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Pour dire « plus on écoute, mieux on comprend », le russe ne se contente pas de répéter « plus » : il ouvre la phrase par чем et sa seconde moitié par тем, chacun suivi d’un comparatif. Ces conjonctions en deux pièces forment une charpente : la première annonce la seconde, et chacune a sa place et sa virgule. Le francophone en saisit vite le sens ; c’est leur construction qui le trahit.
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Certaines idées se disent en deux temps. « Plus… plus », « non seulement… mais aussi », « tantôt… tantôt », « soit… soit » : le français ouvre une attente avec un premier mot et la referme avec un second. Le russe procède de la même manière, avec ses propres paires, que ses grammaires rangent parmi les conjonctions doubles et les conjonctions répétées. Leur sens se devine vite. Leur mécanique, en revanche, ne se devine pas : quel mot répond au premier, où tombe la virgule, ce qui doit se correspondre d’une moitié à l’autre.
Une construction corrélative tient en deux éléments séparés, dont le premier annonce le second. Dès que l’oreille russe entend не только, elle attend но и ; dès qu’elle entend чем suivi d’un comparatif en tête de phrase, elle attend тем. Si la seconde pièce ne vient pas, ou si ce n’est pas la bonne, la phrase reste en suspens, un peu comme un « non seulement » français que rien ne viendrait compléter.
Ces outils se rangent en trois familles. Les conjonctions répétées emploient deux fois le même mot : и… и, или… или, либо… либо, то… то, то ли… то ли, не то… не то. Les conjonctions doubles associent deux mots différents qui se répondent : не только… но и, как… так и, не столько… сколько. Enfin чем… тем et насколько… настолько relient deux propositions entières et mesurent l’une par l’autre : ce sont les outils de la proportion.
Voici, pour commencer, ce que le francophone veut dire et l’outil que le russe lui oppose. La troisième colonne compte autant que la deuxième : plusieurs de ces paires partagent un même sens de base et ne se distinguent que par le registre.
| En français je dis | En russe je choisis | Registre | La phrase russe |
|---|---|---|---|
| Plus on écoute, mieux on comprend. | чем + comparatif…, тем + comparatif | courant | Чем больше слушаешь, тем лучше понимаешь. Tchem ból’che sloúchaiech’, tiem loútchche ponimáiech’. |
| C’est d’autant plus étrange qu’il n’est jamais en retard. | тем более…, что | courant et écrit | Это тем более странно, что он никогда не опаздывает. Èto tiem bólieie stránno, tchto on nikogdá nie opázdyvaiet. |
| Il parle non seulement russe, mais aussi chinois. | не только…, но и | neutre | Он говорит не только по-русски, но и по-китайски. On govorít nie tól’ko po-roússki, no i po-kitáïski. |
| Les enfants comme les adultes aiment ce conte. | как…, так и | plutôt écrit, soigné | Эту сказку любят как дети, так и взрослые. Ètou skázkou lioúbiat kak diéti, tak i vzróslyie. |
| Le frère et la sœur vivent tous deux à Saint-Pétersbourg. | и…, и | courant | И брат, и сестра живут в Петербурге. I brat, i siestrá jivoút v Pietierboúrguie. |
| Ou tu viens avec nous, ou tu restes à la maison. | или…, или | courant | Или ты едешь с нами, или остаёшься дома. Íli ty iédiech’ s námi, íli ostaióch’sia dóma. |
| Je téléphonerai soit aujourd’hui, soit demain. | либо…, либо | neutre | Я позвоню либо сегодня, либо завтра. Ia pozvoniú líbo siegódnia, líbo závtra. |
| Tantôt il rit, tantôt il pleure. | то…, то | courant | Он то смеётся, то плачет. On to smieiótsia, to plátchet. |
| Soit il a oublié, soit il est tombé malade : on ne sait pas. | то ли…, то ли | courant | То ли он забыл, то ли заболел. To li on zabýl, to li zaboliél. |
| Dehors, on dirait de la pluie, ou peut-être de la neige. | не то…, не то | familier | За окном не то дождь, не то снег. Za oknóm nie to dojd’, nie to snieg. |
| Ce qui m’inquiète, c’est moins le prix que la qualité. | не столько…, сколько | soigné | Меня волнует не столько цена, сколько качество. Mieniá volnoúiet nie stól’ko tsiená, skól’ko kátchiestvo. |
| Autant il est doué, autant il est paresseux. | насколько…, настолько | livresque | Насколько он талантлив, настолько же и ленив. Naskól’ko on talántliv, nastól’ko je i lienív. |
| Ce n’est pas qu’il soit méchant, mais il est difficile à vivre. | не то чтобы…, но | familier | Не то чтобы он был злым, но с ним трудно. Nie to tchtóby on byl zlym, no s nim troúdno. |
Trois paires de lignes demandent un mot dès maintenant. Les deux premières emploient тем, mais pas pour la même chose : la première mesure deux faits l’un par l’autre, la seconde ajoute une raison à un jugement. La neuvième et la dixième disent toutes deux qu’on ne sait pas, mais la dixième, plus familière, décrit une chose qui tient des deux à la fois. Quant à la quatrième, elle a le même sens que la cinquième, et c’est le registre seul qui les départage. Chacune de ces paires a sa section ci-dessous.
