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Cours de langues›Le conditionnel

Le conditionnel : une seule forme pour tous les emplois

Le russe ne conjugue pas son conditionnel. Il assemble la forme du passé et une petite particule invariable. Ni personne, ni temps : la difficulté est ailleurs.

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Le français possède un temps du conditionnel : des terminaisons qui se plantent au bout du verbe et changent à chaque personne. Le russe possède une particule : un petit mot séparé, toujours le même, posé à côté d’une forme du passé. Tout ce chapitre découle de cette différence de nature, et la plupart des fautes des francophones viennent de ce qu’ils cherchent une conjugaison là où il n’y a qu’un mot à placer.

Deux pièces, et rien d’autre

Le français conjugue : je dirais, nous dirions, et il oppose un conditionnel présent à un conditionnel passé. Le russe ne fait rien de cela. Il prend la forme du passé du verbe et pose à côté d’elle la particule бы by. Le procédé vaut pour tous les verbes de la langue, y compris les plus irréguliers : il n’existe aucune exception.

La forme employée est exactement celle décrite à la page le passé. Elle ne marque pas la personne ; elle marque le genre et le nombre du sujet. Le conditionnel hérite de cette propriété.

Le conditionnel de сказать skazát’, dire
SujetFormeFrançais
masculin singulierя сказал бы ia skazál byje dirais
féminin singulierя сказала бы ia skazála byje dirais
neutre singulierоно сказало бы onó skazálo bycela dirait
plurielмы сказали бы my skazáli bynous dirions
plurielвы сказали бы vy skazáli byvous diriez
plurielони сказали бы oní skazáli byils diraient

Quatre formes couvrent donc six personnes. Le pronom sujet devient indispensable : sans lui, сказал бы ne dit pas qui parle. C’est la contrainte du passé, exposée à la page les pronoms personnels.

Trois faits à retenir d’emblée. La particule est invariable : elle ne s’accorde jamais. Elle s’écrit séparée du verbe, sauf lorsqu’elle se soude à что. Enfin elle ne se combine ni avec un présent ni avec un futur : on ne dit pas я скажу бы, on ne dit pas я буду бы. Le débutant francophone produit cette faute presque mécaniquement, parce que le futur français de je dirai et le conditionnel de je dirais se ressemblent. En russe, les deux ne se confondent pas — voyez les deux futurs.

Le principe, et ce que la particule refuse

Énonçons la règle sous sa forme la plus courte, car elle vaut d’être apprise par cœur : s’il y a un verbe conjugué dans la phrase, la particule ne peut s’appuyer que sur la forme en -л. Aucune autre forme personnelle ne la supporte. La particule se combine par ailleurs avec un infinitif, et même avec un nom sans verbe du tout, mais jamais avec le présent, jamais avec le futur, jamais avec l’impératif de la proposition principale.

Ce que la particule accepte et ce qu’elle refuse
Ce qui précède быPossible ?Exemple
une forme en -лoui, c’est le cas normalон сказал бы on skazál by
un infinitifoui, dans le souhaitотдохнуть бы otdokhnoút’ by
un nom, sans verbeoui, dans la demandeмне бы стакан воды mnie by stakán vodý
un présentnon, jamaispas de я говорю бы
un futur en будуnon, jamaispas de я буду говорить бы
un futur perfectifnon, jamaispas de я скажу бы

Il faut comprendre, pour que la chose cesse d’étonner, que la forme en -л perd ici toute valeur de passé. Elle ne renvoie à aucun moment du temps : elle sert seulement de support à la particule, comme une cheville sur laquelle on accroche quelque chose. Я сказал бы ne parle pas d’hier ; cela veut dire « je dirais », aujourd’hui, maintenant, ou dans dix ans. Celui qui garde cette idée en tête ne traduira plus Я хотел бы кофе Ia khotiél by kófie par « j’avais voulu un café », mais bien par « je voudrais un café ».

Huit verbes courants, au masculin singulier
InfinitifConditionnelFrançais
быть byt’был бы byl byserait
мочь motch’мог бы mog bypourrait
хотеть khotiét’хотел бы khotiél byvoudrait
жить jit’жил бы jil byvivrait
идти idtíшёл бы chol byirait
прийти priïtíпришёл бы prichól byviendrait
взять vziat’взял бы vzial byprendrait
помочь pomótch’помог бы pomóg byaiderait

Les formes du passé qui déplacent leur accent au féminin le déplacent aussi ici : был бы mais была бы bylá by. Ce déplacement est traité à la page l’accent mobile du verbe.

Une bonne nouvelle, et elle est rare en russe. Il n’y a rien de neuf à apprendre. Les quatre formes du passé, vous les connaissez déjà ; le conditionnel ne vous demande que de poser un mot de deux lettres à côté. Comparez avec le français, où le conditionnel impose six terminaisons, un radical parfois modifié — je ferais, je viendrais — et un auxiliaire pour le conditionnel passé. Le russe a mis toute sa difficulté ailleurs, dans le choix de l’aspect et dans les cas.

Où se place la particule

бы ne porte pas d’accent propre : elle s’appuie sur le mot qui la précède. De là sa mobilité. Elle se place le plus souvent après le verbe, mais aussi après le pronom sujet, ou après le premier mot accentué. Le sens ne change pas ; ce qui change est le mot mis en avant.

