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Le français dit « quand » et laisse les temps du verbe faire le reste. Le russe en demande davantage : la plupart des conjonctions de temps appellent un aspect, et le futur revient dès que le fait est à venir. Un petit не, celui de пока не, suffit même à changer « pendant que » en « jusqu’à ce que », sans rien nier.
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Pour situer un fait par rapport à un autre, le français dispose de « quand », « pendant que », « tant que », « jusqu’à ce que », « dès que », « à peine… que » et « depuis que ». Le russe a ses équivalents, et la traduction mot à mot pose peu de problèmes. La difficulté est ailleurs : chaque conjonction impose ou suggère un aspect, le temps du verbe suit le fait et non l’habitude française, et certaines locutions se coupent d’une virgule là où d’autres restent soudées.
La première porte sur le rapport entre les deux faits. Se suivent-ils, le second attendant la fin du premier ? Se chevauchent-ils, l’un servant de cadre à l’autre ? L’un marque-t-il le terme de l’autre, ou son point de départ ? Le russe répond à la fois par la conjonction et par l’aspect du verbe, et les deux doivent dire la même chose.
La deuxième porte sur l’époque. Le fait appartient-il au passé, à l’avenir, ou à une habitude qui se répète ? Le russe met le verbe de la subordonnée au temps du fait lui-même : au passé s’il a eu lieu, au futur s’il est à venir, au présent s’il se répète encore aujourd’hui. Le principe, qui vaut pour toutes les subordonnées, est exposé à la page pas de concordance des temps ; la formation des deux futurs qu’il réclame, à la page les deux futurs.
La troisième porte sur le registre. Когда et пока conviennent partout. Едва, лишь только, в то время как et по мере того как appartiennent plutôt à l’écrit et à la langue soignée. À l’autre bout, как employé seul au sens de « dès que » relève de la conversation familière.
Voici les phrases françaises les plus courantes, et l’outil que le russe choisit pour chacune. La troisième colonne donne la raison du choix : c’est elle qu’il faut retenir.
| En français je dis | En russe je choisis | Pourquoi | La phrase russe |
|---|---|---|---|
| Quand nous sommes arrivés à la gare, le train était déjà parti. | когда et un perfectif | pas de plus-que-parfait : уже et l’aspect suffisent | Когда мы приехали на вокзал, поезд уже ушёл. Kogdá my priiékhali na vokzál, póiezd oujé ouchól. |
| Quand tu auras fini, montre-moi. | когда et le futur perfectif | pas de futur antérieur : le perfectif marque l’achèvement | Когда закончишь, покажи мне. Kogdá zakóntchich’, pokají mnie. |
| Quand il pleut, je reste à la maison. | когда et le présent | une habitude : le présent, comme en français | Когда идёт дождь, я сижу дома. Kogdá idiót dojd’, ia sijoú dóma. |
| Pendant que je dormais, il a neigé. | пока et un imperfectif | un cadre qui dure, traversé par un événement | Пока я спал, выпал снег. Poká ia spal, výpal snieg. |
| Tant que tu es là, je suis tranquille. | пока | un état qui dure, et la limite de sa durée | Пока ты здесь, я спокоен. Poká ty zdies’, ia spokóien. (dit par un homme) |
| Attends que l’eau se mette à bouillir. | пока не et un perfectif | le terme de l’attente ; le не ne nie rien | Подожди, пока вода не закипит. Podojdí, poká vodá nie zakipít. |
| Pars avant qu’il ne soit trop tard. | пока не et un état | tant que ce n’est pas le cas : ici le не nie vraiment | Уходи, пока не поздно. Oukhodí, poká nie pózdno. |
| Dès que l’enfant a vu sa mère, il s’est mis à pleurer. | как только et un perfectif | le second fait suit aussitôt le premier | Как только ребёнок увидел маму, он заплакал. Kak tól’ko riebiónok ouvídiel mámou, on zaplákal. |
