
Apprenez le russe à votre rythme !
Moins de 0,99 € par leçon !
50 leçons audio · 11 h 39 d’écoute · 14 minutes par leçon
Commande en ligne ; les liens de téléchargement arrivent ensuite par courriel.
Vous écoutez et vous répétez à voix haute ce que vous entendez : les 50 leçons se déroulent toutes de cette façon.
Le cours entier se télécharge en une fois, pour 49 € : je prends le cours complet.
Le français dispose de « quoi que », « qui que », « où que », « quel que soit » et « avoir beau », chacun avec sa syntaxe. Le russe les fabrique tous sur un seul moule : un mot interrogatif, la particule бы, puis ни devant un verbe en -л. Et ce ни, qui a l’air d’une négation, ne nie rien.
Le cours complet de russe se télécharge : 50 leçons audio de 14 minutes, en fichiers MP3, pour un paiement unique de 49 €. Aucun abonnement, rien à résilier. La leçon 1 est plus haut, gratuite et complète.
Le français possède toute une famille de tours pour dire qu’une chose reste vraie quelles que soient les circonstances : « quoi qu’il arrive », « qui que tu sois », « où qu’il aille », « quel que soit le prix », « si tard que tu rentres », « j’ai beau lui expliquer ». Chacun a sa construction, et presque tous réclament le subjonctif. Le russe range cette famille sous un seul moule, qui sert pour la chose, la personne, le lieu, le moment, la qualité et la quantité. Le francophone le comprend en une minute. Il se trompe ensuite sur deux détails, la place d’une petite syllabe et la forme du verbe, puis sur un troisième, plus traître : cette petite syllabe se prononce comme la négation.
Prenons la phrase qui donne son nom à cette page. « Quoi qu’il arrive, appelle-moi » se dit Что бы ни случилось, звони мне Tchto by ni sloutchílos’, zvoní mnie. Démontons-la. Le mot что, « quoi », est l’interrogatif ordinaire ; il désigne ici la chose que l’on refuse de préciser. La particule бы by est celle du conditionnel : elle présente l’événement comme une simple possibilité. Le petit mot ни ni étend cette possibilité à toutes les autres : quel que soit l’événement, la suite ne changera pas. Enfin случилось porte la forme en -л que la particule réclame, la même qu’au passé.
L’ordre de ces pièces est fixe : un mot interrogatif, la particule бы, puis ни, puis le verbe ; une virgule sépare l’ensemble de la principale. Seul le mot interrogatif change d’une phrase à l’autre, et c’est lui qui fait le travail que le français répartit entre des tours différents.
Le français offre ici un repère précieux, que l’on oublie souvent. Il distingue à l’écrit « quoique » en un mot, qui veut dire « bien que », et « quoi que » en deux mots, qui veut dire « quelle que soit la chose que ». Le russe fait exactement le même partage avec d’autres outils. Le « bien que » d’un fait réel se dit хотя, et il a sa page, exprimer la concession ; le « quoi que » de toutes les possibilités se dit что бы ни, et c’est l’objet de celle-ci. Si vous savez hésiter entre « quoique » et « quoi que », vous savez déjà quelle page ouvrir.
Voici, rangées par intention, les phrases françaises où le moule intervient, et quelques-unes qui lui ressemblent sans en relever. La deuxième colonne donne l’outil russe, la troisième dit pourquoi. Avant de traduire, posez-vous toujours la même question : qu’est-ce que la phrase laisse ouvert ?
