
Apprenez le russe à votre rythme !
Moins de 0,99 € par leçon !
50 leçons audio · 11 h 39 d’écoute · 14 minutes par leçon
Commande en ligne ; les liens de téléchargement arrivent ensuite par courriel.
Vous écoutez et vous répétez à voix haute ce que vous entendez : les 50 leçons se déroulent toutes de cette façon.
Le cours entier se télécharge en une fois, pour 49 € : je prends le cours complet.
Le russe range sous un seul infinitif deux verbes que presque tout sépare. Я болею dit que vous êtes malade, у меня болит dit qu’une partie de votre corps vous fait mal, et chacun suit sa propre conjugaison. Le reste de la page découle de ce partage.
Le cours complet de russe se télécharge : 50 leçons audio de 14 minutes, en fichiers MP3, pour un paiement unique de 49 €. Aucun abonnement, rien à résilier. La leçon 1 est plus haut, gratuite et complète.
Ouvrez un dictionnaire russe : vous y lirez l’infinitif болеть boliét’, parfois imprimé deux fois de suite avec un petit chiffre à côté. Ce chiffre est la clé de la page. Sous une même forme se cachent deux verbes : l’un dit qu’une personne est malade, l’autre qu’une partie du corps fait mal. Ils partagent la racine, l’infinitif et le passé, mais pas le présent, car le premier suit la première conjugaison et le second la seconde. Le français, qui dit « être malade » et « avoir mal » avec deux tournures sans rapport l’une avec l’autre, ne vous prépare guère à cette rencontre.
Voici les phrases par lesquelles presque tout le monde fait connaissance avec ce verbe. Elles ont l’air de se ressembler, et pourtant elles ne sont pas bâties de la même façon.
Dans la première et la troisième phrase, le sujet est la personne malade, au nominatif, et le verbe prend la forme болею, болеет, avec un е qui reste en place à toutes les personnes. Dans la deuxième et la quatrième, le sujet est la partie du corps : c’est la tête, c’est la gorge qui fait mal. La personne qui souffre n’est plus sujet du tout. Elle passe derrière la préposition у, au génitif, et le verbe prend une autre forme, болит, où ce е a disparu.
| Critère | болеть, être malade | болеть, faire mal |
|---|---|---|
| sujet | la personne, ou l’animal, qui est malade | la partie du corps qui fait souffrir |
| conjugaison | première, en -е- | seconde, en -и- |
| troisième personne du singulier | болеет boliéiet | болит bolít |
| troisième personne du pluriel | болеют boliéiout | болят boliát |
| personnes employées | les six | en pratique, la troisième |
| passé | болел, болела, болели | болел, болела, болели, les mêmes formes |
| complément habituel | la maladie, à l’instrumental | la personne, après у, au génitif |
| exemple | Он болеет гриппом. — Il a la grippe. | У него болит горло. — Il a mal à la gorge. |
La ligne du passé mérite qu’on s’y arrête. Comme les deux verbes se forment sur le même infinitif, leur passé est identique, lettre pour lettre. Au passé, seul le sujet permet donc de savoir de quel verbe il s’agit : Он болел On boliél, « il a été malade », mais У него болел зуб Ou niegó boliél zoub, « il avait mal à une dent ».
Pour choisir sans hésiter, posez une seule question : qui, ou quoi, est le sujet de la phrase ? Si c’est un être vivant qui est malade, une personne ou un animal, prenez la première conjugaison. Si c’est un organe, un membre, une partie du corps qui fait souffrir, prenez la seconde, et placez la personne derrière у.
Une phrase semble contredire la règle : У меня болеет сын Ou mieniá boliéiet syn, « mon fils est malade ». La préposition у y figure bien, et pourtant le verbe garde son е. C’est qu’ici у меня n’introduit pas la personne qui souffre : il veut dire « chez moi, dans ma famille », comme dans у меня есть сын, « j’ai un fils ». Le sujet, celui qui est malade, est le fils, une personne. La règle tient donc : on regarde le sujet, et non la préposition.