| À peine était-il entré que le téléphone a sonné. | не успел…, как | une succession si rapide qu’elle surprend | Не успел он войти, как зазвонил телефон. Nie ouspiél on voïtí, kak zazvoníl tieliefón. |
| À peine le soleil s’était-il levé que nous nous sommes mis en route. | едва | le même rapport, dans le style du récit écrit | Едва взошло солнце, мы отправились в путь. Iedvá vzochló sólntse, my otprávilis’ v pout’. |
| Depuis qu’il a déménagé, nous ne nous voyons presque plus. | с тех пор как | un point de départ, et une situation qui dure depuis | С тех пор как он переехал, мы почти не видимся. S tiekh por kak on pieriiékhal, my potchtí nie vídimsia. |
| Chaque fois que je le vois, il me demande de l’argent. | каждый раз, когда | une répétition : le présent imperfectif | Каждый раз, когда я его вижу, он просит у меня денег. Kájdyï raz, kogdá ia iegó víjou, on próssit ou mieniá diénieg. |
| Ce n’est qu’une fois qu’il est parti que j’ai compris combien il m’était cher. | только когда | le moment, et lui seul, mis en relief | Только когда он уехал, я понял, как он мне дорог. Tól’ko kogdá on ouiékhal, ia pónial, kak on mnie dórog. |
| Il travaille, tandis que son frère se repose. | в то время как | deux faits simultanés qui s’opposent ; registre écrit | Он работает, в то время как его брат отдыхает. On rabótaiet, v to vriémia kak iegó brat otdykháiet. |
| Au fur et à mesure que la nuit tombait, la rue se vidait. | по мере того как | deux évolutions qui avancent ensemble | По мере того как темнело, улица пустела. Po miérie togó kak tiemniélo, oúlitsa poustiéla. |
Ce tableau laisse de côté quatre locutions qui situent un fait avant ou après un autre : после того как, до того как, перед тем как et прежде чем. Elles ont leur propre page, avant et après, qui traite aussi du piège de l’infinitif après после того как. Quant à la règle générale qui sépare toute subordonnée de sa principale par une virgule, elle est posée à la page les subordonnées.
Когда kogdá traduit « quand » et « lorsque », sans nuance de registre. C’est une conjonction très souple : elle accepte les deux aspects, les trois temps, la place en tête comme la place après la principale. Mais comme когда ne dit pas lui-même si les faits se suivent ou se chevauchent, c’est l’aspect des verbes qui le dit.
Le principe est posé à la page l’aspect au futur : après когда, un fait à venir se met au futur, et le futur perfectif marque une action achevée avant l’autre, là où le français emploie un futur antérieur. Mais когда accepte aussi le futur imperfectif, et le sens change alors du tout au tout.
Le premier futur décrit un passage en train de se faire, pendant lequel on agit : les deux actions se chevauchent. Le second décrit un passage terminé, après lequel on agit : elles se suivent. Le français dit les deux avec « quand tu passeras », ou même avec un présent, « quand tu passes devant la pharmacie » ; le russe, lui, met le futur, et il ne laisse pas le choix de l’aspect au hasard.
La conversation va parfois plus loin et supprime la conjonction. Un futur suivi d’un tiret tient alors lieu de toute la subordonnée : Будешь в Москве — заходи! Boúdiech’ v Moskvié — zakhodí !, « si tu passes par Moscou, viens nous voir ». Le tour est familier et très vivant ; dans un texte soigné, on revient à когда.
Quand la subordonnée décrit ce qui se répète, le présent reprend ses droits, en russe comme en français. Le verbe est alors d’ordinaire imperfectif, puisque la forme non passée d’un perfectif a valeur de futur. Au passé, l’habitude passe à l’imparfait français, et à l’imperfectif russe.
C’est au passé que когда demande le plus d’attention, parce que le français y dispose de plusieurs temps — passé composé ou passé simple, imparfait, plus-que-parfait, passé antérieur — et le russe d’un seul. L’aspect du verbe de chaque proposition fait tout le travail, et les deux aspects se combinent de quatre façons.
