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La ponctuation russe : les mêmes signes, d’autres règles

Le russe emploie les mêmes signes que le français, mais pas aux mêmes endroits. Sa virgule suit la grammaire et non le souffle, son tiret remplace les mots qu’il ne dit pas, et ses guillemets, ses espaces et ses majuscules obéissent à leurs propres usages.

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Un francophone qui écrit en russe connaît déjà tous les signes : le point, la virgule, le point-virgule, les deux-points, le tiret, les guillemets en chevrons, les points de suspension. Il n’a guère à y ajouter que les guillemets bas-haut „…“ et le signe №. Ce qui change, ce sont les raisons de les employer : le russe met des virgules là où le français n’en voit pas l’utilité, en retire là où le français en met par habitude, recourt au tiret bien plus souvent, et colle ses signes aux mots, sans les espaces que la typographie française intercale.

Une ponctuation qui suit la grammaire

La virgule française obéit en partie au souffle. On la place pour marquer une pause, pour mettre un mot en valeur, pour aérer une phrase un peu longue, et deux auteurs soigneux ne ponctuent pas forcément le même texte de la même façon. La virgule russe obéit d’abord à la structure de la phrase. Elle signale une frontière grammaticale : entre deux propositions, autour d’un groupe détaché, autour d’un mot qui commente la phrase de l’extérieur. Là où cette frontière n’existe pas, elle n’a rien à faire, si longue que soit la phrase.

Ces règles ont été codifiées pour l’essentiel en 1956, et l’école russe les enseigne avec l’orthographe. Il en découle une conséquence pratique : une virgule oubliée devant что se lit en russe comme une faute, et non comme une maladresse de style. Le tableau ci-dessous part de phrases françaises ordinaires et montre ce que le russe en fait. Les transcriptions en caractères latins, qui ne servent qu’à la prononciation, gardent la typographie française ; seule la ligne en cyrillique montre la ponctuation russe.

Le tableau de décision

En français j’écris… en russe j’écris…
En français j’écrisEn russe j’écrisPourquoi
Le soir, nous sommes allés au cinéma.Вечером мы пошли в кино. Viétcherom my pochlí v kinó.un complément placé en tête ne se détache pas
Je sais qu’il viendra.Я знаю, что он придёт. Ia znáiou, tchto on pridiót.une virgule devant la subordonnée, même courte
Bonjour Anna !Здравствуйте, Анна! Zdrávstvouïtie, Ánna !le nom de la personne à qui l’on parle se détache
des pommes, des poires, etc.яблоки, груши и т. д. iábloki, groúchi i tak dálieel’abréviation commence par « et » : pas de virgule devant
Ce livre, je l’ai déjà lu.Эту книгу я уже читал. Ètou knígou ia oujé tchitál.le russe déplace le mot au lieu de le détacher
Il a dit : « Je suis fatigué. »Он сказал: «Я устал». On skazál : « Ia oustál ».aucune espace, et le point passe après le guillemet
« Je suis fatigué », dit-il.«Я устал», — сказал он. « Ia oustál », — skazál on.une virgule, puis un tiret devant les mots du narrateur
Ma mère est pianiste.Моя мама — пианистка. Moiá máma — pianístka.un tiret à la place du verbe « être », entre deux noms
Les clés, le téléphone, l’argent : tout est resté à la maison.Ключи, телефон, деньги — всё осталось дома. Klioutchí, tieliefón, dién’gui — vsio ostálos’ dóma.après une énumération, le mot qui la résume prend un tiret
C’est un Français.Он француз. On frantsoúz.les noms de peuples s’écrivent en minuscule
J’ai lu Guerre et Paix.Я прочитал «Войну и мир». Ia protchitál « Voïnoú i mir ».un titre entre guillemets, une seule majuscule, et un titre qui se décline
Chère Anna, (en tête de lettre)Дорогая Анна! Dorogáia Ánna !le point d’exclamation est la ponctuation attendue de l’en-tête
Vraiment ?…Неужели?.. Nieoujéli ?..après un point d’interrogation, deux points de suspension seulement
Excusez-moi, où est la gare ?Извините, где вокзал? Izvinítie, gdie vokzál ?la même virgule, mais pas d’espace avant le point d’interrogation

Les cinq premières lignes concernent la virgule, la sixième et la septième les paroles rapportées, la huitième et la neuvième le tiret, les trois suivantes les majuscules, les titres et les lettres, les deux dernières la typographie. Chaque famille a sa section ci-dessous. Retenez dès maintenant la cinquième : là où le français détache un mot entre virgules pour le placer en tête, puis le reprend par un pronom, le russe se contente de le déplacer, puisque l’ordre de ses mots est libre.

La virgule : celle qu’on oublie, celle qu’on ajoute

Les grandes règles de la virgule russe accompagnent chacune une construction, et chacune est exposée avec elle. Cette page ne les reprend pas ; voici seulement où les trouver.

