Le russe ne retourne rien et n’ajoute aucun auxiliaire. Une question fermée se reconnaît à la seule mélodie de la voix — et, à l’écrit, à une particule de deux lettres.
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Pour la question fermée, celle à laquelle on répond par oui ou par non, le français a trois tournures ; le russe parlé n’en a qu’une. La phrase affirmative ne bouge pas d’un mot.
L’absence de verbe « être » au présent, traitée à la phrase sans « être », les rend très courtes.
La voix monte brusquement sur la syllabe accentuée d’un seul mot, puis retombe. Les grammaires russes numérotent ces contours d’après la classification d’Elena Bryzgounova ; celui de la question fermée porte le numéro trois. Le mot qui reçoit la montée est celui sur lequel porte réellement la question, et le déplacer change tout.
Le français rend ces trois nuances par trois tournures ; le russe n’a que la mélodie. Une question lue et une question entendue ne sont pas le même objet.
Attention : la question ouverte, celle qui commence par un mot interrogatif, ne monte pas. Son contour — le numéro deux de la même classification — descend, renforcé sur ce mot. Un francophone qui applique à Где вы живёте? la montée finale de « où habitez-vous ? » se trahit aussitôt. La place de l’accent, qui décide de l’endroit où la voix bouge, est traitée à la page l’accent tonique.
À l’écrit, la mélodie disparaît. Le russe dispose alors d’une particule, ли li, qui marque la question fermée sans rien ajouter au sens. Jamais accentuée, elle ne peut pas ouvrir la phrase : elle s’appuie sur le mot sur lequel porte la question, et ce mot passe en tête.
Dans la conversation, ли sonne livresque : on s’en tient à l’intonation. Deux emplois la maintiennent pourtant vivante.
L’interrogation indirecte. Là où le français emploie « si », le russe emploie ли — jamais если iésli, qui ne sert qu’à la condition. La faute est fréquente.
La virgule devant la subordonnée est de règle ; elle ne tombe que si la subordonnée se réduit à un seul mot interrogatif — Не знаю почему. Nie znáiou potchemoú. Pour la ponctuation, voir les subordonnées.
La demande atténuée. Précédée de не, ли transforme une demande en offre polie. La conversation d’aujourd’hui lui préfère souvent не suivi du conditionnel en бы, qui rend le même service sans la particule : le conditionnel.
Ils ouvrent la question qui appelle une information, et non un oui. En voici treize, qui couvrent l’essentiel de l’usage courant ; la langue en connaît d’autres, plus rares ou plus littéraires.
| Mot | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| кто | qui | Кто это? Kto èto ? — Qui est-ce ? |
| что | que, quoi | Что случилось? Tchto sloutchílos’ ? — Que s’est-il passé ? |
| где | où (lieu) | Где вы работаете? Gdie vy rabótaietie ? — Où travaillez-vous ? |
| куда | où (direction) | Куда вы идёте? Koudá vy idiótie ? — Où allez-vous ? |
| откуда | d’où | Откуда вы приехали? Otkoúda vy priiékhali ? — D’où êtes-vous venu ? |
| когда | quand | Когда вы приедете? Kogdá vy priiédietie ? — Quand arriverez-vous ? |
| как | comment | Как вас зовут? Kak vas zovoút ? — Comment vous appelez-vous ? |
| почему | pourquoi (cause) | Почему вы опоздали? Potchemoú vy opozdáli ? — Pourquoi êtes-vous en retard ? |
| зачем | pourquoi (but) | Зачем вы это сделали? Zatchém vy èto sdiélali ? — Pourquoi avez-vous fait cela ? |
| сколько | combien | Сколько это стоит? Skól’ko èto stóit ? — Combien cela coûte-t-il ? |
| какой | quel, quelle sorte de | Какой сегодня день? Kakóï siegódnia dien’ ? — Quel jour sommes-nous ? |
| который | lequel, quel rang | Который час? Kotóryï tchas ? — Quelle heure est-il ? |
| чей | à qui | Чей это дом? Tcheï èto dom ? — À qui est cette maison ? |
L’usage neutre les place en tête, sans y être tenu : dans la conversation, le mot interrogatif peut rester là où se serait trouvé le mot qu’il remplace, et le verbe, souvent, n’est même pas prononcé.
Autre particularité inconnue du français : deux mots interrogatifs peuvent se suivre, groupés en tête. La traduction doit les séparer.
Suivis de -то ou de -нибудь, ces mêmes mots donnent les indéfinis : quelqu’un, quelque chose.
Le français cache le fait : « qui » ne change jamais de forme. Le russe l’écrit : ce sont des pronoms, qui prennent le cas de leur fonction.
| Cas | qui | quoi |
|---|---|---|
| Nominatif | кто kto | что tchto |
| Génitif | кого kogó | чего tchegó |
| Datif | кому komoú | чему tchemoú |
| Accusatif | кого kogó | что tchto |
| Instrumental | кем kiem | чем tchem |
| Prépositionnel | о ком o kom | о чём o tchom |
L’accusatif de кто est emprunté au génitif : c’est la règle des animés. что, inanimé, garde sa forme de nominatif.
La préposition ne quitte jamais son pronom. Elle le précède et part avec lui en tête ; le russe ne la rejette pas en fin d’énoncé comme l’anglais. C’est elle qui décide du cas : у appelle le génitif, к le datif, с au sens de « avec » l’instrumental, о le prépositionnel. Plusieurs prépositions en gouvernent deux selon le sens ; le tableau complet est à quelle préposition, quel cas.
