Donner un ordre, prier, conseiller, inviter : le russe emploie une forme unique, et cette forme ne se prend jamais sur l’infinitif. Elle se prend sur la troisième personne du pluriel.
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Le réflexe du francophone est de partir de l’infinitif. En russe, il égare. La forme читать tchitát’ ne laisse pas deviner l’impératif, et la forme писать pissát’ le laisse encore moins. La bonne base est celle du présent, plus précisément celle de они oní, dont on retire la terminaison. Cette forme se trouve aux pages les deux conjugaisons et comment le verbe fonctionne.
Un avantage se voit tout de suite : le radical de они porte déjà les alternances de consonnes du verbe, et l’impératif les reprend sans rien y changer. они пишут oní píchout donne пиши pichí, avec le ш et non le с de l’infinitif. Ces alternances sont exposées à la page les alternances du radical.
Une seule question se pose : le radical finit-il par une voyelle ou par une consonne ? Si c’est une consonne, une seconde question se pose, celle de l’accent.
| Fin du radical | Accent de la forme « я » | Terminaison | Exemple |
|---|---|---|---|
| voyelle | indifférent | -й | читают → чита- → читай tchitáï |
| une consonne | sur la finale | -и | говорят → говор- → говори govorí |
| une consonne | sur le radical | -ь | встанут → встан- → встань vstan’ |
| deux consonnes | sur le radical | -и atone | помнят → помн- → помни pómni |
| une consonne, préfixe вы- | sur le préfixe | -и atone | выбросят → выброс- → выброси výbrossi |
C’est le cas le plus fréquent, parce que les verbes en -ать et -ять de la première conjugaison sont légion.
Les deux derniers méritent un regard. стоять stoiát’ ressemble à говорить, mais они стоят laisse le radical сто-, qui finit par une voyelle : la règle s’applique sans discussion et donne стой. L’infinitif, une fois de plus, ne dit rien.
Regardez la forme я : si l’accent y tombe après le radical, la terminaison est -и, et elle porte l’accent à son tour.
Les trois derniers viennent de verbes en -чь et en -ти, dont l’infinitif cache le radical. Seules les formes они помогут, они принесут, они берегут le rendent visible.
Le signe mou tient alors lieu de terminaison. Il ne s’entend pas comme une syllabe : il mouille la consonne qui précède, ce que décrit la page les consonnes molles.
Les deux derniers montrent une convention purement graphique : on écrit le signe mou après ж et ч alors que le premier est toujours dur et le second toujours mou. Rien ne s’en entend. Ce signe marque ici la forme, non la prononciation ; la page signe mou, signe dur revient sur cet emploi.
Deux situations écartent le signe mou et imposent -и, qui reste alors atone. Ce sont les deux seuls endroits où cette terminaison ne porte pas l’accent.
Le radical finit par un groupe de consonnes. Le signe mou y serait imprononçable, et -и le remplace.
Le verbe porte le préfixe accentué вы-. Le radical a beau ne finir que par une seule consonne et l’accent a beau tomber sur le préfixe, la terminaison reste -и, atone à son tour, et non le signe mou.
Quelques verbes de ce second groupe admettent les deux formes, parce que le verbe simple dont ils sortent prend le signe mou : брось donne выброси ou выбрось, сунь donne высуни ou высунь. La forme en signe mou y passe pour familière. Le doute est rare et ne porte que sur une poignée de verbes.
Une seule marque distingue l’ordre adressé à un proche de l’ordre adressé à un inconnu ou à un groupe : -те ajouté à la forme du tutoiement. Le russe ne change ni le verbe ni la construction, il ajoute deux lettres. La valeur sociale de cette opposition est celle des pronoms, traitée à la page les pronoms personnels.
| Verbe | À « ты » | À « вы » |
|---|---|---|
| читать | читай tchitáï | читайте tchitáïtie |
| говорить | говори govorí | говорите govorítie |
| встать | встань vstan’ | встаньте vstán’tie |
| быть | будь boud’ | будьте boúd’tie |
| помочь | помоги pomoguí | помогите pomoguítie |
Un mot sur le ton. L’impératif russe n’est pas ressenti comme brutal, et дайте ne sonne pas comme un « donnez » sec. La politesse passe par пожалуйста pojálouïsta, par la voix, et par des formules toutes faites comme будьте добры. Le francophone, qui cherche partout un conditionnel de politesse, emploie l’impératif moins souvent qu’il ne le faudrait. Sur les tournures en бы, voyez le conditionnel.