Le verbe des personnes malades se conjugue comme уметь oumiét’, savoir faire, qui donne умею, умеешь. On retire le -ть de l’infinitif et l’on ajoute à боле- les désinences de la première conjugaison. Entre le е du radical et la désinence s’entend un léger yod, le son du mot « yeux », que l’écriture cache dans les lettres ю et е.
| Personne | Forme | Transcription | Exemple |
|---|---|---|---|
| я | болею | boliéiou | Я редко болею. — Je suis rarement malade. |
| ты | болеешь | boliéiech’ | Ты часто болеешь? — Tu es souvent malade ? |
| он, она | болеет | boliéiet | Она болеет уже неделю. — Elle est malade depuis une semaine. |
| мы | болеем | boliéiem | Мы почти не болеем. — Nous ne sommes presque jamais malades. |
| вы | болеете | boliéietie | Вы давно болеете? — Vous êtes malade depuis longtemps ? |
| они | болеют | boliéiout | Дети часто болеют зимой. — Les enfants sont souvent malades en hiver. |
L’accent ne bouge pas : il reste sur le е du radical aux six personnes, comme à l’infinitif. Rien, dans ce paradigme, ne demande d’effort de mémoire particulier ; c’est le modèle régulier exposé à la page les deux conjugaisons. La seule singularité du verbe est d’avoir un homonyme qui, lui, suit l’autre série de désinences, et c’est cet homonyme qui fait trébucher les apprenants.
Le passé se forme sur l’infinitif, sans surprise : болел, болела, болело, болели boliél, boliéla, boliélo, boliéli, avec l’accent toujours sur le même е. Il s’accorde en genre et en nombre avec le sujet, selon la règle que décrit la page l’accord du passé : un homme dit я болел, une femme я болела. Le neutre sert peu, faute de sujet neutre qui tombe malade, sauf avec un mot comme животное, l’animal. Le futur se compose de буду et de l’infinitif, буду болеть, et l’impératif se tire du présent : болей, болейте.
Les deux dernières lignes sont des formules d’usage. On les adresse à quelqu’un qui est malade, en guise de « remets-toi », ou à quelqu’un qu’on quitte pendant la saison des rhumes, en guise de « prends soin de toi ». Elles ne commandent rien : comme on ne choisit pas d’être malade, la négation et l’imperfectif en font un souhait.
Pour dire de quoi l’on est malade, le français emploie « avoir » et l’article : « avoir la grippe ». Le russe garde son verbe et met la maladie à l’instrumental, sans préposition. La question correspondante est donc Чем? Tchem ?, l’instrumental de что.
| Maladie | Nominatif | Instrumental | Exemple |
|---|---|---|---|
| la grippe | грипп grip | гриппом gríppom | Он болеет гриппом. — Il a la grippe. |
| l’angine | ангина anguína | ангиной anguínoï | Она болела ангиной. — Elle a eu une angine. |
| la rougeole | корь kor’ | корью kór’iou | В детстве я болел корью. — Enfant, j’ai eu la rougeole (dit par un homme). |
| la varicelle, dans la langue courante | ветрянка vietriánka | ветрянкой vietriánkoï | Дети болеют ветрянкой. — Les enfants ont la varicelle. |
| le diabète | диабет diabiét | диабетом diabiétom | Мой отец болеет диабетом. — Mon père est diabétique. |
Retenez le cas de корь : c’est un féminin en signe mou, dont l’instrumental se termine en -ью, et la terminaison surprend à l’oreille. Le russe dispose par ailleurs de deux autres manières de dire la même chose. La première traite la maladie comme une chose que l’on a : У меня грипп Ou mieniá grip, « j’ai la grippe », sur le modèle de la page dire « avoir ». La seconde emploie l’adjectif court, suivi lui aussi de l’instrumental : Он болен гриппом On bólien gríppom. Les trois phrases sont correctes, et la tournure en у меня est sans doute celle que vous direz le plus vite.