Commençons par la paire qui donne son titre à cette page, parce que c’est elle que le francophone cherche le plus souvent sans la trouver. Le français dit « plus… plus » en répétant simplement l’adverbe ; le russe construit une charpente. La première proposition s’ouvre par чем tchem suivi d’un comparatif, la seconde par тем tiem suivi d’un autre comparatif, et une virgule sépare les deux moitiés.
Observez la place des mots. D’ordinaire, le comparatif vient immédiatement après чем et immédiatement après тем, et le reste de chaque proposition suit dans l’ordre habituel : dans la troisième phrase, le sujet он se place après дольше, et non devant чем. Les deux comparatifs n’ont pas à être identiques, ni même à aller dans le même sens : on peut écouter davantage pour comprendre mieux, partir plus tôt pour attendre moins. Quand le comparatif porte sur une quantité, больше ou меньше, le nom qui le suit se met au génitif, comme денег et забот dans la dernière phrase, qui se passe d’ailleurs de tout verbe.
Tout repose donc sur le comparatif simple, ces formes invariables en -ее ou en -е que présente la page comparatif et superlatif. Si vous hésitez sur дольше, легче ou старше, c’est là qu’il faut revenir : la charpente ne tient que si chacune de ses moitiés porte un comparatif correct. À l’écrit, on rencontre aussi le comparatif composé, avec более ou менее devant un adjectif de forme longue, qui se décline alors normalement.
Le réflexe du francophone est de traduire les deux « plus » et rien d’autre : Больше ты слушаешь, лучше ты понимаешь. Dans une phrase ordinaire, au milieu d’un récit, d’une explication ou d’une conversation, cette construction sonne comme un calque : il lui manque sa charpente. Une forme voisine existe pourtant, dans un moule bien particulier, celui des proverbes et des maximes, où deux propositions brèves se juxtaposent sans conjonction et où l’écrit place un tiret entre elles.
Ces formules sont figées, et on les cite telles quelles. Pour construire vous-même une proportion, prenez чем… тем : c’est l’outil qui convient aussi bien à la conversation qu’à l’article de presse.
Réduite à ses deux comparatifs, sans verbe, la charpente donne une série d’expressions que l’on entend à tout moment. La virgule y reste.
| Formule | Transcription | Sens |
|---|---|---|
| Чем скорее, тем лучше. | Tchem skoriéie, tiem loútchche. | Le plus tôt sera le mieux. |
| Чем больше, тем лучше. | Tchem ból’che, tiem loútchche. | Plus il y en a, mieux c’est. |
| Чем дальше, тем хуже. | Tchem dál’che, tiem khoúje. | Plus ça va, pire c’est. |
| Чем дальше в лес, тем больше дров. | Tchem dál’che v lies, tiem ból’che drov. | Plus on avance, plus les difficultés s’accumulent (mot à mot : plus on s’enfonce dans la forêt, plus il y a de bois). |
| Тем лучше. | Tiem loútchche. | Tant mieux. |
| Тем хуже для него. | Tiem khoúje dlia niegó. | Tant pis pour lui. |
Les deux dernières lignes montrent тем employé seul, devant un comparatif, en réponse à ce que l’autre vient de dire. La première moitié de la charpente est alors sous-entendue : c’est la situation qui la fournit.
