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Le français appelle un enfant pour le dîner, un taxi, sa mère au téléphone, et il s’appelle Anna. Le russe change de verbe à chacun de ces gestes, et de cas avec le verbe. Tout commence par une phrase que vous direz dès la première leçon, et qui n’a pas de sujet.
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Le verbe « appeler » est l’un des plus accueillants du français. Il sert à donner un nom, à faire venir quelqu’un, à téléphoner, à commander un taxi, à réclamer du secours ; à la forme pronominale, il sert encore à dire son nom. Le russe ne possède aucun verbe aussi large. Il répartit ce territoire entre plusieurs verbes, звать zvat’, называть nazyvát’, называться nazyvát’sia, вызвать výzvat’ et звонить zvonít’, et chacun impose sa propre construction.
Avant de regarder les formes, il faut apprendre à reconnaître le geste. Au moment de dire « appeler », posez-vous une seule question : que se passe-t-il, concrètement ? Si l’on donne ou si l’on demande un nom, le russe pense au nom. Si l’on veut que quelqu’un vienne, il pense à la voix qui fait venir. Si l’on prend son téléphone, il pense à la sonnerie. Si l’on fait venir un service, un médecin, un taxi, il pense à une convocation. Ce sont quatre situations distinctes, et le russe donne à chacune son verbe.
La question du nom se dédouble à son tour. Une personne, un chat, un chien portent un nom propre, qu’on leur a donné et qu’on prononce pour les héler : pour eux, le russe dit Меня зовут…, « on m’appelle… ». Une rue, un film, un plat, un objet ont une appellation : pour eux, il dit Это называется…, « cela s’appelle… ». Le français emploie le même verbe pronominal dans les deux cas, et c’est la première confusion que l’on entend chez un francophone.
Voici, rangées par situation, les phrases où le francophone hésite. La deuxième colonne dit quel verbe le russe choisit, la troisième dit pourquoi. Lisez-les comme une série de réflexes à acquérir, non comme des règles à réciter.
| En français je dis | En russe je choisis | Pourquoi | La phrase russe |
|---|---|---|---|
| Je m’appelle Anna. | звать, sous la forme зовут | le nom d’une personne | Меня зовут Анна. Mieniá zovoút Ánna. |
| Comment s’appelle ton frère ? | звать | une personne, au même tour | Как зовут твоего брата? Kak zovoút tvoiegó bráta ? |
| Comment s’appelle ton chat ? | звать | un animal qui porte un nom propre | Как зовут твоего кота? Kak zovoút tvoiegó kotá ? |
| Comment s’appelle cette rue ? | называться | une chose a une appellation | Как называется эта улица? Kak nazyváietsia èta oúlitsa ? |
| Comment ça s’appelle en russe ? | называться | le nom d’un objet | Как это называется по-русски? Kak èto nazyváietsia po-roússki ? |
| Ses amis l’appellent Sacha. | называть + instrumental | on désigne quelqu’un par un nom | Друзья называют его Сашей. Drouz’iá nazyváiout iegó Sácheï. |
| Ils ont appelé leur fils Ivan. | назвать | on donne un prénom, une fois | Они назвали сына Иваном. Oní nazváli sýna Ivánom. |
| Maman appelle les enfants pour le dîner. | звать | la voix qui fait venir | Мама зовёт детей ужинать. Máma zoviót dietiéï oújinat’. |
| Appelle Ivan, s’il te plaît ! | позвать | faire venir quelqu’un, une fois | Позови, пожалуйста, Ивана! Pozoví, pojálousta, Ivána ! |
| Je t’appellerai demain. | позвонить + datif | le téléphone | Я позвоню тебе завтра. Ia pozvonioú tiebié závtra. |
| Il faut appeler un médecin. | вызвать | faire venir un service | Нужно вызвать врача. Noújno výzvat’ vratchá. |
| Il appelait au secours. | звать на помощь | la voix qui réclame de l’aide | Он звал на помощь. On zval na pómochtch’. |
| Citez trois villes. | назвать | dire un nom, le citer | Назовите три города. Nazovítie tri góroda. |
Parcourez la deuxième colonne de haut en bas : une même racine, зв-, revient presque partout, mais elle porte des préfixes différents et ne se construit pas de la même façon. Seul le téléphone échappe à la famille, avec звонить, bâti sur звон, la sonnerie. Retenez pour l’instant deux réflexes qui régleront la plupart de vos phrases. Pour le nom d’une personne, зовут ; pour le nom d’une chose, называется. Et dès que le téléphone entre en jeu, звонить, avec la personne au datif. Le reste de la page détaille chaque case.
