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Le français dit « je crois » pour une opinion prudente comme pour une foi profonde, et « je pense » pour une réflexion comme pour un avis. Le russe sépare la pensée qui cherche, le jugement que l’on assume et la confiance que l’on accorde, et il ne les échange jamais. Se tromper de verbe, c’est dire bien plus, ou bien moins, que ce que l’on pense.
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Le français pense et croit avec une grande souplesse. « Je pense à toi », « je pense qu’il a raison », « je crois qu’il va pleuvoir », « je te crois », « je crois en toi » : cinq phrases, deux verbes, et des emplois qui passent de l’un à l’autre sans que personne s’en aperçoive, puisque « je pense qu’il viendra » et « je crois qu’il viendra » disent à peu près la même chose. Le russe ne laisse pas cette liberté. Avant de choisir son verbe, il demande ce que fait l’esprit : réfléchit-il, juge-t-il, ou accorde-t-il sa confiance ? Le francophone qui traduit « croire » par le verbe de la foi en dit, sans le savoir, beaucoup plus qu’il ne voulait.
Le premier verbe est думать doúmat’. Il désigne la pensée en mouvement : celle qui se tourne vers quelqu’un, qui retourne une question, qui envisage un projet. C’est aussi lui qui sert, le plus souvent, à donner son avis, et il le fait modestement. Я думаю laisse la porte ouverte au doute, exactement comme notre « je pense » ou notre « je crois » de conversation : on propose une opinion, on ne la défend pas encore.
Le deuxième est считать stchitát’, dont le premier sens est « compter ». L’image est éclairante : celui qui compte arrive à un résultat, et ce résultat, il l’énonce. Я считаю, что… présente donc un jugement pesé, une position que l’on assume et que l’on est prêt à soutenir : c’est le « j’estime que », le « je considère que » du français. Le même verbe permet aussi de classer, de dire pour quoi l’on tient quelqu’un ou quelque chose, et il le fait avec une construction que le français ne laisse pas deviner.
Le troisième est верить viérit’. Il ne raisonne pas : il adhère. On croit une personne, c’est-à-dire qu’on accepte sa parole ; on croit en Dieu, en l’avenir, en ses propres forces ; on croit que tout finira bien, avec la fermeté d’une foi ou d’un espoir. Ce n’est pas un verbe d’opinion, et c’est là que se produit l’erreur la plus fréquente du francophone, qui entend « croire » et choisit верить là où un Russe dirait думать.
Un quatrième verbe, enfin, n’ajoute pas une opération mais un registre. Полагать polagát’ dit à peu près ce que disent думать et считать, mais dans la langue des lettres officielles, des rapports et des réunions : c’est notre « je suppose », notre « j’estime » prononcé d’une voix posée.
Voici, rangées par situation, les phrases où le francophone hésite. La deuxième colonne donne le verbe que le russe choisit, la troisième dit pourquoi. Lisez-les comme des réflexes à acquérir plutôt que comme des règles à réciter : c’est la question posée dans la troisième colonne qui doit vous venir à l’esprit, et non la traduction mot à mot.
| En français je dis | En russe je choisis | Pourquoi | La phrase russe |
|---|---|---|---|
| Je pense à toi. | думать о | l’esprit se tourne vers quelqu’un | Я думаю о тебе. Ia doúmaiou o tiebié. |
| À quoi penses-tu ? | думать о | on demande l’objet de la pensée | О чём ты думаешь? O tchom ty doúmaiech’ ? |
| Je crois qu’il va pleuvoir. | думать, что | une opinion prudente, et non une foi | Я думаю, что будет дождь. Ia doúmaiou, tchto boúdiet dojd’. |
| Qu’en penses-tu, il viendra ? | как ты думаешь | on sollicite un avis sur une question ouverte | Как ты думаешь, он придёт? Kak ty doúmaiech’, on pridiót ? |
| Je crois que oui. Je ne crois pas. | думать | une réponse courte et modeste | Думаю, да. Не думаю. Doúmaiou, da. Nie doúmaiou. |
| J’y réfléchirai. | подумать | une réflexion à venir, limitée dans le temps | Я подумаю. Ia podoúmaiou. |
| J’estime que c’est une erreur. | считать, что | un jugement que l’on assume | Я считаю, что это ошибка. Ia stchitáiou, tchto èto ochíbka. |
| Je le considère comme un ami. | считать et l’instrumental | on classe quelqu’un, sans aucun « comme » | Я считаю его другом. Ia stchitáiou iegó droúgom. |
| Il passe pour un bon médecin. | считаться et l’instrumental | l’opinion commune, la personne jugée devient sujet | Он считается хорошим врачом. On stchitáietsia khoróchim vratchóm. |
