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Поэтому et потому что se ressemblent à une lettre près, et ils disent l’inverse : le premier annonce la conséquence, le second la cause. Une fois ce couple en place, le russe vous offre un outil pour chaque nuance du « donc » français : la suite logique, la déduction, la conclusion d’un exposé, le résultat.
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Le français possède toute une famille de mots pour dire qu’un fait découle d’un autre : « donc », « c’est pourquoi », « si bien que », « par conséquent », « du coup ». Le russe a la sienne, tout aussi fournie, mais il la range autrement. Il sépare la conséquence réelle de la conclusion qu’on tire d’un indice, la langue de la conversation de celle de la démonstration, et il confie la conséquence d’un excès à une autre conjonction que celle d’un simple constat. Avant d’entrer dans ce partage, il faut régler son compte à une paire de mots qui fait trébucher bien des débutants.
Comparez ces deux phrases. Elles relatent les mêmes faits, la neige et le voyage annulé, mais dans l’ordre inverse, et le mot de liaison change avec l’ordre.
Dans la première phrase, la cause vient d’abord, et поэтому annonce ce qui en résulte. Dans la seconde, l’effet vient d’abord, et потому что annonce ce qui l’explique. Retenez la règle sous cette forme : ce qui suit поэтому est une conséquence, ce qui suit потому что est une cause. Les deux mots se ressemblent à une lettre près, le э, et c’est pour cela qu’on les confond : leur début, по-, et leur fin, -тому, sont identiques.
La ressemblance n’a rien d’un hasard : les deux mots sont faits des mêmes pièces. On y trouve la préposition по, qui peut dire « en raison de », suivie d’un démonstratif au datif. Поэтому, c’est по этому, « en raison de cela », et ce « cela » désigne ce qui vient d’être dit. Потому, c’est по тому, et ce тому renvoie à ce qui va être dit, la proposition qu’ouvre что : mot à mot, « en raison de ceci, à savoir que… ». Le premier regarde en arrière, le second regarde en avant. Les formes d’этот et de тот sont rassemblées à la page les démonstratifs, et la valeur de cause de по, avec ses autres emplois, à la page la préposition по.
À l’oreille, la différence est plus nette qu’à l’écrit, car l’accent ne tombe pas au même endroit. Поэтому poètomou porte l’accent sur sa deuxième syllabe, celle du э. Потому что potomoú tchto le porte sur la dernière syllabe de потому, et la conjonction se prolonge par что. Habituez-vous à guetter ce что : quand il suit потому, c’est une cause qui arrive.
| Question | поэтому | потому что |
|---|---|---|
| De quoi le mot est fait | по + этому, « en raison de cela » | по + тому + что, « en raison de ceci, que… » |
| Ce qui le suit | la conséquence | la cause |
| Sa nature | un adverbe | une conjonction de subordination |
| Sa place | en tête de la seconde proposition, ou à l’intérieur de celle-ci | en tête de la subordonnée, qui suit d’ordinaire la principale |
| La virgule | devant lui quand il ouvre une proposition ; aucune après lui | devant la conjonction, ou entre потому et что dans certains cas |
| La réponse à почему? | ne peut pas l’ouvrir | l’ouvre : — Почему? — Потому что… |
| L’accent | poètomou, sur le э | potomoú, sur la dernière syllabe |
| Le registre | neutre, à l’oral comme à l’écrit | neutre, à l’oral comme à l’écrit |
En un mot ou en deux ? Поэтому s’écrit d’un seul tenant quand il veut dire « c’est pourquoi ». Écrits en deux mots, по этому sont une préposition et un démonstratif qui accompagne le plus souvent un nom, et le sens redevient littéral : по этому вопросу po ètomou voprósou, « sur cette question », по этому адресу po ètomou ádriessou, « à cette adresse ». Le même partage oppose потому à по тому : по тому берегу po tomoú biériegou, « le long de l’autre rive ».
Tout ce qui concerne потому что lui-même, la virgule qui se déplace dans не потому, что, ses voisins так как et поскольку, les prépositions из-за et благодаря, est traité à la page exprimer la cause. Ici, il ne sert que de repère, pour qu’on ne le prenne plus pour son jumeau.