Les verbes en -ся ajoutent leur particule après la terminaison de l’impératif, et cette particule prend deux formes. On écrit -ся après une consonne ou un signe mou, -сь après une voyelle. La terminaison -те, qui finit par un е, entraîne donc toujours -сь.
| Verbe | À « ты » | À « вы » |
|---|---|---|
| вернуться | вернись viernís’ | вернитесь vierníties’ |
| садиться | садись sadís’ | садитесь sadíties’ |
| одеваться | одевайся odieváïsia | одевайтесь odieváïties’ |
| беспокоиться | беспокойся biespokóïsia | беспокойтесь biespokóïties’ |
| улыбаться | улыбайся oulybáïsia | улыбайтесь oulybáïties’ |
Notez le partage : вернись finit par и, une voyelle, donc -сь ; одевайся finit par й, une consonne, donc -ся. Le й trompe souvent, parce que le français y entend une demi-voyelle. En russe, c’est une consonne à part entière.
Trois observations suffisent, et elles s’entendent toutes les trois.
La terminaison -и est accentuée chaque fois qu’elle vient d’un radical dont la forme я est accentuée sur la finale : говори, скажи, помоги, принеси. Elle ne l’est pas dans les deux cas vus plus haut : les radicaux à deux consonnes, помни, прыгни, et les verbes en вы-, выйди, выброси.
Les terminaisons -й et -ь ne peuvent pas porter l’accent : ni le й ni le signe mou ne forment une syllabe. L’accent reste donc à l’intérieur du radical : читай, слушай, готовь, ответь. Ajouter -те ne le déplace pas non plus.
Le préfixe вы- attire l’accent sur lui dans les verbes perfectifs, et l’impératif suit :
Les déplacements d’accent dans le verbe obéissent à des schémas qu’on peut décrire ; ils sont exposés à la page l’accent mobile du verbe, et le principe général à la page l’accent tonique. Rappelons que le cyrillique ne note jamais cet accent : il s’apprend avec le mot, par l’oreille.
La règle couvre la quasi-totalité des verbes. Il reste une courte liste de formes que le radical de они ne prédit pas, et qui se retiennent une à une. Elles sont si fréquentes qu’on les rencontre dès les premières leçons.
| Infinitif | Impératif | Sens |
|---|---|---|
| дать | дай, дайте daï, dáïtie | donne, donnez |
| давать | давай, давайте daváï, daváïtie | donne, allons |
| вставать | вставай, вставайте vstaváï, vstaváïtie | lève-toi |
| узнавать | узнавай, узнавайте ouznaváï, ouznaváïtie | renseigne-toi |
| есть | ешь, ешьте iech’, iéch’tie | mange, mangez |
| пить | пей, пейте pieï, piéïtie | bois, buvez |
| бить | бей, бейте bieï, biéïtie | frappe |
| лить | лей, лейте lieï, liéïtie | verse |
| лечь | ляг, лягте liag, liágtie | allonge-toi |
| ехать | поезжай, поезжайте poiezjáï, poiezjáïtie | va, allez |
Trois verbes seulement, avec leurs composés, forment ce petit groupe cohérent : давать, вставать, узнавать. Eux seuls perdent le suffixe -ва- au présent et le gardent pourtant à l’impératif ; les autres verbes en -вать, comme открывать, suivent la règle générale et donnent открывай. Sans cette conservation, они дают donnerait дай, qui est déjà l’impératif d’un autre verbe ; la langue garde donc давай.
Le cas de ехать. Ce verbe n’a pas d’impératif propre dans la langue normée. On emprunte celui du perfectif préfixé поехать : поезжай, поезжайте. La forme езжай s’entend couramment mais reste familière, et едь est tenu pour fautif. Le couple ехать / ездить est traité à la page à pied ou en véhicule.
