
Apprenez le russe à votre rythme !
Moins de 0,99 € par leçon !
50 leçons audio · 11 h 39 d’écoute · 14 minutes par leçon
Commande en ligne ; les liens de téléchargement arrivent ensuite par courriel.
Vous écoutez et vous répétez à voix haute ce que vous entendez : les 50 leçons se déroulent toutes de cette façon.
Le cours entier se télécharge en une fois, pour 49 € : je prends le cours complet.
Le français relie ses idées avec « et », « mais » et « ou ». Le russe emploie six mots pour ce travail, et il sépare le « mais » qui compare, а, du « mais » qui objecte, но. C’est sur ce partage que bute le francophone, et c’est par lui que commence cette page.
Le cours complet de russe se télécharge : 50 leçons audio de 14 minutes, en fichiers MP3, pour un paiement unique de 49 €. Aucun abonnement, rien à résilier. La leçon 1 est plus haut, gratuite et complète.
Pour relier deux idées, le français dispose de trois petits mots, « et », « mais » et « ou », qu’il emploie sans y penser. Le russe en a six pour le même travail : и i, а a, но no, или íli, либо líbo et да da. Le nombre n’est pas la vraie difficulté. Elle tient au découpage : le russe ne coupe pas au même endroit que le français, et son а se traduit tantôt par « et », tantôt par « mais », tantôt par « alors que ». Cette page part de ce que vous voulez dire et vous mène au mot qui le dit, avec sa virgule et son registre. Les mots qui subordonnent, comme « que », « parce que » ou « si », relèvent d’une autre page : les subordonnées et leurs conjonctions.
Les conjonctions de cette page relient des éléments de même rang : deux noms, deux adjectifs, deux verbes, ou deux propositions qui pourraient chacune former une phrase à elles seules. Aucune n’impose de cas, aucune ne change la forme du verbe qui suit. Tout se joue donc sur le choix du mot, et sur la relation qu’il installe entre les deux éléments : on additionne, on met en regard, on objecte, on propose un choix.
Toute la difficulté de la page tient dans la deuxième et la troisième ligne. Dans la troisième, le français dit « mais », et le russe dit но parce que la fatigue laissait attendre qu’il s’arrête. Dans la deuxième, personne n’attendait rien : on montre deux personnes côte à côte, chacune avec son occupation. Le français s’en tire avec une virgule ou un « alors que » ; le russe a pour cela un mot à lui, а.
Le tableau qui suit part de phrases françaises ordinaires. Pour chacune, il donne le mot russe et la raison du choix ; c’est cette raison, plus que la traduction, qu’il faut retenir, car c’est elle qui vous guidera devant une phrase que vous n’avez jamais rencontrée.
| En français je dis | En russe je choisis | Pourquoi | La phrase russe |
|---|---|---|---|
| Nous avons acheté des pommes et des poires. | и, sans virgule | deux éléments qui s’ajoutent | Мы купили яблоки и груши. My koupíli iábloki i groúchi. |
| Il s’est mis à pleuvoir, et nous sommes rentrés. | и, après une virgule | deux faits qui s’enchaînent | Пошёл дождь, и мы вернулись домой. Pochól dojd’, i my viernoúlis’ domóï. |
| Mon frère est médecin, et ma sœur aussi. | и… тоже | la seconde partie dit la même chose | Брат — врач, и сестра тоже. Brat — vratch, i siestrá tóje. |
| Mon frère est médecin, ma sœur est ingénieur. | а | deux personnes mises en regard, qui diffèrent | Брат — врач, а сестра — инженер. Brat — vratch, a siestrá — injeniér. |
| Et toi ? | а en tête de réplique | on renvoie la question à l’autre | А ты? A ty ? |
| J’avais commandé du thé, pas du café. | а не | on rectifie une erreur | Я заказывал чай, а не кофе. Ia zakázyval tchaï, a nie kófie. |
| Il était malade, mais il est venu travailler. | но | la seconde partie contredit une attente | Он болел, но пришёл на работу. On boliél, no prichól na rabótou. |