Ces trois phrases sont également correctes, et un professeur qui les corrigerait aurait tort. Mais elles ne se disent pas dans les mêmes circonstances. Puisque la particule s’accroche au mot qui la précède, elle désigne ce mot comme le point important de la phrase. Déplacer бы revient donc à déplacer l’éclairage, à peu près comme le français déplace l’accent de phrase ou emploie une tournure du type « c’est… que ». Le mécanisme général de cette mise en relief par la place des mots est exposé à la page l’ordre des mots.

Trois places, trois mises en relief
PhraseMot mis en avantEffet
Я сказал бы правду.le verbe сказалénoncé neutre, on parle de l’acte lui-même
Я бы сказал правду.le sujet яmoi, à la différence d’un autre
Правду бы я сказал.l’objet правдуla vérité, voilà ce que je dirais

Une seule interdiction, mais elle est absolue : la particule ne peut pas ouvrir la proposition. Comme elle s’appuie sur ce qui la précède, il lui faut un appui, et une phrase ne commence jamais par бы. On retiendra aussi qu’une proposition n’en contient qu’une seule : dans une phrase hypothétique, il y en a deux, mais une par proposition, jamais deux côte à côte. Sur le comportement général de ces petits mots inaccentués, voyez les particules.

Une position est en revanche fixe : après если iésli, la particule suit immédiatement la conjonction, avec laquelle elle fait bloc. Après un mot interrogatif, la place immédiate est la norme sans être obligatoire : Что ты сделал бы? Tchto ty sdiélal by ? reste correct, mais se dit beaucoup moins.

Après une voyelle, la particule se réduit parfois à б b. La forme brève se rencontre surtout à l’oral et dans la langue poétique ; бы reste possible partout. Sachez la reconnaître.

Une habitude utile pour commencer : placez la particule juste après le pronom sujet, et vous serez correct dans tous les cas, sans avoir à réfléchir à la mise en relief. Я бы…, он бы…, мы бы… est le moule le plus sûr et l’un des plus fréquents. La finesse des déplacements viendra plus tard, par l’oreille.

Exercez-vous : la forme et l’accord

Choisissez la forme qu’appelle chaque phrase. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. Я ___ сказал правду. (Je dirais la vérité.)
  2. Она ___ бы тебе. (Elle t’aiderait.)
  3. Мы ___ бы вам. (Nous vous écririons.)
  4. Это ___ бы проще. (Ce serait plus simple.)
  5. Она ___ бы дома. (Elle serait à la maison.)
  6. Они ___ бы раньше. (Ils seraient partis plus tôt.)
  7. Он ___ бы, но у него нет времени. (Il viendrait, mais il n’a pas le temps.)
  8. Если бы у меня было время, я ___ тебе. (Si j’avais le temps, je t’appellerais.)
  9. Я б тебе ___. (Je t’aiderais bien.)
  10. Что бы ты ___ на моём месте? (Que ferais-tu à ma place ?)
  11. Мы ___ бы в кино, но нет времени. (Nous irions au cinéma, mais nous n’avons pas le temps.)

La phrase hypothétique

C’est l’emploi principal, et le point où le russe s’écarte le plus du français. Quand l’hypothèse est contraire aux faits, la particule apparaît dans les deux propositions : une fois après если, une fois dans la principale. Le français, lui, place l’imparfait d’un côté et le conditionnel de l’autre.

  • Если бы я знал, я бы сказал. Iésli by ia znal, ia by skazál. — Si je savais, je le dirais.
  • Если бы у меня были деньги, я бы купил машину. Iésli by ou mieniá býli dién’gui, ia by koupíl machínou. — Si j’avais de l’argent, j’achèterais une voiture.
  • Если бы было время, мы бы пошли в кино. Iésli by býlo vriémia, my by pochlí v kinó. — S’il y avait le temps, nous irions au cinéma.
  • Он приехал бы, если бы ты позвонил. On priiékhal by, iésli by ty pozvoníl. — Il viendrait si tu appelais.
  • Если бы она согласилась, всё было бы проще. Iésli by oná soglassílas’, vsio býlo by próchtche. — Si elle acceptait, tout serait plus simple.

L’ordre des deux propositions est libre, la virgule obligatoire dans les deux sens. Notez que le verbe быть se met lui aussi à la forme du passé : было бы, были бы. Là où le français dit serait, le russe dit « était » plus la particule.

Cette symétrie demande un mot d’attention, car c’est elle qui se perd en premier. Le francophone sent bien qu’il faut если бы dans la condition, puis il oublie la particule dans la principale et produit Если бы я знал, я сказал, ce qui n’est pas du russe : la seconde proposition redevient un simple passé et la phrase ne signifie plus rien. Prenez donc l’habitude de les poser par deux, comme une paire de chaussures : une particule dans la condition, une dans la conséquence. En revanche, le reste de la phrase ne change pas de forme ; il n’y a pas, comme en français, un temps pour la condition et un autre pour la conséquence.