Quelques verbes, enfin, n’ont pas d’impératif d’usage courant, parce que leur sens s’y prête mal : видеть vídiet’, слышать slýchat’, хотеть khotiét’, мочь motch’. On ne commande pas de voir ni de pouvoir. La langue emploie à leur place les verbes d’action correspondants : смотри pour « regarde », слушай pour « écoute ». D’autres verbes irréguliers sont réunis à la page les verbes irréguliers.
La forme décrite jusqu’ici s’adresse à l’interlocuteur. Le russe dispose de deux tournures pour les autres personnes ; ni l’une ni l’autre n’emploie la forme d’impératif proprement dite.
Pour proposer une action commune, on emploie la forme мы du futur simple, seule ou précédée de давай au tutoiement et de давайте au vouvoiement. La marque -те peut se greffer directement sur le verbe : пойдёмте, идёмте. La formation du futur est traitée à la page les deux futurs.
Pour un ordre adressé à un tiers, le russe place пусть poust’ — ou son doublet familier пускай pouskáï — devant la troisième personne du présent ou du futur. Le verbe n’est pas à l’impératif ; il reste à sa forme ordinaire.
Le choix de l’aspect. Chaque verbe russe existe en deux exemplaires, et les deux ont un impératif. читай et прочитай se forment tous deux selon la règle exposée ici, mais ils ne s’emploient pas dans les mêmes circonstances, et l’ordre négatif obéit à des contraintes propres. Cette question, qui est la plus délicate de toutes, relève entièrement de la page l’aspect à l’impératif ; la notion elle-même est présentée à la page perfectif et imperfectif.
Les préfixes. La plupart des impératifs perfectifs cités ici sont des verbes préfixés — напиши, позвони, открой. Le rôle du préfixe est exposé à la page perfectiver par un préfixe.
Les verbes de mouvement. иди et ходи sont deux impératifs réguliers de deux verbes différents, et le choix entre eux ne tient pas à la forme mais au sens ; voyez идти ou ходить. L’ensemble du dossier est récapitulé à la page la grammaire complète.
Une forme courte, mais qui doit venir vite. L’impératif est ce qu’on entend le plus dans la rue, au guichet, au téléphone : подождите, проходите, повторите, не спешите. Reconstruire chaque fois le radical de они prend trop de temps pour une conversation réelle. C’est exactement le travail que fait notre cours de russe, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes : la forme finit par sortir seule.
Choisissez l’impératif qu’appelle chaque phrase. Touchez une réponse, puis Correction.
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Lire cette page ne vous fera pas parler — écouter, si. Quatorze minutes par jour, vous répétez à voix haute ce que vous entendez, et la langue s'installe. La première leçon est gratuite sur la plateforme ou l'application, sans carte bancaire.
On part de la forme они du présent ou du futur simple, on retire la terminaison, et l’on ajoute -й si le radical finit par une voyelle, -и si la forme я est accentuée sur la finale, -ь si elle est accentuée sur le radical. Deux cas prennent malgré tout -и atone : les radicaux à deux consonnes, помни, et les verbes au préfixe accentué вы-, выйди. Le -те final s’adresse au vous.
Parce que l’infinitif cache le radical réel. писать donne пиши et non une forme en с, помочь donne помоги, стоять donne стой. Seule la forme они montre le radical avec ses alternances.
Aucune de sens : seul change l’interlocuteur. говори s’adresse à une personne que l’on tutoie, говорите à plusieurs personnes ou à une personne que l’on vouvoie. La marque est le -те ajouté.
поезжай, поезжайте, emprunté au perfectif поехать. La forme езжай s’entend mais reste familière, et едь est considéré comme fautif.
Par convention graphique. Le ж est toujours dur et le ш aussi : le signe mou ne s’y entend pas. Il sert seulement à marquer qu’il s’agit d’un impératif.
Pour la première, on emploie la forme мы du futur, seule ou après давай et давайте : пойдём, давайте начнём. Pour la seconde, on place пусть devant la troisième personne : пусть он придёт.
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