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Le français dit « aussi grand que », « le même que » et « autant que » avec un seul petit « que ». Le russe choisit son outil selon ce que vous comparez : une qualité appelle такой же ou так же suivis de как, un objet unique appelle тот же suivi de что, une quantité appelle столько же suivi de сколько. Et le mot qui vient après reprend le cas du terme comparé.
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Pour dire que deux choses se valent, le français se contente d’un mot, « que », placé après « aussi », « le même » ou « autant ». Le russe, lui, se demande d’abord ce que vous comparez. Une qualité, comme la taille ou la vitesse ? Un objet, que vous déclarez unique ou seulement semblable à un autre ? Une quantité ? À chaque réponse correspondent un mot d’annonce et un mot de liaison, qui vont par paires. La page comparatif et superlatif traite du « plus » et du « moins » ; celle-ci traite du « pareil ».
Quatre paires couvrent l’essentiel de la comparaison d’égalité. Le premier élément annonce la comparaison dans la principale ; le second introduit le terme de référence, celui auquel on compare. Le français emploie « que » dans les quatre cas ; le russe change de mot à chaque fois.
Regardez comment les mots se répondent. Le premier élément est un démonstratif suivi de la particule же, qui lui donne le sens d’identité ; le second lui fait écho : как répond à такой et à так, что répond à тот, сколько répond à столько. Retenir les paires entières, plutôt que des mots isolés, vous évitera la plupart des fautes de cette page.
Voici, rangées par situation, les phrases où le francophone hésite. La deuxième colonne donne l’outil russe, la troisième dit ce qui le désigne. C’est cette troisième colonne qu’il faut consulter avant de parler : elle vous dit quelle question vous poser.
| En français je dis | En russe je choisis | Pourquoi | La phrase russe |
|---|---|---|---|
| Il est aussi grand que son père. | такой же + adjectif long, как | une qualité portée par un adjectif long | Он такой же высокий, как отец. On takóï je vyssókiï, kak otiéts. |
| Elle chante aussi bien que sa sœur. | так же + adverbe, как | une qualité portée par un adverbe | Она поёт так же хорошо, как сестра. Oná poiót tak je khorochó, kak siestrá. |
| J’ai le même téléphone que toi. | такой же…, как | deux objets distincts, de même modèle | У меня такой же телефон, как у тебя. Ou mieniá takóï je tielefón, kak ou tiebiá. |
| Il travaille dans le même hôpital que sa femme. | тот же…, что и | un seul objet, partagé | Он работает в той же больнице, что и его жена. On rabótaiet v toï je bol’nítse, tchto i iegó jená. |
| Nous sommes de la même ville. | один | un lieu commun, sans second terme | Мы из одного города. My iz odnogó góroda. |
| Il pose sans cesse les mêmes questions. | один и тот же | une identité soulignée, répétée | Он всегда задаёт одни и те же вопросы. On vsiegdá zadaiót odní i tie je voprósy. |
| Ces deux mots s’écrivent pareil. | одинаково | des choses comparées entre elles | Эти два слова пишутся одинаково. Èti dva slóva píchoutsia odinákovo. |
| J’ai autant de travail que toi. | столько же…, сколько | une quantité | У меня столько же работы, сколько у тебя. Ou mieniá stól’ko je rabóty, skól’ko ou tiebiá. |
| Nous avons le même âge. | один au génitif | une mesure commune | Мы одного возраста. My odnogó vózrasta. |
| Il n’est pas aussi grand que son frère. | не такой…, как | une égalité niée, qui dit « moins » | Он не такой высокий, как брат. On nie takóï vyssókiï, kak brat. |
| Comme moi, il aime le football. | как и | un même prédicat pour deux sujets | Он, как и я, любит футбол. On, kak i ia, lioúbit foutból. |
| Blanc comme neige. | как, sans virgule | une comparaison figée | белый как снег biélyï kak snieg |
| Il parle comme s’il savait tout. | как будто | une comparaison irréelle | Он говорит так, как будто всё знает. On govorít tak, kak boúdto vsio znáiet. |
| Elle ressemble à sa grand-mère. | похож на + accusatif | une ressemblance de traits | Она похожа на бабушку. Oná pokhója na bábouchkou. |
Quatre groupes se dégagent. Les deux premières lignes comparent une qualité, et le seul choix à faire porte sur le mot qui suit : adjectif ou adverbe. Les lignes trois à sept parlent toutes de « même », et c’est là que le russe distingue ce que le français confond : un objet pareil à un autre, un objet unique, un lieu partagé, des objets identiques entre eux. La huitième et la neuvième mesurent, l’une une quantité, l’autre une taille ou un âge. Les dernières, enfin, sortent de l’égalité stricte : la négation, la simple comparaison, le « comme si », la ressemblance. Chaque groupe a sa section ci-dessous.
