd’hui. Avec le thé, on pose volontiers sur la table du citron, de la confiture, варенье, des biscuits ou des bonbons.
Proposer le thé à quelqu’un qui entre est un geste d’hospitalité ordinaire, même pour une visite courte. La question tombe souvent sans verbe, Чай, кофе?, et n’attend pas un discours : on accepte d’un mot, ou l’on décline d’un mot en remerciant. Un refus aimable est admis, même si l’hôte insiste parfois une fois, par politesse.
Le mot désigne aussi un moment. Après un repas, Пойдёмте пить чай annonce souvent le passage aux douceurs : un gâteau, de la confiture, des biscuits. On ne se lève pas pour boire, on reste assis pour parler, et le russe a pour cela посидеть за чаем, « passer un moment autour d’un thé », ou le nom un peu plus solennel de чаепитие tchaiepítie. Ce qu’on apporte ou qu’on sert avec le thé se dit avec к : торт к чаю, un gâteau pour le thé. Arriver avec quelque chose к чаю est une attention courante quand on est invité.
Le samovar, самовар, reste l’image attachée au thé russe. Dans les cuisines d’aujourd’hui, c’est le plus souvent la bouilloire qui chauffe l’eau, et le samovar, qui existe aussi en version électrique, sort plutôt pour une occasion. Une autre image tient bon : dans les trains de grandes lignes, le thé se sert traditionnellement dans un verre posé sur un подстаканник, détail qu’on retrouve à la page la gare et le train. Le pourboire, enfin, garde la trace du thé : чаевые vient de l’argent qu’on donnait на чай, « pour le thé ».
La première se passe chez une collègue, avec le vouvoiement ; la seconde dans la cuisine d’une amie, où l’on se tutoie et où l’on sert le thé à la заварка. Lisez-les à voix haute, puis voyez ce qu’il faut en retenir.
| Russe | Français |
|---|---|
| — Проходите, раздевайтесь. Чай, кофе? Prokhodítie, razdieváïties’. Tchaï, kófie ? | L’hôtesse : Entrez, enlevez votre manteau. Thé, café ? |
| — Чай, если можно. Tchaï, iésli mójno. | L’invité : Du thé, si c’est possible. |
| — Чёрный или зелёный? Tchórnyï íli zielónyï ? | L’hôtesse : Noir ou vert ? |
| — Чёрный, только не очень крепкий. Tchórnyï, tól’ko nie ótchen’ kriépkiï. | L’invité : Noir, mais pas trop fort. |
| — С сахаром? С лимоном? S sákharom ? S limónom ? | L’hôtesse : Avec du sucre ? Du citron ? |
| — С лимоном, но без сахара. S limónom, no biez sákhara. | L’invité : Avec du citron, mais sans sucre. |
| — Я тут торт принёс к чаю. Ia tout tort prinios k tcháiou. | L’invité : J’ai apporté un gâteau pour le thé. |
| — Ой, ну зачем! Спасибо. Садитесь, сейчас всё будет. Oï, nou zatchém ! Spassíbo. Sadíties’, sietchás vsio boúdiet. | L’hôtesse : Oh, il ne fallait pas ! Merci. Asseyez-vous, j’arrive tout de suite. |
Ce qu’il faut en retenir. L’offre n’a pas de verbe, et la réponse n’en a pas davantage : on nomme la boisson. Если можно, « si c’est possible », rend l’acceptation modeste sans la rendre hésitante. Les précisions arrivent ensuite en petits morceaux, la couleur, la force, le sucre, le citron, et не очень крепкий suffit à demander un thé léger. Enfin, Ой, ну зачем! n’est pas un reproche : c’est la protestation polie qui accueille un cadeau, et l’on n’a pas à reprendre son gâteau.
