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Le français met tout, partout, avec le même verbe. Le russe regarde d’abord comment l’objet tiendra une fois posé — couché, debout, suspendu ou assis — et choisit son verbe en conséquence. Quatre paires, et une seule question à se poser.
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Le francophone met tout, et partout : un livre sur la table, un vase sur la table, un tableau au mur, un enfant sur une chaise, un arbre en terre. Le russe ne possède aucun verbe aussi accueillant. Avant de parler, il regarde l’objet et se demande comment celui-ci tiendra une fois le geste achevé : couché, debout, suspendu ou assis. À chacune de ces positions répond un verbe distinct, et le français, qui n’en a qu’un, ne vous donne aucun indice pour trouver le bon.
Partons de phrases que le français construit de façon strictement identique : « j’ai mis le livre sur la table », « j’ai mis le vase sur la table », « j’ai mis le tableau au mur ». Le sujet est le même, le geste de la main à peu près le même, le verbe rigoureusement le même. En russe, ces phrases emploient des verbes qui n’ont rien en commun, pas même une racine.
Regardez ce qui distingue ces quatre lignes. Ce n’est pas le mouvement, qui se ressemble d’une phrase à l’autre, ni le lieu, puisque la table revient deux fois. C’est la position que l’objet occupera quand vous l’aurez lâché. Le livre sera couché : положить. Le vase tiendra debout : поставить. Le tableau pendra : повесить. L’enfant sera assis : посадить. Le russe ne nomme pas le geste ; il nomme son résultat, avec une précision que le français réserve aux descriptions soignées.
Ces quatre verbes sont les partenaires actifs de quatre verbes d’état que vous connaissez peut-être déjà : ce que l’on a couché лежит, ce que l’on a mis debout стоит, ce que l’on a suspendu висит, ce que l’on a assis сидит. Le choix que vous faites en posant l’objet est donc celui que fera, après vous, quiconque le décrira. Ces verbes d’état ont leur propre page, debout, couché, assis ; celle-ci s’occupe du geste qui les produit.
| En français je dis… | En russe je choisis… | Transcription | Parce que l’objet sera… |
|---|---|---|---|
| mettre le livre sur la table | положить книгу на стол | polojít’ knígou na stol | couché à plat |
| mettre les clés dans sa poche | положить ключи в карман | polojít’ klioutchí v karmán | couché, faute de base |
| mettre la lettre dans l’enveloppe | положить письмо в конверт | polojít’ pis’mó v konviért | à plat |
| mettre le vase sur la table | поставить вазу на стол | postávit’ vázou na stol | debout sur sa base |
| mettre la bouteille au réfrigérateur | поставить бутылку в холодильник | postávit’ boutýlkou v kholodíl’nik | debout sur son fond |
| mettre les fleurs dans le vase | поставить цветы в вазу | postávit’ tsvietý v vázou | dressé dans l’eau |
| mettre les assiettes sur la table | поставить тарелки на стол | postávit’ tariélki na stol | posé sur son fond, donc debout |
| mettre le tableau au mur | повесить картину на стену | poviéssit’ kartínou na stiénou | suspendu |
| mettre le manteau au portemanteau | повесить пальто на вешалку | poviéssit’ pal’tó na viéchalkou | suspendu |
| mettre l’enfant sur la chaise | посадить ребёнка на стул | possadít’ riebiónka na stoul | assis |
| mettre un arbre en terre | посадить дерево | possadít’ diérievo | planté |
Le critère se laisse formuler simplement. Un objet qui repose sur une base, un fond, des pieds, des roues — une partie faite pour être en bas — se met avec ставить. Un objet qui n’a rien de tel, ou que l’on couche sur son plus grand côté, se met avec класть. Un objet qui ne repose sur rien et pend d’un point d’attache se met avec вешать. Ce que l’on installe assis, une personne le plus souvent, se met avec сажать, qui sert aussi, nous le verrons, à mettre une plante en terre. La hauteur de l’objet compte beaucoup moins que cette question de la base.