Pour comparer une qualité, le russe courant dispose de deux mots d’annonce, et le choix entre eux ne dépend pas du sens : il dépend du mot qui suit. Такой же takóï je est un adjectif ; il se place devant un adjectif long ou devant un nom, et il s’accorde avec eux en genre, en nombre et en cas. Так же tak je est un adverbe ; il se place devant un adverbe, devant un adjectif de forme courte ou à côté d’un verbe, et il ne change jamais de forme. C’est le même partage que celui de такой et так employés seuls, au sens de « si » ; la particule же ne fait qu’y ajouter l’idée d’égalité.
| Ce que vous comparez | Mot d’annonce | Exemple |
|---|---|---|
| un nom | такой же, accordé avec le nom | У нас такая же машина, как у соседей. Ou nas takáia je machína, kak ou sossiédieï. — Nous avons la même voiture que les voisins. |
| un adjectif long | такой же, accordé avec l’adjectif | Её сын такой же рыжий, как она. Ieió syn takóï je rýjiï, kak oná. — Son fils est aussi roux qu’elle. |
| un adjectif court | так же, invariable | Она так же умна, как сестра. Oná tak je oumná, kak siestrá. — Elle est aussi intelligente que sa sœur. |
| un adverbe | так же, invariable | Он водит так же осторожно, как ты. On vódit tak je ostorójno, kak ty. — Il conduit aussi prudemment que toi. |
| un verbe | так же, d’ordinaire après le verbe | Я волнуюсь так же, как ты. Ia volnoúious’ tak je, kak ty. — Je m’inquiète autant que toi. |
| rien d’autre : la personne entière | такой же, employé seul | Он такой же, как все. On takóï je, kak vsie. — Il est comme tout le monde. |
La troisième ligne du tableau mérite un mot. Une forme courte comme умна se comporte en prédicat, presque comme un verbe, et c’est pourquoi elle appelle l’adverbe так же. Si vous préférez la forme longue, le mot d’annonce change avec elle : Она такая же умная, как сестра. Les deux phrases sont correctes, la seconde est plus courante dans la conversation ; le choix entre les deux formes de l’adjectif est expliqué à la page la forme courte.
Quant à l’accord, такой же suit les désinences d’un adjectif à finale accentuée, et il prend le cas du nom qu’il accompagne : в такой же квартире, dans un appartement pareil, с таким же акцентом, avec le même accent, такую же куртку, une veste pareille. La particule, elle, reste collée derrière le démonstratif et ne bouge pas. La déclinaison complète de такой figure à la page les démonstratifs. À l’oral, l’ensemble se prononce d’un seul souffle, takóïje, la particule n’ayant pas d’accent à elle.
À l’écrit soutenu, vous rencontrerez aussi столь же stol’ je, de même sens, qui se place devant un adjectif, long ou court, ou devant un adverbe : Этот вопрос столь же важен, как первый, « cette question est aussi importante que la première ». Dans la conversation, il cède la place à такой же et à так же.