Voici, rangées par intention, les phrases où le francophone cherche son « donc ». La deuxième colonne donne l’outil que le russe choisit, la troisième dit pourquoi. C’est cette troisième colonne qu’il faut retenir : le mot français vous aidera peu, puisque « donc » peut se glisser dans presque toutes ces phrases.
| En français je dis | En russe je choisis | Pourquoi | La phrase russe |
|---|---|---|---|
| Ça glissait, c’est pourquoi je marchais lentement. | поэтому | une conséquence réelle, annoncée après sa cause | Было скользко, поэтому я шёл медленно. Býlo skól’zko, poètomou ia chol miédlienno. |
| Je suis libre ce soir, alors passe me voir. | так что | une suite pratique, souvent suivie d’un impératif | Вечером я свободен, так что заходи. Viétcherom ia svobódien, tak tchto zakhodí. |
| Il ne décroche pas, donc il est occupé. | значит | une déduction tirée d’un indice, et non une conséquence | Он не берёт трубку, значит, занят. On nie bieriót troúbkou, znátchit, zániat. |
| Par conséquent, le théorème est démontré. | следовательно | un raisonnement écrit, de registre livresque | Следовательно, теорема доказана. Sliédovatiel’no, tieoriéma dokázana. |
| Ainsi donc, nous avons résolu trois problèmes. | итак, таким образом | la conclusion d’un exposé ou d’un résumé | Итак, мы решили три задачи. Iták, my riechíli tri zadátchi. |
| Au bout du compte, nous ne sommes partis nulle part. | в итоге, в результате | le résultat final, souvent inattendu | В итоге мы никуда не поехали. V itóguie my nikoudá nie poiékhali. |
| À la suite de la tempête, un arbre est tombé. | в результате + génitif | le nom désigne la cause, la phrase dit la conséquence | В результате бури упало дерево. V riezoul’tátie boúri oupálo diérievo. |
| On a coupé le courant, ce qui a bloqué les ascenseurs. | из-за чего, в результате чего, благодаря чему | une relative qui reprend toute la phrase précédente | Отключили свет, из-за чего встали лифты. Otklioutchíli sviet, iz-za tchegó vstáli lífty. |
| Voilà pourquoi il est toujours en retard. | вот почему | une conséquence mise en relief, après une cause déjà exposée | Вот почему он всегда опаздывает. Vot potchemoú on vsiegdá opázdyvaiet. |
| Il faisait si sombre qu’on ne voyait rien. | так…, что, такой…, что | la conséquence naît d’un degré | Было так темно, что ничего не было видно. Býlo tak tiemnó, tchto nitchegó nie bylo vídno. |
| Il est trop jeune pour comprendre cela. | слишком…, чтобы | l’excès empêche la conséquence | Он слишком молод, чтобы это понять. On slíchkom mólod, tchtóby èto poniát’. |
| Dépêche-toi, sinon tu seras en retard. | иначе, а то | ce qui arrivera si l’on n’agit pas | Поторопись, иначе опоздаешь. Potoropís’, inátche opozdáiech’. |
| Viens donc ici ! | же, aucun mot de conséquence | ce « donc » insiste et ne relie rien | Иди же сюда! Idí je sioudá ! |
Lisez ce tableau par groupes. Les deux premières lignes relient un fait à un autre fait : c’est la conséquence proprement dite. La troisième relie un indice à une conclusion, ce qui est tout autre chose, et la quatrième et la cinquième appartiennent à la langue écrite. Les trois suivantes parlent d’un résultat, la neuvième d’une conséquence que l’on souligne, et les trois d’après d’une conséquence produite par un degré, un excès ou une menace. La dernière ligne, enfin, rappelle qu’un « donc » français peut ne rien relier du tout. Chacun de ces groupes a sa section plus bas.
Поэтому est un adverbe, non une conjonction. Ce détail de grammaire a trois conséquences pratiques, que le français « c’est pourquoi » ne laisse pas deviner : la virgule, la combinaison avec и, et la liberté de place.