Entre la principale et chaque subordonnée, qu’elle commence par что, чтобы, если, когда ou un mot interrogatif, quelle que soit sa longueur, sauf quand elle se réduit à ce seul mot interrogatif (не сказал куда) : voyez les subordonnées.

Devant une relative en который, et après elle quand elle coupe la principale : la page des relatives.

Autour d’un groupe au gérondif, où qu’il se place, à la page les gérondifs ; autour d’un groupe participial placé après son nom, à la page les participes.

Devant а et но, et devant и quand il relie deux propositions : le détail, exceptions comprises, est à la page coordonner avec и, а, но.

Autour des mots qui commentent la phrase, comme конечно, наверное ou по-моему : les mots incidents.

Restent deux séries de cas qu’aucune de ces pages ne rassemble, et ce sont elles qui trahissent le francophone : les virgules qu’il ajoute par habitude, et celles qu’il oublie parce que le français s’en passe volontiers.

Les virgules en trop

Après un complément placé en tête. Le français détache volontiers ce qui ouvre la phrase : « Le soir, … », « À Moscou, … », « Après le déjeuner, … ». Le russe, en règle générale, ne le fait pas. Un complément de temps ou de lieu placé en tête appartient à la proposition comme n’importe quel autre mot, et aucune virgule ne le sépare de la suite.

La virgule revient quand le groupe de tête est autre chose qu’un simple complément : un gérondif, qui se détache où qu’il soit, ou une locution de concession comme несмотря на, « malgré » : Несмотря на дождь, мы пошли гулять Niesmotriá na dojd’, my pochlí gouliát’, « malgré la pluie, nous sommes allés nous promener ». Pour quelques locutions longues, la norme permet la virgule sans l’imposer ; dans le doute, n’en mettez pas après un complément bref.

Pour reprendre un mot. Le français détache un mot en tête et le reprend par un pronom : « Moi, je pense autrement », « Ce livre, je l’ai déjà lu ». Le russe n’a pas besoin de cette reprise. Il place simplement en tête ce dont il parle, sans virgule et sans pronom de rappel, et marque l’opposition, s’il y en a une, par un petit mot plutôt que par la ponctuation.

Devant « etc. » L’abréviation и т. д., pour и так далее i tak dáliee, commence par la conjonction и, « et », et ne prend donc pas de virgule devant elle. Il en va de même pour и т. п., « et autres choses semblables » : яблоки, груши, сливы и т. д., des pommes, des poires, des prunes, etc.

Les virgules oubliées

Autour du nom de la personne à qui l’on parle. L’apostrophe, c’est-à-dire le nom, le titre ou le mot affectueux par lequel on interpelle quelqu’un, se sépare du reste de la phrase par une virgule, et par deux quand elle se trouve au milieu. Le français courant écrit souvent « Bonjour Anna » sans rien ; la norme russe demande la virgule, dans une lettre comme dans un message de trois mots.

Après да, нет et les interjections. Placés en tête de réponse, да et нет se séparent de la suite par une virgule, comme une réponse complète suivie de son commentaire. Les interjections font de même dans la plupart des cas : ой, ах, ура.

Autour de пожалуйста. Dans une demande, пожалуйста pojálouïsta se détache comme un mot incident, par une virgule ou par deux selon sa place : Подождите, пожалуйста, минутку Podojdítie, pojálouïsta, minoútkou, « attendez une minute, s’il vous plaît ». L’exclamation d’étonnement Скажите пожалуйста!, « ça, par exemple ! », s’écrit en revanche d’ordinaire sans virgule : ce n’est plus une demande.

Une virgule qui demande la touche Maj. Sur la disposition russe du clavier de Windows, la touche qui donne le point seule ne donne la virgule qu’avec Maj. Dans une langue qui ponctue autant, ce détail ralentit bien des débutants ; il est décrit, avec les autres pièges de la saisie, à la page la cursive et le clavier.

La virgule : en trop ou oubliée

Choisissez la version que la norme russe attend. La traduction donne le sens ; sa ponctuation est française et peut vous induire en erreur. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. ___ мы ходили в театр. (Hier soir, nous sommes allés au théâtre.)
  2. Я надеюсь___ ты придёшь. (J’espère que tu viendras.)
  3. ___ Ирина Павловна! (Bonjour Irina Pavlovna !)
  4. В сумке были ключи, документы, ___ (Dans le sac, il y avait les clés, les papiers, le portefeuille, etc.)
  5. — Ты голоден? — ___ я уже поел. (— Tu as faim ? — Non, j’ai déjà mangé.)
  6. ___ я забыла зонтик! (Oh, j’ai oublié mon parapluie !)
  7. Скажите___ который час? (Quelle heure est-il, s’il vous plaît ?)
  8. ___ думаю иначе. (Moi, je pense autrement.)
  9. Поднялся ветер___ мы вернулись домой. (Le vent s’est levé et nous sommes rentrés.)
  10. Я пью не кофе___ чай. (Je ne bois pas de café, je bois du thé.)
  11. Привет___ ты где? (Salut Macha, tu es où ?)