| Je te crois. | верить et le datif | on accepte la parole de quelqu’un | Я тебе верю. Ia tiebié viériou. |
| Je crois en toi. | верить в et l’accusatif | on a confiance dans ce que vaut quelqu’un | Я верю в тебя. Ia viériou v tiebiá. |
| Je crois que tout ira bien. | верить, что | une foi, un espoir que l’on affirme | Я верю, что всё будет хорошо. Ia viériou, tchto vsio boúdiet khorochó. |
| Je n’en crois pas mes yeux. | верить et le datif | les yeux sont un témoin que l’on récuse | Не верю своим глазам. Nie viériou svoím glazám. |
| Il me semble qu’il est parti. | мне кажется | une simple impression, sans verbe de pensée | Мне кажется, он ушёл. Mnie kájetsia, on ouchól. |
| Je suppose que vous avez lu le dossier. | полагать | le registre soutenu, celui d’une lettre ou d’une réunion | Полагаю, вы знакомы с документами. Polagáiou, vy znakómy s dokouméntami. |
| Pense à acheter du pain. | не забыть | « penser à » veut dire ici ne pas oublier | Не забудь купить хлеб. Nie zaboúd’ koupít’ khlieb. |
Quatre lignes concentrent l’essentiel. La troisième et la douzième montrent que la même tournure française, « je crois que », se traduit de deux façons opposées : par думать quand on avance une opinion, par верить quand on affirme une foi ou un espoir. Dans la conversation ordinaire, la première est de très loin la plus fréquente. La huitième annonce une construction sans équivalent français, où le mot « comme » disparaît et où l’instrumental prend sa place. La dernière, enfin, signale un faux ami : « penser à » faire quelque chose ne relève pas de la pensée, mais de la mémoire.
Remarquez aussi tout ce que le tableau ne contient pas. Aucune ligne n’exige de connaître un temps nouveau, un mode rare ou une conjugaison irrégulière : les quatre verbes sont parmi les plus réguliers de la langue. Toute la difficulté tient au choix, puis à la construction qui suit le verbe. C’est donc dans cet ordre que nous allons les reprendre, en commençant par le plus courant.
La conjugaison ne réserve aucune surprise. Думать suit le modèle le plus régulier de la langue, celui des verbes en -ать qui gardent le а devant les désinences de la première conjugaison : думаю, думаешь, думает, et ainsi de suite, exactement comme читать ou делать. L’accent, de surcroît, reste sur la première syllabe d’un bout à l’autre du paradigme. Vous pouvez donc consacrer toute votre attention à ce qui compte vraiment : ce que l’on met après le verbe.
| Personne | Forme | Transcription | Exemple |
|---|---|---|---|
| я | думаю | doúmaiou | Я думаю о маме. — Je pense à ma mère. |
| ты | думаешь | doúmaiech’ | О чём ты думаешь? — À quoi penses-tu ? |
| он, она | думает | doúmaiet | Он думает, что я сплю. — Il croit que je dors. |
| мы | думаем | doúmaiem | Мы думаем об отпуске. — Nous pensons aux vacances. |
| вы | думаете | doúmaietie | Что вы думаете об этом? — Qu’en pensez-vous ? |
| они | думают | doúmaiout | Они думают только о деньгах. — Ils ne pensent qu’à l’argent. |
La troisième ligne mérite un regard : là où le français dit « il croit que je dors », le russe emploie sans hésiter le verbe de la pensée. Le passé, lui, se forme sur l’infinitif et s’accorde, comme tout passé russe, en genre et en nombre : думал, думала, думали doúmal, doúmala, doúmali. Un homme dit я думал, une femme я думала. Nous verrons plus bas que ce passé imperfectif a une valeur bien particulière, qui le rapproche de notre « je croyais ».
Le français pense « à » quelqu’un, et la préposition fait croire au francophone qu’il faut un datif, le cas de la personne à qui l’on donne. Il n’en est rien. Le russe pense « sur » quelqu’un : il emploie la préposition о, celle des verbes de parole et de pensée, suivie du cas que décrit la page le cas prépositionnel. Devant а, о, у, э ou и, la préposition devient об ; devant le pronom мне, elle prend la forme обо.
La dernière ligne montre que la même construction rend aussi notre « penser de ». Que l’on songe à une personne ou que l’on porte un jugement sur un film, le russe ne change ni de préposition ni de cas : la pensée porte « sur » son objet. Le pronom interrogatif suit la même règle, d’où la question О чём ты думаешь? O tchom ty doúmaiech’ ?, « à quoi penses-tu ? », et sa variante pour une personne, О ком ты думаешь? O kom ty doúmaiech’ ?, « à qui penses-tu ? ». Une phrase comme я думаю тебе, calquée sur le « à » français, n’a aucun sens en russe.