| En français je dis | En russe je choisis | Pourquoi | La phrase russe |
|---|---|---|---|
| Quoi qu’il arrive, appelle-moi. | что бы ни et случилось | un événement, n’importe lequel | Что бы ни случилось, звони мне. Tchto by ni sloutchílos’, zvoní mnie. |
| Quoi que tu dises, je ne changerai pas d’avis. | что бы ты ни сказал | une parole, quelle qu’elle soit | Что бы ты ни сказал, я не передумаю. Tchto by ty ni skazál, ia nie pieriedoúmaiou. |
| Qui que ce soit qui appelle, je ne suis pas là. | кто бы ни | la personne reste ouverte | Кто бы ни звонил, меня нет дома. Kto by ni zvoníl, mieniá niet dóma. |
| Partout où il a vécu, il s’est fait des amis. | где бы ни | le lieu où l’on se trouve | Где бы он ни жил, он везде находил друзей. Gdie by on ni jil, on viezdié nakhodíl drouziéï. |
| Où que nous allions, maman s’inquiète. | куда бы ни | le lieu où l’on se rend | Куда бы мы ни поехали, мама всегда волнуется. Koudá by my ni poiékhali, máma vsiegdá volnoúietsia. |
| Quel que soit le temps, nous irons nous promener. | какой бы ни | une qualité, accordée au nom | Какой бы ни была погода, мы пойдём гулять. Kakóï by ni bylá pogóda, my poïdióm gouliát’. |
| Si tard que tu rentres, réveille-moi. | как бы, un adverbe, puis ни | un degré | Как бы поздно ты ни вернулся, разбуди меня. Kak by pózdno ty ni viernoúlsia, razboudí mieniá. |
| Chaque fois que j’appelle, c’est occupé. | когда бы ни | le moment, quel qu’il soit | Когда бы я ни позвонил, у него всегда занято. Kogdá by ia ni pozvoníl, ou niegó vsiegdá zániato. |
| Quel que soit le prix du billet, je partirai. | сколько бы ни | une quantité | Сколько бы ни стоил билет, я поеду. Skól’ko by ni stóil biliét, ia poiédou. |
| Il a beau répéter, personne ne l’écoute. | сколько ни, sans бы | un effort réel, constaté | Сколько он ни повторяет, его никто не слушает. Skól’ko on ni povtoriáiet, iegó niktó nie sloúchaiet. |
| On a beau le lui demander, il n’aidera pas. | сколько ни et l’impératif | une règle valable pour tout le monde | Сколько его ни проси, он не поможет. Skól’ko iegó ni prossí, on nie pomójet. |
| Quoi qu’il en soit, c’est à toi de décider. | как бы то ни было | une formule figée qui clôt le débat | Как бы то ни было, решать тебе. Kak by to ni býlo, riechát’ tiebié. |
| N’importe qui peut le faire. | кто угодно | une personne au choix, sans subordonnée | Это может сделать кто угодно. Èto mójet sdiélat’ kto ougódno. |
| Bien qu’il soit fatigué, il travaille. | хотя | un fait réel et unique | Хотя он устал, он работает. Khotiá on oustál, on rabótaiet. |
Les neuf premières lignes suivent toutes le même moule : changez le mot interrogatif, et vous passez de la chose à la personne, du lieu au moment, de la qualité à la quantité. La quatrième et la cinquième séparent deux « où que » que le français confond, le lieu où l’on est et celui où l’on va. La dixième et la onzième perdent la particule бы : ce sont les tours du « avoir beau », examinés plus bas. La douzième est une formule figée. Les deux dernières, enfin, n’appartiennent pas au moule : кто угодно désigne une personne prise au hasard sans ouvrir de subordonnée, et хотя constate un fait unique au lieu de parcourir des possibilités.
Prenons une phrase un peu plus longue, qui fait apparaître toutes les pièces à la fois : О чём бы мы ни говорили, он всё сводит к футболу O tchom by my ni govoríli, on vsio svódit k foutbólou, « quel que soit le sujet de conversation, il ramène tout au football ». Le tableau la découpe dans l’ordre où ses éléments se suivent.
| Pièce | Dans l’exemple | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|
| le mot interrogatif | о чём | en tête, avec sa préposition, au cas que réclame le verbe de la subordonnée |
| la particule бы | бы | d’ordinaire juste après le mot interrogatif |
| le sujet et les compléments | мы | entre бы et ни ; un nom sujet peut aussi suivre le verbe |
| la particule ни | ни | juste devant le verbe ; elle ne nie rien |
| le verbe | говорили | forme en -л, accordée avec le sujet, sans valeur de passé |
| la principale | он всё сводит к футболу | après une virgule ; c’est elle qui situe l’ensemble dans le temps |
La pièce qui coûte le plus est ни. Le francophone, qui pense « quoi que », a tendance à l’accrocher au mot interrogatif, comme il accroche « que » à « quoi ». Le russe la place ailleurs : juste devant le verbe, quel que soit le nombre de mots qui séparent ce verbe du début de la proposition. Tout ce qui précède le verbe — sujet, complément, adverbe — se glisse donc entre бы et ни.
Observez la dernière ligne : le sujet врачи vient après le verbe. C’est l’autre place possible, fréquente quand le sujet est un nom ; elle ne change rien à celle de ни, qui reste collée au verbe. Avec un pronom sujet, l’ordre что бы ты ни сказал est le plus naturel. Retenez la formule : бы suit le mot interrogatif, ни précède le verbe, et le reste se range entre les deux.