Quand поэтому ouvre la seconde proposition d’une phrase, une virgule le précède. Elle sépare les deux propositions, et поэтому n’y est pour rien. Après lui, en revanche, rien ne s’écrit. Le russe isole entre virgules certains mots incidents, comme значит que l’on verra plus bas, mais поэтому n’en fait pas partie : il appartient de plein droit à sa proposition. Le francophone, habitué à écrire « Par conséquent, nous… » en tête de phrase, ajoute volontiers une virgule après Поэтому : c’est une faute.
Une virgule peut suivre поэтому lorsqu’un autre élément vient s’intercaler juste après lui, une subordonnée par exemple : Поэтому, если сможешь, приходи пораньше Poètomou, iésli smójech’, prikhodí porán’che, « donc, si tu peux, viens un peu plus tôt ». Cette virgule appartient à la subordonnée если сможешь, qu’elle encadre avec la suivante ; elle ne doit rien à поэтому.
Parce qu’il est un adverbe, поэтому accepte d’être précédé d’и, ce que так что, par exemple, ne tolère pas. Le tour и поэтому est courant. Quand il relie deux verbes du même sujet, aucune virgule ne s’écrit devant и ; quand il relie deux propositions complètes, chacune avec son sujet, la virgule réapparaît.
Il peut aussi quitter la tête de la proposition et se placer après le sujet, souvent renforcé par la particule и, qui prend alors le sens de « justement ». C’est un tour de la conversation, qui reprend ce que l’interlocuteur vient de dire et en fait la raison de ce que l’on fait :
Une conjonction comme потому что ou так что ne peut pas se glisser ainsi au milieu de sa proposition : elle en occupe la tête. C’est un bon test quand vous hésitez sur la nature d’un mot de liaison.
Dernière source de confusion : потому s’emploie aussi sans что, dans les tours и потому et а потому. Il prend alors le sens de поэтому et annonce, lui aussi, une conséquence. Ce tour appartient à un registre plus écrit, un peu soutenu.
Ne vous laissez pas égarer à la lecture : c’est l’absence de что qui vous signale ce sens. Dans votre propre russe, tenez-vous-en à поэтому, qui convient dans tous ces emplois et ne prête à aucune confusion.
Demandez-vous si ce qui suit le blanc est une cause ou une conséquence. La traduction tranche à chaque fois. Touchez une réponse, puis Correction.
Так что tak tchto traduit « si bien que », « de sorte que », et souvent le « donc » ou le « du coup » de la conversation. À la différence de поэтому, c’est une conjonction de subordination : la proposition qu’il ouvre dépend de celle qui précède. Trois comportements en découlent.
D’abord la virgule, obligatoire devant так что et absente entre ses deux mots, qui forment un bloc. Ensuite la place : la proposition en так что suit celle dont elle découle et ne peut pas passer devant elle. Enfin les combinaisons : так что ne s’associe pas à и, et ne se glisse pas au milieu de sa proposition comme le fait поэтому.
Dans bien des phrases, les deux se valent, et un Russe dirait aussi bien Он живёт рядом, поэтому мы часто видимся. La différence est de nuance. Поэтому insiste sur le lien de cause à effet : ceci arrive en raison de cela. Так что présente plutôt une suite, un résultat ou une conclusion que l’on tire à l’intention de l’interlocuteur. C’est pourquoi il s’accorde si bien avec un impératif, une invitation ou un conseil.
À l’oral, так что sert aussi à ouvrir une phrase qui clôt un échange, comme « bref » ou « bon, donc » : Так что не волнуйся, всё будет хорошо Tak tchto nie volnoúïsia, vsio boúdiet khorochó, « donc ne t’inquiète pas, tout ira bien ». Ce так что-là ne dépend d’aucune proposition placée juste avant lui : il reprend tout ce qui vient d’être dit, et aucune virgule ne le suit.