Quand la pensée porte sur un fait, elle s’exprime par une subordonnée introduite par что, précédée d’une virgule obligatoire. Dans la langue parlée, la conjonction tombe volontiers, et la virgule reste seule : Думаю, он прав. C’est la façon la plus courante, et la plus neutre, de donner son avis. Elle correspond à la fois à notre « je pense que » et à notre « je crois que », sans la moindre nuance de foi.
Deux remarques. La troisième ligne montre que la négation ne change rien à la construction : là où le français passe au subjonctif, « je ne pense pas que ce soit », le russe garde l’indicatif, même si un tour plus soutenu, не думаю, чтобы suivi du passé, existe aussi. Le fonctionnement de ces propositions est exposé à la page les subordonnées. La quatrième ligne, elle, est une formule à retenir telle quelle : pour demander un avis sur une question ouverte, le russe dit как ты думаешь, mot à mot « comment penses-tu », et non что ты думаешь, qui demande plutôt ce que l’on pense d’une chose nommée et appelle donc о.
Suivi d’un infinitif, думать prend le sens d’« envisager de », « avoir l’intention de ». La construction est familière et très vivante ; elle ne demande ni préposition ni conjonction, et l’infinitif est le plus souvent perfectif, puisqu’on envisage un projet précis, que l’on mènera à son terme une fois.
La dernière ligne est un tour très employé : и не думал, avec la petite particule и qui renforce la négation, rejette avec force une intention que l’on vous prête. On l’entend dans les disputes comme dans les excuses, et il se met au féminin sans difficulté : Я и не думала.
| Construction | Exemple | Français |
|---|---|---|
| о et le prépositionnel | Я думаю о маме. | Je pense à ma mère. |
| о et le prépositionnel, pour un avis | Что ты думаешь об этом? | Qu’en penses-tu ? |
| что et une proposition | Я думаю, что он прав. | Je crois qu’il a raison. |
| как, pour une question d’avis | Как ты думаешь, он придёт? | À ton avis, il viendra ? |
| infinitif | Мы думаем купить дачу. | Nous envisageons d’acheter une maison de campagne. |
« Penser à faire » : un faux ami. Quand le français dit « pense à acheter du pain », il ne vous demande pas de réfléchir, mais de ne pas oublier. Le russe ne passe donc pas par думать, qui produirait une phrase dépourvue de sens : il emploie l’impératif de забыть sous la négation, не забудь. Le partage entre se souvenir et oublier est l’objet de la page les verbes de la mémoire.
Comme la plupart des verbes russes, думать possède un partenaire perfectif, formé ici par le préfixe по- : подумать podoúmat’. Le préfixe, dans ce rôle, borne l’action : il découpe dans la pensée continue un moment de réflexion, avec un début et une fin. Les formes se conjuguent exactement comme celles du verbe simple, подумаю, подумаешь, подумает, mais elles ne désignent pas un présent : ce sont des futurs, comme pour tout perfectif.
La première ligne est la réponse la plus utile de toute cette page. Elle permet de différer une décision sans refuser ni accepter, avec exactement la même prudence que notre « je vais y réfléchir ». Notez qu’elle ne contient aucun complément : le contexte suffit, et ajouter об этом la rendrait seulement plus appuyée.
Au passé, l’opposition des deux aspects produit une différence que le français confie à ses temps et à ses verbes. L’imperfectif думал décrit une pensée qui a duré, un état d’esprit dans lequel on se trouvait. Employé avec что, il prend très souvent le sens de « je croyais », c’est-à-dire d’une opinion que la suite a démentie. Le perfectif подумал désigne au contraire une pensée qui a surgi à un moment précis, ou une réflexion menée à son terme : « je me suis dit », « j’ai réfléchi ». La décision générale entre les deux aspects est exposée à la page l’aspect au passé.
| Phrase | Aspect | Ce qu’elle dit |
|---|---|---|
| Я долго думал. Ia dólgo doúmal. | imperfectif | la réflexion a duré, sans résultat annoncé |
| Я подумал и согласился. Ia podoúmal i soglassílsia. | perfectif | la réflexion a eu lieu, puis la décision est venue |
| Я думал, ты знаешь. Ia doúmal, ty znáiech’. | imperfectif | je le croyais, et je me trompais |
| Я подумал, что это шутка. Ia podoúmal, tchto èto choútka. | perfectif | l’idée m’est venue à ce moment-là |
| Не думай об этом. Nie doúmaï ob ètom. | imperfectif | à l’impératif nié : n’y pense plus |
| Подумай об этом. Podoúmaï ob ètom. | perfectif | à l’impératif : prends le temps d’y réfléchir |
La troisième ligne est une phrase de tous les jours, et elle surprend le francophone, qui attendrait un imparfait dans la subordonnée : « je croyais que tu savais ». Le russe garde le présent, знаешь, parce que la subordonnée reproduit la pensée telle qu’elle était au moment où on l’avait. Retenez la phrase entière, et retenez avec elle sa contrepartie, Я так и думал Ia tak i doúmal, « c’est bien ce que je pensais », que l’on prononce quand la suite vous a donné raison.
