En russe, ce n’est pas la place du mot qui désigne le complément d’objet, c’est son cas. L’accusatif est la marque de la cible — de ce qu’on regarde, de ce vers quoi on va, du temps qu’on occupe.
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L’accusatif répond à une question simple : sur quoi l’action porte-t-elle ? Le nominatif désigne celui qui agit, l’accusatif désigne ce qui subit. Les verbes transitifs — lire, voir, acheter, aimer, boire — appellent leur complément d’objet à l’accusatif.
Regardez les deux derniers exemples : l’adjectif новую nóvouiou et le possessif мою moioú portent eux aussi la marque de l’accusatif. Le cas ne se pose pas sur le nom seul, il se pose sur tout le groupe. Dans мой адрес moï ádries, en revanche, rien ne bouge : le groupe est bel et bien à l’accusatif, mais sa forme ne le montre pas.
Le français distingue le sujet de l’objet par la position : « le chien mord l’homme » et « l’homme mord le chien » emploient les mêmes mots et disent le contraire. Le russe inscrit le rôle dans la forme du mot. L’ordre se libère donc, et sert à autre chose : à indiquer ce qui est neuf dans la phrase. Voir une langue à désinences.
Dans chaque paire, les deux phrases sont correctes et décrivent la même scène. Dans la seconde, l’information neuve est celle qui agit, et non l’objet. La forme книгу knígou désigne l’objet où qu’elle se trouve dans la phrase.
Les pronoms personnels ont des formes d’accusatif nettes, impossibles à confondre avec leur nominatif. Ils se placent souvent avant le verbe.
Voici la difficulté réelle de l’accusatif russe, et elle surprend : la plupart du temps, il est identique au nominatif.
Un nom masculin désignant une chose, un nom neutre, un féminin terminé par le signe mou : tous trois gardent à l’accusatif singulier la forme exacte du dictionnaire.
Parmi les noms de choses, seuls ceux qui se terminent par -а ou -я affichent un changement franc — des féminins dans leur immense majorité, et c’est pourquoi les manuels commencent en général par eux. Les noms d’êtres vivants, eux, changent bien plus souvent : la règle qui les gouverne est décrite plus bas.
Le détail des terminaisons ne se trouve pas ici : il appartient aux pages de déclinaison, masculin, féminin, neutre, et féminins en signe mou. Cette page traite de l’emploi, non de la forme.
La conséquence est importante pour le débutant. Ne cherchez pas à repérer l’accusatif à l’œil. Repérez-le au verbe : si le verbe est transitif, son complément est à l’accusatif, même lorsque rien ne le montre — sauf dans les deux situations décrites en fin de page.
Il existe des phrases où les deux noms sont indistincts. мать mat' (la mère) et дочь dotch' (la fille) ont le même accusatif que leur nominatif.
Les deux premiers exemples le montrent : ces mots ne changent pas d’un cas à l’autre. Dans les deux suivants, aucune terminaison ne dit donc qui aime qui. Le russe retombe alors sur l’ordre des mots : faute d’intonation ou de contexte qui orientent autrement, on lit le premier nom comme le sujet. La liberté de l’ordre a une limite, et elle tient précisément à ces formes ambiguës.
Les noms d’êtres vivants, eux, suivent une autre règle : au masculin singulier et à tous les pluriels, leur accusatif emprunte la forme du génitif — Я вижу брата Ia víjou bráta, je vois mon frère. C’est précisément pourquoi мать et дочь, féminins, y échappent. La règle complète, avec ses cas limites, est exposée dans animé et inanimé.
Un dernier détail sonore : quelques noms déplacent leur accent à l’accusatif, вода vodá devient воду vódou. Ce déplacement est traité dans l’accent mobile du nom.
L’accusatif ne sert pas qu’au complément d’objet. Trois autres emplois reviennent dans chaque conversation, et ils s’acquièrent aussi vite que le premier.
| Emploi | Exemple | Sens |
|---|---|---|
| Objet direct | Я читаю газету Ia tchitáiou gaziétou | Je lis le journal |
| Durée | Он ждал час On jdal tchas | Il a attendu une heure |
| Répétition | каждый день kájdyï dien' | chaque jour |
| Direction | Я иду в школу Ia idoú v chkólou | Je vais à l’école |
Ce n’est pas le sens du mot qui commande le cas, mais sa fonction : un même nom est objet dans une phrase et durée dans la suivante. Sur la répartition générale, voir les six cas.
Une durée s’exprime sans préposition, par le seul accusatif. Là où le français ajoute « pendant », le russe pose le complément de temps tel quel, et l’accusatif fait tout le travail.
La répétition suit le même principe, avec le mot signifiant « chaque ».
Une durée se pose donc nue, sans préposition. Le jour où l’on fait quelque chose, lui, en demande une : в среду v sriédou, mercredi.
C’est l’opposition la plus rentable du russe débutant. Les deux prépositions в et на gouvernent deux cas selon la question posée : l’accusatif si l’on se déplace vers un point, le prépositionnel si l’on s’y trouve déjà. La préposition ne change pas ; la terminaison, si.