Le tiret : un signe pour ce que l’on ne dit pas

En français, le tiret sert surtout au dialogue et aux incises. En russe, il compte parmi les signes les plus fréquents de l’écrit, parce qu’il remplit une fonction que le français confie à des mots : il tient la place d’un verbe absent, d’une conjonction absente, d’un « de… à » non dit. Avant d’en voir les emplois, une distinction s’impose.

Le tiret n’est pas le trait d’union

Le trait d’union, дефис diefís, est un signe d’orthographe : il soude deux éléments à l’intérieur d’un mot, sans aucune espace. Le tiret, тире tiré, est un signe de ponctuation : plus long, il sépare des mots ou des propositions et s’entoure d’une espace de chaque côté. Confondre les deux revient, en français, à écrire « peut — être » pour « peut-être ».

  • кто-то któ-to — quelqu’un
  • по-русски po-roússki — en russe
  • всё-таки vsió-taki — tout de même
  • северо-запад siévero-západ — le nord-ouest

Un couple montre la différence mieux qu’une règle. Москва-река Moskvá-rieká, avec un trait d’union, est le nom de la rivière qui traverse la ville, la Moskova ; Москва — огромный город Moskvá — ogrómnyï górod, avec un tiret, est une phrase : « Moscou est une ville immense ». Sur écran, beaucoup de gens tapent le trait d’union pour les deux ; un texte soigné, imprimé ou publié, les distingue.

Sept emplois du tiret, sans compter le dialogue

Tous reviennent à une même idée : le tiret marque un vide, une coupure, ou une articulation que le russe ne dit pas avec des mots.

Ce que le tiret marque dans la phrase
EmploiExempleCe qu’il marque
entre deux noms, au présentЕго брат — пилот. Iegó brat — pilót. — Son frère est pilote.le verbe « être », qui ne se dit pas
dans la seconde partie d’une phrase doubleЯ заказал суп, а она — салат. Ia zakazál soup, a oná — salát. — J’ai commandé une soupe, et elle une salade.le verbe déjà dit, que l’on ne répète pas
dans une phrase où le verbe va de soiЯ — домой. Ia — domóï. — Moi, je rentre.un verbe de mouvement sous-entendu
après une énumérationХлеб, сыр, фрукты — всё было свежее. Khlieb, syr, froúkty — vsio býlo sviéjeie. — Le pain, le fromage, les fruits : tout était frais.le passage de la liste au mot qui la résume
entre deux propositions sans conjonctionБыло поздно — все разошлись. Býlo pózdno — vsie razochlís’. — Il était tard, tout le monde est parti.une conséquence, une condition ou une opposition non dites
autour d’une inciseМой сосед — он, кстати, врач — помог мне. Moï sossiéd — on, kstáti, vratch — pomóg mnie. — Mon voisin, qui est d’ailleurs médecin, m’a aidé.une parenthèse ouverte dans la phrase
entre deux nombres ou deux lieux5—7 минут piat’-siem’ minoút ; поезд Москва — Казань póiezd Moskvá — Kazán’un « de… à… » que l’on ne dit pas

Les deux premières lignes ont chacune leur page. Le tiret qui remplace « être » entre deux noms, et les cas où il disparaît, sont détaillés à la page la phrase sans « être » ; celui qui tient la place d’un verbe non répété après а figure parmi les règles de la coordination citées plus haut. La troisième ligne en est le prolongement familier : dans Я — домой, « moi, je rentre », ou dans Мы — в кино, а вы? My — v kinó, a vy ?, « nous, on va au cinéma, et vous ? », le verbe de mouvement va de soi, et le tiret marque la pause qui le remplace.

La quatrième ligne a son pendant inversé. Le mot qui résume une énumération change de signe selon sa place : placé avant la liste, il l’annonce par deux-points ; placé après, il la reprend par un tiret.

  • Дома осталось всё: ключи, телефон, деньги. Dóma ostálos’ vsio : klioutchí, tieliefón, dién’gui. — Tout est resté à la maison : les clés, le téléphone, l’argent.
  • Ключи, телефон, деньги — всё осталось дома. Klioutchí, tieliefón, dién’gui — vsio ostálos’ dóma. — Les clés, le téléphone, l’argent : tout est resté à la maison.

Entre deux nombres, enfin, le tiret se colle aux chiffres, souvent sous une forme un peu plus courte : 5—7 минут, « de cinq à sept minutes ». Entre deux noms de lieu, il garde ses espaces, comme dans поезд Москва — Казань, le train Moscou-Kazan. Le trait d’union, dans ces deux cas, est une faute courante, y compris sous la plume des Russes.

Deux-points ou tiret entre deux propositions

Le russe aime juxtaposer deux propositions sans conjonction, surtout à l’oral, où l’intonation suffit à dire le lien. À l’écrit, ce lien doit se lire dans le signe, et le choix ne se fait pas au hasard. Une question le règle : quel mot pourrait-on glisser entre les deux parties ? La page exprimer la conséquence montre ce partage sur un exemple ; en voici le tableau complet.