D’autres préfixes s’attachent au même radical, et ils ne fabriquent pas des perfectifs de думать : ils fabriquent des verbes nouveaux, chacun avec son propre imperfectif en -ывать. Le francophone les rencontre vite, car ils couvrent des emplois que notre verbe « penser » assure seul, ou que le français confie à des verbes sans parenté avec lui.
| Perfectif | Imperfectif | Sens | Exemple |
|---|---|---|---|
| передумать pieriedoúmat’ | передумывать | changer d’avis | Я передумал. — J’ai changé d’avis (dit par un homme). |
| придумать pridoúmat’ | придумывать | inventer, trouver une idée | Придумай что-нибудь! — Trouve quelque chose ! |
| обдумать obdoúmat’ | обдумывать | examiner à fond, peser | Мне нужно обдумать ваше предложение. — Il me faut étudier votre proposition. |
| задуматься zadoúmat’sia | задумываться | devenir songeur, se mettre à réfléchir | Он задумался. — Il est devenu pensif. |
Le premier de ces verbes est traité avec les autres façons de dire le changement, à la page changer, en russe : on ne change pas d’avis avec le verbe du changement, mais avec celui de la pensée. Le dernier mérite un mot, car il est pronominal et dit un état qui s’installe : Он задумался décrit quelqu’un dont le regard se perd, que la pensée a pris. Suivi de о et du prépositionnel, il invite à une réflexion grave : Задумайтесь об этом Zadoúmaïties’ ob ètom, « réfléchissez-y sérieusement ».
Choisissez la forme ou la construction qui convient. Touchez une réponse, puis Correction.
Le premier sens de ce verbe est concret : считать, c’est compter, qu’il s’agisse de l’argent, des jours ou des invités. Она считает деньги Oná stchitáiet dién’gui, « elle compte l’argent ». Le sens figuré s’en déduit sans effort : on a pesé les éléments, on a fait le compte, et l’on énonce le résultat. C’est pourquoi le verbe de l’estimation est, en russe, celui de l’arithmétique, un peu comme le français « compter » glisse vers le jugement dans « je le compte parmi mes amis ».
Un mot de prononciation, qui évite une surprise à l’écoute. Le groupe сч ne se lit pas lettre à lettre : il se prononce comme щ, et l’on entend « chtchitát’ ». Ce phénomène, qui touche aussi счастье et счёт, est décrit à la page les consonnes qui s’assimilent. Pour le reste, le verbe est parfaitement régulier : première conjugaison, а conservé devant la désinence, accent fixe sur ce même а.
| Personne | Forme | Transcription | Exemple |
|---|---|---|---|
| я | считаю | stchitáiou | Я считаю, что ты прав. — J’estime que tu as raison. |
| ты | считаешь | stchitáiech’ | Ты считаешь меня дураком? — Tu me prends pour un imbécile ? |
| он, она | считает | stchitáiet | Она считает деньги. — Elle compte l’argent. |
| мы | считаем | stchitáiem | Мы считаем этот вопрос важным. — Nous jugeons cette question importante. |
| вы | считаете | stchitáietie | Вы считаете, это нормально? — Vous trouvez cela normal ? |
| они | считают | stchitáiout | Они считают его гением. — Ils le tiennent pour un génie. |
Le passé est tout aussi régulier, считал, считала, считали stchitál, stchitála, stchitáli, et il s’accorde comme les autres avec le genre et le nombre du sujet.
Entre я думаю, что et я считаю, что, la grammaire est la même ; c’est la posture qui change. Le premier propose une opinion, le second la revendique. Celui qui dit я считаю a réfléchi, il a son idée, et il est prêt à la défendre : c’est le verbe des débats, des réunions, des désaccords. Dans une conversation courtoise où vous contredisez quelqu’un, il peut donc paraître un peu raide, et l’on préfère alors я думаю ou une tournure plus prudente encore, comme celles que nous verrons à la fin de cette page.
La dernière ligne double la question как вы думаете, et la nuance est la même : on sollicite non plus une impression, mais une opinion réfléchie, celle d’un spécialiste ou d’un responsable. On l’entend beaucoup dans les entretiens et à la radio. La troisième, avec son а initial, est la manière ordinaire d’opposer son avis à celui qui vient d’être exprimé.