Trois situations reviennent sans cesse dans la conversation, et chacune a sa construction. Pour dire qu’une maladie dure encore, le français emploie « depuis » et le présent ; le russe emploie lui aussi le présent, avec уже ou давно, et la durée, quand on la précise, à l’accusatif : Она болеет уже неделю Oná boliéiet oujé niediéliou. Pour dire qu’elle a duré, puis cessé, il prend le passé de l’imperfectif : Я болел две недели Ia boliél dvie niediéli, « j’ai été malade deux semaines ». Pour dire enfin qu’on est souvent malade, il suffit d’un adverbe : Он часто болеет, « il est souvent malade », Я редко болею, « je suis rarement malade ». Dans ce dernier emploi, le verbe dit une disposition plus qu’un état du moment.
Choisissez la forme qu’appelle chaque phrase. Demandez-vous d’abord si le sujet est une personne ou une partie du corps.
Le second verbe ne s’emploie, en pratique, qu’à la troisième personne, et la raison est de sens : ce qui fait mal, c’est une tête, un dos, une dent, et non « je » ou « tu ». Il suit la seconde conjugaison, comme гореть goriét’, brûler, qui donne горит, горят. Ses deux formes usuelles du présent sont donc болит bolít pour un sujet singulier et болят boliát pour un sujet pluriel, avec l’accent sur la désinence. Une forme comme я болю n’appartient pas à l’usage, et голова болеет mélange les deux verbes : on dit голова болит.
Reste la personne qui souffre. Elle se place derrière у, au génitif, exactement comme dans la tournure qui exprime la possession : у меня, у тебя, у него, у неё, у нас, у вас, у них. Notez le н qui apparaît devant les pronoms de troisième personne après une préposition, phénomène que détaille la page les pronoms personnels. Avec un nom, on emploie le génitif ordinaire : у мамы, у брата, у ребёнка.
| Partie du corps | Genre | Présent | Passé |
|---|---|---|---|
| голова golová, la tête | féminin | болит голова | болела голова |
| горло górlo, la gorge | neutre | болит горло | болело горло |
| живот jivót, le ventre | masculin | болит живот | болел живот |
| спина spiná, le dos | féminin | болит спина | болела спина |
| зуб zoub, une dent | masculin | болит зуб | болел зуб |
| зубы zoúby, les dents | pluriel | болят зубы | болели зубы |
| ухо oúkho, une oreille | neutre | болит ухо | болело ухо |
| уши oúchi, les oreilles | pluriel | болят уши | болели уши |
| нога nogá, la jambe, le pied | féminin | болит нога | болела нога |
| ноги nógui, les jambes | pluriel | болят ноги | болели ноги |
| глаза glazá, les yeux | pluriel | болят глаза | болели глаза |
| сердце siértse, le cœur | neutre | болит сердце | болело сердце |
La dernière ligne emploie всё, « tout », comme sujet neutre singulier, d’où болит. Remarquez aussi ce que ces phrases ne contiennent pas : le russe n’emploie pas d’ordinaire le possessif devant la partie du corps. On dit у меня болит голова, et une phrase comme моя голова болит, calquée sur « ma tête me fait mal », sonne étrangement. La tournure en у dit déjà à qui appartient la tête.
Voici le piège le plus sûr de toute la page. Au passé, le verbe s’accorde en genre et en nombre avec son sujet, et son sujet est la partie du corps. La personne qui souffre, reléguée derrière у, n’a aucune prise sur l’accord. Une femme qui a eu mal à une dent dit donc у меня болел зуб, au masculin, parce que зуб est masculin ; un homme qui a eu mal à la tête dit у меня болела голова, au féminin, parce que голова est féminin.
C’est le même mécanisme que dans у меня была машина, « j’avais une voiture », où le verbe s’accorde avec la voiture et non avec son propriétaire. Le francophone, habitué à ce que « j’avais mal » ne porte aucune marque de genre, cherche spontanément à accorder avec lui-même ; c’est l’organe qu’il faut regarder.
La consultation offre les phrases les plus utiles de ce verbe. Le médecin demande ce qui fait mal, ou où cela fait mal, et le patient répond en nommant l’organe, qui devient sujet.