| Russe | Français |
|---|---|
| — Садись, попьём чаю. Заварка свежая. Sadís’, pop’ióm tcháiou. Zavárka sviéjaia. | L’amie : Assieds-toi, on va prendre le thé. Il vient d’infuser. |
| — Давай. Мне послабее, ладно? Daváï. Mnie poslabiéie, ládno ? | Vous : Volontiers. Léger pour moi, d’accord ? |
| — Тогда чуть-чуть заварки и побольше кипятка. Скажи, когда хватит. Togdá tchout’-tchout’ zavárki i poból’che kipiatká. Skají, kogdá khvátit. | L’amie : Alors un fond de thé et beaucoup d’eau bouillante. Dis-moi quand ça suffit. |
| — Хватит, спасибо. Khvátit, spassíbo. | Vous : Ça suffit, merci. |
| — Бери варенье, оно с дачи. И сушки бери. Bierí varién’ie, onó s dátchi. I soúchki bierí. | L’amie : Prends de la confiture, elle vient de la datcha. Et prends des souchki. |
| — Ой, горячий! Подожду, пока остынет. Oï, goriátchiï ! Podojdoú, poká ostýniet. | Vous : Aïe, il est brûlant ! J’attends qu’il refroidisse. |
| — Ещё чашечку? Iechtchó tcháchetchkou ? | L’amie : Encore une petite tasse ? |
| — Нет, спасибо, больше не хочу. Спасибо за чай! Niet, spassíbo, ból’che nie khotchoú. Spassíbo za tchaï ! | Vous : Non merci, je n’en veux plus. Merci pour le thé ! |
Ce qu’il faut en retenir. La troisième réplique montre la заварка en action : un peu de concentré, beaucoup d’eau bouillante, et Скажи, когда хватит pour que l’invité règle lui-même la dose. Послабее et покрепче sont les deux mots qu’on vous demandera de choisir. Le thé est sous-entendu dans горячий, qui s’accorde au masculin avec lui. Les сушки, petites couronnes de pâte sèche, se trempent volontiers dans la tasse. Au merci final, l’amie répondra На здоровье!, mot à mot « pour la santé » : la formule accueille un remerciement, ce n’est pas un toast.
Le mot est connu : c’est sa forme qui compte. Choisissez celle que demande la phrase.
Le café a sa place à côté du thé, à la maison comme au travail. Son nom, кофе kófie, ne se décline pas et reste masculin dans la norme, le neutre n’étant admis que comme variante familière ; la question est réglée à la page les trois genres, et nous n’y revenons pas. Ce qui compte ici, ce sont les mots qui l’entourent, et d’abord un verbe : le thé s’infuse, заваривать, mais le café préparé à la casserole se « fait cuire », варить.
| Russe | Transcription | Français | Remarque |
|---|---|---|---|
| растворимый кофе | rastvorímyï kófie | le café soluble | courant à la maison et au bureau |
| молотый кофе / кофе в зёрнах | mólotyï kófie / kófie v ziórnakh | le café moulu / le café en grains | moudre se dit молоть |
| турка | toúrka | la cafetière turque | féminin ; on y fait monter le café moulu fin |
| кофеварка | kofievárka | la cafetière électrique | féminin |
| кофемашина | kofiemachína | la machine à expresso | féminin |
| эспрессо, капучино, латте | èsprésso, kapoutchíno, látte | expresso, cappuccino, latte | indéclinables, comme кофе |
| кофе с собой | kófie s sobóï | le café à emporter | on dit aussi кофе навынос |
| какао | kakáo | le cacao, la boisson chocolatée | neutre, indéclinable |
| горячий шоколад | goriátchiï chokolád | le chocolat chaud, plus épais | surtout au café |
La première phrase oppose deux mondes : le café qu’on fait monter dans la турка, et le soluble, qu’on vous proposera volontiers à la maison et qui n’a rien de honteux. Les noms italiens du café, эспрессо, капучино, латте, ne changent pas plus de forme que кофе lui-même, ce qui simplifie la commande au comptoir.
Il suffit ici de connaître les noms et de savoir refuser. Une remarque d’abord, qui vaut aussi en français : employé sans complément, пить évoque l’alcool, et Он пьёт signifie qu’un homme boit trop. De même, une invitation comme Пойдём выпьем? se comprend, sauf précision, comme une invitation à prendre un verre d’alcool ; pour un café, on nomme la boisson : Пойдём попьём кофе.