Après бы, le verbe prend la forme en -л, la même qu’au passé : c’est la forme que la particule appelle devant un verbe conjugué, comme après если бы, ou après чтобы quand le sujet change. Cette forme s’accorde en genre et en nombre avec le sujet de la subordonnée, selon le mécanisme décrit à la page le passé du verbe, mais elle ne situe rien dans le temps. C’est la principale qui le fait.
| Phrase russe | Transcription | Français |
|---|---|---|
| Что бы он ни говорил, его никто не слушал. | Tchto by on ni govoríl, iegó niktó nie sloúchal. | Quoi qu’il dise, personne ne l’écoutait. |
| Что бы он ни говорил, его никто не слушает. | Tchto by on ni govoríl, iegó niktó nie sloúchaiet. | Quoi qu’il dise, personne ne l’écoute. |
| Что бы он ни говорил, его никто не будет слушать. | Tchto by on ni govoríl, iegó niktó nie boúdiet sloúchat’. | Quoi qu’il dise, personne ne l’écoutera. |
La subordonnée n’a pas bougé d’une lettre ; seul le verbe de la principale change. Le français, lui, doit accorder son subjonctif à l’époque, et hésite entre « quoi qu’il dise » et le littéraire « quoi qu’il dît ». Deux accords méritent un mot. Avec кто, le verbe se met normalement au masculin singulier, même si la réponse pourrait être une femme : Кто бы ни позвонил. Avec что sujet, et dans les tours sans sujet, il se met au neutre : Что бы ни произошло, Как бы ни было холодно.
La subordonnée en -бы ни se sépare de la principale par une virgule, comme toute subordonnée russe ; la règle générale est posée à la page les subordonnées. Insérée au milieu de la phrase, elle en prend deux. Le français met volontiers une virgule après « quoi qu’il arrive » en tête de phrase, mais s’en passe souvent quand la subordonnée vient en second ; le russe ne laisse pas ce choix.
Le verbe en -л garde son aspect, et le choix obéit aux règles ordinaires, exposées à la page choisir l’aspect. Le perfectif envisage un acte unique, pris en bloc : Что бы ты ни сказал, я не обижусь Tchto by ty ni skazál, ia nie obijoús’, « quoi que tu dises, je ne me vexerai pas ». L’imperfectif envisage un discours qui dure ou se répète : Что бы ты ни говорил, я тебе не верю Tchto by ty ni govoríl, ia tiebié nie viériou, « tu peux raconter ce que tu veux, je ne te crois pas ». Les efforts et les répétitions, que l’on mesure à leur durée, appellent le plus souvent l’imperfectif : как бы она ни старалась, сколько бы раз я ни звонил.
Choisissez la pièce qui manque : particule, forme du verbe ou accord. Touchez une réponse, puis Correction.
Presque tous les mots interrogatifs du russe peuvent entrer dans le moule, et chacun correspond à un tour français distinct. Certains de ces tours n’ont même pas d’équivalent direct : le français ne dit pas « quand que », et doit passer par « chaque fois que » ou « à quelque moment que ». Le russe, lui, se contente de prendre когда.
| Interrogatif | Ce qu’il laisse ouvert | Exemple | Français |
|---|---|---|---|
| что | la chose | Что бы она ни готовила, всё получается вкусно. Tchto by oná ni gotóvila, vsio poloutcháietsia vkoúsno. | Quoi qu’elle cuisine, tout est bon. |
| кто | la personne | Кто бы ни выиграл, мы отметим. Kto by ni výigral, my otmiétim. | Qui que ce soit qui gagne, nous fêterons ça. |
| где | le lieu où l’on est | Где бы мы ни отдыхали, он везде скучает по дому. Gdie by my ni otdykháli, on viezdié skoutcháiet po dómou. | Où que nous passions nos vacances, il a le mal du pays. |
| куда | le lieu où l’on va | Куда бы ты ни пошёл, возьми телефон. Koudá by ty ni pochól, voz’mí tieliefón. | Où que tu ailles, prends ton téléphone. |
| откуда | le point de départ | Откуда бы ни приезжали гости, их встречают одинаково тепло. Otkoúda by ni priiezjáli gósti, ikh vstrietcháiout odinákovo tiepló. | D’où que viennent les invités, on les accueille avec la même chaleur. |
| когда | le moment | Когда бы мы ни приезжали к бабушке, она встречала нас на вокзале. Kogdá by my ni priiezjáli k bábouchkie, oná vstrietchála nas na vokzálie. | Chaque fois que nous allions chez notre grand-mère, elle venait nous chercher à la gare. |
| какой | la qualité, accordée au nom | Какую бы книгу ты ни взял, она тебе понравится. Kakoúiou by knígou ty ni vzial, oná tiebié ponrávitsia. | Quel que soit le livre que tu prends, il te plaira. |
| чей | le possesseur | Чья бы это ни была вина, исправлять придётся нам. Tch’ia by èto ni bylá viná, ispravliát’ pridiótsia nam. | Que la faute soit à l’un ou à l’autre, c’est à nous de réparer. |
| как | la manière ou le degré | Как бы ты ни поступил, кто-то будет недоволен. Kak by ty ni postoupíl, któ-to boúdiet niedovólien. | Quoi que tu fasses, quelqu’un sera mécontent. |
| сколько | la quantité, l’insistance | Сколько бы раз я ни смотрел этот фильм, я всегда смеюсь. Skól’ko by raz ia ni smotriél ètot fil’m, ia vsiegdá smieioús’. | J’ai beau avoir vu ce film je ne sais combien de fois, je ris toujours. |
Le réflexe à prendre est simple : choisissez le mot interrogatif exactement comme si vous posiez une question. Si la question naturelle est « que prépares-tu ? », ce sera что ; si c’est « où vas-tu ? », ce sera куда. Observez aussi les principales : le russe y reprend volontiers le mot interrogatif par un mot de totalité, везде après где, всегда après когда, все après кто, всё après что. Ce n’est pas obligatoire, mais c’est un écho que l’oreille apprend vite à attendre.