Commençons par le verbe de base, parce qu’il sert à deux des gestes du tableau : faire venir quelqu’un, et dire son nom. Son sens premier est le plus concret. Звать, c’est appeler de la voix une personne pour qu’elle vienne, ou l’inviter à venir quelque part. Une mère appelle ses enfants pour le repas, un ami vous invite chez lui, un blessé appelle à l’aide : dans les trois cas, quelqu’un est censé se déplacer à la suite de l’appel.
Sa conjugaison réserve une surprise dès la première personne. L’infinitif звать n’a pas de voyelle entre le з et le в ; le présent en fait apparaître une, et bâtit toutes ses formes sur зов-. Le verbe suit ensuite la première conjugaison, avec une désinence accentuée, ce qui fait entendre un ё à quatre personnes sur six.
| Personne | Forme | Transcription | Exemple |
|---|---|---|---|
| я | зову | zovoú | Я зову детей. — J’appelle les enfants. |
| ты | зовёшь | zovióch’ | Ты меня зовёшь? — Tu m’appelles ? |
| он, она | зовёт | zoviót | Мама зовёт тебя. — Maman t’appelle. |
| мы | зовём | zovióm | Мы зовём вас в гости. — Nous vous invitons chez nous. |
| вы | зовёте | zoviótie | Вы меня зовёте? — Vous m’appelez ? |
| они | зовут | zovoút | Друзья зовут нас на дачу. Drouz’iá zovoút nas na dátchou. — Nos amis nous invitent à leur datcha. |
Ce passage de зв- à зов- ne se devine pas à partir de l’infinitif : il s’apprend avec le verbe, comme беру pour брать ou жду pour ждать, que la page les alternances du radical range dans la même série. Observez aussi la dernière ligne du tableau : зовут, la troisième personne du pluriel, est exactement la forme que vous connaissez déjà par Меня зовут. Ce n’est pas un hasard, et nous y viendrons dans la section suivante.
Le passé, lui, revient à l’infinitif et ignore le о du présent : звал, звала, звало, звали zval, zvalá, zválo, zváli. L’accent passe sur la désinence au féminin seulement, schéma que l’on retrouve dans брала ou ждала et que décrit la page l’accent mobile du verbe. L’impératif, enfin, se forme sur le radical du présent : зови zoví, зовите zovítie.
La personne que l’on appelle est le complément direct du verbe, et se met donc à l’accusatif. Le lieu où on l’invite à venir s’exprime avec в ou на suivis de l’accusatif, comme après un verbe de mouvement. Ce qu’on l’invite à faire peut aussi suivre directement, à l’infinitif.
| Construction | Exemple | Transcription | Sens |
|---|---|---|---|
| + accusatif + infinitif | Мама зовёт детей ужинать. | Máma zoviót dietiéï oújinat’. | Maman appelle les enfants pour le dîner. |
| + accusatif + в / на + accusatif | Он зовёт меня в кино. | On zoviót mieniá v kinó. | Il me propose d’aller au cinéma. |
| звать в гости | Нас зовут в гости. | Nas zovoút v gósti. | On nous invite. |
| звать на помощь | Кто-то зовёт на помощь! | Któ-to zoviót na pómochtch’ ! | Quelqu’un appelle au secours ! |
| + accusatif + к + datif | Позовите Анну к телефону. | Pozovítie Ánnou k tielefónou. | Passez-moi Anna, au téléphone. |
Une remarque sur le complément. Quand on appelle un être vivant, ce qui est le cas le plus fréquent avec ce verbe, l’accusatif masculin et l’accusatif pluriel prennent la forme du génitif : звать Ивана, звать детей. La page l’accusatif des êtres animés explique ce mécanisme, que vous retrouverez dans presque chaque phrase de cette page.
Pour un appel unique, qui a eu lieu ou qui aura lieu, le russe emploie le perfectif позвать pozvát’. Il se conjugue exactement comme le verbe simple, sur le même radical en -зов-, mais ses formes conjuguées ont valeur de futur : позову pozovoú, « j’appellerai », позовёшь, позовут. Son passé est позвал, позвала, позвали pozvál, pozvalá, pozváli, son impératif позови, позовите.
Dans ce sens d’invitation, звать et позвать appartiennent à la conversation. Pour une invitation plus solennelle, écrite, officielle, le russe emploie volontiers приглашать et son perfectif пригласить priglassít’, qui correspondent mieux à notre « inviter ».