Voici la construction qui fait la vraie originalité de ce verbe. Pour dire que l’on tient quelqu’un pour un ami, une idée pour une erreur, une question pour importante, le russe met ce que l’on juge à l’accusatif, puis ce que l’on en pense à l’instrumental, sans aucun mot entre les deux. Le « comme » du français, le « pour » de « tenir pour », n’ont pas d’équivalent : c’est le cas qui fait tout le travail, celui que décrit la page l’instrumental.
| Ce que l’on juge | Ce qu’on en pense | La phrase russe | Français |
|---|---|---|---|
| его | другом droúgom | Я считаю его другом. | Je le considère comme un ami. |
| её | сестрой siestróï | Я считаю её сестрой. | Je la considère comme ma sœur. |
| этот фильм | шедевром chediévrom | Многие считают этот фильм шедевром. | Beaucoup tiennent ce film pour un chef-d’œuvre. |
| это | ошибкой ochíbkoï | Я считаю это ошибкой. | Je tiens cela pour une erreur. |
| этот вопрос | важным vájnym | Мы считаем этот вопрос важным. | Nous jugeons cette question importante. |
| себя | счастливым человеком stchastlívym tcheloviékom | Он считает себя счастливым человеком. | Il s’estime heureux. |
Trois observations. D’abord, le francophone est tenté de traduire « comme » par как ; c’est une faute nette, et l’on ne dit pas Я считаю его как друга. Ensuite, l’instrumental vaut aussi pour les adjectifs, qui s’accordent en genre et en nombre avec ce qu’ils qualifient : важным pour une question au masculin, важной pour une chose au féminin, важными au pluriel. Enfin, quand la personne jugée est désignée par un nom masculin animé, l’accusatif prend la forme du génitif : Я считаю брата лучшим другом Ia stchitáiou bráta loútchchim droúgom, « je considère mon frère comme mon meilleur ami ».
Un tour figé complète la série : считать нужным, « juger utile, estimer nécessaire », suivi d’un infinitif. L’adjectif y reste à l’instrumental singulier, et l’infinitif suit sans préposition ni conjonction. On le rencontre surtout à la forme négative, pour reprocher à quelqu’un ce qu’il n’a pas jugé bon de faire.
Ajoutez le suffixe -ся, et la phrase se retourne. Ce n’est plus quelqu’un qui juge : la personne ou la chose jugée devient sujet, et le jugement reste à l’instrumental. Le tour correspond à nos « passer pour », « être réputé », « être considéré comme », et il sert à rapporter l’opinion commune sans dire qui la porte. Le mécanisme, qui vaut pour bien d’autres verbes, est présenté à la page les verbes pronominaux.
Le même verbe pronominal a un second sens, sans rapport apparent avec le premier : suivi de с et de l’instrumental, il signifie « tenir compte de », « avoir des égards pour ». On compte avec quelqu’un, en somme, comme le français dit parfois « il faut compter avec lui ».
Au sens de compter, le verbe a deux perfectifs d’usage courant, посчитать et сосчитать, qui désignent l’opération menée jusqu’au résultat : Сосчитай до десяти Sostchitáï do diessiatí, « compte jusqu’à dix ». Au sens de juger, la question se pose moins, car une opinion est un état et l’imperfectif suffit presque toujours. Quand il faut tout de même dire un jugement porté à un moment précis, la conversation emploie посчитать, et la langue écrite счесть, dont le passé surprend : счёл au masculin, сочла au féminin, сочли au pluriel.
Complétez chaque phrase. Demandez-vous d’abord ce que l’on juge, puis à quel cas se met le jugement.
Верить appartient à la seconde conjugaison, celle des désinences en -и-. Son radical ne connaît aucune alternance, et l’accent reste sur la première syllabe à toutes les formes. Le paradigme se retient donc sans peine, et la difficulté est ailleurs : dans les trois constructions du verbe, qui correspondent à trois manières de croire.
| Personne | Forme | Transcription | Exemple |
|---|---|---|---|
| я | верю | viériou | Я тебе верю. — Je te crois. |
| ты | веришь | viérich’ | Ты веришь в приметы? — Tu crois aux présages ? |
| он, она | верит | viérit | Он верит каждому слову. — Il croit chaque mot. |
| мы | верим | viérim | Мы верим в успех. — Nous croyons au succès. |
| вы | верите | viéritie | Вы верите в Бога? — Croyez-vous en Dieu ? |
| они | верят | viériat | Они не верят своим глазам. — Ils n’en croient pas leurs yeux. |
Le passé, верил, верила, верили viéril, viérila, viérili, ne pose pas davantage de problème. Le verbe a un perfectif, поверить, dont il sera question plus bas.
La première met au datif la personne que l’on croit, ou les paroles que l’on accepte. Le français emploie ici un complément direct, « je te crois », « il croit le médecin », et c’est précisément ce qui trompe le francophone. Les verbes qui se construisent ainsi sont rassemblés à la page les verbes et leurs cas ; retenez pour cette page que верить en fait partie, et que le datif y désigne une source dont on accepte le témoignage : une personne, ses paroles, un journal, ses propres yeux.