| Excusez-moi, mais vous vous trompez. | но | une objection polie | Извините, но вы ошибаетесь. Izvinítie, no vy ochibáieties’. |
| Tu viens ou tu restes ? | или | un choix, ici dans une question | Ты идёшь или остаёшься? Ty idióch’ íli ostaióch’sia ? |
| On peut payer en espèces ou par carte. | либо | le même choix, dans une consigne ; или irait aussi | Оплатить можно наличными либо картой. Oplatít’ mójno nalítchnymi líbo kártoï. |
| Je voulais appeler, mais j’ai oublié. | да | un « mais » de conversation familière | Я хотел позвонить, да забыл. Ia khotiél pozvonít’, da zabýl. |
| Il est tard, et puis je suis fatigué. | да и | une raison de plus, sur le ton de la conversation | Поздно уже, да и устал я. Pózdno oujé, da i oustál ia. |
| Le prix comprend le petit-déjeuner, ainsi que l’accès à la piscine. | а также | un élément de plus, dans un registre neutre ou écrit | В стоимость входит завтрак, а также посещение бассейна. V stóimost’ vkhódit závtrak, a tákje possechtchéniie bassiéïna. |
| Ma femme et moi partons demain. | мы с et l’instrumental | le « nous » compte déjà les deux personnes | Мы с женой уезжаем завтра. My s jenóï ouiezjáiem závtra. |
Quelques lignes appellent un commentaire. La troisième et la quatrième ont la même ouverture et deux suites différentes : le français peut dire « et » dans les deux cas, le russe hésite entre и et а selon que la seconde partie ressemble à la première ou s’en distingue. La septième et la huitième rendent le « mais » de l’objection par но, le choix sûr dans ce cas. La dixième convient bien à une consigne écrite et la treizième à un texte soigné, alors que la onzième et la douzième relèvent de la conversation familière. La dernière, enfin, rappelle que « et » ne se dit pas toujours avec une conjonction.
Retenez aussi ce que les tirets de la colonne de droite font apparaître. Entre un sujet et un attribut qui sont tous deux des noms, le russe écrit un tiret à la place du verbe « être » absent : Брат — врач. Ce tiret n’a rien à voir avec la coordination, mais il apparaît dans plusieurs phrases de cette page, et il est utile de le reconnaître.
И est le « et » de l’addition. Il relie deux mots qui jouent le même rôle dans la phrase, deux sujets, deux compléments, deux verbes, ou bien deux propositions complètes. Entre deux propositions, il peut dire que les faits coexistent, qu’ils se suivent, ou que le second découle du premier ; c’est le contexte, et non la conjonction, qui précise laquelle de ces relations est en jeu.
Le dernier exemple ne dit pas en toutes lettres que le bus manqué a causé la marche à pied, mais tout le monde le comprend ainsi, exactement comme en français. Pour rendre cette conséquence explicite, le russe dispose de поэтому, « c’est pourquoi », et de так что, « si bien que », réunis à la page exprimer la conséquence.
Deux sujets reliés par и forment un pluriel, et le verbe qui les suit s’y accorde : Сын и дочь уехали учиться Syn i dotch’ ouiékhali outchít’sia, « le fils et la fille sont partis faire leurs études ». Au passé, ce pluriel efface le genre : voyez l’accord du verbe au passé.
Sur ce point, le russe ressemble au français, avec une différence qui coûte cher à l’écrit. Entre deux mots ou deux groupes qui partagent la même fonction, un и unique ne prend pas de virgule. Dans une énumération, la virgule sépare les éléments, mais elle ne se met pas devant le dernier, introduit par и. Jusque-là, rien de neuf. La différence apparaît quand и relie deux propositions qui ont chacune leur sujet et leur verbe : le russe met alors une virgule devant lui, là où le français la laisse souvent de côté.