Le lien entre les deux parties décide du signe
Le lienLe mot qu’on pourrait glisserSigneExemple
la seconde partie donne la causeпотому чтоdeux-pointsОденься теплее: на улице мороз. Odién’sia tiepliéie : na oúlitse moróz. — Couvre-toi bien : il gèle dehors.
la seconde partie dit ce qu’on sait, voit ou sentчтоdeux-pointsЯ чувствую: что-то не так. Ia tchoúvstvouiou : tchtó-to nie tak. — Je le sens : quelque chose ne va pas.
la seconde partie décrit ce qu’on découvreи увидел, чтоdeux-pointsЯ выглянул в окно: на улице шёл снег. Ia výglianoul v oknó : na oúlitse chol snieg. — J’ai regardé par la fenêtre : il neigeait.
la seconde partie tire la conséquenceпоэтомуtiretАвтобус ушёл — придётся идти пешком. Avtóbous ouchól — pridiótsia idtí piechkóm. — Le bus est parti, il va falloir marcher.
les deux parties s’opposentа, ноtiretХотел помочь — только помешал. Khotiél pomótch’ — tól’ko pomiechál. — Il voulait aider, il n’a fait que gêner.
la première partie pose une condition ou un momentесли, когдаtiretПойдёт дождь — останемся дома. Poïdiót dojd’ — ostániemsia dóma. — S’il pleut, nous resterons à la maison.

Les trois premières lignes regardent vers la droite : la seconde partie éclaire la première, et les deux-points l’annoncent, comme en français. Les trois dernières regardent vers la gauche : la seconde partie découle de la première ou la contredit, ou bien la première fixe la condition de la seconde, et le tiret marque le saut. Le français connaît bien les deux-points explicatifs, mais il emploie peu le tiret pour une conséquence ou une condition ; le russe le fait couramment, dans les messages comme dans les proverbes : Лес рубят — щепки летят Lies roúbiat — chtchépki lietiát, mot à mot « on abat la forêt, les copeaux volent », c’est-à-dire « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ».

Le point-virgule : pour les phrases longues

Le point-virgule, точка с запятой tótchka s zapiatóï, s’emploie à peu près comme en français, et guère plus souvent. On le trouve entre deux propositions juxtaposées quand elles sont longues ou contiennent déjà des virgules : il marque alors la frontière principale, que de nouvelles virgules noieraient. On le trouve aussi entre les éléments d’une énumération longue, en particulier dans les listes à la ligne des documents et des consignes, où chaque élément se termine par un point-virgule et le dernier par un point.

Dans la conversation écrite, messages et courriels, il se fait rare : on coupe plutôt en deux phrases. Ne vous forcez pas à l’employer ; sachez seulement le reconnaître.

Tiret, trait d’union ou deux-points

Choisissez le signe ou la graphie qui convient : tiret, trait d’union ou deux-points. Les autres propositions sont fautives. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. Паспорт, билеты, деньги ___ всё готово. (Le passeport, les billets, l’argent : tout est prêt.)
  2. Всё готово___ паспорт, билеты, деньги. (Tout est prêt : le passeport, les billets, l’argent.)
  3. Моя сестра ___ переводчица. (Ma sœur est traductrice.)
  4. Он хорошо говорит ___. (Il parle bien russe.)
  5. Будет время___ позвоню. (Si j’ai le temps, j’appellerai.)
  6. Я не пошёл на работу___ у меня болела голова. (Je ne suis pas allé au travail : j’avais mal à la tête.)
  7. Обещал прийти___ не пришёл. (Il avait promis de venir, et il n’est pas venu.)
  8. ___ течёт через весь город. (La Moskova traverse toute la ville.)
  9. Брат работает в банке, а сестра___ в школе. (Mon frère travaille dans une banque, et ma sœur dans une école.)
  10. Поезд Москва ___ Казань отправляется в десять. (Le train Moscou-Kazan part à dix heures.)
  11. Я уверен___ всё будет хорошо. (J’en suis sûr : tout ira bien.)

Le dialogue et les paroles rapportées

Le russe imprimé connaît deux présentations des paroles, et il les tient d’ordinaire séparées. Dans un dialogue, chaque réplique va à la ligne et s’ouvre par un tiret. Dans un paragraphe de récit, les paroles citées se mettent entre guillemets. Le français, lui, mêle volontiers les deux, ouvrant un dialogue par un guillemet et marquant chaque changement de voix par un tiret.

Le dialogue : un tiret par réplique

Le tiret ouvre la ligne, suivi d’une espace. Quand les mots du narrateur suivent la réplique, ils s’en séparent par une virgule et un tiret, et commencent par une minuscule. Le français écrit « dit-il » entre virgules, sans tiret ; le russe ne se passe pas de ce second tiret, qui signale que la voix change.