| Subordonnée et principale | Ce que la phrase dit | Exemple |
|---|---|---|
| perfectif, perfectif | deux faits qui se suivent | Когда он закончил доклад, все зааплодировали. Kogdá on zakóntchil doklád, vsie zaaplodírovali. — Quand il eut fini son exposé, tout le monde applaudit. |
| imperfectif, perfectif | un événement survient dans un cadre qui dure | Когда он делал доклад, в зале погас свет. Kogdá on diélal doklád, v zálie pogás sviet. — Pendant qu’il faisait son exposé, la lumière s’est éteinte dans la salle. |
| imperfectif, imperfectif | deux actions qui durent ensemble | Когда он делал доклад, все слушали молча. Kogdá on diélal doklád, vsie sloúchali móltcha. — Pendant qu’il faisait son exposé, tout le monde écoutait en silence. |
| perfectif, imperfectif | un événement trouve un état déjà installé | Когда мы вернулись, дети уже спали. Kogdá my viernoúlis’, diéti oujé spáli. — Quand nous sommes rentrés, les enfants dormaient déjà. |
La première ligne montre ce que devient le passé antérieur : un perfectif ordinaire, que la logique de la phrase place avant l’autre. La quatrième montre ce que devient l’imparfait de décor : un imperfectif dans la principale, qu’уже rattache à ce qui précédait l’arrivée. Et le plus-que-parfait de notre tableau de décision, « le train était déjà parti », se rend par un perfectif accompagné d’уже. Le partage entre décor et événement est le même que dans une phrase simple ; la page l’aspect au passé le décrit pour une proposition seule.
Dans un passé qui se répète, la succession ne protège pas le perfectif : chaque arrivée précède bien chaque cadeau, et pourtant les deux verbes passent d’ordinaire à l’imperfectif, parce que la série entière est une habitude.
Pour souligner la répétition, le russe ouvre la phrase par каждый раз, когда ou par sa variante un peu plus soutenue всякий раз, когда, avec une virgule entre раз et когда. Et si l’on veut dire « à quelque moment que ce soit », il existe un moule à part, когда бы ни, décrit à la page quoi qu’il arrive.
La principale peut annoncer la subordonnée par l’adverbe тогда togdá, « alors, à ce moment-là ». Le moment devient alors le centre de la phrase, et la virgule passe entre тогда, qui appartient à la principale, et когда, qui ouvre la subordonnée. Précédé de только, le tour traduit « ne… que quand ».
En tête de phrase, только когда suffit, comme dans le tableau de décision. Ne le confondez pas avec как только, « dès que », qui partage avec lui le mot только mais dit presque l’inverse : l’un retarde le second fait jusqu’au premier, l’autre l’y précipite.
Un dernier emploi renverse l’ordre attendu. Le français dit « nous allions partir quand le téléphone a sonné » : la subordonnée, placée après, apporte l’événement qui interrompt. Le russe fait de même, avec когда ou, dans un récit, avec как вдруг, « quand soudain ».
Trois когда qui ne sont pas des conjonctions de temps. Le même mot sert de question, Когда ты вернёшься? Kogdá ty viernióch’sia ?, « quand rentreras-tu ? » ; de charnière d’une question rapportée, Я не знаю, когда он вернётся Ia nie znáiou, kogdá on vierniótsia, « je ne sais pas quand il rentrera » ; et de relatif après un nom de temps, comme dans « le jour où », emploi traité à la page les relatives en который. Dans les trois cas, un fait à venir se met au futur, comme dans une phrase simple.
Choisissez la forme verbale, la ponctuation ou le mot qu’appelle chaque phrase construite avec когда ou, dans un récit, avec как вдруг. La glose française précise le rapport entre les deux faits. Touchez une réponse, puis Correction.
Пока poká pose un cadre qui dure, et situe un autre fait à l’intérieur. Le verbe de la subordonnée est donc imperfectif, puisqu’il décrit une action ou un état saisi dans sa durée. Le verbe principal, lui, reste libre : imperfectif si les deux actions durent ensemble, perfectif si un événement survient pendant ce temps-là.
Par rapport à когда, пока insiste sur la durée du cadre et sur sa limite : ce qui se passe se passe tant que le cadre tient. C’est pourquoi il traduit aussi « tant que », surtout devant un état, un adjectif ou une forme de быть. Au futur, le cadre prend le futur imperfectif, comme le montre la page de l’aspect au futur citée plus haut.
La conversation connaît un emploi de пока suivi d’un futur perfectif, sans не. Il ne dit plus « pendant que », mais « le temps que » : le temps que la première action s’achève, la seconde aura déjà eu lieu.
Пока hors des subordonnées. Le même mot sert d’adverbe, « pour l’instant » : Пока всё спокойно Poká vsio spokóïno, « pour l’instant tout est calme » ; la forme пока что appartient à la conversation. Il sert aussi de formule d’adieu familière : Пока!, « salut, à plus tard ». Enfin, si le cadre n’est pas une proposition mais un nom, la conjonction cède la place à une préposition : « pendant le cours » se dit во время урока vo vriémia ouróka, avec le génitif.