| Ce que relie и | Virgule | Exemple |
|---|---|---|
| deux mots de même rôle | pas de virgule | чай и кофе tchaï i kófie — du thé et du café |
| une énumération | entre les éléments, mais pas devant le dernier и | На столе лежали книги, тетради и ручки. Na stolié lejáli knígui, tietrádi i roútchki. — Il y avait sur la table des livres, des cahiers et des stylos. |
| deux verbes du même sujet | pas de virgule | Он встал и вышел. On vstal i výchel. — Il s’est levé et il est sorti. |
| deux propositions, chacune avec son sujet | une virgule devant и | Он позвонил, и я сразу пришёл. On pozvoníl, i ia srázou prichól. — Il a appelé, et je suis venu aussitôt. |
| deux propositions sous un même élément placé en tête | pas de virgule | Вечером похолодало и пошёл снег. Viétcherom pokholodálo i pochól snieg. — Le soir, il a fait plus froid et la neige s’est mise à tomber. |
| deux questions qui se suivent | pas de virgule | Когда начинается фильм и сколько стоят билеты? Kogdá natchináietsia fil’m i skól’ko stóiat biliéty ? — À quelle heure commence le film, et combien coûtent les billets ? |
La cinquième ligne demande une explication. Quand les deux propositions dépendent d’un même élément placé en tête, ici вечером, « le soir », qui vaut pour l’une comme pour l’autre, la virgule disparaît : la phrase est perçue comme un seul bloc. C’est l’exception la plus utile à connaître ; la sixième ligne en montre une autre, celle de deux questions reliées par и, et les ouvrages de ponctuation en signalent encore quelques-unes, plus rares.
Répété devant chaque terme, и… и insiste sur le fait que chacun est concerné ; ce tour a sa propre ponctuation et figure, avec или… или, не только… но и et les autres paires, à la page les constructions corrélatives. Le « ni… ni » des phrases négatives, ни… ни, appartient quant à lui à la page la négation.
Une phrase française comme « ma femme et moi partons demain » appelle presque mécaniquement я и жена. Le russe préfère une autre tournure : il prend le pronom pluriel, qui désigne d’emblée les deux personnes, et ajoute la seconde à l’instrumental après с, « avec ». Mot à mot, « nous avec ma femme », c’est-à-dire « ma femme et moi ».
Le verbe se met au pluriel, puisque le sujet grammatical est мы, вы ou они. La construction я и жена n’est pas fautive, mais elle sonne comme une énumération ; si vous l’employez, placez я en dernier, comme la politesse le veut en russe aussi : жена и я. Les formes de l’instrumental sont rassemblées à la page le cas instrumental, et la tournure elle-même figure parmi les emplois décrits à la page les pronoms personnels.
Quand и ne relie rien. Placé devant un seul mot, sans rien à coordonner, и devient une particule d’insistance, qui veut dire « aussi » ou « même » : И ты здесь? I ty zdies’ ?, « toi aussi, tu es là ? » ; Он и сам не знает On i sam nie znáiet, « il ne le sait pas lui-même ». À l’oreille, rien ne la distingue de la conjonction ; c’est l’absence d’un second élément qui vous met sur la voie.
Voici le mot qui manque au français. А pose deux faits côte à côte pour qu’ils s’éclairent l’un l’autre : deux personnes, deux lieux, deux moments, deux objets, chacun avec ce qui le caractérise. Il ne dit pas que le second contredit le premier ; il dit seulement qu’ils diffèrent. Le français, faute d’un mot équivalent, se débrouille avec « et », « mais », « alors que », « tandis que », ou avec une simple virgule.
Lisez les traductions françaises : elles emploient « et », un point-virgule, une virgule, et aucune ne contient de mot qui corresponde exactement à а. C’est la raison pour laquelle le francophone l’oublie, ou le remplace par и ou par но. La troisième et la quatrième ligne montrent aussi un usage de ponctuation : quand le verbe de la seconde partie n’est pas répété parce qu’il serait le même, l’écrit marque d’ordinaire ce vide par un tiret, а сестра — в Казани.
Observez enfin la place des éléments comparés. Ils ouvrent chacune des deux parties, мама puis папа, летом puis зимой, et c’est sur eux que porte la comparaison : le russe place en tête ce dont il parle, comme l’expose la page l’ordre des mots. À l’écrit soutenu, а peut céder la place à тогда как ou à в то время как, « alors que », qui sont des conjonctions de subordination et gardent la virgule devant elles.
