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Le français dit « je sais » pour une adresse comme pour la nage, et « je peux » pour une permission comme pour une force retrouvée. Le russe range le savoir, le savoir-faire et le pouvoir dans trois verbes distincts. Un mauvais choix n’y fait pas une faute de conjugaison : il fait une autre phrase.
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« Je sais où il habite », « je sais nager », « je ne peux pas venir », « je peux entrer ? » : quatre phrases ordinaires, deux verbes français. Le russe emploie pour les dire trois verbes et un mot invariable, знать znat’, уметь oumiét’, мочь motch’ et можно mójno. Le francophone qui a appris à traduire « savoir » par знать et « pouvoir » par мочь découvre vite que les frontières ne tombent pas là où il les attendait.
Partons de ce que chaque verbe dit, avant de regarder ce qu’il traduit. Знать constate qu’une information est là, dans votre tête : une adresse, une date, une réponse, le nom d’une personne, une langue que vous avez étudiée. Il répond à la question « que savez-vous ? ». Уметь constate qu’une compétence est là, dans vos mains ou dans votre corps : nager, conduire, cuisiner, lire. Il répond à la question « que savez-vous faire ? », et il suppose un apprentissage. Мочь, enfin, ne parle ni de savoir ni d’apprentissage : il dit que rien ne vous empêche d’agir, ou au contraire que quelque chose vous en empêche — le temps, la santé, les circonstances, une interdiction.
Les deux premières lignes emploient le même verbe français et deux verbes russes ; les deux suivantes font de même avec « pouvoir », rendu une fois par un verbe, une fois par un mot invariable. Le français dit « savoir » devant une subordonnée comme devant un infinitif, et « pouvoir » pour une permission comme pour une capacité. Le russe, lui, choisit d’après la nature de ce que l’on possède : une information, un savoir-faire ou une possibilité. Le mot invariable можно occupe une place à part : il dit qu’une chose est permise ou possible sans nommer de sujet, et il relève des tournures impersonnelles. Nous ne le regarderons ici qu’en face de мочь.
Voici, rangées par situation, les phrases où le francophone hésite. La deuxième colonne dit quel mot le russe choisit, la troisième dit pourquoi. Lisez-les comme une série de réflexes à prendre plutôt que comme des règles à réciter : à chaque ligne, la question à se poser est celle de la nature de ce que l’on sait ou de ce que l’on peut.
| En français je dis | En russe je choisis | Pourquoi | La phrase russe |
|---|---|---|---|
| Je sais où il habite. | знать | une information que l’on possède | Я знаю, где он живёт. Ia znáiou, gdie on jiviót. |
| Je sais nager. | уметь | un savoir-faire appris | Я умею плавать. Ia oumiéiou plávat’. |
| Je connais Anna. | знать | on sait qui elle est | Я знаю Анну. Ia znáiou Ánnou. |
| Nous nous connaissons. | знакомы | on a fait connaissance | Мы знакомы. My znakómy. |
| Je ne sais pas s’il viendra. | знать et ли | une question indirecte | Я не знаю, придёт ли он. Ia nie znáiou, pridiót li on. |
| J’ai appris cette nouvelle hier. | узнать | l’instant où le savoir arrive | Вчера я узнал эту новость. Vtcherá ia ouznál ètou nóvost’. |
| Je ne peux pas venir demain. | мочь | un empêchement | Я не могу прийти завтра. Ia nie mogoú priïtí závtra. |
| Aujourd’hui, je ne peux pas nager. | мочь | le savoir-faire est là, la circonstance manque | Сегодня я не могу плавать. Siegódnia ia nie mogoú plávat’. |
| Tu peux m’aider ? | мочь | une demande adressée à quelqu’un | Ты можешь мне помочь? Ty mójech’ mnie pomótch’ ? |
| Il se peut qu’il soit en retard. | мочь | une éventualité | Он может опоздать. On mójet opozdát’. |
| Je peux entrer ? | можно | une permission demandée, sans sujet | Можно войти? Mójno voïtí ? |
| Ici, on n’entre pas. | нельзя | le contraire de можно | Сюда нельзя. Sioudá niel’ziá. |
| Je n’arrive pas à comprendre. | мочь | un résultat qui se refuse | Я не могу понять. Ia nie mogoú poniát’. |
| Je ne saurais vous dire. | мочь | ce « savoir » poli vaut « pouvoir » | Не могу вам сказать. Nie mogoú vam skazát’. |
Trois lignes méritent un mot dès maintenant. La quatrième montre que « connaître » quelqu’un se dit de deux façons, selon que l’on sait qui il est ou que l’on a fait sa connaissance. La huitième montre que мочь et уметь peuvent porter sur la même action, la nage, sans dire du tout la même chose. La dernière rappelle que le français emploie parfois « savoir » au sens de « pouvoir », dans un registre soigné ; le russe, lui, ne suit pas ce détour et revient à мочь. Retenez pour l’instant le principe qui gouverne toute la page : avant de choisir un verbe, demandez-vous si vous parlez d’une information, d’un savoir-faire ou d’une possibilité.