то, le corrélatif facultatif

Quand la condition vient en premier, la principale peut s’ouvrir par то to, qu’on traduirait par « alors ». Ce mot est facultatif : il articule les deux propositions, il n’ajoute rien au sens et ne remplace aucune particule. Il est fréquent dans la langue écrite et dans les phrases longues, où il aide à retrouver le début de la principale ; il ne s’emploie pas quand la principale vient d’abord.

  • Если бы он позвонил, то я бы пришёл. Iésli by on pozvoníl, to ia by prichól. — S’il avait appelé, alors je serais venu.
  • Если бы ты попросил, то я бы помог. Iésli by ty poprossíl, to ia by pomóg. — Si tu avais demandé, je t’aurais aidé.

Observez bien le second exemple : то est là, et la particule de la principale y est aussi. Le corrélatif ne la dispense de rien. C’est une erreur courante de croire que то suffit à marquer la conséquence.

Si ce n’était…

Une tournure très fréquente écarte une circonstance réelle : если бы не suivi du nom. Ce nom reste au nominatif, car il est sujet de la condition niée.

  • Если бы не дождь, мы бы пошли гулять. Iésli by nie dojd’, my by pochlí gouliát’. — S’il n’y avait pas la pluie, nous irions nous promener.
  • Если бы не ты, я бы не справился. Iésli by nie ty, ia by nie správilsia. — Sans toi, je ne m’en serais pas sorti.

Le nominatif surprend, parce que le français met un complément — « sans toi », « sans la pluie » — et que la négation russe appelle d’ordinaire le génitif, comme l’explique la page le génitif de négation. Ici, rien de tel : le groupe est le sujet d’un verbe sous-entendu, « si la pluie n’était pas là », et un sujet se met au nominatif. Dites donc если бы не ты, et non если бы не тебя. La tournure vaut pour les noms comme pour les pronoms, et elle est l’une des plus utiles de la conversation, parce qu’elle sert à remercier : Если бы не вы, я бы не успел Iésli by nie vy, ia by nie ouspiél, « sans vous, je n’y serais pas arrivé à temps ».

La condition qu’on tient pour possible

Il faut la distinguer avec soin. Quand la condition peut se réaliser, le russe n’emploie aucune particule : если seul, suivi de l’indicatif, futur le plus souvent. Là où le français hésite entre « si j’ai le temps » et « si j’avais le temps », le russe impose un choix net, et ce choix est visible dès le deuxième mot de la phrase.

  • Если будет время, я приду. Iésli boúdiet vriémia, ia pridoú. — S’il y a le temps, je viendrai.
  • Если ты позвонишь, я отвечу. Iésli ty pozvoních’, ia otviétchou. — Si tu appelles, je répondrai.
  • Если бы ты позвонил, я бы ответил. Iésli by ty pozvoníl, ia by otviétil. — Si tu appelais, je répondrais.

Comparez les deux dernières phrases : elles ne diffèrent que par la particule et par la forme des verbes qu’elle entraîne, et tout l’écart de sens tient là. La première envisage un coup de téléphone encore possible ; la seconde constate qu’il n’y aura pas d’appel, ou qu’il n’y en a pas eu. Notez au passage que le russe met le futur dans la condition, là où le français met un présent : « si tu appelles » devient если ты позвонишь, littéralement « si tu appelleras ». C’est une faute symétrique de la précédente, et tout aussi fréquente.

Condition possible et condition contraire aux faits
Type de conditionConditionConséquence
réalisableесли plus indicatif, futur le plus souventindicatif, futur ou impératif
contraire aux faitsесли бы plus forme en -лparticule plus forme en -л
exclusion d’une circonstanceесли бы не plus nominatifparticule plus forme en -л

Une seule forme pour trois temps français

Voici la vraie difficulté de ce chapitre, et elle n’est pas dans la fabrication. Если бы я знал, я бы сказал se traduit, selon le contexte, par « si je savais, je le dirais » ou par « si j’avais su, je l’aurais dit ». Le russe ne distingue pas l’irréel du présent de l’irréel du passé. La forme est la même, et elle sert aussi pour l’avenir.

Une forme russe, trois tournures françaises
RusseLecture possibleCe qui tranche
Если бы я знал, я бы сказал.Si je savais, je le dirais.rien : lecture par défaut
Если бы я знал вчера, я бы сказал.Si j’avais su hier, je l’aurais dit.вчера vtcherá, hier
Если бы он приехал завтра, мы бы встретились.S’il venait demain, nous nous verrions.завтра závtra, demain

Le russe s’en remet au contexte, et au besoin à un adverbe. Simplification pour celui qui parle, gêne pour celui qui lit : quand la précision compte, l’adverbe devient nécessaire. Les deux aspects sont par ailleurs possibles au conditionnel, et le choix obéit aux règles générales, exposées aux pages perfectif et imperfectif et choisir l’aspect.

Appelons cette propriété par son nom : une ambiguïté féconde. Féconde, parce qu’elle décharge celui qui parle d’une décision que le français lui impose. Le francophone qui raconte un regret doit choisir entre « je dirais » et « j’aurais dit », donc décider si la chose est encore possible ou définitivement passée ; le russe peut rester dans le vague, et sa phrase vaut pour les deux lectures. Nombre de proverbes et de réflexions générales tirent leur portée de ce flou. Mais il faut aussi savoir en sortir, et c’est le rôle des adverbes de temps : ils ne sont pas un ornement, ils sont l’unique moyen de préciser.