Les deux ont le même premier mot, et ils disent encore l’inverse l’un de l’autre. Так как, « comme, puisque », annonce une cause, et sa proposition peut ouvrir la phrase ; так что annonce une conséquence, et sa proposition vient en second. Comme pour поэтому et потому что, tout se joue sur un détail, ici le second mot. Si vous pouvez traduire par « puisque », c’est так как ; si vous pouvez traduire par « si bien que », c’est так что.
Le français connaît une autre manière de dire la conséquence : il ne la rattache pas à une cause, mais à un degré. Dans « il était si nerveux qu’il a oublié tout son texte », c’est l’intensité de la nervosité qui produit l’oubli. Le russe construit cette phrase avec deux pièces séparées : un mot d’intensité dans la principale, так ou такой, puis la conjonction что en tête de la subordonnée, précédée d’une virgule.
Le choix entre так et такой dépend du mot qui suit, et il obéit à la même logique que l’opposition entre forme courte et forme longue de l’adjectif. Так est invariable et accompagne ce qui ne se décline pas : un verbe, un adverbe, une forme courte. Такой se décline comme un adjectif et s’accorde avec le nom ou l’adjectif long qu’il renforce.
| Le mot renforcé | Le mot d’intensité | Exemple |
|---|---|---|
| un verbe | так | Она так смеялась, что не могла говорить. Oná tak smieiálas’, tchto nie moglá govorít’. — Elle riait tellement qu’elle ne pouvait plus parler. |
| un adverbe, ou un mot en -о comme холодно | так | Было так холодно, что замёрзла река. Býlo tak khólodno, tchto zamiórzla rieká. — Il faisait si froid que la rivière a gelé. |
| un adjectif de forme courte | так | Он был так рад, что забыл обо всём. On byl tak rad, tchto zabýl obo vsiom. — Il était si content qu’il en a tout oublié. |
| un adjectif de forme longue | такой, accordé | Это был такой трудный экзамен, что половина группы его не сдала. Èto byl takóï troúdnyï èkzámien, tchto polovína groúppy iegó nie sdalá. — L’examen était si difficile que la moitié du groupe a échoué. |
| un nom | такой, accordé | Был такой шум, что никто не спал. Byl takóï choum, tchto niktó nie spal. — Il y avait un tel bruit que personne ne dormait. |
| une quantité | так много, ou столько | У меня столько дел, что я не успеваю отдохнуть. Ou mieniá stól’ko diel, tchto ia nie ouspieváiou otdokhnoút’. — J’ai tant à faire que je n’ai pas le temps de me reposer. |
Les deux formes de l’adjectif, et le choix entre elles, sont exposées à la page la forme courte de l’adjectif. Le registre offre encore deux variantes. Настолько nastól’ko, « à tel point », se combine avec un verbe, un adverbe ou un adjectif, de forme courte comme de forme longue, et sonne un peu plus soutenu. До того do togó, « au point que », est familier.
Ces couples de mots qui se répondent d’une proposition à l’autre ont des cousins : чем… тем, « plus… plus », ou не только… но и, « non seulement… mais aussi ». Ils sont réunis à la page les constructions corrélatives.
Quand так porte sur un verbe, il peut se retrouver juste devant что, et les deux constructions de cette page se touchent. Seule la virgule les distingue à l’écrit, seule la pause à l’oral.
Dans la première phrase, так appartient à la principale et veut dire « de telle façon » : il porte l’accent de la phrase, et la pause vient après lui. Dans la seconde, так что forme un bloc, la pause vient avant, et aucun des deux mots ne se détache. À l’écoute, guettez donc la place du silence.
Quand l’excès empêche la conséquence, le français dit « trop… pour » ; le russe dit слишком…, чтобы slíchkom…, tchtóby. Quand le degré suffit à la rendre possible, le français dit « assez… pour », et le russe достаточно…, чтобы. Dans les deux cas, le russe prend чтобы, la conjonction du but, et non что : la conséquence n’est pas un fait constaté, elle reste envisagée. L’infinitif suit quand l’action n’a pas de sujet propre, ou le même que la principale ; la forme en -л apparaît quand un sujet nouveau est exprimé, selon la règle exposée à la page les subordonnées.