La charpente peut se retourner. La principale vient alors en premier, avec тем placé à l’intérieur, devant son comparatif, et la proportion suit, introduite par чем après une virgule. Ce tour, plus propre à l’écrit et à la langue soignée, correspond exactement au français « d’autant plus… que » lorsque celui-ci exprime une proportion.
Mais le français emploie aussi « d’autant plus… que » pour donner une raison, et non une proportion : « c’est d’autant plus étonnant qu’il ne s’y attendait pas ». Le russe sépare alors les deux idées. Pour la raison, il garde тем более, « d’autant plus », devant l’adjectif ou l’adverbe, et introduit la cause par что après une virgule. Aucun second comparatif n’apparaît.
Collés l’un à l’autre, тем более что forment une conjonction d’un seul bloc, « d’autant que », qui ajoute une raison de plus à ce que l’on vient de dire. La virgule se place alors devant le bloc entier, et non entre ses mots. Sans что, et souvent après а, тем более signifie « à plus forte raison ».
Ces tours de cause sont présentés avec leurs voisins, потому что, так как ou поскольку, à la page exprimer la cause.
Pourquoi чем et тем ? Ces deux mots sont les formes d’instrumental de что et de то. L’instrumental marque ici la mesure : la phrase dit, mot à mot, « de combien plus…, d’autant plus… ». L’anglais garde la trace d’un procédé semblable dans the more, the better, où the n’est pas l’article mais le reste d’un ancien instrumental. Cette origine aide à ne pas confondre ce чем avec celui qui introduit le second terme d’une comparaison simple, « plus… que » : là, il se suffit à lui-même ; ici, il a besoin de son тем.
Une dernière confusion guette le francophone, entre « plus… plus » et « de plus en plus ». La seconde idée n’a pas deux moitiés : elle décrit une seule chose qui augmente avec le temps. Le russe ne prend alors pas чем… тем, mais place всё vsio devant le comparatif ; la langue parlée redouble volontiers le comparatif lui-même.
Choisissez la pièce ou la forme qui manque. Vérifiez qu’un comparatif suit chaque moitié de la charpente. Touchez une réponse, puis Correction.
Pour « non seulement… mais aussi », le russe a une paire très proche du français : не только nie tól’ko, mot à mot « pas seulement », puis но и no i, « mais aussi ». Le premier élément pose un fait que l’on tient pour connu ou attendu, le second en ajoute un autre, souvent plus inattendu ou plus fort. Une virgule se place devant но ; il n’en faut aucune devant не только.
Le petit и de la seconde pièce rend le « aussi » français, et il ne s’omet guère : sans lui, la phrase paraît inachevée à une oreille russe. Il peut toutefois céder la place à un autre mot de renfort, ou s’en accompagner, et chacun nuance l’ajout à sa manière.
| Seconde pièce | Registre et nuance | Exemple |
|---|---|---|
| но и | la forme neutre, partout | Он не только читает по-русски, но и пишет. On nie tól’ko tchitáiet po-roússki, no i píchet. — Il ne se contente pas de lire le russe : il l’écrit aussi. |
| но также | écrit, soigné | Музей привлекает не только туристов, но также местных жителей. Mouziéï privliekáiet nie tól’ko tourístov, no tákje miéstnykh jítieleï. — Le musée attire non seulement les touristes, mais aussi les habitants. |
| но ещё и | oral, « et en plus » | Это не только дорого, но ещё и неудобно. Èto nie tól’ko dórogo, no iechtchó i nieoudóbno. — Ce n’est pas seulement cher, c’est en plus peu pratique. |
| но даже | gradation : « mais même » | Он не только не помог, но даже помешал. On nie tól’ko nie pomóg, no dájie pomiechál. — Non seulement il n’a pas aidé, mais il a même gêné. |
La dernière ligne montre un emploi qui surprend : не только suivi d’une seconde négation, не только не, « non seulement… ne… pas ». Le second terme va alors plus loin dans le même sens que le premier, et даже, « même », remplace volontiers и.