Les adverbes qui lèvent le doute
AdverbeTranscriptionLecture imposée
сейчасsietchásmaintenant : irréel du présent
тогдаtogdáà ce moment-là : irréel du passé
вчераvtcheráhier : irréel du passé
раньшеrán’cheplus tôt : irréel du passé
завтраzávtrademain : irréel de l’avenir

Le mouvement inverse mérite d’être signalé, car il piège les francophones avancés. Celui qui veut dire « j’aurais voulu vous remercier » cherche un conditionnel passé, ne le trouve pas, et se croit mal équipé. Il dispose en réalité de tout ce qu’il faut : Я хотел бы поблагодарить вас Ia khotiél by poblagodarít’ vas rend aussi bien « je voudrais » que « j’aurais voulu ». Il n’y a pas de forme manquante en russe ; il y a une forme qui en fait davantage.

Exercez-vous : l’hypothèse

Complétez chaque phrase hypothétique. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. ___ я знал, я бы сказал. (Si je savais, je le dirais.)
  2. ___ будет время, я приду. (S’il y a le temps, je viendrai.)
  3. Если ты ___, я отвечу. (Si tu appelles, je répondrai.)
  4. Если бы у меня ___ деньги, я бы купил машину. (Si j’avais de l’argent, j’achèterais une voiture.)
  5. Если бы она ___, всё было бы проще. (Si elle acceptait, tout serait plus simple.)
  6. Он ___ бы, если бы ты позвонил. (Il viendrait si tu appelais.)
  7. Если бы он позвонил, ___ я бы пришёл. (S’il avait appelé, alors je serais venu.)
  8. Если бы не ___, мы бы пошли гулять. (S’il n’y avait pas la pluie, nous irions nous promener.)
  9. Если бы не ___, я бы не справился. (Sans toi, je ne m’en serais pas sorti.)
  10. Если бы я знал вчера, я ___ пришёл. (Si j’avais su hier, je serais venu.)
  11. Будь я на твоём месте, я ___ туда не пошёл. (Si j’étais à ta place, je n’irais pas là-bas.)

Les emplois hors de la condition

Réduire cette forme à l’hypothèse serait une erreur : dans la conversation, elle sert surtout à adoucir. La particule est l’un des principaux outils de politesse du russe.

La demande polie

L’avant-dernière phrase est impersonnelle : pas de sujet au nominatif, un verbe au neutre, et la personne portée par le datif мне, décrit à la page le datif.

Pourquoi ces tournures sont-elles plus courtoises ? Parce que la particule éloigne la demande du réel. Я хочу кофе Ia khotchoú kófie annonce une volonté présente, et sonne, dans un café comme ailleurs, à peu près comme un ordre. Я хотел бы кофе présente la même volonté comme une hypothèse, quelque chose qui se réaliserait si l’autre voulait bien : la décision reste à l’interlocuteur. La politesse, en russe comme en français, consiste à laisser à l’autre une porte de sortie, et la particule est précisément la clé de cette porte.

La négation ajoute un degré, ce qui déconcerte toujours les francophones. Вы не могли бы…? se traduit mot à mot par « ne pourriez-vous pas… ? ». Interroger à la forme négative, c’est annoncer qu’on s’attend plutôt à un refus, donc ne pas peser sur la réponse. Le russe va dans le même sens que le français de « vous n’auriez pas une minute ? ». Sur la place et la portée de cette négation, voyez la négation.

Du plus direct au plus poli
FormuleTranscriptionRegistre
Помогите мне.Pomoguítie mnie.impératif : direct, entre proches ou en cas d’urgence
Вы можете мне помочь?Vy mójetie mnie pomótch’ ?question neutre sur la possibilité
Вы могли бы мне помочь?Vy moglí by mnie pomótch’ ?poli
Вы не могли бы мне помочь?Vy nie moglí by mnie pomótch’ ?le plus poli, usage courant avec un inconnu

Le même escalier existe pour l’expression du désir. Я хочу est brut ; Я хотел бы est poli ; Мне хотелось бы est plus poli encore, parce que la tournure impersonnelle efface jusqu’au sujet : ce n’est plus « je veux », c’est « il me viendrait l’envie ». La personne n’apparaît qu’au datif, en retrait. Ces tours sans sujet sont décrits à la page les tournures impersonnelles.

Le souhait

La particule seule suffit à exprimer l’envie. Elle s’appuie sur un infinitif, sur un nom ou sur une forme du passé, et la phrase se passe le plus souvent de sujet exprimé.

Le dernier exemple emploie l’ancien partitif чаю, signalé à la page le cas génitif.

Le conseil, et le reproche léger

Un pronom sujet, la particule, la forme du passé : le russe obtient un conseil bien plus doux que l’impératif. Selon le ton, la même phrase conseille ou reproche.

Un tour voisin, et très employé, met la personne au datif et le verbe à l’infinitif : Вам бы отдохнуть Vam by otdokhnoút’, « vous feriez bien de vous reposer ». Il est encore plus doux que le précédent, parce qu’il n’a plus de sujet du tout : personne n’est désigné comme devant agir, le conseil flotte, et l’autre peut l’entendre comme une simple remarque. C’est la formule du médecin bienveillant et de l’ami qui ne veut pas donner de leçon.