Les deux pronoms se déclinent, et leur cas ne dépend pas de la principale : il dépend du verbe de la subordonnée, exactement comme dans une question. On parle о чём, on écrit кому, on s’occupe чем, on rencontre quelqu’un с кем. La préposition, quand il y en a une, reste devant le mot interrogatif, et бы suit l’ensemble.
Dans le premier exemple, пригласить prend un complément direct, et l’accusatif du pronom animé кто emprunte la forme du génitif, кого. Dans les trois autres, c’est la construction du verbe qui dicte le cas : datif après писать, « écrire à quelqu’un », instrumental après встречаться с et après заниматься. Si vous hésitez, cherchez la construction du verbe à la page quel cas après quel verbe : le moule ne fait que la reprendre. Avec быть, enfin, on entend кто бы ты ни был, « qui que tu sois », mais кем бы ты ни работал, « quel que soit ton métier », puisque работать veut l’instrumental de la fonction.
Le français dit « où que » pour le lieu où l’on est comme pour celui où l’on va ; le russe sépare les deux, ajoute le point de départ, et choisit comme dans une question. Где situe sans déplacement, avec быть, жить, работать, отдыхать. Куда vise une destination, avec идти, ехать, переехать. Откуда désigne le point de départ, avec вернуться, приехать quand on dit d’où l’on vient. C’est la frontière qu’expose la page où et vers où, et le moule concessif ne la relâche pas : Где бы ты ни был, « où que tu sois », mais Куда бы ты ни поехал, « où que tu ailles ». Le verbe de la subordonnée vous donne la réponse avant même que vous ayez à réfléchir.
Какой se comporte comme un adjectif : il s’accorde en genre, en nombre et en cas avec le nom qu’il accompagne. Dans Какую бы книгу ты ни взял, il prend l’accusatif féminin de книгу, complément de взял. Avec быть et un nom sujet, deux constructions coexistent : Какой бы ни была погода, où какой est un instrumental féminin, de même forme que le nominatif masculin, et Какая бы ни была погода, au nominatif. Les deux se disent.
Как mesure un degré. Suivi d’un adverbe, il traduit les « si… que » et « aussi… que » du français, et le très littéraire « quelque… que » : Как бы поздно ты ни вернулся, « si tard que tu rentres ». Avec un adjectif et быть, deux tournures encore : l’instrumental, Каким бы трудным ни был экзамен, et la forme courte, Как бы ни был труден экзамен, d’un ton plus soutenu. Employé seul devant le verbe, как laisse ouverte la manière d’agir, comme dans la neuvième ligne du tableau ci-dessus.
Сколько se construit comme dans une question : suivi d’un nom, il le met au génitif. Сколько бы денег у него ни было, ему всё мало Skól’ko by diénieg ou niegó ni býlo, iemoú vsio málo, « quelle que soit la somme qu’il possède, il n’en a jamais assez ». Employé seul avec un verbe, il mesure l’effort ou la répétition, et rejoint le « avoir beau » français : Сколько бы я ни спал, я всё равно хочу спать Skól’ko by ia ni spal, ia vsio rávno khotchoú spat’, « j’ai beau dormir, j’ai toujours sommeil ». C’est par lui que l’on passe naturellement aux variantes sans particule.
Choisissez le mot interrogatif, ou l’adverbe qui le suit. Demandez-vous quelle question poserait le verbe de la subordonnée.
Le moule connaît deux variantes sans particule, bien vivantes l’une et l’autre, et toutes deux proches du « avoir beau » français. Elles gardent le mot interrogatif et le ни collé au verbe ; seule la forme du verbe change.
Retirez бы, et le verbe retrouve les temps ordinaires de l’indicatif : passé, présent ou futur. La phrase parle alors, le plus souvent, d’efforts bien réels, que l’on constate. C’est exactement le « j’ai beau » du français, qui suppose lui aussi que l’on a vraiment essayé.