Au téléphone, on demande qu’on appelle. Quand quelqu’un d’autre décroche et que vous voulez parler à Anna, vous ne dites pas que vous lui téléphonez : vous priez votre interlocuteur d’aller la chercher. Позовите, пожалуйста, Анну Pozovítie, pojálousta, Ánnou, « appelez Anna, s’il vous plaît ». Le verbe est bien позвать, faire venir, et non позвонить. Entre proches, on entend plus brièvement Можно Анну? Mójno Ánnou ?.
Choisissez la forme qu’appelle chaque phrase. Touchez une réponse, puis Correction.
Voici la phrase que tout débutant apprend en premier, et que presque personne ne prend le temps d’analyser. Меня зовут Анна Mieniá zovoút Ánna ne dit pas, mot à mot, « je m’appelle Anna ». Elle dit « on m’appelle Anna ». Зовут est la troisième personne du pluriel du présent de звать, employée sans sujet, exactement comme le français emploie « on » : personne n’est désigné, ce sont les gens, l’entourage. Et меня n’est pas un sujet. C’est l’accusatif de я, le complément d’objet du verbe : c’est moi que l’on appelle ainsi.
Ce tour à la troisième personne du pluriel sans sujet est l’un des plus employés du russe parlé ; la page le passif et ses équivalents montre qu’il remplace bien souvent notre passif. Ici, il entraîne une conséquence immédiate : le pronom qui désigne la personne nommée ne se met pas au nominatif, mais à l’accusatif.
| Personne | Pronom sujet | Accusatif | La phrase | Transcription |
|---|---|---|---|---|
| je | я | меня | Меня зовут Анна. | Mieniá zovoút Ánna. |
| tu | ты | тебя | Как тебя зовут? | Kak tiebiá zovoút ? |
| il | он | его | Его зовут Иван. | Iegó zovoút Iván. |
| elle | она | её | Её зовут Ольга. | Ieió zovoút Ól’ga. |
| nous | мы | нас | Нас зовут Маша и Петя. | Nas zovoút Mácha i Piétia. |
| vous | вы | вас | Как вас зовут? | Kak vas zovoút ? |
| ils, elles | они | их | Как их зовут? | Kak ikh zovoút ? |
Le choix entre Как тебя зовут? et Как вас зовут? est celui du tutoiement et du vouvoiement, que la page tutoyer ou vouvoyer règle pour lui-même. Avec un nom au lieu d’un pronom, le mécanisme reste le même : le nom de la personne dont on parle se met à l’accusatif, et un masculin animé prend la forme du génitif.
Puisque le verbe a pour sujet un « on » invisible, il ne s’accorde ni avec la personne nommée ni avec le prénom. Une femme et un homme disent la même phrase, Меня зовут, et au passé le verbe reste au pluriel, quel que soit le genre de la personne : Её звали Ольга Ieió zváli Ól’ga, « elle s’appelait Olga ». C’est le point exact où le francophone se trompe, parce qu’il a appris par ailleurs que le passé russe s’accorde en genre avec le sujet. Il a raison : simplement, le sujet n’est ni elle ni Olga.
Reste le prénom. Il n’est pas sujet, puisque le verbe ne s’accorde pas avec lui ; il dit ce que la personne est appelée. Dans la langue d’aujourd’hui, il se met d’ordinaire au nominatif : Меня зовут Анна, Его зовут Иван Петрович. L’instrumental, Меня зовут Анной, Его звали Иваном Iegó zváli Ivánom, est correct lui aussi ; on le rencontre surtout à l’écrit et dans les récits, avec une couleur plus soutenue ou plus ancienne. Pour parler, prenez le nominatif. Pour lire, sachez reconnaître l’autre.
Une lettre, et tout change. Comparez trois phrases qu’un francophone mélange volontiers.
Dans la deuxième phrase, le verbe passe au singulier : il lui faut un sujet, et Анна le devient. Dans la troisième, c’est я qui appelle et Anna qui est appelée, d’où l’accusatif Анну. Quant à Я зовут Анна, on l’entend chez les débutants, mais ce n’est pas du russe : le verbe pluriel et le sujet singulier ne peuvent pas aller ensemble.