Ce dernier point explique les surprises. Une assiette est plate, et pourtant le russe dit поставить тарелку : elle repose sur son fond, exactement comme un verre ou une casserole, et toute la vaisselle se range de ce côté. Une paire de chaussures se range debout, elle aussi. À l’inverse, un téléphone, un stylo, une cuillère, des lunettes n’ont pas de base au sens où l’entend le russe : on les couche. Le même livre, enfin, change de verbe selon l’endroit où il finit.
| Ce que l’on met, et où | Verbe | Position finale |
|---|---|---|
| книгу на стол, le livre sur la table | положить | couché à plat |
| книгу на полку, le livre sur l’étagère | поставить | debout, parmi les autres |
| ребёнка в кроватку, le bébé dans son lit | положить | allongé |
| ребёнка на стул, l’enfant sur la chaise | посадить | assis |
| ребёнка на пол, l’enfant par terre | поставить | debout sur ses jambes |
| сумку на пол, le sac par terre | поставить | debout sur son fond |
Les trois lignes du milieu montrent que la règle ne s’arrête pas aux choses. Un enfant que l’on met au lit est couché, un enfant que l’on met sur une chaise est assis, un enfant que l’on pose sur le sol est debout : trois verbes russes pour un seul petit garçon et un seul verbe français. La dernière ligne rappelle qu’une part de choix demeure. Un sac qui tient sur son fond se met avec поставить ; le même sac jeté à plat sur une chaise se dira plutôt avec положить. Le russe ne vous demande pas d’apprendre une liste d’objets : il vous demande de voir comment l’objet tiendra.
Choisissez le verbe qu’appelle la position finale de l’objet. Touchez une réponse, puis Correction.
Chaque position dispose d’une paire complète, un imperfectif et un perfectif, selon le principe exposé à la page perfectif et imperfectif. Jusqu’ici, nos exemples n’ont employé que les perfectifs, parce que le geste unique et achevé est le cas le plus fréquent. Voici les quatre paires au complet, avec le verbe d’état qui leur répond.
| Position finale | Imperfectif | Perfectif | État obtenu |
|---|---|---|---|
| couché | класть klast’ | положить polojít’ | лежать lieját’ |
| debout | ставить stávit’ | поставить postávit’ | стоять stoiát’ |
| suspendu | вешать viéchat’ | повесить poviéssit’ | висеть vissiét’ |
| assis, planté | сажать saját’ | посадить possadít’ | сидеть sidiét’, pour une personne |
La première paire est la plus déroutante, car ses deux membres n’ont pas la même racine. класть et положить ne se ressemblent en rien, et aucun procédé ne mène de l’un à l’autre : il faut les apprendre ensemble, comme брать et взять. Ce phénomène, la supplétion, est décrit à la page suffixes et paires supplétives. Les trois autres paires sont plus sages : le perfectif y porte le préfixe по-, et, pour les deux dernières, un suffixe différent de celui de l’imperfectif.
Chaque paire a ensuite sa petite difficulté de conjugaison. класть cache un radical en д : кладу, кладёшь, кладут. Ce д devient с devant le -ть de l’infinitif et tombe devant le -л du passé, qui donne клал, comme вести donne вёл. Les quatre perfectifs, ainsi que ставить, appartiennent à la seconde conjugaison. Quand leur radical finit par в, с ou д, cette consonne change à la première personne du singulier, et là seulement : в s’adjoint un л dans поставлю, с devient ш dans повешу, д devient ж dans посажу. Le mécanisme est celui que décrit la page les alternances du radical.