La deuxième construction emploie la préposition в suivie de l’accusatif. Elle ne porte plus sur une parole, mais sur l’existence ou sur la valeur de quelque chose : on croit en Dieu, aux fantômes, au progrès, en ses propres forces, en l’avenir d’un enfant. C’est la croyance au sens fort, celle qui engage une vision du monde ou une confiance profonde.
La troisième, enfin, introduit une proposition par что. Elle dit une foi ou un espoir qui porte sur un fait, presque toujours à venir, et elle a quelque chose de solennel : celui qui la prononce ne suppose pas, il affirme sa confiance.
| Construction | Phrase | Ce qu’elle dit |
|---|---|---|
| datif | Мать верит сыну. Mat’ viérit sýnou. | elle accepte ce que lui dit son fils |
| в et l’accusatif | Мать верит в сына. Mat’ viérit v sýna. | elle a confiance dans ce dont il est capable |
| что et une proposition | Мать верит, что сын вернётся. Mat’ viérit, tchto syn vierniótsia. | elle a foi en son retour |
Les trois phrases ont le même sujet, le même verbe et le même fils, et elles ne disent pas du tout la même chose. Dans la deuxième, observez la forme сына : après в, l’accusatif d’un nom masculin animé emprunte la forme du génitif, exactement comme le pronom тебя dans я верю в тебя. Dans la troisième, le verbe de la subordonnée est au futur, même si la phrase principale passe au passé : Мать верила, что сын вернётся, « la mère croyait que son fils reviendrait ».
Le perfectif поверить poviérit’ ne dit pas que l’on croit, mais que l’on se met à croire : il désigne le moment où l’on accepte une parole, où l’on se laisse convaincre. Ses formes conjuguées sont des futurs, et son impératif est celui que l’on emploie pour demander qu’on vous fasse confiance.
La deuxième ligne est une formule de conversation qui annonce une nouvelle étonnante, comme notre « tu ne devineras jamais ». La troisième montre une construction fréquente : le verbe au pluriel sans sujet, qui correspond à notre « on ». La dernière, figée, emploie au contraire l’impératif imperfectif, parce qu’elle ne réclame aucun acte : elle laisse l’interlocuteur libre de son état d’esprit. Un dernier tour, impersonnel, mérite d’être reconnu : Не верится Nie viéritsia, « on a peine à y croire », avec la personne au datif s’il faut la nommer : Мне не верится, что лето кончилось, « j’ai du mal à croire que l’été soit fini ».
Le français « faire confiance » a son propre verbe en russe, доверять dovieriát’, de la première conjugaison : доверяю, доверяешь. Il se construit lui aussi avec le datif, mais il ne porte pas sur une parole précise : il dit une confiance durable dans la personne elle-même, dans son honnêteté, sa discrétion, sa compétence. Я тебе верю signifie « je crois ce que tu me dis maintenant » ; Я тебе доверяю, « je sais que je peux compter sur toi ».
La dernière ligne montre le perfectif доверить, qui a pris un sens un peu différent : confier une chose à quelqu’un, avec la chose à l’accusatif et la personne au datif, comme après le verbe « donner ». Notez enfin que le pronom négatif se plie au cas du verbe : celui qui ne croit personne le dit au datif, Я никому не верю.
« Je crois que… » ne se dit presque jamais я верю, что. Dans « je crois qu’il est malade », le français ne professe aucune foi : il avance une supposition. Traduite par верить, la phrase devient étrange, comme si l’on proclamait sa conviction profonde que quelqu’un est souffrant. Le russe dit думать, ou bien une tournure d’impression, ou bien un simple adverbe.
Réservez я верю, что aux phrases où vous pourriez dire, en français, « j’ai la conviction que » ou « j’ai bon espoir que ».
Complétez chaque phrase. Demandez-vous si l’on accepte une parole, si l’on croit en une chose, ou si l’on fait confiance à quelqu’un.
Donner son avis, en russe, revient à choisir un degré sur une échelle. À une extrémité se trouve l’impression, que l’on avance à peine ; à l’autre, la certitude, que l’on affirme. Sur un second axe se joue le registre, de la conversation entre amis à la lettre officielle. Les verbes de cette page occupent chacun une case précise, et quelques tours voisins complètent le tableau.