Il existe d’autres façons de se présenter, moins figées. Entre jeunes ou dans une situation détendue, on se contente souvent de Я Анна Ia Ánna, « moi, c’est Anna ». La tournure Моё имя Анна se dit aussi, mais sonne plus solennelle ou plus administrative, comme Как ваше имя? au guichet. À l’oral familier, vous entendrez enfin Как тебя звать? Kak tiebiá zvat’ ?, avec l’infinitif. Pour le nom de famille, on demande Как ваша фамилия? Kak vácha famíliia ?, et pour le patronyme Как ваше отчество?, question que la page prénoms et patronymes replace dans son contexte.
Demandez-vous d’abord qui est le complément du verbe, puis si le verbe doit s’accorder avec quelqu’un.
Le deuxième verbe de la famille est bâti sur la même racine, avec le préfixe на-. Là où звать fait venir, называть désigne : il met un nom sur une personne ou sur une chose. Le français dit « ses amis l’appellent Sacha », « on appelle ces gens des Moscovites » ; le russe dit la même chose avec une construction à deux compléments. Celui qui reçoit le nom se met à l’accusatif ; le nom qu’on lui donne se met à l’instrumental.
Pourquoi l’instrumental ? C’est le cas de ce qu’une chose est déclarée être, celui qui accompagne aussi стать, devenir, ou быть au passé dans Он был врачом. Ses formes sont réunies à la page le cas instrumental. Dans la conversation, on entend parfois le nominatif avec un prénom, Друзья называют его Саша ; la langue soignée préfère l’instrumental, et c’est lui qu’il vaut mieux prendre en bouche. Le premier exemple montre au passage un phénomène que le russe pratique sans cesse : Sacha est le diminutif d’Alexandre, et la plupart des prénoms russes ont ainsi leur forme d’usage entre proches, que la page les diminutifs passe en revue.
Notez enfin que звать lui-même, quand il a un vrai sujet, peut prendre ce sens : Все зовут её Наташей Vsie zovoút ieió Natácheï, « tout le monde l’appelle Natacha ». Les deux verbes se recouvrent ici, mais seul называть s’emploie pour une catégorie, un terme, une qualification, comme dans les deux derniers exemples ci-dessus.
L’imperfectif называть est parfaitement régulier : il suit la première conjugaison, comme читать. Son perfectif назвать nazvát’, en revanche, hérite de tout ce que vous avez vu pour звать : radical назов- au futur, retour à l’infinitif au passé, accent final au féminin. Mettez les deux paradigmes côte à côte et la différence saute aux yeux.
| Personne | называть, j’appelle… | назвать, j’appellerai… |
|---|---|---|
| я | называю nazyváiou | назову nazovoú |
| ты | называешь nazyváiech’ | назовёшь nazovióch’ |
| он, она | называет nazyváiet | назовёт nazoviót |
| мы | называем nazyváiem | назовём nazovióm |
| вы | называете nazyváietie | назовёте nazoviótie |
| они | называют nazyváiout | назовут nazovoút |
Le passé du perfectif est назвал, назвала, назвали nazvál, nazvalá, nazváli, son impératif назови, назовите. Le perfectif sert dès que l’on donne un nom une fois pour toutes, ce qui est le cas d’un prénom choisi à la naissance. C’est aussi le verbe qu’emploient les formulaires et les guichets, où il ne s’agit plus de baptiser mais de dire, de citer, de donner un renseignement.
Deux expressions figées complètent le tableau. Так называемый tak nazyváiemyï, mot à mot « ainsi appelé », correspond à « ce qu’on appelle » ou à « soi-disant » : neutre devant un terme technique, il prend volontiers une nuance ironique dans la conversation, так называемые друзья, « de soi-disant amis ». Et называть вещи своими именами nazyvát’ viéchtchi svoími imienámi, « appeler les choses par leurs noms », est l’exact équivalent de notre « appeler un chat un chat ».
Ajoutez -ся à называть et vous obtenez le verbe qui répond à « comment ça s’appelle ? ». La chose devient sujet, au nominatif, et le verbe s’accorde avec elle : эта улица называется, эти цветы называются. C’est l’un des cas où le suffixe pronominal change le sens du verbe au lieu de le rendre réfléchi, comme le montre la page les verbes en -ся. Une rue ne s’appelle pas elle-même : elle porte un nom.
La deuxième phrase est sans doute la plus utile de la page pour quelqu’un qui apprend : un doigt tendu vers un objet, et vous obtenez son nom. La dernière, avec le verbe de l’oubli, est celle que tout le monde prononce un jour ; la page se souvenir, oublier en donne les variantes.