Observez enfin une symétrie qui aide à retenir les deux dernières paires. Le ш et le ж que le perfectif ne montre qu’à une seule personne, l’imperfectif les porte partout : вешать, вешаю, вешает ; сажать, сажаю, сажает. Ces deux imperfectifs se conjuguent ensuite sans surprise, sur le modèle de читать.
| Verbe | я | ты | они | Passé, masculin | Impératif |
|---|---|---|---|---|---|
| класть | кладу kladoú | кладёшь kladióch’ | кладут kladoút | клал klal | клади kladí |
| положить | положу polojoú | положишь polójich’ | положат polójat | положил polojíl | положи polojí |
| ставить | ставлю stávliou | ставишь stávich’ | ставят stáviat | ставил stávil | ставь stav’ |
| поставить | поставлю postávliou | поставишь postávich’ | поставят postáviat | поставил postávil | поставь postáv’ |
| вешать | вешаю viéchaiou | вешаешь viéchaiech’ | вешают viéchaiout | вешал viéchal | вешай viéchaï |
| повесить | повешу poviéchou | повесишь poviéssich’ | повесят poviéssiat | повесил poviéssil | повесь poviés’ |
| сажать | сажаю sajáiou | сажаешь sajáiech’ | сажают sajáiout | сажал sajál | сажай sajáï |
| посадить | посажу possajoú | посадишь possádich’ | посадят possádiat | посадил possadíl | посади possadí |
Pour les perfectifs, les trois premières colonnes donnent un futur et non un présent : положу veut dire « je poserai », jamais « je pose ». Notez aussi l’accent, qui recule après la première personne dans положить et посадить : polojoú mais polójich’, possajoú mais possádich’. Ce mouvement s’entend très nettement et vaut d’être répété à voix haute.
Le verbe qui n’existe pas. On entend souvent, y compris dans la bouche de Russes, я ложу ou ложи сюда, fabriqués sur le radical de положить privé de son préfixe. Ces formes appartiennent au parler populaire et passent pour une faute : la langue correcte dit я кладу et клади сюда, ou, au perfectif, положи сюда. Sans préfixe, ce radical ne s’emploie correctement que dans ложиться, se coucher, qui est un autre verbe.
Choisissez la forme correcte. Méfiez-vous des formes qui sonnent juste mais n’existent pas.
Tous ces verbes décrivent un déplacement : l’objet quitte la main et va quelque part. Le russe traite donc le lieu comme une destination, et il pose la question куда?, « vers où ? », non где?, « où ? ». Concrètement, après в et на, le nom se met au cas accusatif. Les verbes d’état, eux, situent un objet immobile et demandent le prépositionnel. Le même meuble change donc de cas selon que vous y posez quelque chose ou que vous constatez que quelque chose s’y trouve.
| Le geste : куда? | L’état : где? |
|---|---|
| Положи книгу на стол. Polojí knígou na stol. | Книга лежит на столе. Kníga liejít na stolié. |
| Поставь вазу на стол. Postáv’ vázou na stol. | Ваза стоит на столе. Váza stoít na stolié. |
| Повесь пальто в шкаф. Poviés’ pal’tó v chkaf. | Пальто висит в шкафу. Pal’tó vissít v chkafoú. |
| Посади ребёнка на стул. Possadí riebiónka na stoul. | Ребёнок сидит на стуле. Riebiónok sidít na stoulié. |
| Положи ключи под коврик. Polojí klioutchí pod kóvrik. | Ключи лежат под ковриком. Klioutchí lieját pod kóvrikom. |
| Посади гостей за стол. Possadí gostiéï za stol. | Гости сидят за столом. Gósti sidiát za stolóm. |
Lisez les deux colonnes ensemble : на стол d’un côté, на столе de l’autre ; в шкаф contre в шкафу, où le nom prend une désinence accentuée en -у qui ne sert qu’à situer. Les deux dernières lignes montrent que le partage vaut aussi pour под, « sous », et pour за, « derrière » ou « à table » : accusatif pour le geste, instrumental pour l’état. Le mécanisme d’ensemble est exposé à la page où et vers où, et le choix entre les deux prépositions principales à la page в ou на.
Le même partage commande les questions. On demande Куда ты положил ключи? Koudá ty polojíl klioutchí ?, « où as-tu mis les clés ? », parce que la question porte sur le geste ; on répond volontiers par l’état : Они лежат на столе Oní lieját na stolié, « elles sont sur la table ». Le francophone, qui dit « où » dans les deux cas, place spontanément где devant le verbe de placement, et c’est une faute que tout Russe entend.