Dans la première question, что tient la place de l’organe et sert de sujet ; le verbe se met donc au singulier, même si la réponse sera un pluriel. Dans la deuxième et la quatrième, le sujet n’est pas exprimé du tout, et болит s’emploie seul, à la manière d’un « ça fait mal ». Pour le futur et après un autre verbe, on recourt à l’infinitif : Завтра у тебя будет болеть голова Závtra ou tiebiá boúdiet boliét’ golová, « demain, tu auras mal à la tête » ; Голова перестала болеть Golová pierestála boliét’, « la tête a cessé de me faire mal ».
Il existe une troisième manière de parler de la douleur, et elle ne nomme aucune partie du corps. Мне больно Mnie ból’no dit la sensation elle-même : j’ai mal, cela me fait mal. La phrase n’a pas de sujet ; la personne se met au datif et больно ne varie pas. C’est une tournure du même type que мне холодно, « j’ai froid », et la page les tournures sans sujet en décrit le fonctionnement général.
Comme toutes les impersonnelles, la tournure se fige au neutre au passé, было больно, et le même énoncé convient à un homme et à une femme. Elle sert aussi pour la douleur morale : Мне больно это слышать Mnie ból’no èto slýchat’, « cela me fait de la peine de l’entendre ». L’avant-dernière ligne de la liste montre enfin le tour делать больно, faire mal à quelqu’un, où la victime se met au datif.
Ne mêlez pas les deux constructions. Avec больно, la personne est au datif : мне больно. Avec болит, elle est derrière у : у меня болит. La phrase мне болит голова, qui croise les deux, n’appartient pas à la langue normée. Le choix se fait en une seconde : si vous nommez l’organe, c’est у меня болит ; si vous ne nommez que la sensation, c’est мне больно.
« J’ai mal au cœur » ne se dit pas avec le cœur. En français, l’expression désigne la nausée. Traduite mot à mot, у меня болит сердце annonce une vraie douleur cardiaque, ou un chagrin, et vous risquez d’inquiéter votre entourage. La nausée se dit Меня тошнит Mieniá tochnít, avec un verbe impersonnel et la personne à l’accusatif. Quant au malaise général, au « je me sens mal », il se dit Мне плохо Mnie plókho, au datif.
Complétez chaque phrase. Repérez le sujet, puis le cas qu’appelle la construction.
Болеть, être malade, est un imperfectif : il décrit un état qui dure. Le perfectif qu’on lui associe, заболеть zaboliét’, ne dit pas « avoir été malade » mais « tomber malade » : il saisit l’instant où l’état commence. Le préfixe за- joue souvent ce rôle de commencement, comme dans заплакать, se mettre à pleurer, ou засмеяться, se mettre à rire ; la page les préfixes verbaux en présente les autres valeurs, et la logique des paires est exposée à la page perfectif et imperfectif.
La première ligne mérite toute votre attention, car elle contredit le réflexe français. Pour annoncer qu’il est malade, le français emploie le présent : « je suis malade ». Le russe dit très souvent я заболел, au passé perfectif : la maladie a commencé, et son résultat dure encore. Я болею se dit aussi, mais il décrit l’état plutôt qu’il ne l’annonce. Comme tout perfectif, заболеть n’a pas de présent : ses formes conjuguées, заболею, заболеешь, sont des futurs, et la quatrième ligne s’en sert pour une mise en garde.
Quand la maladie s’annonce sans être encore déclarée, le russe emploie l’imperfectif de заболеть, заболевать zabolievát’ : Кажется, я заболеваю Kájetsia, ia zabolieváiou, « j’ai l’impression que je couve quelque chose ». Et pour mettre quelqu’un en garde, il emploie l’impératif négatif du perfectif, Не заболей! Nie zaboliéï !, « ne va pas tomber malade ! ». Le choix du perfectif dans ce dernier tour, qui avertit d’un accident et non d’une action voulue, est expliqué à la page l’aspect à l’impératif.
Le verbe qui fait mal possède lui aussi un perfectif en за-, et il s’écrit exactement de la même façon. У меня заболел зуб Ou mieniá zaboliél zoub ne veut pas dire que la dent est tombée malade, mais qu’elle s’est mise à faire mal. Ce second заболеть suit la seconde conjugaison, comme болит, et son futur est donc заболит, заболят.