Choisissez le mot ou la ponctuation qu’appelle chaque phrase. Regardez d’abord le mot qui suit le blanc.
C’est ici que le « donc » français se divise en deux. Dans « il pleuvait, donc nous sommes restés », la pluie est la cause du fait : c’est une conséquence. Dans « la lumière est allumée, donc il est chez lui », la lumière n’est pas la cause de sa présence, c’est même l’inverse. Le « donc » ne relie plus deux faits : il relie un indice à la conclusion qu’on en tire. Le russe distingue ces deux opérations, et confie la seconde à значит znátchit, mot à mot « (cela) signifie ».
Remplacez значит par поэтому dans la première phrase, et vous affirmez que la lumière l’a fait rester chez lui. C’est l’erreur symétrique de la confusion entre поэтому et потому что, et elle est plus sournoise, parce que le français ne la signale pas : son « donc » couvre les deux sens. Posez-vous la question avant de parler : est-ce que je raconte ce qui s’est passé, ou est-ce que je devine ?
Au sens de « donc », значит se comporte comme un mot incident : la norme l’isole entre virgules, en tête de la proposition comme en son milieu. C’est un mot de la langue parlée, neutre et d’usage courant, que l’écrit accepte aussi. Mais le même mot est d’abord une forme du verbe значить, « signifier », et dans cet emploi aucune virgule ne le suit pour lui-même : Это значит, что поезд уже ушёл Èto znátchit, tchto póiezd oujé ouchól, « cela veut dire que le train est déjà parti », où la virgule appartient à la subordonnée en что. Le verbe, dans la question Что значит это слово?, est présenté à la page expliquer, traduire, signifier.
Le значит qui ne conclut rien. Dans la conversation, значит sert aussi à reprendre le fil ou à annoncer ce qu’on va dire, un peu comme « bon, alors » : Значит, так: встречаемся в девять у метро Znátchit, tak : vstrietcháiemsia v diéviat’ ou mietró, « bon, alors voilà : on se retrouve à neuf heures au métro ». Répété à tout bout de champ, il devient un tic de langage, qu’il vaut mieux ne pas imiter.
Стало быть stálo byt’ a le même sens que значит, avec une couleur familière un peu vieillie. Il est présenté avec les autres emplois figés de стать à la page devenir.
Le raisonnement écrit a ses propres outils. Следовательно sliédovatiel’no, « par conséquent », est le mot de la démonstration : on le trouve dans les manuels de mathématiques, les textes juridiques, les rapports et les exposés. Il est livresque, et dans une conversation ordinaire il sonne comme une copie d’examen ; on lui préfère alors значит pour une déduction, поэтому ou так что pour une conséquence. On l’écrit le plus souvent entre virgules, comme значит.
Le second exemple est la formule de Descartes dans l’une de ses traductions russes en usage. Elle montre bien la nature de следовательно : c’est un « donc » de raisonnement, qui tire une conclusion logique, et non un « c’est pourquoi » qui raconte un enchaînement de faits.
Таким образом takím óbrazom, mot à mot « de telle manière », a deux emplois qu’il faut séparer. Au sens propre, il désigne une manière de faire et ne s’isole pas : Таким образом можно сэкономить много времени Takím óbrazom mójno sèkonómit’ mnógo vriémieni, « de cette façon, on peut gagner beaucoup de temps ». Au sens de « ainsi, en conclusion », il récapitule un raisonnement, et on le fait alors le plus souvent suivre d’une virgule : Таким образом, все наши расчёты оказались верными Takím óbrazom, vsie náchi rastchióty okazális’ viérnymi, « ainsi, tous nos calculs se sont révélés justes ».
Итак iták, « ainsi donc », ouvre une conclusion ou un résumé, à l’écrit comme dans la bouche d’un conférencier ou d’un présentateur : Итак, подведём итоги Iták, podviedióm itógui, « faisons le bilan ». Ces trois mots appartiennent à un registre soigné. Entre amis, значит et так что font le même travail plus naturellement.