Le choix entre и et а se règle par une question simple : la seconde partie dit-elle la même chose que la première, à propos d’un autre élément, ou dit-elle autre chose ? Dans le premier cas, c’est и, accompagné le plus souvent de тоже, « aussi ». Dans le second, c’est а. Et si la seconde partie va contre ce que la première laissait attendre, on passe à но.
| Ce que dit la seconde partie | Conjonction | Exemple |
|---|---|---|
| la même chose, pour quelqu’un d’autre | и… тоже | Я люблю джаз, и мой брат тоже. Ia lioublioú djaz, i moï brat tóje. — J’aime le jazz, et mon frère aussi. |
| autre chose, sans surprise | а | Я люблю джаз, а мой брат — рок. Ia lioublioú djaz, a moï brat — rok. — J’aime le jazz ; mon frère, le rock. |
| le contraire de ce qu’on attendait | но | Я люблю джаз, но на концерты не хожу. Ia lioublioú djaz, no na kontsiérty nie khojoú. — J’aime le jazz, mais je ne vais pas aux concerts. |
La première ligne cache un piège. Тоже annonce la ressemblance, et c’est avec и qu’il se construit : Я люблю джаз, а мой брат тоже sonne faux à une oreille russe, parce qu’а promet une différence que тоже dément aussitôt. Retenez le couple и… тоже comme un bloc ; il vaut aussi pour « non plus », là où le français change de mot : Я не курю, и брат тоже Ia nie kourioú, i brat tóje, « je ne fume pas, et mon frère non plus ». La troisième ligne, elle, ouvre la section consacrée à но.
Placé au début d’une réplique ou d’une question, а rattache ce que l’on dit à ce qui vient d’être dit, ou fait passer la conversation à un autre sujet. C’est par lui que l’on renvoie une question à son interlocuteur, et c’est lui qui ouvre, très naturellement, une question qui change de sujet en cours de route.
Ne confondez pas А ты?, « et toi ? », avec И ты?, « toi aussi ? » : le premier demande à l’autre ce qu’il en est pour lui, le second s’étonne de le trouver dans le même cas. Notez aussi А что?, qui, en réponse à une question, veut dire « pourquoi me demandes-tu cela ? ». La mélodie des questions russes, et la façon d’y répondre, sont traitées à la page les questions en russe.
Après une négation, а introduit la bonne version : on écarte une affirmation, puis on donne celle qui convient. Ce tour не…, а… est exposé à la page où placer не, et nous n’y revenons pas. Deux prolongements, en revanche, méritent votre attention.
Le premier : l’ordre peut s’inverser. On commence alors par ce qui est vrai, et l’on écarte ensuite l’erreur par а не. C’est la tournure de la réclamation et de la mise au point.
Le second prolongement concerne но, qui peut lui aussi suivre une négation, mais pour dire autre chose. Avec а, le second élément remplace le premier : il occupe la même place, et la phrase corrige. Avec но, le premier reste nié, et le second s’y ajoute comme une compensation.
Dans la première phrase, « amateur » prend la place de « professionnel » ; dans la seconde, « il joue très bien » ne remplace rien, il vient contrebalancer un manque. C’est la même distinction qui décide, devant un adjectif, de l’écriture soudée ou séparée de не, comme l’explique la page de la négation.
Associé à также, « également », а forme un groupe figé qui ajoute un élément à une liste : а также a tákje, « ainsi que ». Il relève de la langue neutre et de l’écrit ; on le trouve dans les annonces, les programmes, les comptes rendus, et une virgule le précède.
Un autre groupe bâti sur а appartient au contraire à la langue familière : а то, « sinon », qui annonce ce qui arrivera si l’on n’écoute pas un conseil. Il est présenté avec son équivalent neutre, иначе, à la page consacrée à la conséquence.
Choisissez le mot qui relie les deux parties. La glose française dit ce que la phrase veut exprimer. Touchez une réponse, puis Correction.