Le terme de référence est introduit par как, et une virgule le précède, même quand il se réduit à un seul mot : Он такой же, как все. Le russe traite ce groupe comme une proposition dont le verbe serait sous-entendu — « comme tous [le sont] » — et la ponctuation suit la règle des propositions décrite à la page les subordonnées. Le français, qui n’écrit rien avant « que », vous poussera à oublier cette virgule ; prenez l’habitude de la voir comme une partie de la paire.
On peut glisser и après как : Он такой же весёлый, как и брат On takóï je viessiólyï, kak i brat, « il est aussi gai que son frère, lui aussi ». La particule souligne que la qualité appartient bien aux deux ; elle ne change pas la construction.
Niée, la comparaison d’égalité change de sens : dire qu’une chose n’est pas aussi grande qu’une autre, c’est dire qu’elle est plus petite. Le russe emploie volontiers ce tour pour exprimer le « moins », plus naturel dans la conversation que менее. Dans cet emploi, il dit d’ordinaire не такой et не так, sans же.
Le partage entre такой et так reste le même que plus haut : не такой devant un adjectif long, не так devant un adverbe ou une forme courte. La dernière ligne montre un renfort utile, далеко не, « loin de » : далеко se place devant la négation.
Deux faux amis de forme. Sans же et suivi de что, le même démonstratif ne compare plus rien : il annonce une conséquence, comme le français « si… que ». Он так устал, что сразу уснул On tak oustál, tchto srázou ousnoúl, « il était si fatigué qu’il s’est endormi aussitôt » ; Была такая жара, что никто не выходил из дома Bylá takáia jará, tchto niktó nie vykhodíl iz dóma, « il faisait une telle chaleur que personne ne sortait ». Ce tour relève de la page exprimer la conséquence.
Autre piège, d’orthographe celui-là : так же en deux mots, « de la même façon », et также tákje en un seul, « également, en outre ». Он также говорит по-английски, « il parle aussi anglais » ; Он говорит по-английски так же, как по-русски, « il parle anglais aussi bien que russe ». Le test qui permet de trancher est donné à la page же, ведь et вот.
Regardez le mot qui suit le blanc : adjectif long ou nom, ou bien adverbe, forme courte, verbe. Touchez une réponse, puis Correction.
Voici le point que les manuels expédient et qui produit le plus de fautes. Le mot placé après как n’a pas de cas fixe : il prend le cas du mot auquel il est comparé. La raison est celle qu’on a vue pour la virgule : как ouvre une proposition dont le verbe est sous-entendu, et ce verbe, s’il était dit, imposerait le même cas que dans la principale.
| Le mot comparé | Après как | Exemple |
|---|---|---|
| le sujet, au nominatif | nominatif | Сын рисует так же, как отец. Syn risoúiet tak je, kak otiéts. — Le fils dessine comme son père. |
| le complément direct, à l’accusatif | accusatif | Она любит его, как сына. Oná lioúbit iegó, kak sýna. — Elle l’aime comme un fils. |
| un complément au datif | datif | Я верю тебе, как брату. Ia viériou tiebié, kak brátou. — Je te fais confiance comme à un frère. |
| un groupe avec у | у + génitif, répété | У него такой же акцент, как у тебя. Ou niegó takóï je aktsént, kak ou tiebiá. — Il a le même accent que toi. |
| un groupe avec с | с + instrumental, répété | Я говорил с ним так же, как с вами. Ia govoríl s nim tak je, kak s vámi. — Je lui ai parlé comme à vous. |
Le français fait la même chose sans y penser : « je te fais confiance comme à un frère » répète le « à » ; « je lui ai parlé comme à vous » aussi. Le russe répète de même la préposition, et il y ajoute le cas. Une paire suffit à montrer ce que le cas change au sens :
Dans la première phrase, мать est comparée au sujet она : c’est elle qui agit comme une mère, d’où le nominatif. Dans la seconde, о сыне est comparé à о нём : c’est lui qui est traité comme un fils, d’où la préposition о et le prépositionnel. Seul le second terme change, et avec lui le rôle de chacun. Avant de compléter un как, demandez-vous donc : « à quel mot de ma phrase est-ce que je compare celui-ci ? »
Quand la comparaison porte sur une quantité, le mot d’annonce devient столько же stól’ko je, « autant », et le second terme s’introduit par сколько skól’ko, après une virgule. Comme tous les mots de quantité, столько met au génitif ce qu’il mesure : du travail, des enfants, du temps. Et le second terme obéit à la règle de la section précédente.