Comparez avec le moule complet. Сколько бы мы ни искали envisage toutes les recherches possibles, y compris celles qui n’ont pas encore eu lieu ; Сколько мы ни искали raconte celles qui ont été faites. La frontière n’est pas étanche, et l’on entend aussi la forme avec бы à propos d’un échec bien réel. Mais pour dire « j’ai eu beau », la forme sans particule est la plus directe.
Seconde variante : ни suivi d’un impératif singulier. Cet impératif ne donne d’ordre à personne. Comme le « tu » général du français parlé — « tu as beau chercher, tu ne trouves pas » —, il énonce une règle valable pour quiconque essaierait. La principale emploie volontiers la deuxième personne du futur, avec la même valeur générale.
L’impératif y est d’ordinaire au singulier, puisqu’il ne vise personne ; sa formation est celle de la page former l’impératif. Le tour lui-même est neutre, et plusieurs formules figées en sont issues, comme что ни говори, présentée plus bas.
| Forme | Phrase russe | Français | Ce qu’elle dit |
|---|---|---|---|
| interrogatif, бы, ни, forme en -л | Сколько бы я ни работал, денег всё равно не хватает. Skól’ko by ia ni rabótal, diénieg vsio rávno nie khvatáiet. | Si dur que je travaille, l’argent manque quand même. | toutes les possibilités, réelles ou non |
| interrogatif, ни, indicatif | Сколько я ни работал, денег всё равно не хватало. Skól’ko ia ni rabótal, diénieg vsio rávno nie khvatálo. | J’avais beau travailler, l’argent manquait quand même. | des efforts réels, que l’on raconte |
| interrogatif, ни, impératif singulier | Сколько ни работай, денег всё равно не хватает. Skól’ko ni rabótaï, diénieg vsio rávno nie khvatáiet. | On a beau travailler, l’argent manque quand même. | une règle générale, valable pour tous |
Les trois phrases partagent leur ни et, à un temps près, leur principale ; elles diffèrent par ce qu’elles affirment de l’effort. La première l’imagine sous toutes ses formes, la deuxième le raconte, la troisième en fait une loi. Si vous ne devez en retenir qu’une pour commencer, prenez la première : elle convient presque partout, à l’oral comme à l’écrit.
Voici le piège central de la page, et il est double. D’abord, ни a l’air d’une négation : le francophone qui a appris никто, ничего et la conjonction ни… ни, décrite à la page la négation, s’attend à une phrase négative et il est tenté d’ajouter un не devant le verbe. Ensuite, à l’oreille, ни et un не inaccentué se prononcent de la même façon, si bien que leur confusion est une faute d’orthographe classique, chez les Russes eux-mêmes. La règle tient en une phrase : dans le moule concessif, ни ne nie rien, et le verbe de la subordonnée ne prend pas de не.
| Phrase russe | Ce qu’elle fait | Le signe à repérer | Français |
|---|---|---|---|
| Кто бы ни позвонил, я отвечу. Kto by ni pozvoníl, ia otviétchou. | concession : toutes les personnes possibles | ни isolé, aucun не devant le verbe | Qui que ce soit qui appelle, je répondrai. |
| Никто бы не позвонил так поздно. Niktó by nie pozvoníl tak pózdno. | négation : personne | pronom en ни- soudé, не devant le verbe | Personne n’appellerait si tard. |
| Как бы не забыть ключи! Kak by nie zabýt’ klioutchí ! | crainte : pourvu que… ne… pas | не, une vraie négation | Pourvu que je n’oublie pas les clés ! |
| Кого только не приглашали! Kogó tól’ko nie priglacháli ! | exclamation : tout le monde | не, avec только | On a invité tout le monde ! |
La première ligne est le moule de cette page. La deuxième est une vraie négation, construite avec un pronom de la série ни- écrit en un seul mot et suivi du не obligatoire devant le verbe ; tout ce mécanisme appartient à la page personne, rien, nulle part. Retenez le contraste : кто бы ни, trois mots et aucun не ; никто бы не, un pronom soudé et un не. Le même partage sépare За что бы она ни бралась, она всё доводит до конца Za tchto by oná ni bralás’, oná vsio dovódit do kontsá, « quoi qu’elle entreprenne, elle va jusqu’au bout », d’Она ни за что не уступит Oná ni za tchto nie oustoúpit, « elle ne cédera pour rien au monde ».