Comme la négation не, dont elle est faite, la première pièce se place juste devant l’élément qu’elle concerne, et ce placement change le sens de la phrase. Le français, qui peut dire « je ne suis pas le seul à » ou « je ne connais pas que », doit souvent changer de tournure là où le russe déplace simplement deux mots.
La seconde pièce, но и, doit introduire un élément de même nature : un sujet répond à un sujet, un verbe à un verbe, un complément de lieu à un complément de lieu. Une phrase comme Он не только говорит по-русски, но и по-китайски accroche la première pièce au verbe et la seconde à un adverbe ; on l’entend dans la conversation, mais les manuels de style russes la rangent parmi les fautes de construction. La forme soignée place не только devant по-русски, comme dans le tableau du début. Quand les deux éléments sont introduits par une préposition, celle-ci se répète d’ordinaire après la seconde pièce : не только в Москве, но и в Петербурге.
Gardez enfin à l’esprit la différence avec не… а, qui n’ajoute pas mais remplace : не X, а Y écarte X au profit de Y. Le français dit « mais » dans les deux cas — « pas lui, mais elle », « pas seulement lui, mais elle aussi » ; le russe choisit а dans le premier, но и dans le second. Le partage entre а et но est exposé à la page coordonner deux propositions.
Pour mettre deux termes exactement sur le même plan — « les enfants comme les adultes », « aussi bien à Moscou qu’en province », « tant les uns que les autres » —, le russe dispose de как kak… так и tak i. Le premier élément se place devant le premier terme, le second devant le second, et la virgule précède так и, non как. Les deux termes sont de même nature et, s’ils dépendent d’un même mot, ils prennent le même cas : начинающим et тем sont deux datifs dans la première phrase.
Le sens est voisin de celui de не только… но и, mais l’éclairage diffère. Не только… но и monte d’un cran : le second terme s’ajoute au premier, et c’est lui que l’on souligne. Как… так и ne hiérarchise rien : il pose une balance égale entre deux termes, souvent pour couvrir un ensemble entier, les petits et les grands, la capitale et les régions. C’est aussi une paire plus écrite : on la rencontre surtout dans la presse, les discours et les textes officiels, alors que la conversation se contente volontiers d’и… и, voire d’un simple и.
Les mots как et так se croisent dans plusieurs constructions qui n’ont rien à voir entre elles. L’ordre des deux mots, et l’écart qui les sépare, suffisent à les distinguer.
| Construction | Ce qu’elle dit | Exemple |
|---|---|---|
| как…, так и : séparés, как d’abord | l’un comme l’autre | Это касается как мужчин, так и женщин. Èto kassáietsia kak moujtchín, tak i jénchtchin. — Cela concerne les hommes comme les femmes. |
| так как : soudés, так d’abord | la cause : comme, puisque | Так как было поздно, мы взяли такси. Tak kak býlo pózdno, my vziáli taksí. — Comme il était tard, nous avons pris un taxi. |
| так же…, как | l’égalité : de la même façon que | Он говорит так же быстро, как его отец. On govorít tak je býstro, kak iegó otiéts. — Il parle aussi vite que son père. |
La deuxième ligne relève de la cause, la troisième de la comparaison d’égalité, qui a sa page. Retenez le repère : soudés, так как expliquent ; séparés, avec как en premier et и à la fin, как… так и additionnent.
Le russe peut répéter une conjonction ordinaire devant chacun des termes qu’elle relie. La répétition ne change pas le sens de base ; elle insiste. Avec и… и, on souligne que chacun des termes est concerné, là où le français dit « et… et » ou « à la fois… et ». La série peut compter trois termes ou davantage.