Le souhait inquiet, et la concession

Trois petits mots courants se combinent avec elle pour former des souhaits : только бы tól’ko by, лишь бы lich’ by, хоть бы khot’ by. Et un mot interrogatif suivi de la particule puis de ни ni donne la concession, que le français rend par « quoi que », « qui que ».

La particule sans verbe conjugué

Voici un emploi que le français ne peut pas imiter, parce qu’un temps ne s’attache qu’à un verbe. La particule russe, elle, est un mot libre : elle se pose où elle veut, et notamment à côté d’un infinitif ou d’un simple nom. La phrase n’a alors ni sujet au nominatif ni verbe conjugué, et pourtant elle est complète. Ces tournures sont partout dans la langue parlée, et un étranger qui ne les produit jamais s’entend tout de suite.

Trois moules sans verbe conjugué
StructureExempleValeur
infinitif plus быПоехать бы на море. Poiékhat’ by na mórie.souhait rêveur, sans personne désignée
datif plus бы plus infinitifВам бы отдохнуть. Vam by otdokhnoút’.conseil doux, presque un constat
datif plus бы plus nomМне бы чаю. Mnie by tcháiou.demande atténuée, le verbe est sous-entendu

Le premier moule exprime le désir à l’état pur, détaché de toute personne : l’envie est là, on ne dit pas de qui elle vient. Le deuxième nomme la personne, mais au datif, c’est-à-dire comme destinataire et non comme agent : voilà pourquoi il ne blesse pas. Le troisième se passe même de verbe, et laisse l’interlocuteur deviner ce qu’il faut apporter ou faire.

Un mot d’avertissement, tout de même. Ces tournures sont de la langue parlée, et elles supposent une situation : Мне бы чаю ne se dit qu’à table, ou devant quelqu’un qui sert. Dans un écrit administratif, on reviendra à une phrase complète. Mais dans la conversation, elles sont le signe d’un russe vivant, et vous les entendrez bien avant de savoir les expliquer : c’est le propre de l’apprentissage à l’oreille, que pratique notre cours de russe.

Exercez-vous : politesse, souhait, conseil

Choisissez la tournure correcte dans chaque situation. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. Я ___ заказать кофе. (Je voudrais commander un café.)
  2. Вы не ___ мне помочь? (Pourriez-vous m’aider ?)
  3. Мне ___ отдохнуть. (J’aimerais bien me reposer.)
  4. Вам бы ___. (Vous feriez bien de vous reposer.)
  5. ___ бы! (Ah, se reposer un peu.)
  6. Мне бы ___ воды. (Un verre d’eau, si possible.)
  7. Я бы ___ чаю. (Je boirais bien du thé.)
  8. Ты бы ___ к врачу. (Tu ferais bien d’aller chez le médecin.)
  9. ___ бы дождь не пошёл! (Pourvu qu’il ne pleuve pas.)
  10. ___ бы всё было хорошо. (Pourvu que tout aille bien.)
  11. Хоть бы он ___! (Pourvu qu’il vienne.)

чтобы, la particule prise dans une conjonction

Soudée à что, elle donne чтобы tchtóby, la conjonction de la volonté et du but. Quand le sujet change, le verbe qui la suit prend la forme du passé, sans aucune valeur de passé : c’est la particule cachée dans la conjonction qui l’exige. Quand le sujet reste le même, c’est l’infinitif qui suit — Я пришёл, чтобы помочь. Ia prichól, tchtóby pomótch’. Le détail de cette construction relève de la page des subordonnées.

  • Я хочу, чтобы ты пришёл. Ia khotchoú, tchtóby ty prichól. — Je veux que tu viennes.
  • Я сказал ему, чтобы он позвонил. Ia skazál iemoú, tchtóby on pozvoníl. — Je lui ai dit d’appeler.

Reprenons l’affaire de plus haut, car cette conjonction est la rencontre la plus fréquente que vous ferez avec la particule. Le mot s’analyse en deux morceaux, что et бы, soudés depuis longtemps ; l’accent tombe sur la première syllabe. La particule est toujours là, invisible à l’œil distrait, et c’est elle qui réclame une forme en -л. Dès que vous vous rappelez cette décomposition, la règle cesse d’être arbitraire : чтобы ты пришёл est exactement du même type que ты бы пришёл.

Tout tient ensuite à une seule question, qu’il faut se poser avant d’écrire : est-ce la même personne qui veut et qui agit ? Si oui, pas de forme en -л, et souvent pas de conjonction du tout : l’infinitif suffit. Si non, la conjonction apparaît, suivie de la forme en -л.

Même sujet ou sujets différents
PhraseConstructionFrançais
Я хочу отдохнуть.même sujet, infinitif sans conjonctionJe veux me reposer.
Я хочу, чтобы ты отдохнул.sujets différents, forme en -лJe veux que tu te reposes.
Я пришёл, чтобы помочь.même sujet, infinitif après la conjonctionJe suis venu pour aider.
Я пришёл, чтобы ты не был один.sujets différents, forme en -лJe suis venu pour que tu ne sois pas seul.