La dernière ligne réunit tout ce qui précède. L’âge se dit en russe avec le datif de la personne, ему ; le second terme copie donc ce datif, мне, et non le nominatif я que le français « que moi » ferait attendre.
Attention enfin au mot « autant », qui en français mesure aussi bien une quantité qu’une intensité. Pour une quantité que l’on pourrait compter, столько же convient ; pour un sentiment ou une manière, le russe revient à так же : Он любит футбол так же, как отец On lioúbit foutból tak je, kak otiéts, « il aime le football autant que son père ». Pour une activité, les deux tours se rencontrent : Он читает столько же, сколько ты et Он читает так же много, как ты disent tous deux « il lit autant que toi ».
Demandez-vous d’abord quel mot d’annonce précède, puis à quel mot de la phrase le second terme est comparé.
« J’ai le même manteau que toi » parle de deux manteaux, le mien et le tien, cousus sur le même modèle. « Nous prenons le même bus » parle d’un seul bus, dans lequel nous montons tous les deux. Le français dit « le même » dans les deux cas ; le russe sépare les deux situations, такой же pour la première, тот же pour la seconde. La page des démonstratifs a tracé cette frontière ; voyons maintenant comment chaque outil se construit, et les trois autres que le russe range à côté.
Тот же tot je désigne l’objet dont on a déjà parlé, ou celui qu’un autre partage. Il se décline comme тот : в том же, с тем же, той же, те же. Quand un second terme suit, il est introduit par что, très souvent renforcé par и, et précédé d’une virgule.
Retenez la répartition : такой же va avec как, тот же avec что. On entend parfois тот же, как dans la conversation relâchée, mais la langue soignée l’évite. L’ajout de самый, comme dans la troisième ligne, renforce l’identité : « celui-là même, et pas un autre ».
Pour insister sur le fait qu’il s’agit d’une seule chose, surtout quand elle revient ou qu’elle est partagée par plusieurs, le russe emploie один и тот же odín i tot je. Один et тот se déclinent et s’accordent, le и du milieu ne bouge pas : одного и того же, в одной и той же, одни и те же.
Le neutre одно и то же, employé seul, veut dire « la même chose », avec souvent une nuance de lassitude ou d’équivalence : on répète одно и то же, deux mots ne veulent pas dire одно и то же. Pour la même chose dite une seule fois, sans insistance — « moi aussi, la même chose » —, le russe emploie plutôt то же самое.
Dans bien des phrases où le français dit « le même », le russe se contente du numéral один, « un », au sens de « un seul pour tous ». Le tour est très courant pour un lieu, un groupe ou un moment que plusieurs personnes partagent, et il se passe d’ordinaire de second terme.
Au génitif, le même один sert à dire qu’on partage une mesure ou une caractéristique : c’est le génitif de qualité, que le français rend par « avoir le même… ». On dit aussi, avec l’adjectif, одинакового роста ; et pour l’âge, le russe possède un nom, ровесник roviésnik, « personne du même âge ».
Une réserve : en tête de récit, один prend un tout autre sens, celui de « un certain ». В одном городе жил старый учитель V odnóm górodie jil stáryï outchítiel’ signifie « dans une ville vivait un vieux maître d’école », et non « dans la même ville ». C’est le contexte, et surtout la présence de plusieurs personnes qui partagent le lieu, qui fait entendre « le même ».
Reste le cas où l’on compare plusieurs objets entre eux, sans modèle extérieur. Le russe emploie alors l’adjectif одинаковый odinákovyï, « identique, pareil », et l’adverbe одинаково odinákovo. L’adjectif qualifie le plus souvent un pluriel ou deux noms réunis, et il ne se construit pas d’ordinaire avec как : pour comparer à un modèle, on revient à такой же.