Les quatre schémas du dialogue
SituationExempleCe qu’il faut voir
le narrateur après la réplique— Я опаздываю, — сказала Вера. — Ia opázdyvaiou, — skazála Viéra. — Je suis en retard, dit Vera.une virgule, un tiret, puis une minuscule
la réplique finit par « ? » ou « ! »— Ты где? — спросил отец. — Ty gdie ? — sprossíl otiéts. — Tu es où ? demanda le père.le signe remplace la virgule, la minuscule reste
le narrateur au milieu, même phrase— Я опаздываю, — сказала Вера, — но скоро буду. — Ia opázdyvaiou, — skazála Viéra, — no skóro boúdou. — Je suis en retard, dit Vera, mais j’arrive bientôt.un tiret de chaque côté, et la suite en minuscule
le narrateur au milieu, phrase nouvelle— Я опаздываю, — сказала Вера. — Начинайте без меня. — Ia opázdyvaiou, — skazála Viéra. — Natchináïtie biez mieniá. — Je suis en retard, dit Vera. Commencez sans moi.un point après le narrateur, puis la suite en majuscule

Quand le narrateur parle d’abord, il annonce la réplique par deux-points, et celle-ci passe à la ligne avec son tiret : Вера сказала:, puis, à la ligne, — Я опаздываю. La réplique commence par une majuscule, puisqu’elle ouvre la parole d’une autre voix.

Les paroles citées dans le récit : les guillemets

Au milieu d’un paragraphe, les paroles se mettent entre guillemets, mais la logique reste la même : deux-points quand le narrateur parle d’abord, virgule et tiret quand il parle après. Une seule différence demande de l’attention, et c’est la place du point.

Les cinq schémas des paroles entre guillemets
SchémaExempleCe qu’il faut voir
le narrateur, puis la citationОн ответил: «Я занят». On otviétil : « Ia zániat ». — Il a répondu : « Je suis occupé. »le point se place après le guillemet fermant
le narrateur, puis une questionМама спросила: «Ты поел?» Máma sprossíla : « Ty poiél ? » — Maman a demandé : « Tu as mangé ? »le point d’interrogation reste dedans, et rien ne suit
la citation, puis le narrateur«Я занят», — ответил он. « Ia zániat », — otviétil on. — « Je suis occupé », répondit-il.une virgule après le guillemet, puis le tiret
une question, puis le narrateur«Ты поел?» — спросила мама. « Ty poiél ? » — sprossíla máma. — « Tu as mangé ? » demanda maman.pas de virgule après le point d’interrogation
le narrateur au milieu«Я занят, — ответил он, — но вечером позвоню». « Ia zániat, — otviétil on, — no viétcherom pozvoniú ». — « Je suis occupé, répondit-il, mais j’appellerai ce soir. »des tirets dans la citation, des guillemets aux deux bouts seulement

Le premier schéma est celui où le francophone se trompe le plus. Le français met le point à l’intérieur des guillemets quand la citation forme une phrase complète ; le russe ferme d’abord les guillemets, puis met le point de la phrase entière. Le point d’interrogation, le point d’exclamation et les points de suspension restent en revanche à l’intérieur, et aucun point ne s’ajoute derrière eux.

Une citation peut aussi se fondre dans la phrase, après что : elle perd alors ses deux-points et sa majuscule, mais garde ses guillemets. В объявлении сказано, что «касса работает до восьми» V obiavliénii skázano, tchto « kássa rabótaiet do vos’mí », « l’avis dit que “la caisse est ouverte jusqu’à huit heures” ». Sans guillemets, la même phrase devient un simple discours indirect, que la virgule des subordonnées suffit à ponctuer.

Les guillemets : chevrons et « petites pattes »

Le russe a deux dessins de guillemets. Les premiers, les ёлочки iólotchki, « petits sapins », ont la forme des guillemets français : «…». Les seconds, les лапки lápki, « petites pattes », s’ouvrent en bas et se ferment en haut : „…“. Les chevrons sont les guillemets ordinaires de l’imprimé ; les pattes servent à l’intérieur d’une citation, et ce sont elles qu’on trace d’ordinaire à la main.

Deux différences avec la typographie française. D’abord, aucune espace ne sépare les guillemets du texte qu’ils encadrent : «Война и мир», sans les blancs que le français place après le guillemet ouvrant et avant le guillemet fermant. Ensuite, quand une citation en contient une autre et que les deux se ferment ensemble, chaque dessin garde son guillemet, comme à la fin de l’exemple ci-dessus. Sur écran, dans les messages, beaucoup de Russes tapent des guillemets droits, faute de mieux ; un texte édité emploie les chevrons.

Ce qui se met entre guillemets

Outre les paroles et les citations, les guillemets encadrent les noms propres donnés à des choses : titres de livres, de films, de journaux, noms d’entreprises, d’hôtels, de cafés, d’équipes. Les noms de personnes, de villes, de rues et de pays s’en passent.