Notez la deuxième ligne : on ne dit pas Я хочу, чтобы я отдохнул. Quand la volonté et l’action appartiennent à la même personne, la conjonction disparaît purement et simplement. C’est l’inverse du français, qui garde « que » dans « je veux que je parte » — tournure lourde, mais possible. En russe, elle n’est pas lourde : elle est fautive.

Les verbes qui appellent cette conjonction

Ce sont tous les verbes qui expriment une volonté, une demande, un ordre ou un conseil : dès que la phrase vise à faire agir quelqu’un d’autre, la conjonction se présente.

Verbes de volonté et de demande
VerbeTranscriptionExemple
хотетьkhotiét’Я хочу, чтобы ты знал правду. — Je veux que tu saches la vérité.
проситьprossít’Он попросил, чтобы мы пришли раньше. — Il a demandé que nous venions plus tôt.
требоватьtriébovat’Он требует, чтобы все молчали. — Il exige que tout le monde se taise.
сказатьskazát’Скажи ему, чтобы он подождал. — Dis-lui d’attendre.
надоnádoНадо, чтобы все пришли. — Il faut que tout le monde vienne.

Le verbe сказать mérite un arrêt, parce qu’il change de sens avec la conjonction. Suivi de что, il rapporte un fait ; suivi de чтобы, il transmet un ordre. La différence d’une seule syllabe sépare « il a dit qu’il viendrait » de « il m’a dit de venir ».

  • Он сказал, что придёт. On skazál, tchto pridiót. — Il a dit qu’il viendrait.
  • Он сказал, чтобы я пришёл. On skazál, tchtóby ia prichól. — Il m’a dit de venir.
  • Я закрыл окно, чтобы не было шума. Ia zakrýl oknó, tchtóby nie býlo choúma. — J’ai fermé la fenêtre pour qu’il n’y ait pas de bruit.
  • Говорите тише, чтобы дети не проснулись. Govorítie tíche, tchtóby diéti nie prosnoúlis’. — Parlez plus bas pour que les enfants ne se réveillent pas.
  • Мама хочет, чтобы я стал врачом. Máma khótchet, tchtóby ia stal vratchóm. — Maman veut que je devienne médecin.

Le dernier exemple met l’attribut à l’instrumental, comme toujours après стать et быть au passé. Retenez enfin que la conjonction ne se combine jamais avec un présent ni avec un futur, exactement comme la particule libre : ni чтобы ты придёшь, ni чтобы ты будешь.

Il faut distinguer cette conjonction de la suite что бы tchto by en deux mots, où что garde son sens plein de « quoi ». L’oreille ne les sépare pas ; seul le sens tranche.

  • Я не знаю, что бы ему подарить. Ia nie znáiou, tchto by iemoú podarít’. — Je ne sais pas quoi lui offrir.

Un moyen simple de décider à l’écrit : remplacez le mot par « quoi ». Si la phrase française tient — « je ne sais pas quoi offrir » — écrivez deux mots. Si elle ne tient pas — « je veux quoi tu viennes » ne se dit pas — écrivez la conjonction en un seul mot. Ce test ne trompe jamais.

Les tours figés

La particule entre dans une série de formules toutes faites qu’il est inutile d’analyser et qu’il vaut mieux apprendre entières. Elles reviennent sans cesse dans la conversation, et leur sens ne se déduit pas toujours de leurs morceaux.

Petit répertoire des tours figés
TourTranscriptionSens
если бы знатьiésli by znat’si seulement on savait
кто бы мог подуматьkto by mog podoúmat’qui aurait pu le penser
как бы ниkak by niquelque… que, si… que
что бы ниtchto by niquoi que
кто бы ниkto by niqui que ce soit qui
где бы ниgdie by nioù que
как бы неkak by niepourvu que… ne pas, j’ai peur que
ещё быichtchó byet comment, je crois bien

La concession. Le moule est régulier : un mot interrogatif, la particule, puis ни, puis une forme en -л. Le mot interrogatif choisit l’élément laissé indéterminé — la chose, la personne, le lieu, le degré. Avec как, le français recourt à « quelque difficile que », tournure littéraire, ou tout simplement à « malgré ».

Attention à ni et à ne. Les deux mots se ressemblent à l’écrit et se confondent à l’oreille, mais ils construisent des phrases opposées. ни donne la concession, qui n’est pas une négation : Что бы ни случилось ne nie rien, il admet tout. не donne la crainte : Как бы он не опоздал! Kak by on nie opozdál ! signifie « j’ai peur qu’il ne soit en retard ». La page la négation revient sur ce couple.

Deux formules méritent un mot de plus. Если бы знать laisse la condition sans sujet et se contente d’un infinitif : c’est le regret pur, celui qu’on exprime devant une situation déjà jouée. Et Я бы сказал en tête de phrase ne conditionne rien du tout : il sert à avancer un avis avec prudence, comme le français « je dirais que », et c’est l’une des manières les plus simples de ne pas paraître péremptoire quand on discute en russe.

L’impératif qui pose une condition

Une tournure surprend le lecteur francophone : la proposition conditionnelle peut se passer de если et commencer par une forme d’impératif. Cet impératif ne commande rien ; il ouvre l’hypothèse. Il reste au singulier quel que soit le sujet, et la principale, elle, garde sa particule et sa forme du passé.