Dernier point de construction : посадить, et parfois положить ou поставить, s’appliquent à des personnes. Le complément est alors un être animé, et au masculin comme au pluriel son accusatif emprunte la forme du génitif : посадить сына, посадить гостей. La règle est détaillée à la page animé et inanimé.
Le bon verbe trouvé, reste à choisir entre les deux membres de sa paire. Les principes sont ceux de tout le système : le perfectif présente un geste unique dont le résultat compte ; l’imperfectif présente le geste lui-même, en cours, répété, ou simplement nommé.
L’impératif obéit à la même logique, avec une nuance de plus. Pour demander un geste précis, on prend le perfectif : Поставь чайник Postáv’ tcháïnik, « mets la bouilloire à chauffer » ; Положи книгу на место Polojí knígou na miésto, « remets le livre à sa place ». Pour inviter quelqu’un à faire ce qu’il s’apprêtait à faire, l’imperfectif est plus chaleureux : l’hôte qui accueille ses invités dit Вешайте пальто сюда Viéchaïtie pal’tó siudá, « accrochez vos manteaux ici ». Et pour interdire, l’imperfectif s’impose : Не ставь чашку на край стола Nie stav’ tcháchkou na kraï stolá, « ne pose pas la tasse au bord de la table ». Ces trois emplois sont détaillés à la page l’aspect à l’impératif.
Dans les questions à l’infinitif, si fréquentes quand on aide quelqu’un, le perfectif est la règle pour un geste unique : Куда поставить сумку? Koudá postávit’ soúmkou ?, « où est-ce que je pose le sac ? » ; Сколько сахара тебе положить? Skól’ko sákhara tiebié polojít’ ?, « combien de sucre je te mets ? ». Ce second exemple mérite un arrêt : le sucre, le sel, les épices que l’on verse dans un plat se mettent avec положить, sans que personne se demande quelle position ils prennent. L’usage a tranché une fois pour toutes.
Demandez-vous d’abord si l’objet va quelque part ou s’il s’y trouve déjà, puis si le geste est unique ou répété.
Le quatrième verbe mérite qu’on s’y arrête, car il couvre un domaine plus large que les trois autres. Son sens premier est d’installer quelqu’un en position assise : un enfant sur une chaise, un invité à table, un voyageur dans un train. Le complément est presque toujours une personne, ce qui le distingue d’emblée de ses trois voisins.
Ne le confondez pas avec le verbe qui dit s’asseoir soi-même. посадить fait asseoir quelqu’un d’autre ; pour vous asseoir, vous employez сесть au perfectif et садиться à l’imperfectif. Comparez Сядь на стул Siad’ na stoul, « assieds-toi sur la chaise », et Посади ребёнка на стул, « assieds l’enfant sur la chaise ». Il en va de même pour les autres positions : on se couche avec лечь, on se lève avec встать. Ces verbes du mouvement de soi appartiennent à la page des verbes de position citée plus haut.
Le second sens surprend davantage : посадить veut dire aussi planter. On « assoit » un arbre dans la terre, des fleurs dans un massif, des pommes de terre dans un champ, et le verbe est de la même famille que сад, le jardin. C’est le verbe ordinaire de ce geste, si bien que vous l’entendrez sans cesse au printemps.
Deux emplois figurés, enfin, gardent l’idée d’installer quelqu’un ou quelque chose à sa place. Его посадили в тюрьму Iegó possadíli v tiour’moú signifie « on l’a mis en prison », et Пилот посадил самолёт Pilót possadíl samoliót, « le pilote a fait atterrir l’avion ». Dans les deux cas le français change de verbe ; le russe reste fidèle au sien.
