En français, c’est la place du mot qui dit sa fonction. En russe, c’est la fin du mot — et le mot circule alors librement dans la phrase.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l'application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s'écoutent en ligne, et non sur ce site.
« Le frère voit la sœur » et « la sœur voit le frère » ne se distinguent que par l’ordre des mots. Déplacez-les, et le sens bascule. Le français n’a pas d’autre moyen.
Le russe, lui, marque la fonction sur le mot lui-même.
Comparez la première et la troisième phrase : les mots ont changé de place, mais qui voit qui n’a pas changé. C’est la terminaison qui désigne le sujet et l’objet, pas la position. L’ordre reste signifiant en russe, mais il sert à autre chose : il dit ce qui est connu et ce qui est nouveau. Nous y consacrons une page à part, « L’ordre des mots ».
Un cas, c’est donc cela : la forme que prend un mot pour signaler ce qu’il fait dans la phrase. Le russe en compte six, au singulier comme au pluriel. Se déclinent le nom, l’adjectif, le pronom, le numéral et le participe ; le verbe, lui, ne se décline pas — il se conjugue. Ce mécanisme général est décrit dans une langue à désinences.
Six cas ne signifient pas douze formes différentes par mot. Le russe fait coïncider beaucoup de cases, et certaines coïncidences tombent aux pires endroits pour un débutant.
Sujet dans la première phrase, objet dans la seconde : même forme. Les noms masculins d’objets se comportent ainsi, ceux d’êtres vivants non — d’où брата bráta plus haut. Toute cette règle est traitée dans animé et inanimé.
Quelques mots, enfin, ne changent jamais : des emprunts récents, que le russe refuse de plier.
Leur genre se devine autrement : voir les trois genres.
Nous suivons l’ordre des grammaires russes, celui que vos manuels et vos professeurs emploieront. Il n’est pas celui des ouvrages français, qui placent souvent l’accusatif en deuxième position. Retenez l’ordre russe : les tableaux de déclinaison que vous rencontrerez sont rangés ainsi.
| Cas | Nom russe | Question | Ce qu’il marque |
|---|---|---|---|
| Nominatif | именительный imienítiel’nyï | кто? что? kto ? tchto ? | le sujet, l’attribut, la forme du dictionnaire |
| Génitif | родительный rodítiel’nyï | кого? чего? kogó ? tchegó ? | l’appartenance, la quantité, l’absence |
| Datif | дательный dátiel’nyï | кому? чему? komoú ? tchemoú ? | le destinataire, celui à qui l’on s’adresse |
| Accusatif | винительный vinítiel’nyï | кого? что? kogó ? tchto ? | l’objet direct, la durée, la direction |
| Instrumental | творительный tvorítiel’nyï | кем? чем? kiem ? tchem ? | le moyen, l’accompagnement, l’état attribué |
| Prépositionnel | предложный priedlójnyï | о ком? о чём? o kom ? o tchom ? | le lieu, le sujet dont on parle |
La question кого? kogó ? apparaît deux fois, au génitif et à l’accusatif. Ce n’est pas une coquille : pour les êtres animés, ces deux cas se confondent. Le mot падеж padiéj, « cas », se rencontrera dans toute grammaire russe.
La question n’est jamais « quelle forme ce mot prend-il ? » mais « qu’est-ce qui, dans cette phrase, commande une forme ? ». Trois choses commandent, et elles seules.
Le sujet est au nominatif ; l’objet direct d’un verbe est à l’accusatif. C’est le cas de figure le plus simple, et le plus fréquent.
Chaque préposition impose un cas, et il ne se discute pas.
Certaines prépositions en imposent deux, et le sens change avec le cas choisi — c’est le cas de в v et de на na, qui distinguent le déplacement du séjour.
Même préposition, même mot, deux cas, deux sens. Nos pages « Les prépositions et leurs cas » et « Lieu et direction » reprendront ce point en détail.
Certains verbes russes exigent un cas que le français ne laisse pas prévoir. « Aider » se construit avec un objet direct en français, avec le datif en russe ; « avoir peur » appelle le génitif.
Ces rections s’apprennent verbe par verbe, comme du vocabulaire : quel cas après quel verbe.
Un quatrième facteur intervient plus rarement, mais il surprend : la négation peut faire basculer un objet de l’accusatif au génitif. Voir le génitif de négation.
C’est la forme de citation : celle du dictionnaire, celle qu’on apprend en premier. Elle sert au sujet et à l’attribut. Comme le russe n’emploie pas de verbe « être » au présent, beaucoup de phrases courtes sont faites de deux nominatifs.
Le nominatif n’a pas de page à lui : il n’a rien à choisir. Notez simplement que, faute d’articles, la même phrase peut se traduire par « un » ou par « le » — ni « le » ni « un ».
L’objet direct, d’abord. Puis deux emplois auxquels le français ne prépare pas : la durée, exprimée sans aucune préposition, et la direction, après в ou на.
Tout cela est repris dans le cas accusatif.