La troisième ligne exprime une crainte : как бы не, suivi d’un infinitif ou d’une forme en -л, signifie « pourvu que… ne… pas », et son не est une négation véritable. La page du conditionnel présente ce tour ; retenez-en la formule как бы чего не вышло kak by tchegó nie výchlo, « pourvu qu’il n’arrive rien de fâcheux ». La quatrième ligne est une exclamation : Кого только не приглашали! est, mot à mot, la question « qui n’a-t-on pas invité ? », et elle veut dire qu’on a invité tout le monde. Dans une exclamation de ce type, avec только, on écrit не.
Un test règle la plupart des cas. Si la phrase peut se traduire par « quoi que », « qui que », « où que » ou « avoir beau », écrivez ни. Si elle dit « pourvu que… ne… pas », ou si c’est une exclamation qui signifie « tout le monde », « partout », « de tout », écrivez не. Une curiosité, pour finir : dans как ни в чём не бывало kak ni v tchom nie byválo, « comme si de rien n’était », le ни appartient au pronom négatif ни в чём, coupé par sa préposition, et le не qui suit est celui du verbe. Ce n’est pas une concession, mais une négation figée.
Reste un autre piège d’écriture. Trois suites se prononcent de la même façon, ou presque, et le francophone ne sait pas toujours s’il faut séparer. La page du conditionnel donne le test qui distingue la conjonction чтобы de la suite что бы : remplacer par « quoi ». Le moule concessif ajoute une règle plus simple encore : quand ни suit, on écrit что бы en deux mots. La conjonction чтобы n’ouvre jamais une concession.
| Phrase russe | Ce qu’on y trouve | Français |
|---|---|---|
| Что бы ты ни решил, я тебя поддержу. Tchto by ty ni riechíl, ia tiebiá podderjoú. | le pronom что, la particule, puis ни : concession | Quoi que tu décides, je te soutiendrai. |
| Что бы ты решил на моём месте? Tchto by ty riechíl na moióm miéstie ? | le pronom что et la particule : question au conditionnel | Que déciderais-tu à ma place ? |
| Я хочу, чтобы ты решил сам. Ia khotchoú, tchtóby ty riechíl sam. | la conjonction чтобы : chose voulue | Je veux que tu décides toi-même. |
Les trois verbes ont la même forme, решил, et les suites что бы et чтобы sonnent presque pareil. Seul le sens départage : une concession, une question, une volonté. Le français connaît exactement le même embarras avec « quoique » et « quoi que », et le résout de la même manière, par le sens et non par l’oreille.
Choisissez la particule ou l’écriture juste. La traduction française dit si la phrase concède, nie ou s’exclame.
Le moule a produit une série de formules figées, que l’on apprend comme des mots. Plusieurs contiennent то, un démonstratif neutre qui tient la place de « la chose » ou de « la situation » : как бы то ни было dit mot à mot « de quelque façon que cela soit », et le français y répond par « quoi qu’il en soit ».
| Formule | Transcription | Sens | Registre |
|---|---|---|---|
| как бы то ни было | kak by to ni býlo | quoi qu’il en soit | courant, entre virgules |
| как бы там ни было | kak by tam ni býlo | quoi qu’il en soit | familier, entre virgules |
| что ни говори | tchto ni govorí | on a beau dire, il faut bien l’admettre | courant, entre virgules |
| как ни странно | kak ni stránno | chose curieuse, curieusement | courant, entre virgules |
| как ни крути | kak ni kroutí | qu’on le veuille ou non | familier |
| куда ни глянь | koudá ni glian’ | partout où l’on regarde | familier |
| чего бы это ни стоило | tchegó by èto ni stóilo | quoi qu’il en coûte | courant |
| во что бы то ни стало | vo tchto by to ni stálo | coûte que coûte | courant, sans virgules |
| что ни день | tchto ni dien’ | chaque jour, jour après jour | courant |
| самый что ни на есть | sámyï tchto ni na iest’ | tout ce qu’il y a de plus | familier |
| какой бы то ни было | kakóï by to ni býlo | quel qu’il soit, le moindre | écrit soutenu |
Le proverbe qui ouvre la liste applique le moule à la lettre : чем, parce que тешиться se construit avec l’instrumental, puis бы, ни et une forme en -л au neutre, accordée avec дитя.
Trois remarques de ponctuation et de registre. Как бы то ни было, что ни говори et как ни странно sont des incises : elles commentent la phrase entière et se placent entre virgules, où qu’elles se trouvent. Во что бы то ни стало, « coûte que coûte », est au contraire un complément du verbe, et ne prend pas de virgule ; la page devenir, стать et становиться le présente parmi les emplois figés de стать. Enfin, les formules en бы то ни было qui servent de déterminant ou d’adverbe, comme какой бы то ни было ou когда бы то ни было, appartiennent à l’écrit soutenu, tandis que как ни крути et куда ни глянь relèvent de la conversation familière. Dans les deux dernières, comme dans что ни говори, vous reconnaissez l’impératif général présenté plus haut.