La première ligne dit la même chose que У меня такой же телефон, как у мужа, mais d’un autre point de vue : одинаковые place les deux téléphones côte à côte, такой же… как prend l’un pour modèle de l’autre. La dernière ligne montre l’adverbe devant un adjectif : il dit « également ».
| Ce que vous voulez dire | Outil | Exemple |
|---|---|---|
| un objet distinct, pareil à un modèle | такой же…, как | Купи себе такую же куртку, как у меня. Koupí siebié takoúiou je koúrtkou, kak ou mieniá. — Achète-toi la même veste que moi. |
| un seul objet, déjà connu | тот же…, что и | Я сижу на том же месте, что и вчера. Ia sijoú na tom je miéstie, tchto i vtcherá. — Je suis assis à la même place qu’hier. |
| un seul objet, avec insistance ou répétition | один и тот же | Мы каждый раз заказываем одно и то же. My kájdyï raz zakázyvaiem odnó i to je. — Nous commandons chaque fois la même chose. |
| un lieu, un groupe, un moment partagés | один | Мы из одного города. My iz odnogó góroda. — Nous sommes de la même ville. |
| une mesure commune | один au génitif | Они одного возраста. Oní odnogó vózrasta. — Ils ont le même âge. |
| plusieurs objets identiques entre eux | одинаковый | Эти куртки одинаковые. Èti koúrtki odinákovyie. — Ces vestes sont identiques. |
« Égal », un mot de la langue écrite. L’adjectif равный rávnyï dit l’égalité de droit ou de mesure : У всех равные права Ou vsiekh rávnyie práva, « tous ont les mêmes droits ». En arithmétique, sa forme courte se construit avec le datif : Два плюс три равно пяти Dva plious tri ravnó piatí, « deux plus trois égale cinq » ; à l’oral, on dit plus volontiers Два плюс три будет пять. Enfin наравне с et l’instrumental signifie « à égalité avec » : Женщины работали наравне с мужчинами Jénchtchiny rabótali naravnié s moújtchinami, « les femmes travaillaient à égalité avec les hommes ».
Demandez-vous s’il existe un seul objet, ou plusieurs objets semblables. La traduction le précise chaque fois.
Toutes les comparaisons ne mesurent pas une égalité. Souvent, on rapproche simplement une chose d’une autre pour la peindre : « il s’est réjoui comme un enfant ». Le russe emploie alors как seul, sans mot d’annonce, suivi d’un nom au cas qu’exige la règle vue plus haut.
Ces trois lignes illustrent trois traitements. Une comparaison libre, que l’on pourrait retirer sans briser la phrase, s’encadre de virgules : c’est le cas du premier exemple. Quand la comparaison forme le prédicat lui-même, comme dans le deuxième, elle ne prend ni virgule ni tiret ; la page la phrase sans « être » range ce tour parmi ceux qui se passent de tiret. Les comparaisons figées de la troisième ligne, enfin, s’écrivent d’ordinaire sans virgule : elles fonctionnent comme un seul mot.
Un dernier emploi n’est pas une comparaison du tout. Quand как signifie « en tant que », « en qualité de », il ne prend pas de virgule :
À l’oral, ces distinctions passent par l’intonation et ne posent guère de problème. À l’écrit, la ponctuation des comparaisons compte parmi les chapitres délicats de l’orthographe russe ; les cas ci-dessus sont ceux que vous rencontrerez le plus souvent.
Pour dire que deux sujets partagent une même action ou un même état, le russe ajoute и à как. Le groupe s’encadre de virgules, et il remplace avantageusement une phrase en тоже : Она, как и её мать, работает в школе dit en une seule phrase ce que Её мать работает в школе, и она тоже dit en deux temps.