Le verbe français est si vaste que les quatre paires de cette page n’en couvrent qu’une partie. Certains emplois figurés leur restent fidèles, d’autres passent à des verbes entièrement différents, et c’est là qu’un francophone se trompe le plus volontiers, en plaquant положить partout où il dirait « mettre ».
| En français | En russe | Ce qu’il faut remarquer |
|---|---|---|
| mettre le réveil à sept heures | поставить будильник на семь часов | la paire de la position debout |
| mettre une note à un élève | поставить оценку | encore la position debout |
| mettre la bouilloire à chauffer | поставить чайник | la bouilloire repose sur son fond |
| mettre de l’argent à la banque | положить деньги в банк | la paire de la position couchée |
| raccrocher le téléphone | положить трубку, повесить трубку | les deux se disent |
| mettre un manteau | надеть пальто | un autre verbe, celui des vêtements |
| mettre la table | накрыть на стол | un autre verbe, littéralement « couvrir » |
| mettre la télévision | включить телевизор | un autre verbe, « allumer » |
Les trois dernières lignes sont les plus utiles à retenir, parce que l’erreur y est presque automatique. « Mettre un manteau » ne se dit ni avec положить ni avec повесить : on ne pose pas le vêtement, on l’enfile, et le russe emploie alors надеть, dont la page s’habiller démêle les emplois. Inversement, l’opposition de position reparaît là où le français ne l’attend pas : on « met debout » un réveil quand on le règle, on « couche » son argent à la banque, et le combiné du téléphone se pose ou se suspend selon les habitudes de chacun.
Ces verbes servent de base à toute une famille de composés, où le geste de départ reste souvent visible. Les perfectifs en -ложить forment le plus souvent leur imperfectif en -кладывать, ce qui prolonge la supplétion de la paire simple ; ceux en -ставить, -весить et -садить prennent -ставлять, -вешивать et -саживать.
| Perfectif | Imperfectif | Sens |
|---|---|---|
| отложить otlojít’ | откладывать otkládyvat’ | mettre de côté, remettre à plus tard |
| переложить pierielojít’ | перекладывать pieriekládyvat’ | poser ailleurs, à plat |
| переставить pieriestávit’ | переставлять pieriestavliát’ | déplacer, changer de place un meuble |
| выставить výstavit’ | выставлять vystavliát’ | mettre dehors, exposer |
| развесить razviéssit’ | развешивать razviéchivat’ | suspendre çà et là, étendre le linge |
| пересадить pieriessadít’ | пересаживать pieriessájivat’ | replanter, faire changer de place quelqu’un |
Deux remarques. La première : l’imperfectif en -кладывать n’est pas universel, et un composé très courant fait exception, предложить, proposer, dont l’imperfectif est предлагать. La seconde : un verbe aussi fréquent que оставить, laisser, se conjugue exactement comme поставить — оставлю, оставишь — et il forme avec остаться, rester, un couple traité à la page laisser, rester. Le fonctionnement général des préfixes est exposé à la page les préfixes verbaux.
Toute la page tient dans un ordre d’opérations. D’abord, regardez l’objet et demandez-vous comment il tiendra : couché, debout, suspendu, assis. Ce premier regard choisit la paire. Ensuite, demandez-vous si vous parlez d’un geste unique dont le résultat compte, ou d’un geste en cours, répété, interdit : ce second regard choisit l’aspect. Enfin, mettez le lieu à l’accusatif, puisque l’objet y va, et gardez le prépositionnel pour décrire, après coup, l’endroit où il se trouve.
Méfiez-vous surtout des deux réflexes que le français installe. Le premier consiste à prendre положить pour l’équivalent universel de « mettre », alors qu’il ne couvre que les objets couchés. Le second consiste à juger d’après la forme de l’objet, sa hauteur ou sa minceur, au lieu de chercher sur quoi il repose : l’assiette plate et la bouteille haute se mettent avec le même verbe.
Un réflexe plutôt qu’une règle. Personne ne s’arrête, au milieu d’une phrase, pour se demander si une assiette tient debout. Le choix entre положить et поставить doit venir tout seul, avec l’objet, et cela ne s’obtient qu’en entendant et en répétant des phrases entières. C’est ce que travaille notre cours de russe, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes : écoutez la première aujourd’hui, et laissez votre oreille faire le tri.
Les quatre paires sont mêlées. Imaginez l’objet une fois posé, puis choisissez.
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La leçon 1 est en haut de cette page, gratuite et en entier : je l’écoute avant de payer, sans compte à créer et sans carte bancaire.