| Russe | Transcription | Français | Remarque |
|---|---|---|---|
| алкоголь | alkogól’ | l’alcool | masculin |
| спиртное | spirtnóïe | les boissons alcoolisées | adjectif neutre employé comme nom |
| безалкогольный | biezalkogól’nyï | sans alcool | безалкогольное пиво, la bière sans alcool |
| пиво | pívo | la bière | neutre ; светлое, blonde, тёмное, brune |
| вино | vinó | le vin | neutre ; красное, белое, сухое, sec, полусладкое, demi-doux |
| шампанское | champánskoïe | le vin mousseux | adjectif neutre employé comme nom ; désigne couramment tout mousseux |
| водка | vódka | la vodka | féminin ; on entend « vótka » |
| коньяк | kon’iák | le brandy, le cognac | masculin ; couvre couramment toute eau-de-vie de vin |
| бокал | bokál | le grand verre à pied | masculin ; vin, mousseux |
| рюмка | rioúmka | le petit verre à alcool fort | féminin ; diminutif рюмочка |
| трезвый / пьяный | triézvyï / p’iányï | sobre / ivre | трезвый взгляд se dit aussi d’un regard lucide |
Pour refuser, une formule courte suffit, et la raison la plus simple est la meilleure. Notez que Я не пью, sans complément, se comprend d’emblée comme un refus de l’alcool, et que Я не буду, « je n’en prendrai pas », est la manière la plus ordinaire de décliner ce qu’on vous tend.
Il arrive que l’hôte insiste, avec un Ну, чуть-чуть ou un за компанию, « pour nous tenir compagnie ». C’est une forme d’hospitalité plus qu’une pression, et un second refus, souriant et motivé, est en général accepté. Les toasts, qui ont leurs propres usages, ne sont pas traités sur cette page.
Méfiez-vous enfin du verbe напиться napít’sia. Suivi d’un génitif, il veut dire boire à sa soif : напиться воды. Employé seul, surtout à propos d’une soirée, il se comprend volontiers comme « s’enivrer » : Он вчера напился, « hier, il s’est soûlé ». Après une tasse de thé, dites plutôt Спасибо, больше не хочу.
| Russe | Français |
|---|---|
| — Тебе вина или чего-нибудь покрепче? Tiebié viná íli tchegó-nibout’ pokriéptche ? | L’hôte : Je te sers du vin, ou quelque chose de plus fort ? |
| — Спасибо, я не буду. Я за рулём. Spassíbo, ia nie boúdou. Ia za roulióm. | Vous : Merci, je n’en prendrai pas. Je conduis. |
| — Ну хоть чуть-чуть, за компанию? Nou khot’ tchout’-tchout’, za kompániiou ? | L’hôte : Allez, juste une goutte, pour nous tenir compagnie ? |
| — Нет, правда нельзя. А сок есть? Niet, právda niel’ziá. A sok iest’ ? | Vous : Non, vraiment, je ne peux pas. Il y a du jus ? |
| — Есть апельсиновый, есть морс. Клюквенный, сама делала. Iest’ apiel’sínovyï, iest’ mors. Klioúkviennyï, samá diélala. | L’hôtesse : Il y a du jus d’orange, et du mors. À la canneberge, c’est moi qui l’ai fait. |
| — Тогда морс, с удовольствием. Togdá mors, s oudovól’stviiem. | Vous : Alors du mors, avec plaisir. |
| — Кувшин на столе, наливай сам. Kouvchín na stolié, naliváï sam. | L’hôtesse : Le pichet est sur la table, sers-toi. |
Ce qu’il faut en retenir. L’offre met la boisson au génitif, Тебе вина?, comme on dirait « un peu de vin ? », et чего-нибудь покрепче, « quelque chose de plus fort », désigne à coup sûr un alcool. Le refus tient en deux phrases : я не буду et la raison. L’insistance arrive avec хоть чуть-чуть et за компанию ; on la désamorce en demandant autre chose à boire, ce qui montre qu’on reste à la fête. Et наливай сам, « sers-toi », est la formule de l’hôte qui vous traite en habitué.
Voici les phrases toutes faites que vous entendrez, ou qu’on attendra de vous. Plusieurs emploient un diminutif, чаёк et son partitif чайку, чашечка, водичка : il ne rapetisse rien, il rend l’offre plus chaleureuse, comme l’explique la page les diminutifs.