Но est le « mais » de l’objection. La première partie laisse attendre une suite, et la seconde la dément : on était fatigué, on aurait dû s’arrêter, on a continué. Contrairement à а, il n’a pas besoin de deux éléments à comparer ; il peut parler d’une seule personne, d’une seule chose, et lui attribuer deux propriétés qui tirent en sens contraire.
Le francophone, ici, se trompe peu : son « mais » correspond bien à но. La difficulté vient de l’autre sens. Puisque а se traduit souvent par « mais », il est tentant de mettre но partout où le français dit « mais », y compris là où il ne s’agit que de comparer.
Posez-vous une seule question : la seconde partie va-t-elle contre ce que la première laissait attendre ? Si la réponse est non, si l’on se contente de montrer deux faits différents, а s’impose, et но serait une faute. Si la réponse est oui, но convient. C’est ici que le russe ajoute une nuance que le français ne connaît pas : dans la conversation, а peut lui aussi marquer ce décalage, avec une note d’étonnement ou de reproche.
| La phrase | Conjonction | Ce qui se passe |
|---|---|---|
| Брат высокий, а сестра маленькая. Brat vyssókiï, a siestrá málien’kaia. | а seul | deux personnes comparées : personne n’attendait rien |
| Это мой билет, а это ваш. Èto moï bilét, a èto vach. | а seul | deux objets désignés l’un après l’autre |
| Брат высокий, но плохо играет в баскетбол. Brat vyssókiï, no plókho igráiet v baskietból. | но, ou а dans la conversation | on attendait d’un grand qu’il joue bien |
| Уже май, а всё ещё холодно. Oujé maï, a vsio iechtchó khólodno. | а ou но | le fait dément l’attente ; а souligne le décalage, но le présente comme une objection |
| Спасибо, но я не голоден. Spassíbo, no ia nie gólodien. | но seul | une formule d’objection polie |
Le tableau fait apparaître une asymétrie qu’il vaut la peine de retenir : но a besoin d’une attente contredite, alors qu’а n’en a pas besoin, mais s’en accommode à l’oral. En cas de doute, la prudence est donc simple. Si vous comparez, dites а. Si vous objectez, dites но : vous serez compris et correct, même là où un Russe aurait pu dire а.
Certaines tournures appellent но, parce qu’elles servent précisément à objecter : on accorde quelque chose à l’autre, on le remercie ou on s’excuse, puis on s’en écarte. Elles sont utiles dès les premières conversations.
Но peut aussi ouvrir une phrase, après un point, exactement comme « mais » en français : Но это уже другая история No èto oujé drougáia istóriia, « mais ceci est une autre histoire ». Pour objecter sur un ton plus posé, le russe a однако, « cependant » ; pour faire valoir un avantage qui compense un défaut, зато, « en revanche » ; pour insister, всё-таки, « tout de même ». Ces mots ont leur propre page, exprimer la concession.
Demandez-vous si la seconde partie se contente de comparer, ou si elle va contre une attente. La glose précise l’intention.
Или íli est le « ou » français, et il se comporte à peu près comme lui. Il relie deux mots ou deux propositions entre lesquels il faut choisir, dans une affirmation, un conseil ou une question.
La ponctuation suit la règle d’и : pas de virgule devant un или unique entre deux mots, une virgule devant lui s’il relie deux propositions qui ont chacune leur sujet, sauf, comme pour и, entre deux questions : Ты сам придёшь или мне за тобой заехать? Ty sam pridióch’ íli mnie za tobóï zaiékhat’ ?, « tu viens par tes propres moyens, ou je passe te prendre ? ».
Une question qui propose un choix par или ne se répond pas par да ou нет, qui ne choisiraient rien : on reprend le terme retenu. La voix monte sur le premier terme et redescend sur le second, comme en français, et c’est cette mélodie qui fait comprendre qu’un choix est attendu.
La question en или нет, vue plus haut, fait exception : elle ne propose pas deux termes, elle presse l’autre de répondre, parfois avec impatience, et attend un oui ou un non, que le russe dit volontiers en reprenant le verbe : — Ты придёшь или нет? — Приду.
Entre deux virgules, или peut perdre son sens de choix et prendre celui de « autrement dit » : il introduit un second nom pour la même chose. Cet emploi appartient à l’écrit, aux manuels et aux ouvrages de référence.