La ponctuation obéit à une règle simple : une virgule devant chaque conjonction répétée, à partir de la deuxième, et aucune devant la première. Quelques expressions figées échappent à la règle et s’écrivent d’un seul tenant, sans virgule : и смех и грех i smiekh i griekh, « c’est à en rire et à en pleurer », и день и ночь i dien’ i notch’, « jour et nuit ».
Или… или íli… íli et либо… либо líbo… líbo font de même pour l’alternative. Répétée, la conjonction rend le choix plus net, plus exclusif : c’est l’un ou l’autre. Или… или est très présent dans la langue parlée, où il sert volontiers les ultimatums ; либо… либо, de registre neutre, s’entend à l’oral et se lit volontiers dans les consignes et les documents.
| Conjonction simple | Conjonction redoublée | Ce que la répétition ajoute |
|---|---|---|
| Я купил хлеб и молоко. Ia koupíl khlieb i molokó. | Я купил и хлеб, и молоко. Ia koupíl i khlieb, i molokó. | l’insistance : l’un et l’autre, rien n’a été oublié |
| Чай или кофе? Tchaï íli kófie ? | Или чай, или кофе — выбирай. Íli tchaï, íli kófie — vybiráï. | un choix fermé, qu’il faut faire |
| Позвоните мне либо моему коллеге. Pozvonítie mnie líbo moiémou kolliéguie. | Позвоните либо мне, либо моему коллеге. Pozvonítie líbo mnie, líbo moiémou kolliéguie. | deux possibilités nettement séparées, chacune avec sa conjonction |
La langue soignée ne mélange pas les deux séries : или appelle или, либо appelle либо. Le couple ни… ни, « ni… ni », suit la même ponctuation, mais il obéit en plus aux règles de la double négation ; il est traité à la page la négation, et nous ne le reprenons pas ici.
Une des deux pièces est donnée : choisissez celle qui lui répond, ou la phrase bien ponctuée. La traduction française indique le rapport voulu entre les deux termes.
Le petit mot то to, répété, sert à trois constructions voisines par la forme et nettement distinctes par le sens. Ne vous fiez pas à la ressemblance : la première décrit ce qui arrive vraiment, tour à tour ; les deux autres disent que l’on ne sait pas.
Avec то… то, deux faits, ou davantage, se succèdent et reviennent chacun à son tour : il pleut, puis il neige, puis il pleut de nouveau. Les deux sont réels ; seul leur ordre change. Comme l’alternance suppose la répétition, le verbe est le plus souvent à l’imperfectif.
La virgule se place devant le second то, et devant chacun des suivants si la série s’allonge. La première pièce se met devant le premier terme, que ce soit un nom, un verbe ou un complément : dans la dernière phrase, elle précède le datif мне, et non le verbe.
То ли… то ли to li… to li avance deux explications, deux hypothèses, sans trancher. On ne dit plus que les deux faits ont eu lieu, mais que l’un des deux a eu lieu, sans savoir lequel. Le ли qu’on y entend est la particule du doute et de la question rapportée, présentée à la page les questions ; il reste collé à то et ne se déplace pas.
Не то… не то nie to… nie to exprime la même incertitude, avec une couleur plus familière et plus impressionniste : on décrit une chose qui tient de l’une et de l’autre, sans parvenir à la nommer. La tournure convient bien aux sensations, à l’expression d’un visage, à un temps indécis.
| Construction | Ce qu’elle dit | Registre | Exemple |
|---|---|---|---|
| то…, то | les deux arrivent, tour à tour | courant | Погода то улучшается, то портится. Pogóda to ouloutchcháietsia, to pórtitsia. — Le temps tantôt s’améliore, tantôt se gâte. |
| то ли…, то ли | l’un des deux, on ne sait lequel | courant | То ли он опоздал на поезд, то ли передумал. To li on opozdál na póiezd, to li pieriedoúmal. — Soit il a raté son train, soit il a changé d’avis. |
| не то…, не то | quelque chose entre les deux, difficile à nommer | familier | Это был не то крик, не то смех. Èto byl nie to krik, nie to smiekh. — C’était un cri, ou peut-être un rire. |
| или…, или | l’un ou l’autre, et il faut choisir | courant | Или он, или я. Íli on, íli ia. — C’est lui ou moi. |
Une dernière construction s’appuie sur le même не то : не то чтобы nie to tchtóby, « ce n’est pas que… », souvent suivi plus loin de но. On écarte une explication trop forte avant de dire la vraie. Comme чтобы contient la particule бы, le verbe qui suit, s’il y en a un, prend la forme en -л, exactement comme après la conjonction чтобы décrite à la page les subordonnées. La tournure appartient surtout à la langue parlée, où l’on entend aussi la variante не то что, et elle peut même servir de réponse à elle seule.