Parce qu’il ne nomme pas le geste mais la position que l’objet prendra : couché avec положить, debout avec поставить, suspendu avec повесить, assis ou planté avec посадить. Chacun de ces verbes répond à un verbe d’état, лежать, стоять, висеть, сидеть, qui décrira l’objet une fois posé.
Demandez-vous sur quoi l’objet reposera. S’il a une base, un fond, des pieds ou des roues, il tient debout et appelle поставить : un vase, une bouteille, une lampe, une voiture. S’il n’a rien de tel, ou si on le couche sur son plus grand côté, il appelle положить : des clés, un téléphone, un livre posé à plat. La hauteur de l’objet ne décide pas.
Parce que l’assiette repose sur son fond, exactement comme un verre ou une casserole. Le russe range toute la vaisselle du côté de la position debout : поставить тарелки на стол, et ensuite тарелки стоят на столе. C’est l’exemple le plus net de ce que le critère n’est pas la forme de l’objet, mais la façon dont il tient.
положить, qui ne vient pas de la même racine. On parle de paire supplétive : aucun préfixe ni suffixe ne mène de класть à положить, et il faut apprendre les deux ensemble. Les trois autres paires sont régulières : ставить / поставить, вешать / повесить, сажать / посадить.
Non. La forme s’entend, mais elle appartient au parler populaire et passe pour une faute. Le présent correct est я кладу ia kladoú, l’impératif клади, ou au perfectif положи. Sans préfixe, le radical -лож- ne s’emploie correctement que dans ложиться, se coucher.
L’accusatif après в et на, parce que l’objet se déplace vers un lieu : Положи книгу на стол. Le prépositionnel revient avec le verbe d’état, quand l’objet est arrivé : Книга лежит на столе. Avec под et за, on oppose de même l’accusatif du geste à l’instrumental de l’état : под коврик, mais под ковриком.
Sur la seconde conjugaison, avec un changement de consonne à la première personne du singulier seulement : поставлю, поставишь ; повешу, повесишь ; посажу, посадишь. Étant perfectifs, ces formes sont des futurs. Les imperfectifs вешать et сажать gardent au contraire le ш et le ж à toutes les personnes.
Quand le geste est répété, en cours, ou interdit. Я всегда кладу ключи в эту коробку dit une habitude ; Я положил ключи на стол dit un geste unique dont le résultat est là. À l’impératif, on demande un geste précis avec положи, mais on interdit avec не клади.
Parce qu’une interdiction porte sur le geste lui-même, et que le russe la formule à l’imperfectif : Не ставь чашку на край стола, Не клади телефон сюда. Le perfectif nié ne s’emploie à l’impératif que pour mettre en garde contre une maladresse involontaire, et il reste rare avec ces verbes.
D’abord asseoir quelqu’un : посадить ребёнка на стул, посадить гостей за стол. Ensuite planter : посадить дерево, сажать картошку. Le verbe sert aussi à installer un voyageur dans un train, посадить на поезд, à mettre quelqu’un en prison, посадить в тюрьму, et à faire atterrir un avion, посадить самолёт.
посадить fait asseoir quelqu’un d’autre et prend un complément à l’accusatif ; сесть, avec son imperfectif садиться, dit que l’on s’assoit soi-même. On dit donc Сядь на стул, assieds-toi, mais Посади ребёнка на стул, assieds l’enfant. Le même partage oppose положить à лечь, se coucher.
Avec des verbes qui n’ont rien à voir avec la position. On met un vêtement avec надеть : надеть пальто. On met la table avec накрыть на стол, littéralement « couvrir pour la table ». On met la télévision avec включить. Employer положить dans ces trois cas est une faute très courante chez les francophones.
Avec куда et le verbe de la position : Куда ты положил мои ключи? Koudá ty polojíl moí klioutchí ? La question porte sur un déplacement, d’où куда et non где. Dans la conversation familière, on entend aussi Куда ты дел ключи?, avec le verbe деть, qui ne dit rien de la position.
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