Un accord qui surprend. кто commande le singulier, et au passé le masculin, quelle que soit la réponse attendue — une femme, une foule. что commande le neutre singulier. La langue parlée s’autorise parfois l’accord de sens, mais la norme l’écarte.
Un seul « où » français pour trois mots russes : le lieu, la direction, la provenance. Куда ты идёшь? Koudá ty idióch’ ? et Откуда ты идёшь? Otkoúda ty idióch’ ? sont deux questions distinctes. Le même partage gouverne ensuite les prépositions et les cas : où et vers où.
почему demande la cause, ce qui a produit le fait ; зачем demande le but, ce que l’on visait. La même phrase française se traduit donc de deux façons selon ce qu’on veut savoir.
La réponse suit le même partage : потому что potomoú tchto pour l’un, чтобы tchtóby pour l’autre. Mis à la place de почему, зачем sonne comme un reproche.
какой porte sur la qualité, чей sur l’appartenance, который sur le rang. Tous trois s’accordent avec leur nom en genre, en nombre et en cas : какой et который suivent la déclinaison de l’adjectif, чей celle des possessifs — чьего tch’egó, чьему tch’emoú.
| Genre | Forme | Exemple |
|---|---|---|
| Masculin | чей tcheï | Чей это дом? Tcheï èto dom ? — À qui est cette maison ? |
| Féminin | чья tch’ia | Чья это книга? Tch’ia èto kníga ? — À qui est ce livre ? |
| Neutre | чьё tch’io | Чьё это место? Tch’io èto miésto ? — À qui est cette place ? |
| Pluriel | чьи tch’i | Чьи это вещи? Tch’i èto viéchtchi ? — À qui sont ces affaires ? |
L’accord se fait avec l’objet possédé, jamais avec le possesseur — comme pour les possessifs.
который a presque quitté l’interrogation : il ne survit guère que dans Который час? et В котором часу? V kotórom tchassoú ?, « à quelle heure ? » — l’heure, la date, l’âge. Ailleurs il sert de relatif : les relatives en который. сколько, lui, commande le génitif du nom compté : le nom après le nombre.
Deux mots marquent l’étonnement, le doute, ou que l’on croyait le contraire. Ils se placent en tête et ne conviennent pas à une question neutre : les employer pour une information banale produit un reproche que l’on ne cherchait pas.
разве suppose une attente déçue ; неужели exprime l’incrédulité, sans reproche. Les deux se recouvrent souvent, et la frontière tient au ton plus qu’à la règle.
Notre « n’est-ce pas » se rend par да? ou правда? ; не так ли? appartient à l’écrit soutenu.
La particule же je s’insère aussi dans les questions pour marquer l’impatience — Что же делать? Tchto je diélat’ ?, « mais que faire ? ». Sa valeur exacte relève de la page же, ведь et вот.
да et нет existent, mais servent moins seuls qu’en français : la réponse naturelle reprend le verbe de la question, tel quel. Un да nu paraît sec.
Devant une question négative, la particule isolée devient équivoque : on répond par le verbe, ou on l’y ajoute.
La syntaxe de не et нет relève de la négation, никто et ничего de personne, rien, nulle part.
La question négative est la formule polie du russe. Pour aborder un inconnu, on ne demande pas directement : on demande si l’autre ne saurait pas, ne pourrait pas — le procédé de « vous n’auriez pas l’heure ? », mais bien plus systématique.
Le choix entre ты et вы pèse lourd dans ces échanges brefs : voir tutoyer ou vouvoyer. La place des mots, elle, reste libre : l’ordre des mots.
Ce qui s’apprend et ce qui s’entend. La liste des mots interrogatifs s’apprend en une soirée, leurs cas en quelques jours. La montée de la voix au bon endroit, elle, ne s’acquiert qu’en écoutant et en répétant jusqu’à ce que la mélodie vienne seule. C’est le travail de notre cours de russe, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes.
Choisissez le mot interrogatif ou la particule qu’appelle chaque phrase. La traduction française indique ce que l’on cherche à savoir. Touchez une réponse, puis Correction.
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Lire cette page ne vous fera pas parler — écouter, si. Quatorze minutes par jour, vous répétez à voix haute ce que vous entendez, et la langue s'installe. La première leçon est gratuite sur la plateforme ou l'application, sans carte bancaire.
Sans rien changer à la phrase. Pour une question fermée, on garde l’ordre affirmatif et on fait monter la voix sur la syllabe accentuée du mot en cause : Он дома? On dóma ? Pour une question ouverte, on place le mot interrogatif en tête, sans inversion ni auxiliaire.
Elle marque la question fermée quand la mélodie ne peut pas le faire, c’est-à-dire à l’écrit. Elle se place juste après le mot sur lequel porte la question, et ce mot vient en premier : Придёт ли он? Pridiót li on ? À l’oral, elle sonne livresque.
Avec ли, jamais avec если, qui ne traduit que le « si » de la condition : Я не знаю, придёт ли он. Ia nie znáiou, pridiót li on. — Je ne sais pas s’il viendra. La virgule est obligatoire.
почему demande la cause, зачем le but. Le français dit « pourquoi » dans les deux cas. La réponse à l’un commence par потому что, celle à l’autre par чтобы. зачем prend facilement une nuance de reproche.
Parce que кто se décline. Ici il est complément d’objet, donc à l’accusatif — qui, pour un animé, emprunte la forme du génitif. De même après une préposition : С кем?, О чём?, У кого?.
On le peut, mais le russe préfère reprendre le verbe de la question : Вы читали? — Читал. Devant une question négative, la particule seule reste équivoque et le verbe est presque toujours ajouté.
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