Au passé, vous ne distinguerez les deux заболеть que par le sujet, comme pour le verbe simple : он заболел, il est tombé malade ; у него заболел зуб, sa dent s’est mise à lui faire mal. Au futur, la conjugaison les sépare : ты заболеешь, mais заболит голова.
| Verbe | Aspect | Sens | Exemple |
|---|---|---|---|
| заболеть (заболею) | perfectif | tomber malade | Она заболела ангиной. — Elle a attrapé une angine. |
| заболевать | imperfectif | être en train de tomber malade | Кажется, я заболеваю. — Je crois que je couve quelque chose. |
| заболеть (заболит) | perfectif | commencer à faire mal | У меня заболело горло. — J’ai commencé à avoir mal à la gorge. |
| переболеть | perfectif | avoir eu une maladie et en être sorti | Я уже переболел гриппом. — J’ai déjà eu la grippe (dit par un homme). |
| разболеться | perfectif | se mettre à faire très mal ; familier, tomber vraiment malade | У меня разболелась голова. — Mon mal de tête est devenu violent. |
| приболеть | perfectif, familier | tomber un peu malade ; au passé, être un peu souffrant | Я немного приболела. — Je suis un peu souffrante (dit par une femme). |
Trois de ces verbes demandent un commentaire. Переболеть pierieboliét’ regarde la maladie depuis la sortie : on l’a eue, on l’a traversée, on en est guéri, et il régit l’instrumental comme le verbe simple. Разболеться razboliét’sia dit une douleur qui s’installe et s’aggrave ; il s’emploie surtout avec un organe pour sujet, au passé, d’où разболелась голова razboliélas’ golová. Приболеть priboliét’, enfin, appartient à la langue familière et minimise : on est un peu patraque, sans plus. Ajoutez-y le verbe qui désigne le rhume que l’on attrape, простудиться prostoudít’sia : Я простудился, « j’ai pris froid ».
Pour dire « guérir », le russe ne recourt pas à un dérivé de болеть. Il emploie выздороветь výzdoroviet’, perfectif, bâti sur la racine de здоровый, « en bonne santé », et son imperfectif выздоравливать vyzdorávlivat’. C’est de ce dernier que vient le vœu le plus courant adressé à un malade.
Un mot de prudence sur le second verbe. Поправиться veut dire « se remettre », mais aussi, dans la langue courante, « prendre du poids ». Она поправилась peut donc se comprendre de deux façons, et seul le contexte tranche. Le vœu Поправляйся!, adressé à quelqu’un de malade, ne prête en revanche à aucune confusion.
Choisissez le verbe et la forme que la situation réclame. Demandez-vous si la phrase décrit un état, un commencement ou une fin.
Voici l’emploi qui déconcerte le plus les francophones, parce qu’il n’a rien de médical. Suivi de la préposition за et de l’accusatif, le verbe des personnes malades signifie soutenir une équipe, un sportif, un candidat : être supporter, encourager, « être pour ». Il garde la première conjugaison, болею, болеешь, et son complément se met à l’accusatif, ce qui donne кого pour un être animé.
Le verbe a produit un nom très courant, болельщик boliél’chtchik, au féminin болельщица boliél’chtchitsa, qui désigne le supporter ou la supportrice. Il connaît aussi un emploi plus large, hors du sport : болеть за своё дело, c’est avoir son travail à cœur, s’en soucier sincèrement. Dans tous ces emplois, la préposition est indispensable. Sans elle, я болею redevient « je suis malade », et la phrase change complètement de sens.
Notez enfin la parenté avec le verbe qui fait mal, que la langue a gardée dans une tournure imagée : У меня душа болит за него Ou mieniá douchá bolít za niegó, mot à mot « l’âme me fait mal pour lui », c’est-à-dire « je me fais du souci pour lui ». Ici, le sujet est душа, l’âme, et le verbe reprend la seconde conjugaison, болит. La règle du sujet s’applique jusque dans les expressions figées.
