Le russe possède deux sortes de possessifs. Мой, твой, наш, ваш se déclinent en genre, en nombre et en cas ; его, её, их ne se déclinent pas du tout — et se confondent à l’écrit avec les pronoms personnels.
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Le possessif russe s’accorde avec l’objet possédé, jamais avec le possesseur. Le français fait de même : on dit « ma voiture » qu’on soit homme ou femme. Mais l’accord russe porte sur le genre, le nombre et le cas ; il faut savoir ce que le nom fait dans la phrase avant de choisir la forme.
Quatre formes pour un seul mot français : la répartition suit le genre du nom et le pluriel. La seconde série ne se comporte pas ainsi. его, её et их restent identiques quel que soit le nom qui les suit, et quel que soit le cas de ce nom. Ce sont les seuls possessifs invariables du russe.
Comme le russe n’a ni article défini ni article indéfini, le possessif est souvent le seul mot placé devant le nom. Il précède l’adjectif s’il y en a un : мой новый дом moï nóvyï dom, « ma nouvelle maison ».
Мой moï dit « mon, ma, mes ». Твой tvoï dit « ton, ta, tes », à une personne qu’on tutoie. Les deux se déclinent exactement de la même façon : il suffit de remplacer le м- de мой par le тв- de твой.
| Cas | Masculin | Neutre | Féminin | Pluriel |
|---|---|---|---|---|
| Nominatif | мой moï | моё moió | моя moiá | мои moí |
| Génitif | моего moiegó | моего moiegó | моей moiéï | моих moíkh |
| Datif | моему moiemoú | моему moiemoú | моей moiéï | моим moím |
| Accusatif | мой moï ou моего moiegó | моё moió | мою moioú | мои moí ou моих moíkh |
| Instrumental | моим moím | моим moím | моей moiéï | моими moími |
| Prépositionnel | о моём o moióm | о моём o moióm | о моей o moiéï | о моих o moíkh |
Trois remarques. Le masculin et le neutre se confondent partout sauf au nominatif et à l’accusatif. Le féminin n’a que trois formes pour six cas : моя, мою, et моей, qui couvre à lui seul le génitif, le datif, l’instrumental et le prépositionnel. Enfin l’accusatif masculin et l’accusatif pluriel dépendent du caractère animé ou inanimé du nom : devant un être vivant, ils empruntent la forme du génitif.
Deux mécanismes se superposent dans дом моего брата : le nom possesseur passe au génitif, et le possessif qui l’accompagne s’y met avec lui.
Наш nach dit « notre, nos ». Ваш vach dit « votre, vos », aussi bien au pluriel réel qu’au singulier de politesse : c’est le possessif du vouvoiement, celui que vous emploierez avec un inconnu. Dans une lettre, on lui donne volontiers une majuscule. Les deux se déclinent de façon identique.
| Cas | Masculin | Neutre | Féminin | Pluriel |
|---|---|---|---|---|
| Nominatif | наш nach | наше náche | наша nácha | наши náchi |
| Génitif | нашего náchego | нашего náchego | нашей nácheï | наших náchikh |
| Datif | нашему náchemou | нашему náchemou | нашей nácheï | нашим náchim |
| Accusatif | наш nach ou нашего náchego | наше náche | нашу náchou | наши náchi ou наших náchikh |
| Instrumental | нашим náchim | нашим náchim | нашей nácheï | нашими náchimi |
| Prépositionnel | о нашем o náchem | о нашем o náchem | о нашей o nácheï | о наших o náchikh |
L’accent ne bouge pas : il reste sur la racine, alors que мой le porte toujours sur la terminaison. Le pluriel s’écrit наши et non une forme en -ы, parce que ш n’admet jamais cette lettre derrière elle : c’est la règle des sept lettres.
Une remarque de prononciation. Dans les terminaisons -ого et -его, la lettre г ne se dit pas « g » mais « v ». Nos transcriptions suivent l’écriture ; à l’oreille, моего et нашего se terminent par un son « vo ». L’anomalie touche aussi la déclinaison de l’adjectif, dont les possessifs reprennent l’essentiel des terminaisons.
Ces trois mots ne sont pas des possessifs d’origine. Ce sont les génitifs figés des pronoms personnels он on, она oná, оно onó et они oní, employés depuis si longtemps devant un nom qu’ils en sont devenus des possessifs. D’où leur invariabilité complète : ils n’ont pas de déclinaison, puisqu’ils sont déjà une forme déclinée. Attention toutefois : si ces trois mots ne s’accordent avec rien, le choix entre eux dépend du possesseur — son genre, son nombre — et non du nom possédé, qui ne laisse aucune trace sur eux.
| Possesseur | Forme | Devant un masculin | Devant un féminin | Devant un pluriel |
|---|---|---|---|---|
| он, оно | его iegó | его дом | его сестра | его дети |
| она | её ieió | её дом | её сестра | её дети |
| они | их ikh | их дом | их сестра | их дети |
La forme reste la même à tous les cas : его дом, его дома, его дому, его домом. Seul le nom travaille — la seule simplification que le russe accorde à ce chapitre.
Voici la difficulté que les manuels laissent souvent dans l’ombre. Его peut être deux mots différents : le pronom personnel « lui, le » au génitif ou à l’accusatif, et le possessif « son ». Même chose pour её et их. À l’écrit, rien ne les distingue.