Ils servent enfin à mettre un mot à distance, par ironie ou pour signaler un emploi inhabituel : Эти «друзья» даже не позвонили Èti « drouz’iá » dáje nie pozvoníli, « ces “amis” n’ont même pas téléphoné ». Le français fait exactement la même chose.

Le titre se décline-t-il ?

Tout dépend du mot qui le précède. Si un nom générique accompagne le titre — роман, газета, кафе, фильм —, c’est ce nom qui prend le cas voulu, et le titre reste au nominatif. Si le titre est employé seul, il se décline en principe comme n’importe quel groupe de mots, à l’intérieur de ses guillemets.

Avec ou sans nom générique
Avec le nom génériqueSans le nom génériqueFrançais
Я читаю роман «Мастер и Маргарита». Ia tchitáiou román « Mástier i Margaríta ».Я читаю «Мастера и Маргариту». Ia tchitáiou « Mástiera i Margarítou ».Je lis Le Maître et Marguerite.
Мы встретились в кафе «Ромашка». My vstriétilis’ v kafé « Romáchka ».Мы встретились в «Ромашке». My vstriétilis’ v « Romáchkie ».Nous nous sommes retrouvés au café La Marguerite.
Он пишет для газеты «Известия». On píchet dlia gaziéty « Izviéstiia ».Он пишет для «Известий». On píchet dlia « Izviéstiï ».Il écrit pour les Izvestia.

La première ligne montre aussi la majuscule des titres : le russe n’en met qu’au premier mot et aux noms propres que le titre contient. Маргарита est un prénom, d’où sa majuscule ; dans «Война и мир», que l’édition française intitule souvent « Guerre et Paix », seul le premier mot en prend une. Après le verbe называться, « s’appeler », le titre reste au nominatif, comme le montre la page appeler, s’appeler.

Dialogue, citations et titres

Choisissez la ponctuation ou la forme qui convient dans chaque réplique, citation, titre ou nom propre. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. «Я устал___ сказал он. (« Je suis fatigué », dit-il.)
  2. Он сказал: «Я устал___ (Il a dit : « Je suis fatigué. »)
  3. Она спросила: «Ты устал___ (Elle a demandé : « Tu es fatigué ? »)
  4. — Ты где? ___ мама. (— Tu es où ? demanda maman.)
  5. — Я устал, — сказал он, ___ хочу спать. (— Je suis fatigué, dit-il, et j’ai sommeil.)
  6. — Я устал, — сказал он___ Пойду спать. (— Je suis fatigué, dit-il. Je vais me coucher.)
  7. Мы читаем роман ___. (Nous lisons le roman Guerre et Paix.)
  8. Я перечитываю ___. (Je relis Anna Karénine.)
  9. Мы жили в гостинице ___. (Nous logions à l’hôtel Cosmos.)
  10. Он написал: ___ (Il a écrit : « Le guide nous a dit : “Attendez ici.” »)
  11. «Ты замёрз?___ спросила бабушка. (« Tu as froid ? » demanda la grand-mère.)

Les majuscules : ce que le russe écrit en minuscule

Sur ce chapitre, le français et le russe se ressemblent plus qu’on ne le croit. Les jours, les mois, les langues et les adjectifs de nationalité prennent la minuscule dans les deux langues : понедельник, lundi, январь, janvier, русский язык, le russe, французское вино, du vin français. Les jours et les mois ont leur page, l’heure, la date, l’âge, et les adjectifs de lieu et de peuple la leur, les adjectifs de relation. La vraie différence est ailleurs.

Les peuples et les habitants

Le français met une majuscule au nom qui désigne un peuple ou les habitants d’une ville : un Français, les Russes, une Parisienne. Le russe écrit ces noms en minuscule, comme n’importe quel nom commun, et le francophone, habitué à la majuscule, l’y rajoute presque par réflexe.

Les noms composés : lieux, fêtes, institutions

Pour les noms de plusieurs mots, le russe suit une règle de sobriété : la majuscule va au mot qui fait le nom, le plus souvent le premier, et les noms communs comme площадь, place, море, mer, ou университет restent en minuscule.

Où va la majuscule dans un nom composé
CatégorieRusseFrançaisLa règle russe
lieuxКрасная площадь Krásnaia plóchtchad’, Чёрное море Tchórnoie móriela place Rouge, la mer Noirel’adjectif qui fait le nom ; le nom commun en minuscule, comme en français
fêtesНовый год Nóvyï god, Рождество Rojdiestvóle Nouvel An, Noëlle premier mot
institutionsМосковский государственный университет, Большой театр Ból’choï tieátrl’université d’État de Moscou, le Bolchoïle premier mot, et les noms propres s’il y en a
États, nom officielРоссийская Федерация Rossíïskaia Fiedierátsiiala Fédération de Russiechaque mot
titres d’œuvres«Война и мир»Guerre et Paixle premier mot, entre guillemets
titres et fonctionsгосподин Петров, президент, профессорM. Petrov, le président, le professeurla minuscule, comme en français, sauf pour les plus hautes fonctions de l’État dans un texte officiel : Президент Российской Федерации

Deux exceptions consacrées par l’usage méritent d’être connues. День Победы Dien’ Pobiédy, le jour de la Victoire, met une majuscule à ses deux mots. Et quand une fête s’écrit avec un chiffre, le nom du mois en prend une : 8 Марта, la Journée des femmes, mais 8 марта, la date du calendrier.