Не столько… сколько nie stól’ko… skól’ko répond au français « moins… que », « pas tant… que », « plutôt… que ». Les deux termes sont admis, mais pas avec le même poids : le premier compte moins qu’on ne le croirait, le second est la vraie raison, le vrai sujet. C’est une paire de la langue soignée, que l’on entend dans une conversation réfléchie et que l’on lit dans la presse. La virgule précède сколько.
Ne confondez pas ce tour avec столько же, сколько, « autant que », qui pose une égalité de quantité, ni avec сколько… ни, « on a beau… », qui appartient à la même famille que что бы ни et a sa page, quoi qu’il arrive.
Насколько… настолько naskól’ko… nastól’ko met deux qualités en balance : « autant… autant ». La construction est livresque ; on la lit dans les portraits, les essais, les critiques, et sa seconde moitié prend souvent же ou и pour souligner le parallèle.
Retournée, la paire devient plus quotidienne. Настолько, насколько veut dire « autant que », « dans la mesure où », et la formule насколько я знаю, « pour autant que je sache », s’emploie à tout moment, isolée par une virgule.
Pour les quantités, la même logique s’exprime par сколько… столько, que l’on connaît surtout par un proverbe : Сколько людей, столько и мнений Skól’ko liudiéï, stól’ko i mniéniï, « autant de personnes, autant d’avis ». Quant à настолько…, что et так…, что, « si… que », « tellement… que », ils annoncent une conséquence et relèvent de la page exprimer la conséquence.
Choisissez la pièce qui manque. Demandez-vous si les deux faits se succèdent, si l’on hésite entre eux, ou si l’on pèse leur importance.
Pour voir ce que chaque paire apporte, rien ne vaut une phrase unique que l’on fait passer d’un moule à l’autre. Le sujet, le verbe et les deux sports ne changent pas ; seul se déplace le rapport entre le football et le hockey. La dernière ligne n’est pas une corrélative, mais elle complète le tableau : c’est l’exclusion, que le francophone confond volontiers avec l’addition, parce que le français dit « mais » dans les deux cas.
| Charpente | La phrase russe | Ce qu’elle dit |
|---|---|---|
| и…, и | Он любит и футбол, и хоккей. On lioúbit i foutból, i khokkiéï. | les deux, à égalité, avec insistance |
| как…, так и | Он любит как футбол, так и хоккей. On lioúbit kak foutból, tak i khokkiéï. | les deux, à égalité, d’un ton plus soutenu |
| не только…, но и | Он любит не только футбол, но и хоккей. On lioúbit nie tól’ko foutból, no i khokkiéï. | le football, on le savait ; le hockey aussi, et c’est à noter |
| не столько…, сколько | Он любит не столько футбол, сколько хоккей. On lioúbit nie stól’ko foutból, skól’ko khokkiéï. | les deux, mais surtout le hockey |
| не…, а | Он любит не футбол, а хоккей. On lioúbit nie foutból, a khokkiéï. | le hockey, et pas le football |
Lisez la colonne de droite de haut en bas : on part de deux termes également admis, on fait peu à peu pencher la balance, et l’on finit par écarter le premier. Les trois lignes du milieu sont celles qui demandent le plus d’attention, parce que le français les rend toutes trois par des tours voisins, « aussi bien… que », « non seulement… mais », « moins… que ».