Ajoutez не devant le verbe, et la phrase change de sens. Пока не ne pose plus un cadre : il marque le terme d’une action qui dure jusqu’à lui. Le verbe qui suit est perfectif, puisqu’il désigne un point d’arrivée, et il prend le temps du fait : le futur si ce terme est à venir, le passé s’il est atteint.
Trois remarques de forme. Le sujet, quand il précède le verbe, se glisse entre пока et не ; la particule, elle, reste collée au verbe : пока я не скажу, mais aussi пока не пришёл автобус. Le verbe быть, qui n’a pas de perfectif, prend son futur ordinaire devant une forme courte comme готово, et l’ensemble désigne alors un état atteint. Enfin, là où le français passe au subjonctif, « jusqu’à ce que tout soit prêt », le russe garde l’indicatif, au futur.
Pour insister sur la durée de ce qui précède le terme, le russe déploie la conjonction en до тех пор, пока, « jusqu’au moment où ». Après la principale, la virgule se place d’ordinaire entre les deux parties, devant пока.
Une précision d’usage, pour finir. Après un verbe d’attente, la langue parlée laisse parfois tomber le не : Подождём, пока он вернётся Podojdióm, poká on vierniótsia, « attendons qu’il revienne ». La phrase garde le même sens et l’usage l’admet ; la forme avec не reste celle qui ne prête à aucune discussion.
Le не qui ne nie rien est celui du terme. Devant un imperfectif ou un état, et parfois même devant un perfectif, il redevient une négation ordinaire, et пока не se lit alors mot à mot : « tant que… ne… pas ».
La seconde phrase emploie la même forme que Мы гуляли, пока не стемнело, vue plus haut, avec le sens inverse. Dans la promenade, la nuit marque la fin d’une action qui a duré jusqu’à elle. Dans le retour, la nuit n’est pas encore là : le passé perfectif y décrit un fait qui ne s’est pas encore produit, et le tour, bien vivant à l’oral, équivaut au français « avant que ». Pour trancher, regardez le verbe principal. S’il dure jusqu’au moment visé, comme attendre, rester ou se promener, пока не en marque le terme. S’il s’agit d’agir avant ce moment, comme partir, rentrer ou se dépêcher, le не nie pour de bon. La formule figée пока не поздно, « tant qu’il n’est pas trop tard », relève de ce second cas.
Choisissez la forme verbale ou le mot qui convient avec пока et пока не. La glose dit si les actions se chevauchent ou si l’une marque le terme de l’autre.
Как только kak tól’ko traduit « dès que », « aussitôt que ». Il dit que le second fait suit le premier sans délai, ce qui suppose un premier fait achevé : le verbe de la subordonnée est le plus souvent perfectif, au passé dans un récit, au futur pour un projet. La principale reçoit volontiers сразу srázou ou тут же tout je, qui redisent l’immédiateté.
L’imperfectif revient quand l’enchaînement se répète. Le présent dit alors une habitude, que le français marque souvent d’un « chaque fois ».
La locution ne se coupe pas : la virgule se place devant как только quand la subordonnée suit la principale, et à la fin de la subordonnée quand celle-ci ouvre la phrase. Deux variantes changent le registre. Как seul, au même sens, appartient à la conversation familière : Как приедешь, позвони Kak priiédiech’, pozvoní, « dès que tu arrives, appelle ». Лишь только lich’ tól’ko, à l’inverse, est livresque : Лишь только рассвело, рыбаки вышли в море Lich’ tól’ko rassvieló, rybakí výchli v mórie, « dès que le jour se leva, les pêcheurs prirent la mer ».
Едва iedvá est d’abord un adverbe qui signifie « à peine », et c’est de là que vient son emploi de conjonction. Il prend quatre formes, que la construction distingue.