Toute la difficulté consiste à ranger ce dont on parle du bon côté. Le critère n’est pas grammatical, il est pratique : a-t-on donné à cet être un nom propre, que l’on peut crier pour le faire venir ? Alors зовут. Sinon, называется.
| Ce qui porte le nom | Verbe | Exemple | Transcription |
|---|---|---|---|
| une personne | зовут | Как зовут вашего учителя? | Kak zovoút váchego outchítielia ? |
| un animal familier, son nom | зовут | Как зовут вашу собаку? | Kak zovoút váchou sobákou ? |
| une race, une espèce | называется | Как называется эта порода? | Kak nazyváietsia èta poróda ? |
| une ville, une rue | называется | Как называется этот город? | Kak nazyváietsia ètot górod ? |
| un livre, un film, une chanson | называется | Как называется эта песня? | Kak nazyváietsia èta piésnia ? |
| un objet, un plat | называется | Как называется это блюдо? | Kak nazyváietsia èto blioúdo ? |
| une entreprise, un magasin | называется | Как называется ваша компания? | Kak nazyváietsia vácha kompániia ? |
La deuxième et la troisième ligne parlent du même chien, et c’est pourquoi elles méritent d’être lues ensemble. Son nom, celui qu’on crie dans le jardin, se demande avec зовут. Sa race se demande avec называется, parce qu’une race n’a pas de prénom. Les deux fautes inverses s’entendent, et elles font sourire : Как называется ваш сын? traite l’enfant comme un article de catalogue, Как зовут эту улицу? prête un prénom à la rue. On ne dit ni l’un ni l’autre.
Quand vous répondez, le nom propre ou le titre reste le plus souvent au nominatif, et dans la conversation c’est de loin la forme la plus naturelle : Наша улица называется Садовая Nácha oúlitsa nazyváietsia Sadóvaia. Un titre placé entre guillemets ne se décline pas dans cette position : Кафе называется «Встреча». Dans une définition, en revanche, quand le nom est un terme général et non un nom propre, l’écrit préfère l’instrumental : Такие слова называются синонимами Takíie slová nazyváioutsia sinónimami, « ces mots s’appellent des synonymes ». C’est la phrase type des manuels.
Un faux ami dans la famille. Le perfectif назваться existe, mais il ne sert pas de partenaire à называться au sens de porter un nom : il signifie donner son nom, se présenter comme. Он назвался врачом, « il s’est présenté comme médecin », se dit volontiers de quelqu’un dont on doute. Pour le nom d’une chose, называться reste un imperfectif sans partenaire, ce qui ne gêne guère : une chose porte son nom de façon durable, et l’on a rarement besoin d’en dire le commencement.
Choisissez la forme qui convient. Demandez-vous qui reçoit le nom, et si le nom est donné une fois ou porté de façon durable.
Dans la conversation française, « appeler » veut très souvent dire téléphoner, au point que « je t’appelle demain » ne fait penser à rien d’autre. Le russe ne prend pour cela aucun verbe de la famille de звать. Il emploie звонить, bâti sur звон, le son d’une cloche : avant de vouloir dire téléphoner, ce verbe veut dire sonner. Une cloche, un réveil, une sonnette, un téléphone звонят ; et la personne qui téléphone fait sonner l’appareil d’un autre.
Il suit la seconde conjugaison : звоню zvonioú, звонишь zvoních’, звонит zvonít, звоним zvoním, звоните zvonítie, звонят zvoniát. Son passé est звонил, звонила, звонили zvoníl, zvoníla, zvoníli, son perfectif позвонить pozvonít’, au futur позвоню, позвонишь, à l’impératif позвони.
Où tombe l’accent ? La norme place l’accent sur la désinence à toutes les personnes : звонит zvonít, звонят zvoniát. Vous entendrez très souvent zvónit, avec l’accent sur le radical. Cette prononciation est répandue, mais les dictionnaires de prononciation la tiennent pour fautive, et elle passe pour une marque de négligence. Prenez l’habitude de la forme normée dès le début.