Commençons par le plus simple. Знать se conjugue exactement comme читать, le modèle de la première conjugaison, sans alternance de consonne ni surprise d’aucune sorte : la page les deux conjugaisons en donne le mécanisme. L’accent reste sur le radical aux six personnes, ce qui rend ce verbe facile à reconnaître à l’oreille.
| Personne | Forme | Transcription | Exemple |
|---|---|---|---|
| я | знаю | znáiou | Я знаю ответ. — Je connais la réponse. |
| ты | знаешь | znáiech’ | Ты знаешь, где он? — Tu sais où il est ? |
| он, она | знает | znáiet | Никто не знает. — Personne ne sait. |
| мы | знаем | znáiem | Мы знаем этот город. — Nous connaissons cette ville. |
| вы | знаете | znáietie | Вы знаете Анну? — Vous connaissez Anna ? |
| они | знают | znáiout | Они ничего не знают. — Ils ne savent rien. |
Le passé est tout aussi régulier : знал, знала, знало, знали znal, znála, ználo, ználi, accordé comme tout passé au genre et au nombre du sujet. Une femme dira donc Я не знала, « je ne savais pas », et un homme Я не знал.
Le point remarquable est ailleurs. Знать est un verbe d’état : savoir une chose ne s’accomplit pas, ne s’achève pas, on la sait ou on ne la sait pas. Ce verbe n’a donc pas de partenaire perfectif, et il rejoint le petit groupe que présente la page les verbes qui n’ont pas de paire. Son futur se forme avec l’auxiliaire, буду знать, et il sert surtout dans une formule que l’on entend souvent après une leçon reçue : Теперь буду знать Tiepiér’ boúdou znat’, « je le saurai pour la prochaine fois ».
Là où le français partage le travail entre « savoir » et « connaître », знать couvre les deux. Il prend un complément direct pour une donnée, une personne, une langue ; il introduit une subordonnée pour un fait ou une réponse ; il se construit avec о pour dire qu’on est au courant.
| Construction | Ce qu’elle dit | Exemple |
|---|---|---|
| знать + accusatif | une donnée, un fait précis | Я знаю его адрес. Ia znáiou iegó ádries. — Je connais son adresse. |
| знать + personne à l’accusatif | savoir qui est quelqu’un, le connaître | Ты знаешь этого человека? Ty znáiech’ ètogo tcheloviéka ? — Tu connais cet homme ? |
| знать + langue ou matière | une connaissance acquise | Она знает три языка. Oná znáiet tri iazyká. — Elle connaît trois langues. |
| знать, что… | un fait tenu pour sûr | Я знаю, что ты прав. Ia znáiou, tchto ty prav. — Je sais que tu as raison (à un homme). |
| знать, где, когда, как… | une réponse que l’on possède | Ты знаешь, когда начинается фильм? Ty znáiech’, kogdá natchináietsia fil’m ? — Tu sais quand commence le film ? |
| знать о + prépositionnel | être au courant | Мы знаем об этом. My znáiem ob ètom. — Nous sommes au courant. |
| знать наизусть | savoir par cœur | Он знает это стихотворение наизусть. On znáiet èto stikhotvoriéniie naizoúst’. — Il sait ce poème par cœur. |
Ces constructions ne dérangent guère un francophone, et c’est ce qui rend знать trompeur : on s’y sent si bien qu’on l’emploie aussi là où il ne convient plus, devant un infinitif de savoir-faire. Nous y reviendrons. Notez encore ce que devient le complément sous la négation : il peut passer au génitif, Я не знаю его адреса, à côté de Я не знаю его адрес. Les deux se disent, le génitif ayant un tour plus traditionnel ; et ничего, dans Я ничего не знаю, « je ne sais rien », est lui-même un génitif. Ce glissement est exposé pour lui-même à la page le génitif après une négation.