| Emploi | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| conjonction, en tête d’une subordonnée | à peine… que, dès que | Едва мы вышли из дома, как пошёл дождь. Iedvá my výchli iz dóma, kak pochól dojd’. — À peine étions-nous sortis que la pluie s’est mise à tomber. |
| adverbe, devant un verbe | à peine, de justesse | Он едва успел на поезд. On iedvá ouspiél na póiezd. — Il a eu son train de justesse. |
| едва ли | il est peu probable que | Он едва ли придёт. On iedvá li pridiót. — Il y a peu de chances qu’il vienne. |
| едва не | faillir, manquer de | Он едва не упал. On iedvá nie oupál. — Il a failli tomber. |
Comme conjonction, едва appartient surtout au récit écrit. Il prend d’ordinaire un perfectif dans les deux propositions. Placé en tête, il permet à la principale de s’ouvrir par un как de reprise, précédé d’une virgule ; ce как est facultatif. Il peut aussi suivre la principale, sans как : Поезд тронулся, едва мы сели Póiezd trónoulsia, iedvá my siéli, « le train s’est ébranlé à peine étions-nous assis ». Le dernier emploi du tableau est le plus traître : едва не ne nie rien, il dit qu’une chose a été tout près d’arriver et n’est pas arrivée.
Le français « à peine… que » exprime une succession si rapide qu’elle surprend. Le russe a pour cela plusieurs tours, qui se distinguent surtout par le registre. Dans tous, les deux verbes sont d’ordinaire perfectifs, et la seconde partie s’ouvre par как, après une virgule, ce как restant facultatif après едва.
| Tournure | Registre | Construction | Exemple |
|---|---|---|---|
| едва…, (как) | récit écrit | verbe conjugué | Едва она открыла дверь, как собака бросилась ей навстречу. Iedvá oná otkrýla dvier’, kak sobáka brossílas’ ieï navstriétchou. — À peine avait-elle ouvert la porte que le chien s’est précipité vers elle. |
| не успел…, как | neutre | успеть accordé avec le sujet, et un infinitif | Не успела она положить трубку, как телефон зазвонил снова. Nie ouspiéla oná polojít’ troúbkou, kak tieliefón zazvoníl snóva. — À peine avait-elle raccroché que le téléphone a de nouveau sonné. |
| стоило…, как | neutre | la personne au datif, et un infinitif | Стоило мне сесть за стол, как в дверь позвонили. Stóilo mnie siest’ za stol, kak v dvier’ pozvoníli. — À peine m’étais-je mis à table qu’on a sonné à la porte. |
| только…, как | parlé | verbe conjugué | Только мы сели обедать, как пришли гости. Tól’ko my siéli obiédat’, kak prichlí gósti. — Nous venions à peine de nous mettre à table que les invités sont arrivés. |
Deux de ces tours sont bâtis sur un verbe. Dans не успел…, как, le verbe успеть, « avoir le temps de », s’accorde comme tout passé : не успел он, не успела она, не успели мы. Dans стоило…, как, le verbe reste au neutre et la personne passe au datif ; au présent, стоит…, как décrit une répétition, souvent agaçante : « il suffit que je sorte pour qu’il pleuve ».
La locution se décompose sans peine : с, « depuis », suivi du génitif pluriel тех пор de та пора, « ce temps-là », puis как, qui ouvre la subordonnée. Mot à mot : « depuis ce temps où ». Elle situe un point de départ, et le verbe de la subordonnée est le plus souvent un perfectif au passé, puisque ce point est un événement accompli.
La principale décrit ce qui s’est installé depuis. Le russe y emploie le présent quand la situation dure encore, le passé perfectif quand elle a produit un résultat, un passé nié quand rien ne s’est produit depuis. Le verbe de la subordonnée peut aussi être un présent imperfectif, quand le point de départ est lui-même un état qui dure.
Pour compter le temps écoulé depuis un événement, le russe ouvre la phrase par le verbe пройти, « passer », suivi de la durée, et place alors volontiers la virgule entre с тех пор et как. La conversation dispose d’un tour plus court, sans verbe devant la durée, que le français rend par « cela fait… que ».
Trois voisins à ne pas confondre. Employé seul, с тех пор est un adverbe, « depuis lors » : С тех пор мы не встречались S tiekh por my nie vstrietchális’, « depuis, nous ne nous sommes plus revus ». Pour un point de départ plus précis, le russe remplace тех пор par un nom précédé de того : С того дня, как он уехал, в доме стало тихо S togó dnia, kak on ouiékhal, v dómie stálo tíkho, « depuis le jour de son départ, la maison est devenue silencieuse ». Enfin, « depuis » suivi d’un nom ou d’une durée ne demande aucune conjonction : la préposition с et le génitif pour un point de départ, l’accusatif seul pour une durée, deux constructions exposées à la page combien de temps.