Voici la construction qui distingue le plus nettement ce verbe des autres. En français, on appelle quelqu’un, complément direct. En russe, on fait sonner le téléphone de quelqu’un, et la personne se met au datif, le cas du destinataire. Le lieu que l’on appelle, une banque, un bureau, la gare, se construit avec в ou на et l’accusatif ; le lieu d’où vient l’appel, avec из et le génitif pour un lieu en в, avec с et le génitif pour un lieu en на : из банка, с вокзала, с работы. Les formes du datif sont rassemblées à la page le cas datif.
| Construction | Exemple | Transcription | Sens |
|---|---|---|---|
| + datif | Я звоню маме каждый день. | Ia zvonioú mámie kájdyï dien’. | J’appelle ma mère tous les jours. |
| позвонить + datif | Позвони мне вечером. | Pozvoní mnie viétcherom. | Appelle-moi ce soir. |
| + в / на + accusatif | Он позвонил в банк. | On pozvoníl v bank. | Il a appelé la banque. |
| + из + génitif | Вам звонили из школы. | Vam zvoníli iz chkóly. | On vous a appelé de l’école. |
| перезвонить | Я вам перезвоню. | Ia vam pierezvonioú. | Je vous rappellerai. |
| дозвониться до + génitif | Я не могу до тебя дозвониться. | Ia nie mogoú do tiebiá dozvonít’sia. | Je n’arrive pas à te joindre. |
| звонить в дверь | Кто-то звонит в дверь. | Któ-to zvonít v dvier’. | On sonne à la porte. |
La quatrième ligne retrouve le tour sans sujet de Меня зовут : Вам звонили, troisième personne du pluriel, « on vous a appelé ». Le choix de l’aspect suit la règle ordinaire. Pour demander si l’appel a eu lieu, l’imperfectif suffit : Ты звонил маме? Ty zvoníl mámie ?, « as-tu appelé maman ? » (à un homme). Pour annoncer un appel précis, le perfectif s’impose : Я позвоню тебе завтра.
Les deux perfectifs se ressemblent assez pour qu’un francophone les échange, et la confusion est d’autant plus traîtresse que les deux phrases existent. Я тебе позвоню Ia tiebié pozvonioú : je te téléphonerai. Я тебя позову Ia tiebiá pozovoú : je t’appellerai pour que tu viennes, quand le repas sera prêt par exemple. Le cas suit le verbe et le signale à l’oreille : le datif тебе pour le téléphone, l’accusatif тебя pour la voix qui fait venir. Une phrase comme Я позвоню тебя, qui mêle les deux, ne se dit pas.
Reste le dernier geste du tableau. Quand on appelle un médecin, un taxi, une ambulance, la police ou un plombier, on ne les fait pas venir de la voix, et on ne se contente pas de leur téléphoner : on obtient qu’ils se déplacent. Le russe emploie alors вызвать výzvat’, formé avec le préfixe вы-, qui marque une sortie : on fait sortir quelqu’un de là où il est pour qu’il vienne jusqu’à soi. Le complément est à l’accusatif, et l’on retrouve la forme animée pour les personnes, вызвать врача.
Le verbe est perfectif, et son préfixe porte l’accent à toutes les formes, ce qui modifie la couleur des désinences : вызову výzovou, вызовешь výzoviech’, вызовет výzoviet, вызовут výzovout. Comparez avec позовёшь : là où l’accent frappait la désinence et faisait entendre un ё, il ne reste ici qu’un е atone. Le passé est вызвал, вызвала, вызвали výzval, výzvala, výzvali, l’impératif вызови, вызовите. L’imperfectif вызывать vyzyvát’ est régulier : вызываю, вызываешь.
| Emploi | Exemple | Transcription | Sens |
|---|---|---|---|
| un médecin | Нужно вызвать врача на дом. | Noújno výzvat’ vratchá na dom. | Il faut faire venir le médecin à domicile. |
| un taxi | Вызови мне такси, пожалуйста. | Výzovi mnie taksí, pojálousta. | Appelle-moi un taxi, s’il te plaît. |
| une ambulance | Вызовите скорую! | Výzovitie skórouiou ! | Appelez une ambulance ! |
| la police | Соседи вызвали полицию. | Sossiédi výzvali politsíiou. | Les voisins ont appelé la police. |
| un élève au tableau | Учитель вызвал Петю к доске. | Outchítiel’ výzval Piétiou k doskié. | Le professeur a appelé Petia au tableau. |
| une réaction | Его слова вызвали удивление. | Iegó slová výzvali oudivliénie. | Ses paroles ont provoqué l’étonnement. |
Le mot скорую de la troisième ligne est l’abrégé de скорую помощь, « le secours rapide », nom russe de l’ambulance ; c’est un adjectif employé comme nom, à l’accusatif féminin. La dernière ligne montre que le verbe a quitté depuis longtemps le seul domaine des personnes : on « fait venir » aussi un intérêt, une surprise, des questions, c’est-à-dire qu’on les provoque.