Les règles de ponctuation se ramènent à quelques cas, que le tableau rassemble. Elles valent à l’écrit, mais elles ont un écho à l’oral : là où le russe met une virgule, l’intonation marque le plus souvent une légère frontière entre les deux moitiés.
| Construction | Règle | Exemple |
|---|---|---|
| conjonctions répétées : и… и, или… или, либо… либо, то… то, то ли… то ли, не то… не то | une virgule devant chaque pièce à partir de la deuxième, aucune devant la première | и хлеб, и молоко, и сыр |
| conjonctions doubles : не только… но и, как… так и, не столько… сколько | une virgule devant la seconde pièce, aucune devant la première | как детям, так и взрослым |
| не то чтобы…, но | une virgule devant но | Не то чтобы холодно, но ветрено. |
| чем…, тем | une virgule entre les deux propositions, même sans verbe | Чем скорее, тем лучше. |
| тем…, чем | une virgule devant чем | Задача тем труднее, чем меньше времени. |
| тем более что | une virgule devant le bloc, aucune à l’intérieur | …, тем более что идёт дождь. |
| expressions figées | aucune virgule | и смех и грех, и день и ночь |
Devant une idée à dire en deux temps, posez-vous ces questions dans l’ordre. Elles mènent à la bonne charpente avant même que vous ayez cherché les mots.
Les deux faits se mesurent-ils l’un à l’autre ? C’est une proportion : чем… тем, avec deux comparatifs, ou, pour deux qualités mises en balance, насколько… настолько dans un style livresque. S’il n’y a qu’une chose qui augmente, c’est всё et le comparatif.
Les deux termes sont-ils vrais l’un et l’autre ? Additionnez : и… и pour insister, как… так и pour équilibrer dans un registre soutenu, не только… но и pour monter d’un cran, не столько… сколько pour déplacer le poids vers le second.
Se succèdent-ils, tour à tour ? C’est то… то, le plus souvent avec un imperfectif.
Un seul des deux est-il vrai ? Si l’on doit choisir : или… или, très présent à l’oral, ou либо… либо, de registre neutre. Si l’on ignore lequel : то ли… то ли, ou не то… не то, plus familier.
Les reprises d’une subordonnée. Если…, то, « si…, alors », reprend une condition par un то facultatif ; la page consacrée aux subordonnées le présente avec les autres conjonctions. Les couples formés d’un démonstratif et d’un relatif, comme тот, кто, « celui qui », ou то, что, « ce que », appartiennent à la page les relatives en который.
La concession. Le russe admet хотя…, но, là où le français soigné refuse « bien que… mais », et il possède тем не менее, « néanmoins », bâti sur le même тем que plus haut. Ces outils sont réunis à la page exprimer la concession.
Une charpente se construit à l’oreille. Comprendre que чем appelle тем prend une minute. Produire Чем больше слушаешь, тем лучше понимаешь d’un seul souffle, avec les deux comparatifs justes et la petite pause au milieu, demande d’avoir entendu et répété ces phrases bien des fois. C’est ce que travaille notre cours de russe entièrement audio, en leçons de quatorze minutes. Plus vous écouterez, mieux vous parlerez : c’est la charpente de cette page, appliquée à votre russe.
Chaque phrase demande une construction différente. Lisez la traduction : elle dit si les deux termes varient ensemble, s’additionnent, se succèdent ou s’excluent.
Plus de cent cinquante pages qui se répondent — la mécanique de la langue, les verbes pris un à un, le vocabulaire par thème — avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.
50 leçons de 14 minutes, soit 11 h 39 d’écoute, en fichiers MP3. Je paie une fois, je reçois le lien par courriel, je télécharge le cours entier — ou je l’écoute en ligne.
La leçon 1 est en haut de cette page, gratuite et en entier : je l’écoute avant de payer, sans compte à créer et sans carte bancaire.
Avec la paire чем… тем, chacune de ses pièces suivie d’un comparatif : Чем больше слушаешь, тем лучше понимаешь Tchem ból’che sloúchaiech’, tiem loútchche ponimáiech’, « plus on écoute, mieux on comprend ». Une virgule sépare les deux moitiés, et le comparatif se place d’ordinaire juste après чем et juste après тем.