Choisissez la forme verbale, le mot ou la ponctuation qu’appelle chaque phrase construite avec как только, едва, не успел… как, стоило… как ou с тех пор как.
В то время как v to vriémia kak a deux emplois, comme le français « pendant que » et « tandis que ». Le premier est temporel : deux actions se déroulent en même temps, et les verbes sont d’ordinaire imperfectifs. Le russe y emploie пока dans la conversation et réserve в то время как au récit écrit ou à la langue soignée.
Le second emploi oppose deux faits simultanés, et la nuance de temps s’efface presque. La locution suit d’ordinaire la principale, après une virgule, et traduit « tandis que », « alors que ». La conversation dit la même chose avec la conjonction а, décrite à la page coordonner : и, а, но ; l’écrit soutenu dispose aussi de тогда как togdá kak, qui, dans la langue d’aujourd’hui, ne sert guère qu’à l’opposition.
Sans как, le groupe в то время n’est plus une conjonction mais un complément de temps, « à cette époque » : В то время он жил в Ленинграде V to vriémia on jil v Lieningrádie, « à cette époque, il vivait à Léningrad ».
По мере того как po miérie togó kak lie deux évolutions qui avancent du même pas : à chaque progrès de l’une répond un progrès de l’autre. Les deux verbes sont d’ordinaire imperfectifs, puisqu’ils décrivent des processus en cours. La locution appartient plutôt à l’écrit et à la langue soignée ; devant un simple nom, elle se réduit à по мере et au génitif, comme dans по мере необходимости po miérie nieobkhodímosti, « au fur et à mesure des besoins ».
Quand le rapport se dit par deux comparatifs, « plus on monte, plus il fait froid », le russe passe à une autre charpente, чем… тем, qui a sa page : plus… plus : чем… тем.
Une subordonnée de temps se sépare de sa principale par une virgule, qu’elle vienne avant ou après. Pour les locutions de plusieurs mots, reste à savoir si la virgule précède la locution entière ou passe à l’intérieur. Quand la subordonnée ouvre la phrase, la locution reste d’ordinaire soudée. Quand elle suit la principale, la virgule peut passer à l’intérieur, devant как ou пока, et met alors en relief la première partie, qui rejoint la principale.
| Locution | En tête de phrase | Après la principale |
|---|---|---|
| как только | soudée : Как только он позвонил, … | soudée, virgule devant : …, как только сможешь |
| с тех пор как | soudée : С тех пор как он уехал, … | virgule devant le tout, ou devant как ; la coupure est habituelle après прошло… |
| до тех пор пока | soudée, le plus souvent | virgule d’ordinaire devant пока : …до тех пор, пока он не ответит |
| в то время как | soudée | virgule devant le tout, d’ordinaire |
| по мере того как | soudée | virgule devant le tout, ou devant как |
| тогда, когда | тогда reste dans la principale | virgule entre тогда et когда |
| едва…, как, не успел…, как, стоило…, как | virgule devant как, qui ouvre la seconde partie | seul едва se place ainsi, sans как : …, едва мы сели |
Là où deux places sont possibles, la coupure sert l’accent de la phrase. Les autres signes, guillemets, tiret et deux-points, sont rassemblés à la page la ponctuation.
Une dernière ressource appartient à l’écrit. Quand les deux propositions ont le même sujet, une subordonnée de temps se condense souvent en un gérondif : imperfectif pour la simultanéité, perfectif pour l’antériorité. Sa formation et la règle du sujet unique sont exposées à la page les gérondifs.
Deux faits uniques qui se suivent prennent des perfectifs, deux faits qui se chevauchent un imperfectif au moins : когда он закончил pour l’après, когда он делал ou пока он делал pour le pendant.
Un fait à venir se met au futur, dans la subordonnée comme dans la principale ; une habitude présente garde le présent imperfectif.
Пока pose un cadre, пока не un terme : le premier appelle l’imperfectif, le second le perfectif, et son не ne nie rien, sauf quand la phrase veut dire « tant que… ne… pas ».
Un choix qui se fait à l’oreille. Comprendre que « quand tu auras fini » se dit когда закончишь prend une minute. Le dire sans hésiter, au moment de fixer un rendez-vous ou de raconter sa journée, demande d’avoir entendu et répété ces phrases un grand nombre de fois. C’est ce que travaille notre cours de russe, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes, sur la plateforme web comme dans nos applications.