Le français dit « mal » pour deux choses que le russe sépare. Le mal qui fait souffrir, la douleur, se dit боль bol’ ; le mal dont on est atteint, la maladie, se dit болезнь boliézn’. Le « mal de tête » est une douleur, головная боль golovnáia bol’ ; le « mal de mer » est une maladie, морская болезнь morskáia boliézn’. Les deux noms sont féminins et se terminent par un signe mou, ce qui leur donne une déclinaison que présente la page les féminins en signe mou.
| Cas | Forme | Transcription | Exemple |
|---|---|---|---|
| nominatif | боль | bol’ | Боль прошла. — La douleur est passée. |
| génitif | боли | bóli | таблетка от головной боли — un comprimé contre le mal de tête |
| datif | боли | bóli | rare dans l’usage courant |
| accusatif | боль | bol’ | Я чувствую боль. — Je ressens une douleur. |
| instrumental | болью | ból’iou | с болью — avec douleur, avec peine |
| prépositionnel | боли | bóli | о боли — au sujet de la douleur |
Pour situer une douleur, on emploie в suivi du prépositionnel : боль в спине bol’ v spinié, une douleur dans le dos ; боль в горле bol’ v górlie, une douleur à la gorge. Le pluriel боли appartient plutôt au vocabulaire médical : боли в животе, des douleurs abdominales. Dans la conversation, on préfère d’ordinaire la tournure verbale, у меня болит спина, au nom, у меня боль в спине, qui se dit aussi mais sonne plus descriptif.
L’adjectif больной bol’nóï, « malade », a une forme courte, болен, больна, больны bólien, bol’ná, bol’ný, dont l’accent se déplace au féminin et au pluriel. La différence entre он болен, malade en ce moment, et он больной, malade de nature ou de longue date, est exposée à la page la forme courte de l’adjectif, et nous ne la reprenons pas ici. Pour cette page, une comparaison suffit : Он болен et Он болеет disent à peu près la même chose au présent ; la forme courte, plus nette, sonne un peu plus soutenue, tandis que le verbe est la manière ordinaire de parler.
Employé comme nom, больной, au féminin больная, désigne le malade, le patient, et se décline comme un adjectif : Врач осмотрел больного Vratch osmotriél bol’nógo, « le médecin a examiné le malade ». Une mise en garde, toutefois : dans la langue familière, Ты что, больной? ne s’inquiète pas de votre santé, il veut dire « tu es fou ? ». Pour demander à quelqu’un s’il est malade, dites plutôt Ты заболел? ou Ты болеешь?
La même racine a donné l’hôpital, больница bol’nítsa. On y « est couché », comme le dit l’expression лежать в больнице lieját’ v bol’nítse, qui emploie l’un des verbes de position décrits à la page debout, couché, assis. Et l’arrêt de travail, dans la langue courante, se dit больничный : Я на больничном Ia na bol’nítchnom, « je suis en arrêt maladie ».
| Expression | Transcription | Sens |
|---|---|---|
| больное место | bol’nóie miésto | le point sensible, là où ça fait mal |
| больной вопрос | bol’nóï voprós | une question qui fâche, un sujet douloureux |
| Это не моя головная боль. | Èto nie moiá golovnáia bol’. | ce n’est pas mon problème, mot à mot « pas mon mal de tête » |
| У меня душа болит. | Ou mieniá douchá bolít. | j’ai le cœur lourd, cela me peine |
| У кого что болит, тот о том и говорит. | Ou kogó tchto bolít, tot o tom i govorít. | proverbe : chacun parle de ce qui le tourmente |
Le proverbe de la dernière ligne résume à lui seul la construction de cette page : la personne derrière у, la chose qui fait mal au nominatif, et le verbe de la seconde conjugaison entre les deux. On le cite, avec un sourire, à quelqu’un qui ramène sans cesse la conversation à son sujet de prédilection.