Observez la place du и dans les deux dernières lignes : il se glisse après le sujet, как я и думал, et non après как. Le tour signale que l’événement confirme ce qu’on attendait. Pour « comme d’habitude », en revanche, la particule est d’ordinaire absente : как всегда, как обычно. Ne confondez pas non plus как и avec la paire как… так и, « aussi bien… que », qui coordonne deux éléments et appartient à la page les constructions corrélatives.
Privés de leur же, так et такой se combinent encore avec как, mais ils ne disent plus l’égalité avec un modèle. Так, как rend le « comme » de manière ; такой, как sert à donner des exemples ou à décrire une espèce.
Quand le second terme a son propre verbe et décrit une qualité, le russe remplace volontiers как par le pronom какой, qui s’accorde et prend le cas de sa propre proposition. C’est le « tel que » français : Я люблю тебя таким, какой ты есть Ia lioubliú tiebiá takím, kakóï ty iest’, « je t’aime tel que tu es ». Таким est à l’instrumental, attribut du complément de люблю ; какой est au nominatif, attribut de ты. Le même mécanisme donne Он остался таким же, каким был в школе On ostálsia takím je, kakím byl v chkólie, « il est resté tel qu’il était à l’école ».
Pour une comparaison irréelle, celle qui imagine ce qui n’est pas, le russe emploie как будто kak boúdto et ses voisins. Le verbe qui suit reste à l’indicatif, au temps réel de l’action : le français « comme s’il savait » devient как будто знает, au présent. Une virgule précède la conjonction.
Les trois mots se distinguent surtout par le registre. Как будто est le plus courant dans la conversation, будто en est la forme brève, et словно slóvno sonne plus écrit, plus littéraire. La dernière ligne montre le renfort как будто бы, fréquent à l’oral : malgré le бы, il n’impose pas de forme en -л et ne change rien au sens. On rencontre aussi точно dans ce rôle, surtout dans les textes littéraires.
Подобно, подобный : la famille livresque. La préposition подобно podóbno, suivie du datif, signifie « à l’instar de » et appartient à l’écrit : Подобно отцу, он стал врачом Podóbno ottsoú, on stal vratchóm, « à l’instar de son père, il est devenu médecin ». La conversation dirait Как и отец, он стал врачом. L’adjectif подобный, « semblable, de ce genre », est écrit lui aussi : В подобных случаях звоните врачу, « en pareil cas, appelez un médecin ». Deux tours de la même famille sont en revanche très vivants. Ничего подобного! Nitchegó podóbnogo !, mot à mot « rien de semblable », sert à démentir vivement : « pas du tout ! ». Et и тому подобное, abrégé и т. п., termine une énumération comme notre « et cetera ».
Pour la ressemblance de traits, enfin, le russe a sa construction propre, похож на suivi de l’accusatif, avec ses voisins похоже et напоминать ; tout cela est exposé à la page sembler, avoir l’air, ressembler.
Tout ce qui précède se ramène à une suite de décisions, qu’on peut prendre dans l’ordre.
Que comparez-vous ? Une qualité : такой же ou так же, puis как. Un objet : demandez-vous s’il y en a un seul, тот же puis что и, ou deux semblables, такой же puis как ; pour un lieu ou une mesure partagés, один suffit. Une quantité : столько же, puis сколько.
Quel mot suit le mot d’annonce ? Un nom ou un adjectif long appellent такой же, accordé avec eux. Un adverbe, une forme courte ou un verbe appellent так же, qui ne change pas.
À quel mot le second terme est-il comparé ? Il en prend le cas, et il en répète la préposition : как у меня, как с тобой, сколько мне. Une virgule le précède.
La phrase est-elle niée ? Alors le russe dit le plus souvent не такой ou не так, sans же, et la phrase signifie « moins… que ».
Une paire s’apprend à l’oreille. Savoir que тот же va avec что et столько же avec сколько prend une minute ; dire Ему столько же лет, сколько мне sans chercher le cas demande d’avoir entendu et répété ce genre de phrases bien des fois. C’est ce que travaille notre cours de russe entièrement audio, en leçons de quatorze minutes, sur la plateforme web comme dans nos applications.