Le mot à mot, sans чем ni тем, a la forme d’un proverbe : deux propositions brèves juxtaposées, avec un tiret à l’écrit, comme Тише едешь — дальше будешь. On cite ces formules telles quelles. Dans un récit, une explication ou une conversation ordinaire, le russe attend la charpente complète : Чем больше читаешь, тем больше знаешь.
Cela dépend de ce que dit la phrase. S’il s’agit d’une proportion, retournez la charpente : Задача тем труднее, чем меньше у нас времени, « la tâche est d’autant plus difficile que nous avons moins de temps ». S’il s’agit d’une raison, employez тем более…, что : Это тем более странно, что он никогда не опаздывает, « c’est d’autant plus étrange qu’il n’est jamais en retard ».
« Tant mieux » et « tant pis ». Ce sont des moitiés de charpente employées seules, en réponse à ce que l’on vient d’entendre : la situation tient lieu de première moitié. Тем хуже для него Tiem khoúje dlia niegó signifie « tant pis pour lui ». Ne les confondez pas avec тем более, « d’autant plus », « à plus forte raison ».
Une seule, devant le bloc entier, et aucune entre ses mots : Я никуда не пойду, тем более что идёт дождь, « je ne sortirai pas, d’autant qu’il pleut ». La situation change quand тем более et что sont séparés par un adjectif ou un adverbe : Это тем более странно, что… ; la virgule se place alors devant что.
Avec всё devant un comparatif : Становится всё холоднее, « il fait de plus en plus froid ». La langue parlée redouble volontiers le comparatif, всё лучше и лучше, « de mieux en mieux ». Чем… тем ne convient pas ici, puisqu’il n’y a pas deux faits mesurés l’un par l’autre, mais un seul qui augmente.
L’éclairage. Не только… но и monte d’un cran : le second terme s’ajoute au premier et c’est lui qu’on souligne. Как… так и place les deux termes sur un pied d’égalité, souvent pour couvrir un ensemble, как мужчин, так и женщин. La seconde paire est aussi plus écrite ; à l’oral, и… и fait souvent le même travail.
Il ne s’omet guère : sans lui, la phrase paraît inachevée. Il peut en revanche être remplacé ou complété par un autre mot de renfort, но также à l’écrit, но ещё и à l’oral, ou но даже quand le second terme va plus loin que le premier : Он не только не помог, но даже помешал.
Devant так и seulement : Это нравится как детям, так и взрослым. Aucune virgule ne précède как. La règle est la même pour les autres conjonctions doubles, не только… но и et не столько… сколько : la virgule va devant la seconde pièce.
То… то décrit une alternance réelle : les deux faits ont lieu, tour à tour, Всю неделю то дождь, то снег. То ли… то ли exprime un doute : un seul des deux est vrai, et l’on ne sait pas lequel, То ли он забыл, то ли заболел. Le ли est la particule de la question rapportée.
Les deux sont corrects et ont le même sens, « ou bien… ou bien », « soit… soit ». Или… или est très présent à l’oral et sert volontiers les ultimatums : Или он, или я. Либо… либо est de registre neutre et se lit volontiers dans les consignes. La langue soignée ne mélange pas les deux dans une même paire.
« Moins… que », « pas tant… que » : les deux termes sont admis, mais le second compte davantage. Это вопрос не столько денег, сколько времени, « c’est moins une question d’argent que de temps ». Le tour appartient à la langue soignée. Ne le confondez pas avec столько же, сколько, « autant que », qui pose une égalité.
Parce que c’est une expression figée, et que les expressions figées bâties sur une conjonction répétée s’écrivent d’un seul tenant : и смех и грех, « c’est à en rire et à en pleurer », и день и ночь, « jour et nuit ». Dans une phrase libre, la virgule revient devant le second и : и хлеб, и молоко.
Il se dit ни… ни et suit la ponctuation des conjonctions répétées, avec une virgule devant le second ни. Mais il obéit aussi aux règles de la double négation, qui maintient не devant le verbe : c’est pourquoi il est traité avec la négation, sur la page qui lui est consacrée.
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