Rassemblons ce qui précède sous la forme qui sert le mieux au moment de parler : la phrase que vous avez en tête en français, et celle que le russe attend. La troisième colonne dit la raison du choix, pour que vous puissiez la retrouver seul devant une phrase nouvelle.
| En français je dis | En russe je dis | Pourquoi |
|---|---|---|
| Je suis malade. | Я болею. ou Я заболел. | la personne est sujet ; le perfectif annonce la maladie qui vient de commencer |
| Elle est malade depuis une semaine. | Она болеет уже неделю. | une durée qui se prolonge jusqu’à maintenant se dit au présent |
| J’ai la grippe. | У меня грипп. ou Я болею гриппом. | la maladie « possédée », ou à l’instrumental après le verbe |
| J’ai mal à la tête. | У меня болит голова. | la tête est sujet, la personne passe après у |
| J’ai mal aux dents. | У меня болят зубы. | sujet pluriel, donc болят |
| Hier, j’avais mal à la tête (dit par un homme). | Вчера у меня болела голова. | le passé s’accorde avec la tête, non avec la personne |
| J’ai mal partout. | У меня всё болит. | всё est un sujet neutre singulier |
| Aïe, ça fait mal ! | Ой, больно! | la sensation sans organe : больно, et la personne au datif si on la nomme |
| Tu me fais mal ! | Ты делаешь мне больно! | le tour делать больно et le datif |
| J’ai mal au cœur. | Меня тошнит. | c’est la nausée, et le cœur n’y est pour rien |
| Je me sens mal. | Мне плохо. | un malaise général, au datif |
| Je suis supporter de cette équipe. | Я болею за эту команду. | за et l’accusatif, avec la première conjugaison |
| un mal de tête | головная боль | la douleur, боль, n’est pas la maladie, болезнь |
| Rétablis-toi ! | Выздоравливай! Не болей! | deux souhaits à l’imperfectif, adressés à un malade |
Si vous ne deviez garder qu’une idée de cette page, gardez celle qui revient dans presque toutes les lignes de la colonne de droite : avant de choisir la forme, demandez-vous qui est le sujet. Une personne appelle болею, болеет, болеют ; une partie du corps appelle болит, болят. Le reste, l’accord du passé, la préposition у, le choix entre les deux заболеть, en découle presque mécaniquement.
Une affaire de réflexe. Personne n’a de mal à comprendre la différence entre я болею et у меня болит une fois qu’elle est expliquée. La difficulté est de produire la bonne phrase au moment où vous en avez besoin, chez le médecin ou au téléphone, sans vous arrêter pour chercher le sujet. Ce réflexe vient en entendant et en répétant des phrases entières, avec leur préposition et leur accord, jusqu’à ce qu’elles sortent toutes seules. C’est ce que travaille notre cours de russe, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes, sur la plateforme web comme dans nos applications. Écoutez la première leçon aujourd’hui.
Choisissez le mot que la situation réclame. Demandez-vous qui souffre, de quoi, et si la phrase nomme une partie du corps.
Plus de cent cinquante pages qui se répondent — la mécanique de la langue, les verbes pris un à un, le vocabulaire par thème — avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.
50 leçons de 14 minutes, soit 11 h 39 d’écoute, en fichiers MP3. Je paie une fois, je reçois le lien par courriel, je télécharge le cours entier — ou je l’écoute en ligne.
La leçon 1 est en haut de cette page, gratuite et en entier : je l’écoute avant de payer, sans compte à créer et sans carte bancaire.
Parce qu’il s’agit en réalité de deux verbes qui partagent le même infinitif. Le premier, « être malade », suit la première conjugaison : я болею, ты болеешь, они болеют. Le second, « faire mal », suit la seconde : болит, болят. Les dictionnaires les présentent souvent comme deux entrées distinctes, numérotées.
Regardez le sujet. Si c’est une personne ou un animal qui est malade, prenez болею, болеет : Ребёнок болеет, « l’enfant est malade ». Si c’est une partie du corps qui fait souffrir, prenez болит, болят, et mettez la personne après у : У ребёнка болит живот, « l’enfant a mal au ventre ».
У меня болит голова Ou mieniá bolít golová. La tête est le sujet, au nominatif, et la personne qui souffre se place derrière у, au génitif, comme dans la tournure de possession. Au pluriel, le verbe change : У меня болят зубы, « j’ai mal aux dents ». Le possessif devant la partie du corps n’est pas d’usage courant.