Вы, et ce qui ne change pas

Dans une lettre adressée à une seule personne, Вы et Ваш prennent souvent la majuscule de politesse ; cet usage, et le recul qu’il connaît, sont exposés à la page tutoyer ou vouvoyer. Pour le reste, les règles rejoignent celles du français : majuscule en début de phrase et en tête des paroles citées, minuscule après des deux-points qui annoncent une explication ou une liste, minuscule pour les mots du narrateur après une réplique.

Lettres, messages et petits signes

L’en-tête et la formule finale

Une lettre russe s’ouvre traditionnellement sur un point d’exclamation, là où le français met une virgule : Дорогая Анна! pour une amie, Уважаемая Елена Викторовна! pour une correspondante qu’on vouvoie. Le texte commence ensuite à la ligne, par une majuscule. Certains courriels adoptent la virgule finale à la française ; le point d’exclamation reste la forme attendue. Quand l’en-tête est une salutation, la virgule placée devant le prénom, elle, est de règle.

La formule finale С уважением, « avec respect », se fait suivre d’une virgule par tradition, puis du nom à la ligne. Les formules d’adieu comme Всего доброго! prennent un point d’exclamation, et ce signe, qu’un francophone trouve parfois appuyé, paraît beaucoup plus neutre en russe.

Les espaces et les signes doubles

La typographie française place une espace avant les deux-points et à l’intérieur des guillemets, et, en France, avant le point-virgule, le point d’interrogation et le point d’exclamation. Le russe n’en met nulle part : ses signes se collent au mot qui précède. Seul le tiret garde une espace de chaque côté.

Espaces et petits signes
Ce qu’on écritFrançaisRusse
avant « : », « ; », « ? », « ! »une espace avant les deux-points, et en France avant les trois autresaucune espace : Где ты?
à l’intérieur des guillemets« texte »«текст»
autour du tiretune espace de chaque côtéune espace de chaque côté, sauf entre deux nombres
une suspension après « ? » ou « ! »?… ou !…?.. ou !..
« et cetera »etc.и т. д., sans virgule devant
« c’est-à-dire »c.-à-d.т. е.
le numéron° 5№ 5

La quatrième ligne est une particularité russe. Après un point d’interrogation ou d’exclamation, les points de suspension se réduisent à deux, comme si le signe tenait lieu du premier : Ты уверен?.. Ty ouviérien ?.., « tu es sûr ?… », Ну и погода!.. Nou i pogóda !.., « quel temps, vraiment !… ». Le signe marque un doute ou une émotion qui reste en suspens.

Ponctuer, c’est aussi entendre. Beaucoup de signes russes correspondent à une frontière que la voix marque aussi : une pause autour d’un prénom, un silence à la place du tiret, un changement de ton entre la réplique et les mots du narrateur. L’oreille aide donc la main. C’est ce que travaille notre cours de russe, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes, sur la plateforme web comme dans nos applications.

Choisir le signe juste

Chaque phrase met en jeu un signe, une espace ou une majuscule. Choisissez la graphie que la norme russe attend. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. ___ (Il a dit : « Je viendrai. »)
  2. Мой сосед — ___. (Mon voisin est un Français.)
  3. Мы приедем в ___. (Nous viendrons en juillet.)
  4. Мы гуляли по ___. (Nous nous sommes promenés sur la place Rouge.)
  5. ___ мы встречали у друзей. (Le Nouvel An, nous l’avons fêté chez des amis.)
  6. ___ Спасибо за поздравление. (Chère Olga, merci pour tes vœux — début de lettre.)
  7. Неужели___ (Vraiment ?… — un étonnement laissé en suspens.)
  8. ___ звонил тебе утром. (Quelqu’un t’a téléphoné ce matin.)
  9. Автобусы не ходят___ пойдём пешком. (Les bus ne circulent pas, alors allons-y à pied.)
  10. Мама сказала___ «Пора спать». (Maman a dit : « Il est l’heure de dormir. »)
  11. — Вы куда? — Мы___ в кино. (— Où allez-vous ? — Nous, au cinéma.)

Tout le russe : grammaire, verbes et vocabulaire

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Vocabulaire : famille, études, travail
Vocabulaire : voyager et se loger
Vocabulaire : la Russie au quotidien
Le russe tel qu’on le parle

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Questions fréquentes

La ponctuation russe est-elle très différente de la ponctuation française ?