Plusieurs familles de mots expriment elles aussi l’indifférence du choix, et le francophone les confond volontiers avec le moule. Elles n’ont pourtant ni la même construction ni le même sens, et le critère est simple : le moule ouvre une subordonnée, avec son propre verbe, à côté d’une principale.
| Outil | Construction | Exemple | Ce qu’il dit |
|---|---|---|---|
| что бы ни, кто бы ни… | une subordonnée, puis une principale | Что бы ты ни заказал, здесь всё вкусно. Tchto by ty ni zakazál, zdies’ vsio vkoúsno. | quoi que tu commandes, tout est bon |
| что угодно, кто угодно… | un pronom dans une phrase unique | Закажи что угодно. Zakají tchto ougódno. | commande n’importe quoi |
| любой | un adjectif accordé au nom | Закажи любое блюдо. Zakají lioubóie blioúdo. | commande n’importe quel plat |
| неважно, всё равно | une principale impersonnelle et une subordonnée ordinaire | Неважно, что ты закажешь. Nievájno, tchto ty zakájech’. | peu importe ce que tu commandes |
| в любом случае | un adverbe | В любом случае я заплачу. V lioubóm sloútchaie ia zaplatchoú. | en tout cas, c’est moi qui paie |
Кто угодно, что угодно, где угодно, когда угодно traduisent « n’importe qui », « n’importe quoi », « n’importe où », « n’importe quand ». Ce sont des pronoms et des adverbes, qui occupent une place dans une phrase unique : Приходи когда угодно Prikhodí kogdá ougódno, « viens quand tu veux ». Любой, adjectif accordé, choisit au hasard dans un ensemble : Спроси любого прохожего Sprossí lioubógo prokhójego, « demande à n’importe quel passant ». Ne les confondez pas avec la série en -нибудь, qui désigne une personne ou une chose indéterminée sans insister sur l’indifférence : Спроси кого-нибудь, « demande à quelqu’un ». La page quelqu’un, quelque chose en expose le fonctionnement.
Le test est grammatical. Si la phrase française compte deux verbes, l’un dans une proposition en « que », l’autre dans la principale — « quoi que tu commandes, tout est bon » —, c’est le moule. Si « n’importe quoi » n’est que le complément d’un seul verbe — « commande n’importe quoi » —, c’est что угодно.
Неважно et всё равно forment des principales impersonnelles, « peu importe », « cela m’est égal », suivies d’une subordonnée ordinaire introduite par le mot interrogatif, sans бы ni ни : Неважно, кто это сказал Nievájno, kto èto skazál, « peu importe qui l’a dit » ; Мне всё равно, что скажут соседи Mnie vsio rávno, tchto skájout sossiédi, « je me moque de ce que diront les voisins ». Le même всё равно revient souvent dans la principale d’une concession, au sens de « quand même » : Что бы ты ни сказал, я всё равно поеду Tchto by ty ni skazál, ia vsio rávno poiédou, « quoi que tu dises, je partirai quand même ».
Reste la frontière avec la concession proprement dite. « Bien qu’il pleuve », « malgré la pluie », « pourtant » ne parcourent pas une série de possibilités : ils constatent un fait, et le russe les confie à хотя, несмотря на et однако, que traite la page sœur consacrée à la concession.
Une syllabe que l’oreille ne sépare pas. Tout le moule repose sur un ни inaccentué, qui sonne comme не, et sur une particule бы qui passe presque inaperçue. Comprendre la règle prend dix minutes ; la produire sans y penser, dans une phrase qui avance, demande d’avoir entendu et répété ces tours des dizaines de fois. C’est ce que travaille notre cours de russe entièrement audio, en leçons de quatorze minutes, sur la plateforme web comme dans nos applications. Écoutez la première leçon aujourd’hui.
Choisissez l’outil qui rend la phrase française. Demandez-vous si elle concède, désigne n’importe qui, clôt un débat ou constate un fait.
Plus de cent cinquante pages qui se répondent — la mécanique de la langue, les verbes pris un à un, le vocabulaire par thème — avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.
50 leçons de 14 minutes, soit 11 h 39 d’écoute, en fichiers MP3. Je paie une fois, je reçois le lien par courriel, je télécharge le cours entier — ou je l’écoute en ligne.
La leçon 1 est en haut de cette page, gratuite et en entier : je l’écoute avant de payer, sans compte à créer et sans carte bancaire.
Что бы ни случилось tchto by ni sloutchílos’. La formule suit un moule régulier : un mot interrogatif, la particule бы, puis ни devant un verbe en -л. En changeant le mot interrogatif, on obtient « qui que » avec кто бы ни, « où que » avec где бы ни ou куда бы ни, « quel que soit » avec какой бы ни.