  • Будь я на твоём месте, я бы туда не пошёл. Boud’ ia na tvoióm miéstie, ia by toudá nie pochól. — Si j’étais à ta place, je n’irais pas là-bas.
  • Знай я об этом раньше, всё было бы иначе. Znaï ia ob ètom rán’che, vsio býlo by inátche. — Si je l’avais su plus tôt, tout serait différent.
  • Приди он вовремя, он бы успел на поезд. Pridí on vóvriemia, on by ouspiél na póiezd. — S’il était venu à l’heure, il aurait eu son train.

Le tour est figé. Quelques formules toutes faites, будь я на твоём месте en tête, s’entendent couramment ; les autres appartiennent plutôt à l’écrit. Sachez reconnaître la tournure à la lecture : если бы convient partout.

Ce que le français fait autrement

Il vaut la peine de mettre les deux systèmes côte à côte, parce que la plupart des fautes des francophones viennent d’une transposition mot à mot. Le français possède un temps : des terminaisons collées au verbe, qui marquent la personne et distinguent un conditionnel présent d’un conditionnel passé. Le russe possède une particule : un mot séparé, invariable, qui ne marque rien du tout. De cette différence de nature découlent quatre conséquences, et toutes se vérifient dans les pages qui précèdent.

D’abord, la forme russe ne porte aucune information de temps, là où le français en porte nécessairement. Ensuite, la particule se déplace, alors qu’une terminaison reste soudée à son verbe : le russe gagne un moyen de mise en relief que le français doit obtenir autrement. Troisièmement, la particule s’attache à autre chose qu’un verbe conjugué — un infinitif, un nom — ce qu’aucun temps français ne peut faire. Enfin, le français marque la personne et le russe le genre : je dirais ne dit pas si je suis un homme ou une femme, я сказал бы le dit sans le vouloir.

Correspondances entre les deux langues
FrançaisRusseRemarque
je dirais, conditionnel présentя сказал быune seule forme russe
j’aurais dit, conditionnel passéя сказал быla même, l’adverbe précise au besoin
si je savais, imparfaitесли бы я зналla particule est dans les deux propositions
si j’avais su, plus-que-parfaitесли бы я зналmême phrase russe
si j’ai le temps, indicatifесли будет времяaucune particule, et le futur
que tu viennes, subjonctifчтобы ты пришёлla particule soudée à что
pour aider, infinitif de butчтобы помочьinfinitif si le sujet ne change pas
il aurait dûон должен был быun adjectif court, pas un verbe

La sixième ligne console un peu : le russe n’a pas de subjonctif, et le francophone qui redoute « il faut que je vienne » n’a ici qu’une conjonction à placer. En revanche, les deux premières lignes demandent une vigilance constante, car elles signifient que le russe en dit moins. Quand la précision importe — dans un récit, dans une discussion où l’on démêle ce qui s’est passé de ce qui aurait pu se passer — l’adverbe de temps n’est plus un ornement : il devient la seule pièce qui porte l’information.

Ce que cette page ne traite pas

La formation du passé. Le suffixe en -л, les verbes qui s’en passent, l’accord au féminin et au pluriel : tout cela est à la page le passé, et le conditionnel réutilise ces formes telles quelles. Voyez aussi les deux conjugaisons et comment le verbe fonctionne.

Le devoir. должен dóljen n’est pas un verbe mais un adjectif court, et il se combine avec la particule : он должен был бы on dóljen byl by, « il aurait dû ». Ces formes sont exposées à la page la forme courte.

La subordination. Les conjonctions, la virgule obligatoire et le détail de чтобы relèvent de la page des subordonnées.

Une forme simple, un réflexe long à installer. Comprendre que le russe assemble un passé et une particule prend deux minutes. Placer cette particule au bon endroit sans y penser, et l’entendre passer dans une phrase rapide, demande beaucoup d’écoute. C’est le travail que fait notre cours de russe, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes. Sur la plateforme web comme dans nos applications, la méthode LIMBA vous fait écouter puis répéter : mettez la première leçon dès maintenant, et la particule trouvera sa place d’elle-même. L’ensemble du dossier est rassemblé à la page la grammaire complète.

Exercez-vous : чтобы et les tours figés

Choisissez la forme qu’appelle chaque construction. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. Я хочу, ___ ты пришёл. (Je veux que tu viennes.)
  2. Я сказал ему, чтобы он ___. (Je lui ai dit de venir.)
  3. Я пришёл, чтобы ___. (Je suis venu pour aider.)
  4. Он попросил, чтобы мы ___ раньше. (Il a demandé que nous venions plus tôt.)
  5. Мама хочет, чтобы я ___ врачом. (Maman veut que je devienne médecin.)
  6. Я не знаю, ___ ему подарить. (Je ne sais pas quoi lui offrir.)
  7. ___ ни случилось, я тебе помогу. (Quoi qu’il arrive, je t’aiderai.)
  8. ___ бы ни было трудно, он не сдался. (Quelles qu’aient été les difficultés, il n’a pas renoncé.)
  9. ___ бы ни спросил, ничего не говори. (Qui que ce soit qui demande, ne dis rien.)
  10. Кто бы ___ подумать! (Qui aurait pu le penser !)
  11. Если бы ___! (Ah, si on savait !)