Lisez ces paires à voix haute. L’automatisme s’installe par l’oreille : au moment de parler, personne n’a le temps de se demander si la phrase exprime un mouvement. Le choix entre в et на, lui, relève du lexique et se règle mot par mot. L’autre versant est décrit dans le cas prépositionnel.
Plusieurs prépositions appellent l’accusatif. через tchériez et про pro ne se construisent jamais autrement ; les autres le réclament dans les emplois qui suivent.
Trois de ces tournures méritent l’attention. Le temps écoulé avant un événement à venir et le temps qu’une action a pris s’expriment par deux prépositions distinctes, qui régissent toutes deux l’accusatif. Les jours de la semaine se disent avec в et l’accusatif, alors que la même préposition demanderait ailleurs le prépositionnel. Enfin, les noms de sports et de jeux se construisent avec в et l’accusatif, quand les instruments de musique, eux, appellent une autre construction.
под et за fonctionnent comme в et на : accusatif pour le déplacement, instrumental pour le lieu. за figure donc dans les deux listes, avec deux valeurs distinctes.
Le second versant est décrit dans le cas instrumental.
Un complément d’objet n’est pas toujours à l’accusatif. Deux situations le déplacent, et il vaut mieux les connaître tôt pour ne pas croire à une exception isolée.
Sous l’effet de la négation, le complément d’objet peut passer au génitif. L’usage moderne hésite, et les deux formes s’entendent ; le génitif l’emporte nettement avec les notions abstraites et avec ce qui est nié en bloc.
L’arbitrage complet appartient à le génitif de négation, qui expose les critères et les cas où l’accusatif se maintient.
Plusieurs verbes russes très courants n’appellent pas l’accusatif là où le français emploie un complément direct. Leur objet se met au datif, à l’instrumental ou au génitif, et cela ne se devine pas : cela s’apprend avec le verbe.
Le second verbe gouverne le datif, alors que le français dirait « j’aide mon frère » sans préposition. La liste des verbes concernés est rassemblée dans quel cas après quel verbe.
Ce qui se joue vraiment ici est une question de vitesse. Reconnaître un accusatif sur une page ne coûte rien ; le produire en parlant, sans marquer d’arrêt avant le nom, demande des dizaines de répétitions. C’est exactement ce que travaille notre cours de russe, entièrement audio, en leçons courtes. Les autres dossiers de grammaire sont réunis dans nos guides de grammaire.
Vingt-six phrases au singulier : le complément d’objet, la durée, la direction, et les deux cas où l’accusatif cède la place. Choisissez la forme qui convient. Touchez une réponse, puis Correction.
Trente-deux phrases plus exigeantes : le pluriel, les noms d’êtres vivants, les radicaux mous, les voyelles mobiles et les mots qui ne changent jamais. Touchez une réponse, puis Correction.
Cent pages qui se répondent, des sons de la langue à son histoire, avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l'ordre, ou au gré de vos questions.
Lire cette page ne vous fera pas parler — écouter, si. Quatorze minutes par jour, vous répétez à voix haute ce que vous entendez, et la langue s'installe. La première leçon est gratuite sur la plateforme ou l'application, sans carte bancaire.
Il marque la cible de l’action. Quatre emplois principaux : le complément d’objet direct, la durée, la répétition, et la direction après les prépositions в (v) et на (na).
Parce que les masculins désignant des choses, les neutres et les féminins en signe mou ont un accusatif singulier identique au nominatif : Я вижу стол (Ia víjou stol), Я открыл окно (Ia otkrýl oknó), Я открыл дверь (Ia otkrýl dvier'). Parmi les noms de choses, seuls ceux en -а et -я changent visiblement. Repérez donc l’accusatif au verbe, pas à la terminaison.
Я иду в школу (Ia idoú v chkólou) pour le mouvement, Я в школе (Ia v chkólie) pour le lieu. Même chose ailleurs : Он едет в Москву (On iédiet v Moskvoú) contre Он живёт в Москве (On jiviót v Moskvié). La préposition ne change pas : c’est la terminaison qui bascule de l’accusatif au prépositionnel.
Notamment через (tchériez) : через час, dans une heure ; про (pro) : про войну, au sujet de la guerre ; et за (za) au sens de « en » ou « pour » : за час, en une heure, спасибо за помощь, merci pour l’aide. В et на, elles, alternent entre accusatif et prépositionnel.
Souvent, oui : le complément d’objet peut passer au génitif. L’usage moderne hésite et les deux formes s’entendent ; le génitif domine avec les notions abstraites. Le détail est traité dans la page consacrée au génitif de négation.
Par le seul accusatif, sans préposition : Он работал весь день (On rabótal vies' dien'), il a travaillé toute la journée ; Она читала всю ночь (Oná tchitála vsiou notch'), elle a lu toute la nuit ; Мы жили там год (My jíli tam god), nous avons vécu là-bas un an ; Подождите минуту (Podojdítie minoútou), attendez une minute.
Non. Plusieurs verbes courants gouvernent le datif, l’instrumental ou le génitif là où le français emploie un complément direct. Я вижу брата (Ia víjou bráta), je vois mon frère, mais Я помогаю брату (Ia pomogáiou brátou), j’aide mon frère. Le cas s’apprend en même temps que le verbe.
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