| Tournure | Transcription | Sens | Quand on l’emploie |
|---|---|---|---|
| Чай, кофе? | Tchaï, kófie ? | Thé ou café ? | la question de l’hôte, sans verbe |
| Сейчас поставлю чайник. | Sietchás postávliou tcháïnik. | Je mets l’eau à chauffer. | mot à mot « je pose la bouilloire », même électrique |
| Попьём чайку? | Pop’ióm tchaïkoú ? | On prend un petit thé ? | familier et chaleureux |
| Заходите на чай. | Zakhodítie na tchaï. | Passez prendre le thé. | invitation sans façons |
| Вам покрепче? | Vam pokriéptche ? | Vous l’aimez fort ? | en versant la заварка ; réponse : послабее |
| Вам с сахаром? | Vam s sákharom ? | Avec du sucre ? | réponse : Две ложки, ou Без сахара |
| Осторожно, кипяток! | Ostorójno, kipiatók ! | Attention, c’est brûlant ! | en tendant la tasse ou la bouilloire |
| Пейте, пока горячий. | Piéïtie, poká goriátchiï. | Buvez-le tant qu’il est chaud. | l’adjectif s’accorde avec чай, sous-entendu |
| Ещё чашечку? | Iechtchó tcháchetchkou ? | Encore une petite tasse ? | l’hôte qui ressert |
| Спасибо, мне хватит. | Spassíbo, mnie khvátit. | Merci, ça me suffit. | pour refuser une autre tasse ou un autre verre |
| Спасибо за чай! — На здоровье! | Spassíbo za tchaï ! — Na zdoróv’ie ! | Merci pour le thé ! — Je vous en prie. | на здоровье répond à un merci ; ce n’est pas un toast |
| посидеть за чаем | possidiét’ za tcháiem | passer un moment autour d’un thé | Посидим за чаем, поговорим. |
| гонять чаи | goniát’ tchaí | passer des heures à boire du thé en bavardant | familier |
| Я за рулём. | Ia za roulióm. | Je conduis. | la raison la plus simple pour refuser l’alcool |
| за компанию | za kompániiou | pour tenir compagnie, pour faire comme les autres | Выпей с нами за компанию. |
Deux de ces formules se répondent et s’apprennent ensemble. À Спасибо за чай!, ou à n’importe quel merci pour ce qu’on vous a servi, l’hôte répond На здоровье!, mot à mot « pour la santé ». Ne le prenez pas pour l’équivalent de notre « santé ! » au moment de trinquer : il sert à accueillir un remerciement. Quant à гонять чаи, il décrit moins une boisson qu’une soirée : on remet de l’eau à chauffer, on reprend une tasse, et l’on parle jusqu’à tard.
Choisissez la tournure qui convient à la situation décrite entre parenthèses.
La plupart des erreurs viennent de mots qui se ressemblent dans les deux langues sans désigner la même chose, ou d’un mot français qui en couvre plusieurs en russe. Le tableau les rassemble ; la colonne de droite dit ce qui se passe.
| En français | En russe | Ce qui se passe |
|---|---|---|
| J’ai soif. | Хочу пить. | жажда appartient surtout à l’écrit |
| une limonade | лимонад, avec prudence | le mot couvre tout soda sucré ; au citron, il faut le préciser |
| une compote | пюре | компот est une boisson |
| du champagne | шампанское | le mot couvre couramment tout vin mousseux |
| du cognac | коньяк | toute eau-de-vie de vin, quelle qu’en soit l’origine |
| une cuillère à café | чайная ложка | c’est une cuillère « à thé » |
| un verre | стакан, бокал, рюмка | trois mots, selon la forme du verre et la boisson |
| de la glace, dans le verre | лёд | мороженое est la glace qu’on mange |
| Santé ! | pas На здоровье! | cette formule répond à un merci ; trinquer relève d’un autre usage |
| On va boire un verre ? | Пойдём выпьем? | sans boisson nommée, on comprend de l’alcool |
| J’ai bu tout mon soûl. | Я напился, avec prudence | employé seul, le verbe évoque l’ivresse |
| faire du café | сварить кофе | à la турка, le café « se cuit » ; le thé, lui, s’infuse |
Les lignes deux à cinq sont les plus traîtresses, parce que le mot russe ressemble au mot français. Un лимонад est une boisson gazeuse et sucrée, à la poire, à l’estragon ou au citron ; un компот se boit ; dans la conversation, шампанское et коньяк ne disent rien de la région d’origine. Les trois suivantes tiennent au découpage : le français met « cuillère à café », « verre » et « glace » partout, le russe nomme l’objet selon sa forme ou son usage. Deux autres touchent au sous-entendu : ce qu’on boit sans le nommer, en russe comme en français, c’est souvent de l’alcool, et напиться employé seul ne parle pas de soif.