| Formule | Transcription | Degré et registre |
|---|---|---|
| Мне кажется, он прав. | Mnie kájetsia, on prav. | une impression, la formule la plus prudente |
| По-моему, он прав. | Po-móiemou, on prav. | mon avis, simplement, sur le ton de la conversation |
| Я думаю, что он прав. | Ia doúmaiou, tchto on prav. | une opinion modeste, la plus courante |
| Я считаю, что он прав. | Ia stchitáiou, tchto on prav. | une position que l’on défend |
| Я уверен, что он прав. | Ia ouviérien, tchto on prav. | une certitude (dit par un homme) |
| Я уверена, что он прав. | Ia ouviériena, tchto on prav. | une certitude (dit par une femme) |
| Полагаю, что он прав. | Polagáiou, tchto on prav. | une supposition, en registre soutenu |
La première ligne n’est pas un verbe de pensée, mais une tournure impersonnelle : la personne passe au datif et l’opinion lui « paraît », sans qu’elle la prenne tout à fait à son compte. Elle est décrite à la page les phrases sans sujet, et la page consacrée à chercher et trouver montre qu’elle sert aussi à rendre notre « je trouve que ». La cinquième ligne emploie la forme courte d’un adjectif, qui s’accorde avec le sujet comme le ferait un passé : уверен, уверена, уверены. Le fonctionnement de ces formes est exposé à la page la forme courte de l’adjectif.
Pratiquement, retenez ceci : dans une discussion amicale, по-моему et я думаю suffisent à tout ; quand vous voulez ménager quelqu’un, мне кажется adoucit le désaccord ; quand vous voulez au contraire marquer que vous ne céderez pas, я считаю ou я уверен le font entendre sans qu’il soit besoin d’élever la voix.
Полагать est un verbe régulier de la première conjugaison, полагаю, полагаешь, полагает, dont on emploie surtout, en pratique, la première personne. Il appartient à la langue soignée : on le lit dans les lettres, on l’entend dans les réunions, les plaidoiries, les déclarations. Dans la bouche d’un ami, il prend vite une couleur ironique ou cérémonieuse, comme notre « je présume ». Il n’a pas de perfectif dans ce sens.
Son voisin предполагать priedpolagát’, perfectif предположить priedpolojít’, dit une hypothèse : on suppose, sans affirmer. Il fournit une formule très commode pour raisonner, предположим, « admettons », « supposons ».
Le même radical a donné un tour impersonnel d’usage quotidien, полагается, qui ne parle plus d’opinion mais de convenance ou de droit : Так полагается Tak polagáietsia, « c’est l’usage » ; Вам полагается скидка Vam polagáietsia skídka, « vous avez droit à une réduction ». L’expression как полагается signifie, elle, « comme il se doit ».
Un dernier verbe se rencontre surtout à l’écrit. Мыслить mýslit’ ne désigne ni une opinion ni une rêverie, mais l’activité intellectuelle elle-même, la capacité de raisonner : Он мыслит логически On mýslit loguítcheski, « il raisonne avec logique ». C’est le verbe des philosophes et des pédagogues ; dans la conversation, vous ne l’emploierez presque jamais, mais vous reconnaîtrez son nom, мысль mysl’, « la pensée, l’idée », qui est très courant.
D’abord la question qui précède le verbe. L’esprit réfléchit-il, juge-t-il ou fait-il confiance ? Réfléchir, songer à quelqu’un, avancer un avis modeste : думать. Prononcer un jugement, classer une personne ou une chose : считать. Accepter une parole, croire en une valeur, affirmer un espoir : верить. Écrire une lettre officielle : полагать.
Ensuite les constructions, qui ne se calquent pas sur le français. On pense « sur » quelqu’un, avec о et le prépositionnel. On considère quelqu’un sans « comme » : l’accusatif, puis l’instrumental. On croit une personne au datif, et l’on croit en elle avec в et l’accusatif. On lui fait confiance avec доверять, encore au datif.
Puis les perfectifs. Подумать découpe un moment de réflexion, d’où я подумаю ; поверить marque l’instant où l’on se laisse convaincre, d’où поверь мне. Au passé, я думал vaut souvent « je croyais », avec la surprise de s’être trompé.
Enfin le ton. Entre мне кажется et я уверен, la langue offre une échelle complète ; entre по-моему et полагаю, une gamme de registres. Le francophone qui retient seulement que « je crois que » se dit я думаю a déjà évité la faute la plus répandue.
Le bon verbe doit venir avant la traduction. Comprendre que « je crois que » se dit я думаю prend une minute ; le dire spontanément, sans laisser échapper le верю que souffle le français, demande de nombreuses répétitions à voix haute. C’est exactement ce que travaille notre cours de russe, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes : on écoute, on répète, et la tournure juste finit par précéder la traduction. La méthode LIMBA se suit sur la plateforme web comme dans nos applications. Écoutez la première leçon aujourd’hui, sans trop y penser.
Tous les verbes de la page sont en jeu. Demandez-vous si l’esprit réfléchit, juge, croit, fait confiance, ou s’il s’agit d’autre chose.
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La grammaire est la même, la posture diffère. Я думаю, что… propose une opinion modeste, comme notre « je pense que ». Я считаю, что… présente un jugement pesé, que l’on assume et que l’on est prêt à défendre : c’est « j’estime que ». Dans une discussion courtoise où l’on contredit quelqu’un, le premier passe mieux.