Chaque phrase demande un outil différent : qualité, objet, quantité, comparaison simple ou irréelle. Lisez bien la traduction avant de répondre.
Plus de cent cinquante pages qui se répondent — la mécanique de la langue, les verbes pris un à un, le vocabulaire par thème — avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.
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La leçon 1 est en haut de cette page, gratuite et en entier : je l’écoute avant de payer, sans compte à créer et sans carte bancaire.
Avec такой же ou так же, puis как précédé d’une virgule. Le choix dépend du mot qui suit : Он такой же высокий, как отец, « il est aussi grand que son père », mais Она поёт так же хорошо, как сестра, « elle chante aussi bien que sa sœur ».
Такой же se place devant un nom ou un adjectif long, et il s’accorde avec eux : такая же машина, в таком же доме. Так же se place devant un adverbe, une forme courte ou à côté d’un verbe, et ne change pas : так же быстро, так же умна, думаю так же.
Такой же parle de deux objets distincts, faits sur le même modèle : У меня такой же телефон, как у тебя, nous avons chacun le nôtre. Тот же parle d’un seul objet, déjà connu ou partagé : Мы сели в тот же поезд, что и они, nous étions dans le même train.
Тот же, что, souvent renforcé par и : Он надел тот же костюм, что и вчера. La paire такой же… как garde как, la paire тот же… что garde что. Le mélange s’entend dans la conversation relâchée, mais la langue soignée l’évite.
Pour une quantité, avec столько же suivi du génitif, puis сколько : У нас столько же детей, сколько у вас. Pour une intensité ou une manière, avec так же, как : Он любит футбол так же, как отец, « il aime le football autant que son père ».
Avec не такой ou не так, d’ordinaire sans же : Он не такой высокий, как брат, Сегодня не так холодно, как вчера. Ce tour dit « moins… que », et il est souvent plus naturel à l’oral que le comparatif en менее.
Au cas du mot auquel il est comparé, avec la même préposition s’il y en a une. Я верю тебе, как брату reprend le datif de тебе ; У него такой же акцент, как у тебя répète у. Comparé au sujet, le terme reste au nominatif : Она заботится о нём, как мать.
Oui après такой же et так же, et dans la plupart des comparaisons libres : Он, как ребёнок, обрадовался подарку. Les comparaisons figées s’écrivent d’ordinaire sans virgule, белый как снег, de même que как au sens de « en tant que » : Я говорю это как врач.
« Comme… aussi » : le tour rapproche deux sujets d’une même action. Она, как и её мать, работает в школе, « comme sa mère, elle travaille dans une école ». Quand как ouvre une proposition qui a son propre verbe, le и se place d’ordinaire juste devant ce verbe, donc après le sujet quand celui-ci le précède : Как я и думал, « comme je le pensais », mais Как и обещал директор, « comme l’avait promis le directeur ». Il ne faut pas le confondre avec la paire как… так и, « aussi bien… que ».
De trois façons. Avec le génitif de qualité, Мы одного возраста ; avec le nom ровесник, Мы с ним ровесники ; ou avec столько же… сколько et le datif de l’âge, Ему столько же лет, сколько мне. La même tournure sert pour la taille et la couleur : одного роста, одного цвета.
Одинаковый compare des objets entre eux, sans modèle extérieur, et se passe le plus souvent de second terme : Эти куртки одинаковые. Такой же prend un objet pour modèle de l’autre et l’introduit par как : Купи себе такую же куртку, как у меня.
Avec как будто, le plus courant, ou будто et словно, ce dernier plus littéraire. Le verbe reste à l’indicatif, au temps réel : Он говорит так, как будто всё знает, « il parle comme s’il savait tout ». Le français passe à l’imparfait ; le russe garde ici le présent.
Mot à mot « rien de semblable », c’est une façon vive de démentir, proche de notre « pas du tout ! » : — Ты обиделся? — Ничего подобного! Le reste de la famille de подобный est plutôt écrit, notamment подобно suivi du datif, « à l’instar de ».
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