Или же íli je renforce l’alternative et souligne que l’on passe à une seconde solution : Можно позвонить или же написать письмо Mójno pozvonít’ íli je napissát’ pis’mó, « on peut téléphoner, ou bien écrire une lettre ». Le tour est un peu plus soigné que l’или simple.
Либо líbo a le sens d’или et la même ponctuation. On le rencontre dans tous les registres, des règlements et des consignes jusqu’à la conversation, mais il ne se substitue pas à или partout : dans une question qui demande de choisir, c’est или que l’on emploie, et seul или connaît le sens de « autrement dit ».
Redoublés, или… или et либо… либо, « soit… soit », présentent deux solutions qui s’excluent ; ces tours sont traités avec les autres paires à la page des constructions corrélatives.
Le français dit volontiers « je n’ai pas de frère ou de sœur ». Pour nier les deux termes à la fois, le russe préfère le couple ни… ни, qui porte la négation sur chacun d’eux : Он не ест ни мяса, ни рыбы On nie iest ni miássa, ni rýby, « il ne mange ni viande ni poisson ». Son fonctionnement est décrit à la page de la négation.
Vous connaissez да comme « oui ». Entre deux mots ou deux propositions, il devient une conjonction, et il perd alors son accent : il s’appuie sur le mot voisin, comme и et а. Cette conjonction a deux sens, qui correspondent à и et à но, et un registre : elle appartient à la conversation familière, aux proverbes et aux expressions toutes faites. Dans un texte neutre, on lui préfère и ou но.
| Emploi | Équivalent neutre | Exemple |
|---|---|---|
| « et », entre deux mots, dans des expressions figées | и | тишь да гладь tich’ da glad’ — le calme plat, la tranquillité |
| « mais », entre deux propositions | но | Он хотел что-то сказать, да передумал. On khotiél tchto-to skazát’, da pieriedoúmal. — Il voulait dire quelque chose, mais il s’est ravisé. |
| да и, « et puis, d’ailleurs » | к тому же | Идти далеко, да и дождь начинается. Idtí daliekó, da i dojd’ natchináietsia. — C’est loin, et puis il commence à pleuvoir. |
| да ещё, « et en plus » | и к тому же | Он опоздал, да ещё и нагрубил. On opozdál, da iechtchó i nagroubíl. — Il est arrivé en retard, et en plus il a été grossier. |
Les proverbes gardent la trace de ces emplois : Мал золотник, да дорог Mal zolotník, da dórog, mot à mot « le zolotnik est petit, mais il est précieux ». Le золотник était une ancienne unité de poids, très petite, et le proverbe dit qu’une chose menue peut valoir beaucoup. Pour la ponctuation, да suit la règle du mot qu’il remplace : pas de virgule quand il vaut и entre deux mots, une virgule devant lui quand il vaut но ou quand да и introduit une proposition.
Ne confondez pas cette conjonction avec la particule да de Да нет, спасибо, qui adoucit un refus, ni bien sûr avec le « oui », qui porte l’accent. La particule est décrite à la page же, ведь, вот et les autres particules.
Les règles de ponctuation ont été données au fil de la page ; les voici rassemblées. Devant а et но, la norme demande une virgule, qu’ils relient deux mots ou deux propositions. Devant и, или, либо et да au sens de « et », tout dépend de ce qu’ils relient. Les conjonctions répétées, comme и… и, suivent leurs propres règles, données avec les constructions corrélatives.