Presque toujours par думать : Я думаю, что он прав, ou, plus prudemment, Мне кажется, он прав. Le verbe верить, что ne convient que lorsque l’on affirme une foi ou un espoir ferme : Я верю, что всё будет хорошо. Dire я верю, что он болен reviendrait à proclamer une conviction profonde là où l’on avance une simple supposition.
Avec la préposition о suivie du prépositionnel, jamais avec le datif : Я думаю о тебе Ia doúmaiou o tiebié, « je pense à toi ». La préposition devient об devant а, о, у, э ou и, об этом, et обо devant мне. La même construction rend « penser de » : Что ты думаешь об этом фильме?, « que penses-tu de ce film ? ».
C’est la manière ordinaire de demander un avis, l’équivalent de « qu’en penses-tu ? » ou « à ton avis ? » : Как вы думаете, он придёт?, « à votre avis, viendra-t-il ? ». Mot à mot, la question dit « comment penses-tu ». Что ты думаешь s’emploie plutôt quand l’objet est nommé, avec о : Что ты думаешь об этом?
Quand la réflexion a des bords : un moment de pensée, avec un début et une fin, ou une pensée qui surgit à un instant précis. D’où Я подумаю, « j’y réfléchirai », qui est un futur, et Подумай хорошенько, « réfléchis bien ». Au passé, Я подумал, что это шутка dit que l’idée est venue à ce moment-là ; Я долго думал dit une réflexion qui a duré.
Parce que l’imperfectif décrit un état d’esprit qui a duré, et que, suivi d’une subordonnée, il annonce souvent une opinion que la suite a démentie : Я думал, ты знаешь, « je croyais que tu savais ». La subordonnée garde le présent, знаешь, car le russe ne pratique pas la concordance des temps. La phrase inverse, quand on avait vu juste, est Я так и думал, « c’est bien ce que je pensais ».
Avec считать, la chose ou la personne jugée à l’accusatif, et le jugement à l’instrumental, sans aucun mot pour « comme » : Я считаю его другом, « je le considère comme un ami » ; Мы считаем этот вопрос важным, « nous jugeons cette question importante ». Traduire « comme » par как est une faute. Le tour считать нужным, suivi d’un infinitif, signifie « juger utile de ».
Il a deux sens. Suivi de l’instrumental, il signifie « passer pour », « être considéré comme » : Он считается лучшим врачом города, « il passe pour le meilleur médecin de la ville ». Suivi de с et de l’instrumental, il signifie « tenir compte de » : Надо считаться с его мнением, « il faut tenir compte de son avis ».
Avec le datif, Я тебе верю, on accepte ce que l’autre dit : « je te crois ». Avec в et l’accusatif, Я верю в тебя, on a confiance dans ce qu’il vaut ou dans ce qu’il peut accomplir : « je crois en toi ». Une troisième construction, верить, что, exprime une foi ou un espoir portant sur un fait : Я верю, что ты справишься, « j’ai la conviction que tu y arriveras ».
Верить porte sur une parole : Я тебе верю, « je crois ce que tu me dis ». Доверять, imperfectif de la première conjugaison, dit une confiance durable dans la personne elle-même : Я тебе доверяю, « je te fais confiance ». Les deux prennent le datif. Le perfectif доверить signifie « confier » : Я доверил ему ключи, « je lui ai confié les clés ».
Le plus souvent, pas avec думать. « Pense à acheter du pain » signifie « n’oublie pas », et le russe dit exactement cela : Не забудь купить хлеб. En revanche, quand « penser faire » veut dire « envisager de », думать suivi de l’infinitif convient : Мы думаем купить дачу, « nous pensons acheter une maison de campagne ».
Dans la langue soignée : lettres officielles, réunions, déclarations. Полагаю, вы правы équivaut à « je suppose que vous avez raison », dit d’une voix posée. Entre amis, le verbe sonne ironique ou cérémonieux. Son voisin предполагать dit une hypothèse, d’où la formule Предположим, что…, « admettons que… ». Le tour impersonnel полагается parle d’usage ou de droit : Так полагается, « c’est l’usage ».
En choisissant le bon degré sur l’échelle. Мне кажется, « il me semble », présente une simple impression ; по-моему, « à mon avis », reste léger et familier ; я думаю est l’opinion modeste par excellence. Pour marquer au contraire une position ferme, on dit я считаю, ou я уверен et я уверена selon que l’on est un homme ou une femme.
Le groupe сч se prononce comme щ : on entend « chtchitát’ », avec l’accent sur le а de la deuxième syllabe, qui ne bouge pas dans la conjugaison. Le verbe est régulier, считаю, считаешь, считают. Au sens de compter, ses perfectifs sont посчитать et сосчитать ; au sens de juger, la langue écrite emploie счесть, au passé счёл, сочла, сочли.
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