Toute la grammaire russe, chapitre par chapitre

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Le russe tel qu’on le parle

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Questions fréquentes

Comment forme-t-on le conditionnel en russe ?

Avec la forme du passé du verbe et la particule бы : я сказал бы ia skazál by, je dirais. Le verbe ne se conjugue pas ; il s’accorde seulement en genre et en nombre avec le sujet, ce qui donne quatre formes pour six personnes.

Où faut-il placer бы dans la phrase ?

Elle est mobile : après le verbe, après le pronom sujet, ou après le premier mot accentué. Я бы сказал et Я сказал бы sont tous deux corrects. Une position est fixe : elle suit immédiatement если, avec lequel elle fait bloc. Après un mot interrogatif, la place immédiate est la norme sans être obligatoire.

Le déplacement de бы change-t-il le sens de la phrase ?

Il ne change pas le sens, il change l’éclairage. La particule s’appuie sur le mot qui la précède et le met en avant : Я бы сказал правду souligne « moi », Правду бы я сказал souligne « la vérité ». Une seule interdiction : elle ne peut jamais ouvrir la proposition, puisqu’il lui faut un appui à gauche. Pour débuter, placez-la juste après le pronom sujet : c’est correct partout.

Comment dire « si j’avais su » plutôt que « si je savais » ?

Le russe n’a pas de forme distincte : Если бы я знал couvre les deux. Pour lever le doute, ajoutez un adverbe de temps — вчера vtcherá, hier, ou тогда togdá, alors. L’ambiguïté est réelle et le contexte la résout la plupart du temps.

Quelle différence entre если et если бы ?

если introduit une condition qu’on tient pour possible, suivi de l’indicatif : Если будет время, я приду. если бы introduit une condition contraire aux faits, et la principale porte alors elle aussi la particule : Если бы было время, я бы пришёл.

Faut-il mettre то dans la principale ?

Non, то est facultatif. Il articule les deux propositions quand la condition vient en premier — Если бы он позвонил, то я бы пришёл — et ne s’emploie pas si la principale ouvre la phrase. Surtout, il ne dispense pas de la particule : celle-ci reste obligatoire dans la principale.

Pourquoi le nom reste-t-il au nominatif après если бы не ?

Parce qu’il est sujet d’un verbe sous-entendu : Если бы не ты équivaut à « si tu n’étais pas là ». On dit donc если бы не дождь, если бы не вы, et jamais le génitif, malgré la négation. La tournure sert beaucoup à remercier.

Pourquoi « я хотел бы » est-il plus poli que « я хочу » ?

Parce que la particule éloigne la demande du réel. Я хочу annonce une volonté présente et sonne comme un ordre ; Я хотел бы la présente comme une hypothèse et laisse la décision à l’interlocuteur. Мне хотелось бы va plus loin encore, la tournure étant impersonnelle.

Pourquoi ajoute-t-on не dans « Вы не могли бы…? »

Interroger à la forme négative, c’est annoncer qu’on s’attend plutôt à un refus, donc ne pas peser sur la réponse. C’est le mécanisme du français « vous n’auriez pas une minute ? ». L’échelle complète va de Помогите мне à Вы не могли бы мне помочь?, la formule la plus courtoise avec un inconnu.

Peut-on employer бы sans verbe conjugué ?

Oui, et c’est très fréquent à l’oral. Trois moules : infinitif plus particule, Поехать бы на море ; datif plus particule plus infinitif, Вам бы отдохнуть, « vous feriez bien de vous reposer », sans aucun sujet au nominatif, ce qui rend le conseil très doux ; datif plus particule plus nom, Мне бы чаю. Aucun temps français ne peut en faire autant, puisqu’un temps n’existe que sur un verbe.

Pourquoi le verbe est-il au passé après чтобы ?

Parce que чтобы contient la particule, soudée à что. La forme du passé y perd toute valeur temporelle : Я хочу, чтобы ты пришёл se traduit par « je veux que tu viennes », au présent. Cela vaut quand le sujet change ; si le sujet reste le même, чтобы est suivi d’un infinitif. La construction complète relève de la page des subordonnées.

Comment distinguer чтобы en un mot de что бы en deux ?

Remplacez le mot par « quoi ». Si la phrase française tient — « je ne sais pas quoi offrir » — écrivez deux mots : Я не знаю, что бы ему подарить. Sinon, écrivez la conjonction en un seul mot : Я хочу, чтобы ты пришёл. L’oreille ne les sépare pas, seul le sens tranche.

Quelle différence entre как бы ни et как бы не ?

ни donne la concession, qui ne nie rien : Как бы ни было трудно, он не сдался, « quelles qu’aient été les difficultés… ». не donne la crainte : Как бы он не опоздал!, « pourvu qu’il ne soit pas en retard ». Les deux mots se confondent à l’oreille, et la faute change tout.

Peut-on dire « я буду бы » ?

Non. La particule ne se combine ni avec un présent ni avec un futur : elle s’appuie sur la forme du passé, sur un infinitif, ou, dans les tournures de souhait, sur un simple nom. C’est la faute la plus fréquente chez les francophones, à cause de la ressemblance entre je dirai et je dirais.

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