Le cas le plus employé après le nominatif, et le plus large : il dit l’appartenance, la quantité, l’origine, et il suit un grand nombre de prépositions.
Il marque aussi ce qui manque et ce qui n’existe pas, et il apparaît après la plupart des nombres. Voir le cas génitif, puis le génitif de négation et notre page « Les nombres et le génitif ».
Celui à qui l’on donne, à qui l’on écrit, à qui l’on parle, celui vers qui l’on va. Le russe l’emploie aussi pour dire ce qu’une personne éprouve, dans des tournures où le français met un sujet.
La dernière phrase n’a pas de sujet grammatical : voir le cas datif, et notre page « Les tournures impersonnelles ».
L’outil, d’abord — et sans préposition, contrairement au français qui dit « avec ». La préposition с s est réservée à l’accompagnement. Confondre les deux est l’erreur la plus courante.
La phrase Он стал врачом montre son emploi le plus déroutant : l’attribut d’un métier ou d’un état passager. Voir le cas instrumental.
Son nom dit l’essentiel : il ne s’emploie jamais seul. Une préposition le précède toujours, le plus souvent в, на ou о.
Une centaine de noms masculins prennent après в et на une forme particulière, toujours accentuée sur la fin, comme в лесу v liesoú — dans la forêt. C’est un vestige d’un ancien cas : voir le cas prépositionnel puis le second locatif.
Le russe ancien possédait un septième cas, le vocatif, réservé à l’interpellation. Il a pratiquement disparu de la langue parlée au seizième siècle, et les grammaires ont cessé de le compter après la réforme orthographique de 1918. Il en subsiste des traces figées dans quelques formes d’adresse religieuses, et une troncation familière restée très vivante, que traite notre page « Le vocatif ». Aujourd’hui, six cas : ni plus, ni moins.
Où sont les terminaisons ? Les exercices de bas de page vous les font manier, mais l’exposé, lui, n’en dresse aucun tableau, et c’est voulu. Les six cas répondent à la question « lequel employer » ; les formes elles-mêmes appartiennent à la déclinaison : le masculin, le féminin, le neutre, le pluriel et le génitif pluriel. Deux pages transversales les éclairent : la règle des sept lettres, qui explique beaucoup d’alternances d’apparence capricieuse, et l’accent mobile du nom, qui explique pourquoi la terminaison se déplace à l’oreille.
La difficulté réelle n’est pas d’apprendre les tableaux. Elle est de choisir le cas en parlant, sans temps de réflexion, pendant que l’on cherche déjà ses mots. Cela ne s’obtient que par l’écoute répétée de phrases entières, jusqu’à ce que la bonne terminaison sonne juste avant même d’être analysée. C’est le travail de notre cours de russe, entièrement audio. Pour une vue d’ensemble du dossier, voir la grammaire russe complète.
Trente-deux questions sur ce que cette page vient d’exposer : le rôle de chaque cas, ce qui commande le choix, puis les terminaisons du singulier, radical dur et radical mou. Touchez une réponse, puis Correction.
Trente questions plus exigeantes : les désinences du pluriel, les noms qui déplacent leur accent, ceux qui perdent une voyelle, les féminins en -ь, le second locatif en -у, et ceux qui ne changent jamais. Touchez une réponse, puis Correction.
Cent pages qui se répondent, des sons de la langue à son histoire, avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l'ordre, ou au gré de vos questions.
Lire cette page ne vous fera pas parler — écouter, si. Quatorze minutes par jour, vous répétez à voix haute ce que vous entendez, et la langue s'installe. La première leçon est gratuite sur la plateforme ou l'application, sans carte bancaire.
C’est la forme que prend un mot pour signaler sa fonction dans la phrase. Là où le français utilise la place du mot ou une préposition, le russe modifie la fin du mot : сестра siestrá sujet, сестру siestroú objet.
Six : nominatif, génitif, datif, accusatif, instrumental, prépositionnel. Un septième, le vocatif, existait en russe ancien ; il a disparu de l’usage courant et les grammaires ont cessé de le compter après 1918.
Trois éléments commandent : la fonction du mot dans la phrase, la préposition qui le précède, et le verbe dont il dépend. La négation peut en outre faire basculer un accusatif au génitif.
Non. Sachez d’abord à quoi sert chaque cas, sinon les tableaux restent des listes sans emploi. Les formes viennent ensuite, cas par cas et genre par genre.
Non. Se déclinent le nom, l’adjectif, le pronom, le numéral et le participe. Le verbe se conjugue, mais il impose souvent un cas au mot qui le suit.
Rarement. Beaucoup de cases coïncident, et quelques mots empruntés comme метро mietró ou такси taksí ne changent jamais.
Plus de 10 000 personnes ont appris avec la méthode LIMBA depuis sa création. La première leçon est gratuite sur la plateforme ou l'application, sans carte bancaire. Rappel : les deux formules sont indépendantes l'une de l'autre, et les leçons s'écoutent en ligne.
Toutes les langues depuis votre navigateur. Rien à installer. Ne donne pas accès aux applications mobiles.
Accéder à la plateforme →