Ce verbe ne remplace pas позвать partout. Dans un service d’hôpital, quand le médecin est à portée de voix, on dit позвать врача : on va le chercher, on l’appelle dans le couloir. Вызвать врача suppose qu’on le fait venir de loin, par un appel. Pour un taxi enfin, le russe dispose d’une troisième image quand on se trouve dans la rue : on l’attrape au vol, поймать такси poïmát’ taksí.
Le préfixe change, le sens change, mais la mécanique reste la même, et c’est une bonne nouvelle pour la mémoire. Chaque perfectif préfixé se conjugue comme звать, avec son radical -зов- ; chaque imperfectif correspondant se forme en -зывать, avec un ы que les perfectifs ne connaissent pas, mais que l’on retrouve dans des noms comme призыв. Le procédé est décrit pour lui-même à la page suffixes et paires supplétives. Un seul membre fait exception : позвать, dont l’imperfectif est tout simplement звать.
| Perfectif | Imperfectif | Sens | Exemple |
|---|---|---|---|
| позвать pozvát’ | звать | appeler pour faire venir, inviter | Позови маму. — Appelle maman. |
| подозвать podozvát’ | подзывать | faire signe d’approcher | Он подозвал официанта. — Il a fait signe au serveur. |
| вызвать výzvat’ | вызывать | faire venir, convoquer, provoquer | Вызовите врача. — Faites venir un médecin. |
| назвать nazvát’ | называть | nommer, citer | Назовите вашу фамилию. — Donnez votre nom. |
| призвать prizvát’ | призывать | appeler à, exhorter ; appeler sous les drapeaux | Его призвали в армию. — Il a été appelé sous les drapeaux. |
Le deuxième verbe du tableau mérite un regard : au perfectif, le préfixe prend la forme подо- devant le groupe зв, puis redevient под- au futur, подзову, comme à l’imperfectif. Le dernier, призывать, est le verbe des appels publics, призывать к спокойствию prizyvát’ k spokóïstviiou, « appeler au calme ». Il donne aussi le nom призыв, qui désigne à la fois un appel et la conscription.
Tout ce qui précède se ramène à une courte suite de décisions, que l’on peut prendre dans l’ordre avant d’ouvrir la bouche.
Parle-t-on d’un nom ? S’il s’agit du nom d’une personne ou d’un animal familier, c’est зовут, avec la personne à l’accusatif et un verbe qui reste au pluriel, au présent comme au passé. S’il s’agit du nom d’une chose, d’un lieu, d’une œuvre, c’est называется, accordé avec la chose. Si l’on donne ou si l’on attribue un nom, c’est называть ou назвать, avec le nom à l’instrumental.
Veut-on que quelqu’un vienne ? Si on l’appelle de la voix, ou si on l’invite, c’est звать et, pour un appel unique, позвать, avec l’accusatif. Si l’on fait venir un service, un médecin, un taxi, c’est вызвать, avec l’accusatif lui aussi.
Prend-on son téléphone ? Alors c’est звонить, ou позвонить pour un appel précis, et la personne au datif. C’est le seul cas de la page où la personne appelée n’est pas à l’accusatif, et c’est donc celui où l’oreille vous aidera le plus : тебе au téléphone, тебя avec les autres verbes de la page.
Un réflexe d’oreille avant tout. Ces distinctions se comprennent en une lecture. La difficulté est de les appliquer au moment où l’on parle, sans chercher, quand « je t’appelle demain » doit sortir avec un datif et « je m’appelle » sans sujet. Ce réflexe s’acquiert en entendant et en répétant des phrases entières, Меня зовут…, Как это называется?, Я тебе позвоню, jusqu’à ce que la forme vienne d’elle-même. C’est ce que travaille notre méthode de russe entièrement audio, sur la plateforme web comme dans nos applications. Écoutez la première leçon aujourd’hui.
Choisissez le verbe que la situation réclame. Demandez-vous s’il s’agit d’un nom, d’un appel de la voix, d’un service ou du téléphone.
Plus de cent cinquante pages qui se répondent — la mécanique de la langue, les verbes pris un à un, le vocabulaire par thème — avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.
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On dit Меня зовут suivi du prénom : Меня зовут Анна Mieniá zovoút Ánna. Mot à mot, la phrase signifie « on m’appelle Anna » : зовут est la troisième personne du pluriel de звать, sans sujet, et меня est l’accusatif de я. Pour demander, on dit Как тебя зовут? ou, en vouvoyant, Как вас зовут?.