Une affaire de réflexe. Personne n’a de mal à comprendre qu’on réponde На здоровье à un merci. La difficulté est de trouver Мне послабее au moment où la заварка coule déjà dans votre tasse, ou Я за рулём quand le verre est déjà tendu. Ces répliques ne viennent d’elles-mêmes qu’à force de les entendre et de les répéter en phrases entières, ce que travaille notre cours de russe entièrement audio, en leçons de quatorze minutes, sur la plateforme web comme dans nos applications. Écoutez la première leçon aujourd’hui.
Vous êtes invitée chez une collègue, Marina ; son mari rentre en cours de soirée. Vous êtes venue en voiture. À chaque étape, choisissez la réplique juste.
Plus de cent cinquante pages qui se répondent — la mécanique de la langue, les verbes pris un à un, le vocabulaire par thème — avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.
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Le plus simplement, Я хочу пить Ia khotchoú pit’, ou Пить хочется, sans sujet. Le nom жажда, la soif, existe, mais il appartient à l’écrit et à la publicité ; dans une cuisine, on dit qu’on veut boire.
Parce que чай a gardé un ancien génitif partitif en -ю, qu’on entend surtout quand on propose ou demande du thé. Чая est accepté partout, et les deux formes se disent. Le mécanisme est exposé à la page du génitif.
Une boisson, et non une compote : des fruits ou des baies, frais ou secs, cuits dans de l’eau sucrée, dont on boit le liquide froid ou tiède. On le sert volontiers en fin de repas, à la cantine notamment, et on le met en bocaux l’été pour l’hiver. La compote française se dit пюре.
Le морс est un jus de baies allongé d’eau et sucré, liquide et acidulé, souvent à la canneberge. Le кисель est épaissi à la fécule : selon la dose, il se boit ou se mange à la cuillère. Les deux noms sont masculins.
À peine. Il fermente, au pain de seigle ou au malt, mais son degré reste très faible, et il se boit bien froid comme une boisson rafraîchissante, aigre-douce. Il sert aussi de base à l’окрошка, la soupe froide d’été.
Une infusion de thé très forte, préparée dans une petite théière, le заварочный чайник. Chacun en verse un fond dans sa tasse et complète avec de l’eau bouillante, кипяток. D’où les questions Покрепче? et Послабее? qu’on vous posera en servant.
Pour accepter, nommez la boisson : Чай, если можно, « du thé, si c’est possible », ou С удовольствием, « avec plaisir ». Pour décliner, Спасибо, не хочу suffit. Viennent ensuite les précisions : не очень крепкий, без сахара, с лимоном.
Par une phrase courte et une raison simple : Спасибо, я не пью, ou Я не буду, я за рулём. Si l’on insiste за компанию, un second refus aimable, accompagné d’une demande de jus ou de thé, est en général accepté.
C’est la réponse à un remerciement pour ce qu’on vous a servi : Спасибо за чай! — На здоровье!, à peu près « je vous en prie », mot à mot « pour la santé ». Ce n’est pas la formule qu’on lance en trinquant.
Pas forcément. En russe, лимонад désigne une boisson gazeuse et sucrée, quel qu’en soit le parfum, poire, estragon ou citron. Pour une boisson réellement au citron, il faut le préciser. Le terme familier pour toute boisson gazeuse est газировка.
Чайная ложка tcháïnaia lójka, mot à mot « cuillère à thé ». C’est aussi l’unité de mesure des recettes. La grande cuillère, la cuillère à soupe, se dit столовая ложка.
D’abord la bouilloire, électrique ou non : Чайник вскипел, l’eau a bouilli. Par extension, aussi la théière, que l’on précise au besoin en заварочный чайник. Dans la langue familière, enfin, un чайник est un débutant, quelqu’un qui n’y connaît rien.
Oui. Suivi d’un génitif, il signifie boire à sa soif : напиться воды. Employé seul, surtout à propos d’une soirée, il se comprend volontiers comme « s’enivrer » : Он вчера напился. Après une tasse de thé, dites plutôt Спасибо, больше не хочу.
Oui, dans la norme littéraire, malgré sa finale en -е, et il ne se décline pas. Le neutre n’est admis que comme variante familière. La question est traitée en détail à la page sur les trois genres ; les noms italiens, капучино ou латте, sont indéclinables eux aussi.
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