В результате v riezoul’tátie, mot à mot « dans le résultat », s’emploie de deux façons. Suivi d’un nom au génitif, il fonctionne comme une préposition et se traduit par « à la suite de ». Attention au renversement : le nom qu’il introduit désigne la cause, et c’est la phrase entière qui en décrit la conséquence. Ce tour présente les faits de façon neutre et appartient plutôt à l’écrit, à la presse, aux rapports.
Employé seul, sans génitif, в результате devient un adverbe, « au bout du compte, finalement ». La conversation lui préfère volontiers в итоге v itóguie, de même sens, qui annonce souvent un résultat inattendu ou décevant.
Observez le а du second exemple : il souligne que le résultat contredit l’intention, là où и raconterait simplement la suite. Le partage entre и, а et но est exposé à la page la coordination par и, а, но.
Pour rattacher une conséquence à toute une proposition, le français dit « ce qui fait que », « à la suite de quoi », « grâce à quoi ». Le russe procède de la même façon : il reprend la proposition précédente par le relatif что, décliné selon la préposition qui l’introduit. La page les relatives en который montre ce что qui reprend une proposition entière ; voici les combinaisons qui servent à dire la conséquence.
| Groupe | Ce qu’il dit | Exemple |
|---|---|---|
| в результате чего | une conséquence, présentée de façon neutre ; plutôt écrit | Ночью ударил мороз, в результате чего лопнули трубы. Nótch’iou oudáril moróz, v riezoul’tátie tchegó lópnouli troúby. — Il a gelé fort dans la nuit, et les canalisations ont éclaté. |
| из-за чего | une conséquence fâcheuse ; courant | Поезд опоздал, из-за чего мы пропустили пересадку. Póiezd opozdál, iz-za tchegó my propoustíli pieriessádkou. — Le train a eu du retard, ce qui nous a fait rater la correspondance. |
| благодаря чему | une conséquence heureuse | Мы вышли рано, благодаря чему успели на первый автобус. My výchli ráno, blagodariá tchemoú ouspiéli na piérvyï avtóbous. — Nous sommes partis tôt, grâce à quoi nous avons eu le premier bus. |
| вследствие чего | une conséquence ; administratif, livresque | Был сильный снегопад, вследствие чего аэропорт закрыли. Byl sil’nyï sniegopád, vsliédstvie tchegó aèropórt zakrýli. — Il y a eu de fortes chutes de neige, à la suite de quoi l’aéroport a été fermé. |
| после чего | une simple succession, et non une conséquence | Он закончил доклад, после чего ответил на вопросы. On zakóntchil doklád, póslie tchegó otviétil na voprósy. — Il a terminé son exposé, après quoi il a répondu aux questions. |
Le cas du relatif suit la préposition : génitif чего après в результате, из-за, вследствие et после, datif чему après благодаря. Le choix entre из-за чего et благодаря чему obéit au même partage que devant un nom : le premier pour ce qui fâche, le second pour ce qui réjouit. Ces groupes ouvrent une subordonnée, et la virgule qui les précède est donc obligatoire. La dernière ligne du tableau n’est là que pour mettre en garde : после чего dit ce qui vient ensuite, sans affirmer que la première action en est la cause.
Un fait qui en entraîne un autre, une conclusion tirée d’un indice, ou un résultat ? Décidez, puis choisissez.
Вот почему vot potchemoú, « voilà pourquoi », annonce une conséquence en la mettant en relief. On l’emploie quand la cause a déjà été exposée, souvent dans une phrase à part, et qu’on veut en tirer la leçon devant l’interlocuteur. Il convient à l’oral comme à l’écrit, et se place en tête de sa proposition, après un point, une virgule ou un tiret.
Le tour inverse existe, et il annonce la cause : Это потому, что…, « c’est parce que… ». Les deux se répondent comme поэтому et потому что, à ceci près qu’ils ouvrent chacun une phrase :
Вот и, suivi d’un verbe, annonce une conséquence que l’on présente comme inévitable, souvent sur le ton du reproche : Ты не взял зонт — вот и промок Ty nie vzial zont — vot i promók, « tu n’as pas pris de parapluie, et voilà, tu es trempé ». Ce вот et ses autres emplois, ainsi que la particule же dont il sera question plus bas, sont présentés à la page les particules же, ведь et вот.