| Conjonction | Entre deux mots | Entre deux propositions | Exemple |
|---|---|---|---|
| и | pas de virgule | virgule, sauf élément commun en tête ou deux questions | кошка и собака kóchka i sobáka ; Пришла весна, и стало теплее. Prichlá viesná, i stálo tiepliéie. |
| а | virgule | virgule | не сегодня, а завтра nie siegódnia, a závtra — pas aujourd’hui, demain |
| но | virgule | virgule | просто, но красиво prósto, no krassívo — simple, mais joli |
| или, либо | pas de virgule, sauf devant l’или qui veut dire « autrement dit » | virgule, sauf entre deux questions | сегодня или завтра siegódnia íli závtra — aujourd’hui ou demain |
| да au sens d’и | pas de virgule | — | День да ночь — сутки прочь. Dien’ da notch’ — soútki protch’. — Un jour, une nuit, et voilà vingt-quatre heures envolées. |
| да au sens de но, да и | virgule | virgule | Рад бы, да не могу. Rad by, da nie mogoú. — Je voudrais bien, mais je ne peux pas. |
La conjonction décide aussi de l’accord. Deux sujets reliés par и forment un pluriel, on l’a vu. Avec или ou либо, qui n’en retiennent qu’un, le verbe se met le plus souvent au singulier : Тебя встретит брат или сестра Tiebiá vstriétit brat íli siestrá, « ton frère ou ta sœur viendra te chercher ». Avec мы с, enfin, le sujet est мы, et le verbe suit au pluriel, quel que soit le nom qui vient après с.
Choisissez la forme juste. Pour les questions de virgule, regardez d’abord si la conjonction relie deux mots ou deux propositions.
Au moment de parler, quatre questions suffisent à trouver le mot. Posez-les dans cet ordre : chacune élimine une partie des candidats.
Ajoutez-vous, ou comparez-vous ? Si la seconde partie s’ajoute à la première, si elle la suit, ou si elle répète la même chose pour quelqu’un d’autre, c’est и, avec тоже en cas de ressemblance. Si elle montre une différence entre deux personnes, deux moments, deux lieux, c’est а. Et pour « mon frère et moi », pensez d’abord à мы с братом.
La seconde partie dément-elle la première ? Alors но, qui ne vous trahira pas ; la conversation admet aussi а dans ce cas, mais rien ne vous oblige à l’imiter. Si vous corrigez une erreur, prenez не…, а… ou, dans l’ordre inverse, …, а не….
Proposez-vous un choix ? Или convient partout, et c’est lui qu’il faut dans une question à choix ; либо le remplace dans une affirmation ou une consigne. Pour expliquer un mot par un autre, c’est или, et non либо, qui fait l’affaire.
À qui parlez-vous ? Entre amis, да, да и et а то donnent à la phrase le ton de la conversation. Dans un courriel professionnel, une annonce ou un compte rendu, а также et или же sont à leur place, et да ne l’est guère. Dans tous les registres, enfin, une virgule devant а et devant но.
Le bon mot, au bon moment. Comprendre qu’а compare et que но objecte prend une minute. Trouver le bon mot en pleine phrase, sans marquer de pause, suppose d’avoir entendu et répété des dizaines de phrases où les deux s’opposent. C’est ce que travaille notre cours de russe entièrement audio, en leçons de quatorze minutes, sur la plateforme web comme dans nos applications. Écoutez la première leçon aujourd’hui.
Les phrases mêlent tous les outils de la page : ajouter, comparer, rectifier, objecter, choisir. Lisez la glose, puis choisissez.
Plus de cent cinquante pages qui se répondent — la mécanique de la langue, les verbes pris un à un, le vocabulaire par thème — avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.
50 leçons de 14 minutes, soit 11 h 39 d’écoute, en fichiers MP3. Je paie une fois, je reçois le lien par courriel, je télécharge le cours entier — ou je l’écoute en ligne.
La leçon 1 est en haut de cette page, gratuite et en entier : je l’écoute avant de payer, sans compte à créer et sans carte bancaire.
А met deux faits en regard : Брат — врач, а сестра — инженер. Но dément une attente : Он устал, но продолжает работать. Si rien n’est contredit, seul а convient. Si la seconde partie va contre ce qu’annonçait la première, но convient, et la conversation admet aussi а, avec une note d’étonnement ou de reproche.
А ты?, ou А вы? si vous vouvoyez. La réplique s’ouvre par а, qui oppose la situation de l’autre à la vôtre : — Я пью чай. А ты? Ne dites pas И ты?, qui signifie « toi aussi ? » et marque l’étonnement de trouver l’autre dans le même cas.