Parce que le passé s’accorde avec son sujet, et que le sujet est ici зуб, la dent, un nom masculin. La personne qui souffre, placée derrière у, n’intervient pas dans l’accord. Un homme dira de même у меня болела голова, au féminin, puisque голова est féminin.
Non, cette forme n’appartient pas à l’usage. Le verbe qui signifie « faire mal » ne s’emploie, en pratique, qu’à la troisième personne, puisque ce qui fait mal est une partie du corps. Pour parler de soi, on dit я болею, « je suis malade », avec l’autre conjugaison, ou мне больно, « j’ai mal ».
Мне больно dit la sensation de douleur sans nommer d’organe : la personne est au datif, et больно ne varie pas. У меня болит s’emploie quand on nomme ce qui fait mal : У меня болит спина. Les deux constructions ne se mélangent pas : мне болит голова n’est pas la forme normée.
Après болеть, la maladie se met à l’instrumental, sans préposition : Он болеет гриппом, « il a la grippe » ; В детстве я болел корью, « enfant, j’ai eu la rougeole ». La question est Чем? On peut dire aussi У меня грипп, sur le modèle de la possession, ou Он болен гриппом, avec l’adjectif court.
Болеть décrit l’état qui dure : Он болеет уже неделю, « il est malade depuis une semaine ». Заболеть, perfectif, saisit l’instant où la maladie commence : Он заболел, « il est tombé malade ». C’est souvent cette forme que le russe emploie pour annoncer qu’il est malade, là où le français dit « je suis malade ». Ses formes conjuguées sont des futurs : ты заболеешь, « tu vas tomber malade ».
Que la dent s’est mise à faire mal. Le verbe qui fait mal possède lui aussi un perfectif en за-, qui s’écrit comme l’autre et marque le début de la douleur. On distingue les deux par le sujet : он заболел, il est tombé malade ; у него заболел зуб, sa dent s’est mise à lui faire mal. Au futur, la conjugaison les sépare : заболеешь contre заболит.
Soutenir, encourager, être supporter : Я болею за нашу команду, « je soutiens notre équipe » ; За кого ты болеешь?, « tu es pour qui ? ». Le verbe garde la première conjugaison et son complément se met à l’accusatif après за. Le supporter se dit болельщик, la supportrice болельщица.
Au présent, les deux disent à peu près la même chose : « je suis malade ». Я болен, я больна pour une femme, emploie la forme courte de l’adjectif et sonne un peu plus net, un peu plus soutenu ; я болею est la manière ordinaire de parler. La forme longue больной évoque plutôt une maladie durable, ou désigne le malade lui-même.
Non. Боль est la douleur, болезнь la maladie, là où le français dit « mal » pour les deux. Le mal de tête est une douleur, головная боль ; le mal de mer est une maladie, морская болезнь. Les deux noms sont des féminins en signe mou : боль fait боли au génitif et болью à l’instrumental.
Le plus courant est Выздоравливай!, ou Выздоравливайте! en vouvoyant, de выздоравливать, guérir. On entend aussi Поправляйся!, « remets-toi », et Не болей!, mot à mot « ne sois pas malade ». Pour mettre quelqu’un en garde avant qu’il ne tombe malade, on dit en revanche Не заболей!, avec le perfectif.
Si vous voulez dire que vous avez la nausée, comme en français courant, dites Меня тошнит, avec un verbe impersonnel et la personne à l’accusatif. У меня болит сердце annonce une vraie douleur cardiaque, ou un chagrin. Pour un malaise général, « je me sens mal », dites Мне плохо.
50 leçons de 14 minutes, 11 h 39 d’écoute, en fichiers audio. Un seul paiement de 49 € — aucun abonnement, rien à résilier.
La leçon 1 est gratuite et complète, en haut de cette page : je l’écoute en entier avant de payer, sans compte à créer et sans carte bancaire.
Ce que je reçois : les 50 leçons audio du cours de russe, à télécharger sur mon téléphone, ma tablette ou mon ordinateur, ou à écouter en ligne — les deux options restent ouvertes. Une question avant d’acheter : info@limbaaudio.com.