Les signes sont les mêmes ; ce sont les raisons de les employer qui changent. La virgule russe suit la grammaire et non le souffle : elle précède la subordonnée, mais ne détache pas un complément placé en tête. Le tiret est bien plus fréquent, l’espace disparaît avant les signes doubles et à l’intérieur des guillemets, et les noms de peuples s’écrivent en minuscule.

Faut-il une virgule après « Вечером » ou « В Москве » en tête de phrase ?

Non, en règle générale. Un complément de temps ou de lieu placé en tête appartient à la proposition : Летом мы живём на даче, « l’été, nous vivons à la datcha ». La virgule revient surtout pour un groupe qui se détache par nature, comme un gérondif ou несмотря на suivi de son nom ; après quelques locutions longues, elle reste facultative.

Pourquoi écrit-on « Здравствуйте, Анна! » avec une virgule ?

Parce que le nom de la personne à qui l’on parle, l’apostrophe, se sépare du reste de la phrase par une virgule, et par deux s’il se trouve au milieu : Скажи, Петя, ты уже поел? Le français courant omet souvent cette virgule après « bonjour » ; la norme russe la demande, même dans un message bref.

Faut-il une virgule devant « и т. д. » ?

Non. L’abréviation d’и так далее commence par la conjonction и, « et », qui relie déjà le dernier terme de l’énumération : яблоки, груши, сливы и т. д. Il en va de même pour и т. п. Le français, qui écrit « etc. » sans « et », place au contraire une virgule devant.

Où se place le point quand on cite des paroles entre guillemets ?

Après le guillemet fermant : Он ответил: «Я занят». Le point d’interrogation, le point d’exclamation et les points de suspension restent en revanche à l’intérieur, et aucun point ne s’ajoute derrière eux : Мама спросила: «Ты поел?»

Comment ponctuer un dialogue en russe ?

Chaque réplique va à la ligne et s’ouvre par un tiret. Les mots du narrateur qui la suivent s’en séparent par une virgule et un tiret, et commencent par une minuscule : — Я опаздываю, — сказала Вера. Si la réplique finit par un point d’interrogation ou d’exclamation, ce signe remplace la virgule : — Ты где? — спросил отец.

Quels guillemets emploie-t-on en russe ?

Les chevrons, appelés ёлочки, « petits sapins », pour l’usage ordinaire, et les guillemets bas-haut, лапки, « petites pattes », pour une citation à l’intérieur d’une autre et dans l’écriture manuscrite. Aucune espace ne les sépare du texte qu’ils encadrent : «Война и мир».

Le titre d’un livre ou d’un film se décline-t-il ?

En principe, quand il est employé seul. Avec un nom générique devant lui, c’est ce nom qui se décline, et le titre reste au nominatif : Я читаю роман «Мастер и Маргарита». Sans lui, le titre prend le cas voulu : Я читаю «Мастера и Маргариту». Dans les deux cas, seuls le premier mot et les noms propres prennent la majuscule.

Quelle différence entre le tiret et le trait d’union ?

Le trait d’union soude deux éléments d’un même mot, sans espace : кто-то, по-русски, Москва-река. Le tiret, plus long, sépare des mots ou des propositions et s’entoure d’espaces : Москва — огромный город. Entre deux nombres, le tiret se colle aux chiffres : 5—7 минут.

Deux-points ou tiret entre deux propositions sans conjonction ?

Deux-points quand la seconde partie explique la première, qu’elle en donne la cause, le contenu ou ce que l’on découvre : Оденься теплее: на улице мороз. Tiret quand elle en tire la conséquence ou la contredit, ou quand la première pose une condition : Пойдёт дождь — останемся дома.

Met-on une espace avant le point d’interrogation en russe ?

Non. Le russe colle le point d’interrogation, le point d’exclamation, les deux-points et le point-virgule au mot qui précède, et ne met pas d’espace à l’intérieur des guillemets. Seul le tiret garde une espace de chaque côté, sauf entre deux nombres.

Écrit-on « француз » avec une majuscule ?

Non. Les noms de peuples et d’habitants s’écrivent en minuscule en russe, là où le français met une majuscule : француз, un Français, москвич, un Moscovite. Les jours, les mois, les langues et les adjectifs de nationalité prennent eux aussi la minuscule, mais c’est déjà le cas en français.

Comment commencer et terminer une lettre en russe ?

Par une adresse suivie d’un point d’exclamation, Дорогая Анна! ou Уважаемая Елена Викторовна!, puis le texte à la ligne, avec une majuscule. On termine souvent par С уважением, suivi d’une virgule et du nom à la ligne, ou par une formule comme Всего доброго! Dans une lettre à une seule personne, Вы prend volontiers la majuscule.

Que signifie « ?.. » à la fin d’une phrase russe ?

C’est un point d’interrogation suivi de points de suspension, que le russe réduit à deux : Ты уверен?.., « tu es sûr ?… ». Il en va de même après le point d’exclamation, Ну и погода!.. Le signe marque un doute ou une émotion qui reste en suspens.

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