Le russe peut enfin exprimer la conséquence sans le moindre mot de liaison, en posant deux propositions côte à côte. La ponctuation prend alors le relais : un tiret quand la seconde proposition dit la conséquence de la première, deux-points quand elle en dit la cause.
À l’oral, rien de tout cela ne s’écrit, mais une pause marque la frontière, et l’ordre des faits suffit à faire comprendre le lien. Ces phrases sans mot de liaison sont très vivantes dans la conversation : c’est l’une des façons russes de dire « du coup ».
Reste une conséquence d’un genre particulier : celle qui se produira si l’on n’agit pas. Le français dit « sinon » ; le russe dit иначе inátche, neutre, ou а то a to, familier. Tous deux suivent le plus souvent un impératif, et une virgule les précède.
Dans les deux premiers exemples, le verbe qui suit est un perfectif au futur, ce qui est fréquent : il annonce un résultat que l’on redoute. Le troisième montre un emploi propre à а то : suivi d’un simple constat au présent, il ne dit plus « sinon » mais « parce que », et justifie la demande. Cet emploi appartient à la langue familière.
Un dernier piège vient du français lui-même. Dans « viens donc ! », « dis donc » ou « qui est-ce donc ? », le mot « donc » ne relie rien : il insiste. Le traduire par поэтому ou так что produirait un contresens. Le russe confie cette insistance à des particules, au premier rang desquelles же, placée après le mot qu’elle renforce :
Tout ce qui précède se ramène à quelques décisions, que l’on peut prendre dans l’ordre avant d’ouvrir la bouche.
Ce qui suit est-il une cause ou une conséquence ? Une cause appelle потому что ; une conséquence appelle поэтому ou так что. C’est la question qui évite la confusion la plus coûteuse de toute la page.
Un fait, ou une conclusion que je tire ? Si je raconte un enchaînement, поэтому ou так что ; si je devine à partir d’un indice, значит, ou следовательно dans une démonstration.
À qui est-ce que je parle ? Dans la conversation, поэтому, так что, значит, в итоге, а то ; dans un texte soigné, следовательно, таким образом, итак, в результате, вследствие чего.
La conséquence vient-elle d’un degré ? Si c’est l’intensité qui la produit, так…, что ou такой…, что ; si un excès l’empêche, слишком…, чтобы ; si elle menace faute d’agir, иначе ou а то.
Une règle d’une minute, un réflexe qui demande du temps. Comprendre que поэтому regarde en arrière et потому что en avant ne prend qu’un instant. Le dire sans hésiter, au milieu d’une phrase qui avance, demande d’avoir entendu et répété ces deux mots des dizaines de fois, jusqu’à ce que l’accent de поэтому et le что de потому что se distinguent d’eux-mêmes. C’est ce que travaille notre cours de russe entièrement audio, en leçons de quatorze minutes. Écoutez la première leçon aujourd’hui.
Chaque phrase appelle un outil précis : conséquence, cause, déduction, intensité, excès ou menace. Lisez la traduction avant de choisir.
Plus de cent cinquante pages qui se répondent — la mécanique de la langue, les verbes pris un à un, le vocabulaire par thème — avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.
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La leçon 1 est en haut de cette page, gratuite et en entier : je l’écoute avant de payer, sans compte à créer et sans carte bancaire.
Le sens de ce qui suit. Поэтому annonce une conséquence : Шёл снег, поэтому мы не поехали на дачу, « il neigeait, c’est pourquoi nous ne sommes pas allés à la datcha ». Потому что annonce une cause : Мы не поехали на дачу, потому что шёл снег. Le premier reprend ce qui précède, по этому, « en raison de cela » ; le second annonce ce qui suit.
Par l’accent. Поэтому se dit poètomou, accentué sur sa deuxième syllabe, celle du э. Потому что se dit potomoú tchto, accentué sur la dernière syllabe de потому et prolongé par что. Quand vous entendez что juste après потому, c’est une cause qui arrive.