Premier test : ce qui suit. Si le mot est suivi du nom qu’il détermine, c’est le possessif ; s’il ne détermine rien, c’est le pronom. Le test se trompe pourtant chaque fois qu’un nom suit le pronom sans lui appartenir, après un verbe à double complément : Мы называем его Сашей. My nazyváiem iegó Sácheï. — « nous l’appelons Sacha ». D’où l’utilité d’un second test.
Second test, et celui qui décide vraiment : la lettre н. Après une préposition, le pronom personnel de troisième personne prend un н- initial — него, неё, них. Le possessif, lui, ne le prend jamais. La présence ou l’absence de cette seule lettre dit lequel des deux mots on a devant soi.
Pour les prépositions courantes — у, с, о, к, от, для, на, в — le test est fiable. Y échappent quelques prépositions dérivées qui gouvernent le datif : благодаря ему blagodariá iemoú, « grâce à lui », et вопреки ему vopriekí iemoú, « malgré lui », s’écrivent sans н- alors que le mot est bien le pronom. Devant ces quelques prépositions, c’est le premier test qui reprend la main.
Une question d’orthographe. Её s’imprime très souvent ее, les deux points sur le ё étant habituellement omis en russe. La prononciation ne change pas. Il faut s’habituer à reconnaître le mot sous ses deux graphies.
Pour demander l’appartenance, le russe emploie чей tcheï, qui s’accorde lui aussi avec le nom possédé. Il n’a pas d’équivalent unique en français : « à qui est… » ou « de qui ».
| Cas | Masculin | Neutre | Féminin | Pluriel |
|---|---|---|---|---|
| Nominatif | чей tcheï | чьё tch’io | чья tch’ia | чьи tch’i |
| Génitif | чьего tch’iegó | чьего tch’iegó | чьей tch’ieï | чьих tch’ikh |
| Datif | чьему tch’iemoú | чьему tch’iemoú | чьей tch’ieï | чьим tch’im |
| Accusatif | чей tcheï ou чьего tch’iegó | чьё tch’io | чью tch’iou | чьи tch’i ou чьих tch’ikh |
| Instrumental | чьим tch’im | чьим tch’im | чьей tch’ieï | чьими tch’ími |
| Prépositionnel | о чьём o tch’iom | о чьём o tch’iom | о чьей o tch’ieï | о чьих o tch’ikh |
La question type se construit avec это, qui reste invariable et ne s’accorde avec rien — mécanisme exposé à la page des démonstratifs. C’est чей seul qui prend la marque du genre.
La dernière réponse mérite attention : le russe n’a pas de forme séparée pour « le mien ». Le possessif sert d’attribut tel quel, et la phrase se passe du verbe « être » au présent.
Le français multiplie les possessifs ; le russe les économise. Dès que l’appartenance va de soi — le corps, les vêtements, la famille proche — le nom reste seul. Ajouter le possessif n’est pas faux, mais alourdit la phrase et suggère qu’on oppose ce possesseur à un autre.
Le premier exemple cache un piège : мою est à la fois la forme verbale « je lave », accentuée sur la première syllabe, et l’accusatif féminin de моя, accentué sur la seconde. Deux mots identiques à l’œil, que seule sépare la place de l’accent tonique, jamais écrit.
Deux formes figées se retiennent comme du vocabulaire : по-моему po-móiemou, « à mon avis », et по-вашему po-váchemou, « à votre avis ».
Il manque un possessif à cette page. Свой svoï est un possessif réfléchi, qui renvoie au sujet de la phrase et remplace alors les autres. Son emploi obéit à des règles sans équivalent français, et l’ignorer produit des phrases ambiguës ou fausses : il fait l’objet d’une page entière, le possessif réfléchi, qui suppose connus les six cas.
Le réflexe, pas la règle. Le tableau de мой s’apprend en une soirée. Placer моей plutôt que мою sans hésiter, dans une phrase qui avance, demande des heures d’écoute. C’est le travail que fait notre cours de russe, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes.
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Par quatre formes, selon le nom qui suit : мой devant un masculin, моя devant un féminin, моё devant un neutre, мои devant un pluriel. Et ces quatre formes se déclinent ensuite aux six cas.
Parce que ce n’est pas un possessif d’origine, mais le génitif figé du pronom он. Il est déjà une forme déclinée, et ne peut donc plus se décliner. Её et их ont la même histoire.
Deux tests. Si un nom suit, c’est le possessif. Et surtout : après une préposition, le pronom prend un н- — у него, « chez lui » — alors que le possessif ne le prend jamais : у его брата, « chez son frère ».
Non, et c’est une différence nette avec le français. Quand l’appartenance va de soi — le corps, la famille proche, les objets qu’on porte — le nom reste seul : Он потерял паспорт signifie « il a perdu son passeport ».
Avec чей, accordé au nom : Чей это дом?, Чья это машина?, Чьи это ключи?. Le mot это ne s’accorde pas ; seul чей varie.
Avec le même mot que « mon ». Le russe ne distingue pas les deux : Эта книга моя, « ce livre est à moi ». Le possessif s’accorde au nom, et la phrase se passe du verbe être au présent.
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