Pas entre deux mots ou deux verbes de même rôle : Он встал и вышел. Pas non plus devant le dernier élément d’une énumération. En revanche, quand и relie deux propositions qui ont chacune leur sujet, la virgule s’impose : Он позвонил, и я сразу пришёл. Elle disparaît si les deux propositions partagent un élément placé en tête : Вечером похолодало и пошёл снег.
Oui, la norme la demande, qu’ils relient deux mots ou deux propositions : не сегодня, а завтра, маленькая, но уютная. Le français, qui hésite parfois devant « mais », n’est pas un bon guide sur ce point. La virgule n’a évidemment pas lieu d’être quand а ou но ouvre la phrase : А где мама?
Demandez-vous si la seconde partie dit la même chose que la première ou autre chose. La même chose, pour quelqu’un d’autre : и, le plus souvent avec тоже, Я люблю джаз, и мой брат тоже. Autre chose : а, Я люблю джаз, а мой брат — рок. Le français dit « et » dans les deux cas, ce qui explique la confusion.
Le plus naturellement par мы с женой : le pronom мы compte les deux personnes, et la seconde suit à l’instrumental après с. Мы с женой уезжаем завтра, « ma femme et moi partons demain ». La même tournure existe avec вы et они : Вы с сестрой очень похожи. Le verbe se met au pluriel.
Le sens est le même, « ou », et la ponctuation aussi. Или sert partout, y compris dans les questions à choix : Вы будете рыбу или мясо? Либо se rencontre dans les affirmations, les consignes et les textes officiels, et il forme la paire либо… либо, « soit… soit ». Seul или peut prendre le sens de « autrement dit » : языкознание, или лингвистика.
C’est une conjonction familière, sans accent, qui vaut tantôt и, tantôt но. Au sens de « et », on la trouve dans des expressions figées comme тишь да гладь, « le calme plat ». Au sens de « mais », elle s’entend dans la conversation : Я хотел позвонить, да забыл. Dans un texte neutre, préférez и ou но.
Par а также, précédé d’une virgule : Мы посетили Кремль, а также несколько музеев, « nous avons visité le Kremlin, ainsi que plusieurs musées ». Le groupe appartient à la langue neutre et à l’écrit ; dans la conversation, un simple и suffit d’ordinaire. Ne le confondez pas avec а то, familier, qui veut dire « sinon ».
Tout dépend du rôle de Y. S’il prend la place de X, c’est une rectification, et l’on dit а : Он не профессионал, а любитель. S’il s’y ajoute comme une compensation, X restant nié, on dit но : Он не профессионал, но играет очень хорошо. La rectification peut aussi se faire dans l’ordre inverse, avec а не : Мне нужен билет на субботу, а не на воскресенье.
Oui. А ouvre ordinairement une question qui change de sujet ou qui renvoie la balle : А где мама? Но ouvre une phrase comme « mais » en français : Но это уже другая история. И en tête relance un récit : И тогда он всё понял, « et alors il a tout compris ».
Deux sujets reliés par и forment un pluriel, Сын и дочь уехали учиться. Avec или ou либо, qui n’en retiennent qu’un, le verbe se met le plus souvent au singulier : Тебя встретит брат или сестра. Avec мы с, le sujet est мы, et le verbe suit au pluriel.
Pas par да ou нет, qui ne choisiraient rien, mais en reprenant le terme retenu : — Вы оплатите сейчас или потом? — Сейчас. La voix monte sur le premier terme de la question et redescend sur le second. La question en или нет fait exception : elle attend un oui ou un non, que l’on dit volontiers en reprenant le verbe, — Ты придёшь или нет? — Приду.
50 leçons de 14 minutes, 11 h 39 d’écoute, en fichiers audio. Un seul paiement de 49 € — aucun abonnement, rien à résilier.
La leçon 1 est gratuite et complète, en haut de cette page : je l’écoute en entier avant de payer, sans compte à créer et sans carte bancaire.
Ce que je reçois : les 50 leçons audio du cours de russe, à télécharger sur mon téléphone, ma tablette ou mon ordinateur, ou à écouter en ligne — les deux options restent ouvertes. Une question avant d’acheter : info@limbaaudio.com.