Choisissez la conjonction, la locution ou l’adverbe que réclame chaque situation : la glose française indique le rapport voulu entre les deux faits.
Plus de cent cinquante pages qui se répondent — la mécanique de la langue, les verbes pris un à un, le vocabulaire par thème — avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.
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Par когда kogdá, qui convient à tous les registres et accepte les deux aspects. C’est l’aspect qui précise le sens : Когда он закончил доклад, все зааплодировали raconte une succession, Когда он делал доклад, все слушали молча décrit deux actions simultanées.
Oui, dès que le fait est à venir : Когда закончишь, покажи мне, « quand tu auras fini, montre-moi ». Le présent ne revient que pour une habitude ou une vérité générale : Когда я волнуюсь, я много говорю. Le futur perfectif marque une action achevée avant l’autre, le futur imperfectif une action en cours pendant l’autre.
Par un passé perfectif, souvent accompagné d’уже : Когда мы приехали на вокзал, поезд уже ушёл, « quand nous sommes arrivés à la gare, le train était déjà parti ». Le russe n’a qu’un passé ; l’aspect et la logique de la phrase suffisent à dire ce qui précède.
Когда situe un fait par rapport à un autre sans rien imposer, et accepte les deux aspects. Пока pose un cadre qui dure et demande l’imperfectif : Пока я мыл посуду, дети заснули. Il traduit aussi « tant que » devant un état : Пока погода хорошая, поедем на дачу.
Parce que la locution marque le terme d’une action qui dure, et ce не ne nie rien : Подожди, пока вода не закипит, « attends que l’eau se mette à bouillir ». Le verbe est perfectif, au futur si le terme est à venir, au passé s’il est atteint : Мы гуляли, пока не стемнело.
On l’entend, après un verbe d’attente, et l’usage l’admet : la phrase garde le sens de « attendons qu’il revienne ». La forme avec не, пока он не вернётся, reste celle qui ne prête à aucune discussion, et c’est elle qu’il vaut mieux prendre l’habitude de dire.
« Tant qu’il n’est pas trop tard ». Devant un état comme поздно, ou devant un imperfectif, le не de пока не redevient une vraie négation. Il en va de même dans Давай вернёмся, пока не стемнело, « rentrons tant qu’il ne fait pas encore nuit », où l’on veut agir avant que la nuit arrive.
Par как только, suivi le plus souvent d’un perfectif : Как только получу ответ, сразу вам сообщу. La locution ne se coupe pas. La conversation familière dit aussi как seul, Как приедешь, позвони, et la langue livresque лишь только.
Par не успел…, как, neutre : Не успел он войти, как зазвонил телефон. Le récit écrit emploie едва…, (как), la langue courante aussi стоило…, как, avec la personne au datif : Стоило мне сесть за стол, как в дверь позвонили. Les deux verbes sont d’ordinaire perfectifs.
D’abord « à peine », comme adverbe : Он едва успел на поезд, il a eu son train de justesse. En tête d’une subordonnée, il signifie « à peine… que ». Едва ли veut dire « il est peu probable que », et едва не « faillir » : Он едва не упал, il a failli tomber.
Par с тех пор как, suivi le plus souvent d’un passé perfectif qui marque le point de départ : С тех пор как она вышла на пенсию, она много путешествует. Pour compter le temps écoulé, on dit Прошло пять лет с тех пор, как мы окончили школу. Devant un simple nom, « depuis » se rend par с et le génitif.
Au sens de « pendant que », les deux disent la simultanéité, mais в то время как appartient à l’écrit et à la langue soignée. Il a aussi un sens d’opposition, « tandis que », que пока n’a pas : Брат любит шумные компании, в то время как сестра предпочитает тишину.
En tête de phrase, la locution reste soudée et la virgule vient à la fin de la subordonnée : С тех пор как он уехал, …. Après la principale, la virgule se place devant la locution entière ou devant как, cette coupure mettant le point de départ en relief ; elle est habituelle après прошло…
Par des locutions bâties pour la plupart sur le démonstratif то : до того как, перед тем как et, sans démonstratif, прежде чем pour l’avant, после того как pour l’après. Elles ont leurs propres règles, et notamment le refus de l’infinitif après после того как : là où le français dit « après avoir dîné », le russe veut un verbe conjugué.
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