Parce que, dans ce moule, ни ne nie rien : il indique que toutes les possibilités sont envisagées. Что бы он ни делал admet tout ce qu’il pourrait faire. Le verbe de la subordonnée ne prend donc pas de не. À l’oreille, ни et un не inaccentué se confondent : c’est le sens qui décide de l’écriture.
Juste devant le verbe. Бы suit d’ordinaire le mot interrogatif, ни précède le verbe, et le sujet ou les compléments se rangent entre les deux : Что бы мне ни говорили, я поеду. Un nom sujet peut aussi venir après le verbe, sans que ни bouge : Что бы ни говорили врачи…
Il en a la forme, pas le sens. La particule бы réclame la forme en -л, accordée avec le sujet, quelle que soit l’époque. C’est la principale qui situe l’ensemble : Что бы он ни говорил, его никто не слушает, « quoi qu’il dise, personne ne l’écoute », au présent.
Oui. La subordonnée se sépare de la principale par une virgule, et par deux quand elle est insérée au milieu : Мы, что бы ни случилось, будем вместе. Les formules figées devenues compléments du verbe, comme во что бы то ни стало, « coûte que coûte », ne prennent pas de virgule.
Что бы ни ouvre une concession, « quoi que » : Что бы ты ни решил, я тебя поддержу. Что бы sans ни pose une question au conditionnel : Что бы ты решил на моём месте? Чтобы, en un mot, introduit une chose voulue : Я хочу, чтобы ты решил сам. Quand ни suit, on écrit toujours deux mots.
Кто бы ни concède : Кто бы ни позвонил, я отвечу, « qui que ce soit qui appelle, je répondrai ». Никто, écrit en un seul mot et suivi de не devant le verbe, nie : Никто бы не позвонил так поздно, « personne n’appellerait si tard ». Trois mots sans не d’un côté, un pronom soudé et un не de l’autre.
De trois manières. Pour des efforts réels, que l’on raconte, сколько ou как suivis de ни et de l’indicatif : Сколько мы ни искали, ключей так и не нашли. Pour une règle générale, ни et l’impératif singulier : Сколько ни ищи, не найдёшь. Pour toutes les possibilités, le moule complet : Сколько бы я ни работал…
Parce que cet impératif ne donne d’ordre à personne : comme le « tu » général du français parlé, il énonce une règle valable pour quiconque essaierait. Сколько его ни проси, он не поможет signifie « on a beau le lui demander, il n’aidera pas ». L’impératif y est d’ordinaire au singulier, et la principale prend souvent la deuxième personne du futur.
Avec какой бы ни, qui s’accorde comme un adjectif : Какую бы книгу ты ни взял, она тебе понравится. Avec быть et un nom sujet, on dit Какой бы ни была погода ou Какая бы ни была погода. Pour un degré, « si difficile que », on passe par каким бы трудным ни был ou как бы ни был труден.
Куда, puisqu’il s’agit d’une destination : Куда бы ты ни пошёл, возьми телефон. Pour le lieu où l’on se trouve, c’est где : Где бы ты ни был, « où que tu sois ». Pour le point de départ, откуда. Le moule reprend la distinction des questions.
Non. « N’importe qui », complément ou sujet d’un seul verbe, se dit кто угодно : Это может сделать кто угодно. « N’importe quel », parmi plusieurs, se dit любой. Кто бы ни ouvre une subordonnée, avec son propre verbe, à côté d’une principale : « qui que ce soit qui… ».
« Quoi qu’il en soit ». Le démonstratif neutre то y tient la place de la situation, et la formule clôt une discussion : Как бы то ни было, решать тебе. Elle se place entre virgules. La variante как бы там ни было est familière. Ne la confondez pas avec во что бы то ни стало, « coûte que coûte ».
Parce qu’il ne s’agit pas d’une concession, mais d’une exclamation construite comme une question négative : « qui n’était pas là ? », c’est-à-dire tout le monde. Dans ces exclamations avec только, on écrit не : Где он только не был!, « il est allé partout ». La concession, elle, prend ни : Кого бы ты ни пригласил…
50 leçons de 14 minutes, 11 h 39 d’écoute, en fichiers audio. Un seul paiement de 49 € — aucun abonnement, rien à résilier.
La leçon 1 est gratuite et complète, en haut de cette page : je l’écoute en entier avant de payer, sans compte à créer et sans carte bancaire.
Ce que je reçois : les 50 leçons audio du cours de russe, à télécharger sur mon téléphone, ma tablette ou mon ordinateur, ou à écouter en ligne — les deux options restent ouvertes. Une question avant d’acheter : info@limbaaudio.com.