Parce que c’est un tour à la troisième personne du pluriel sans sujet exprimé, l’équivalent de notre « on ». Celui qui appelle n’est personne en particulier, ce sont les gens. La personne nommée est le complément du verbe, d’où l’accusatif меня, тебя, его, et le prénom n’est pas sujet non plus : le verbe ne s’accorde avec aucun des deux.
Les deux sont corrects. Le nominatif est la forme courante aujourd’hui, celle que vous entendrez et que vous direz. L’instrumental se rencontre surtout à l’écrit et dans les récits, avec une couleur plus soutenue ou plus ancienne : Его звали Иваном. Après называть, en revanche, c’est l’instrumental qui est la norme : Друзья называют его Сашей.
Non. Le verbe s’accorde avec le « on » sous-entendu, qui est un pluriel, et non avec la personne nommée. Une femme dit donc, comme un homme, Меня звали Анна, et l’on dit Её звали Ольга Ieió zváli Ól’ga, « elle s’appelait Olga ». Au présent, de même, зовут ne change pas de forme dans cette tournure.
Звать fait venir quelqu’un de la voix ou l’invite, et fournit la formule Меня зовут. Называть met un nom sur une personne ou une chose, souvent un surnom, un diminutif ou une catégorie, avec l’accusatif de qui est nommé et l’instrumental du nom : Его зовут Александр, но друзья называют его Сашей, « il s’appelle Alexandre, mais ses amis l’appellent Sacha ».
Pour le nom d’une chose : une rue, une ville, un film, un plat, un objet, une entreprise. La chose est sujet et le verbe s’accorde avec elle : Как называется эта улица?, Как называются эти цветы?. Pour le prénom d’une personne, on ne l’emploie pas : on dit Как его зовут?, et non Как он называется?.
Avec зовут, comme pour une personne, puisque l’animal porte un nom propre : Как зовут вашу собаку?, Как зовут вашего кота?, avec l’animal à l’accusatif. Pour demander sa race, on revient à называться : Как называется эта порода?, « comment s’appelle cette race ? ».
Я тебе позвоню Ia tiebié pozvonioú, avec позвонить et la personne au datif. Я тебя позову, avec l’accusatif, existe aussi mais veut dire autre chose : « je t’appellerai pour que tu viennes ». Le cas suffit à distinguer les deux phrases, et Я позвоню тебя, qui les mélange, ne se dit pas.
Avec вызвать et l’accusatif : вызвать такси, вызвать врача, вызвать полицию, вызвать скорую pour une ambulance. Le préfixe porte l’accent à toutes les formes du perfectif, вызову výzovou, вызовите výzovitie. Dans la rue, pour un taxi qui passe, on dit plutôt поймать такси.
Sur un radical зов- au présent, avec les désinences accentuées de la première conjugaison : зову, зовёшь, зовёт, зовём, зовёте, зовут zovoú, zovióch’, zoviót, zovióm, zoviótie, zovoút. Le passé revient à l’infinitif, звал, звала, звало, звали, avec l’accent final au féminin seulement. L’impératif est зови, зовите.
Позвать, pour le sens de faire venir ou d’inviter : Позови маму, Нас позвали в гости. La formule Меня зовут, elle, n’a pas de perfectif. Pour dire qu’on a donné un prénom à un enfant, on passe à l’autre paire, называть et назвать : Сына назвали Иваном.
En le montrant et en disant Как это называется по-русски? Kak èto nazyváietsia po-roússki ?, « comment ça s’appelle en russe ? ». Si vous partez d’un mot français et non d’un objet, demandez plutôt Как сказать по-русски…?, « comment dit-on en russe… ? », suivi du mot.
Oui. La norme accentue la désinence à toutes les personnes : звонит zvonít, звонишь zvoních’, звонят zvoniát. La prononciation zvónit est très répandue, mais les dictionnaires de prononciation la tiennent pour fautive, et beaucoup de Russes la relèvent. Mieux vaut prendre d’emblée l’habitude de la forme normée.
Mot à mot « ainsi appelé » : c’est un participe de называть, qui correspond à « ce qu’on appelle » ou à « soi-disant ». Devant un terme technique, il reste neutre. Dans la conversation, il prend souvent une nuance ironique, qui met en doute le mot qui suit : так называемые друзья, « de soi-disant amis ».
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