Non. Поэтому n’est pas un mot incident : il fait partie de sa proposition. On met une virgule devant lui quand il ouvre la seconde proposition d’une phrase, Он опоздал на поезд, поэтому приехал только вечером, mais aucune après, même en tête de phrase : Поэтому я заплатил наличными. Une virgule ne le suit que si un autre élément s’intercale, comme une subordonnée.
Oui, et c’est courant, parce que поэтому est un adverbe : Она выросла на юге и поэтому плохо переносит холод. Так что, qui est une conjonction, ne se combine pas avec и. Dans un style plus écrit, on rencontre aussi и потому et а потому, sans что, au sens de поэтому.
Souvent, les deux conviennent. Поэтому insiste sur le lien de cause à effet ; так что présente plutôt une suite ou une conclusion destinée à l’interlocuteur, et s’accorde bien avec un impératif : Я весь вечер дома, так что звони. La grammaire les distingue aussi : поэтому admet и devant lui et peut se placer après le sujet, alors que так что se place en tête de sa proposition, après une virgule.
Ils disent l’inverse. Так что, « si bien que », annonce une conséquence et suit la proposition dont elle découle : Поезд опаздывает на час, так что можно не спешить. Так как, « comme, puisque », annonce une cause, et sa proposition peut ouvrir la phrase. Seul le second mot les sépare, comme le э sépare поэтому de потому.
Avec значит, mot à mot « cela signifie ». Il relie un indice à la conclusion qu’on en tire, et non une cause à son effet : Свет горит, значит, он дома, « la lumière est allumée, donc il est chez lui ». Поэтому serait ici un contresens, puisque la lumière n’est pas la cause de sa présence. Dans ce sens, значит s’isole entre virgules.
C’est possible, mais il sonne livresque dans une conversation ordinaire. C’est le « par conséquent » des démonstrations, des manuels, des textes juridiques et des exposés : Все люди смертны. Сократ — человек. Следовательно, Сократ смертен. À l’oral, on lui préfère значит pour une déduction, et поэтому ou так что pour une conséquence.
Suivi d’un génitif, « à la suite de » : В результате ошибки письмо ушло не тому человеку. Le nom au génitif désigne alors la cause. Employé seul, « au bout du compte, finalement » : Мы долго спорили и в результате ничего не решили. La conversation dit volontiers в итоге dans ce second sens. Pour reprendre toute une proposition, on écrit в результате чего, après une virgule.
Avec un mot d’intensité dans la principale, puis что après la virgule. Devant un verbe, un adverbe ou une forme courte, так : Он так волновался, что забыл все слова, « il était si nerveux qu’il a oublié tout son texte ». Devant un nom ou un adjectif long, такой, accordé : Стоял такой мороз, что не заводилась машина. Настолько est un peu plus soutenu, до того familier.
Par слишком…, чтобы, avec чтобы et non что, puisque la conséquence reste envisagée : Он слишком молод, чтобы это понять, « il est trop jeune pour comprendre cela ». « Assez… pour » se construit de même avec достаточно. Quand un sujet nouveau apparaît, la subordonnée prend la forme en -л : Он говорил слишком тихо, чтобы мы его услышали.
Par иначе, neutre, ou а то, familier, précédés d’une virgule et le plus souvent placés après un impératif : Поторопись, иначе опоздаешь ; Надень шарф, а то простудишься. Dans la langue familière, а то peut aussi justifier une demande par un constat, au sens de « parce que » : Закрой окно, а то холодно.
La même qu’entre поэтому et потому что. Вот почему, « voilà pourquoi », tire d’un fait déjà exposé la conséquence qu’on veut souligner : Она пять лет жила в Испании. Вот почему она так хорошо говорит по-испански. Это потому, что, « c’est parce que », part au contraire de l’effet pour en donner la cause.
Pas par un mot de conséquence : ce « donc »-là ne relie rien, il insiste. Le russe confie cette insistance à la particule же, placée après le mot qu’elle renforce : Иди же сюда!, « viens donc ici ! », Кто же это?, « qui est-ce donc ? ». Поэтому ou так что y feraient un contresens.
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