Le français distingue « savoir » et « connaître » ; le russe les réunit. Mais il trace une autre frontière, que le français ne trace pas : il sépare le fait de savoir qui est une personne et le fait d’avoir fait sa connaissance. Le premier se dit avec знать. Le second se dit avec знаком znakóm, une forme courte d’adjectif qui s’accorde, знаком, знакома, знакомы, et qui met la personne connue à l’instrumental après с.
La troisième ligne est la plus instructive : un francophone, qui rend « savoir » comme « connaître » par знать, y mettrait deux fois le même verbe, « je sais qui c’est, mais je ne le connais pas », et le russe y met deux mots différents. Dans la quatrième, la personne que l’on connaît se met à l’instrumental, с моей женой, selon le fonctionnement que décrit la page le cas instrumental. La dernière enfin donne le verbe qui mène à cet état, познакомиться, faire connaissance, ici à l’impératif : c’est la formule par laquelle on présente quelqu’un.
« Je ne sais pas s’il viendra » contient un « si » qui n’a rien de conditionnel : il introduit une question indirecte. Le russe ne le traduit pas par если, la conjonction de la condition, mais par la particule ли, placée juste après le mot sur lequel porte la question, le plus souvent le verbe, qui vient alors en tête de la subordonnée.
Dans la deuxième ligne, c’est дома qui porte la question, et la particule le suit. Une phrase comme Я не знаю, если он придёт est un calque du français, que l’oreille russe relève. La construction des subordonnées, et la place de cette particule, sont exposées à la page les subordonnées.
Узнать n’est pas « savoir ». Ce verbe, que l’on présente parfois comme le perfectif de знать, désigne un autre procès : le moment où un savoir arrive. Il traduit « apprendre » une nouvelle, « se renseigner », et aussi « reconnaître » quelqu’un. Il forme sa propre paire avec l’imperfectif узнавать.
Le deuxième verbe est aussi régulier que le premier. Son infinitif en -еть ne doit pas vous faire penser à видеть ou à смотреть : уметь suit la première conjugaison, garde le е de son radical à toutes les formes, et l’accent y reste fixé.
| Personne | Forme | Transcription | Exemple |
|---|---|---|---|
| я | умею | oumiéiou | Я умею плавать. — Je sais nager. |
| ты | умеешь | oumiéiech’ | Ты умеешь водить машину? — Tu sais conduire ? |
| он, она | умеет | oumiéiet | Она умеет играть на гитаре. — Elle sait jouer de la guitare. |
| мы | умеем | oumiéiem | Мы не умеем танцевать. — Nous ne savons pas danser. |
| вы | умеете | oumiéietie | Вы умеете готовить? — Vous savez cuisiner ? |
| они | умеют | oumiéiout | Дети уже умеют читать. — Les enfants savent déjà lire. |
Le passé, умел, умела, умели oumiél, oumiéla, oumiéli, dit une compétence que l’on avait : В детстве я умела рисовать V diétstvie ia oumiéla rissovát’, « enfant, je savais dessiner », dans la bouche d’une femme. Il laisse entendre, selon le contexte, que cette compétence s’est perdue depuis, exactement comme notre imparfait.
Ce qui suit уметь est presque toujours un infinitif, et pour les savoir-faire ordinaires cet infinitif est imperfectif : on sait nager, conduire, cuisiner, on ne sait pas accomplir une fois un acte unique. C’est pourquoi la page l’aspect après un modal range ce verbe parmi ceux qui appellent l’imperfectif.
Vous rencontrerez pourtant un perfectif après ce verbe, dans un tour d’éloge où l’on vante l’art d’obtenir un résultat chaque fois qu’il le faut : Он умеет найти выход из любой ситуации On oumiéiet naïtí výkhod iz lioubóï sitouátsii, « il sait trouver une issue à n’importe quelle situation ». Ce tour se reconnaît sans peine ; pour vos propres phrases, gardez l’imperfectif.
Уметь n’accepte guère un nom pour complément : on ne dit pas уметь русский язык, et c’est знать qui prend la langue. Il admet en revanche un pronom, всё, ничего, это, qui reprend des savoir-faire sans les nommer.
Le verbe s’étend enfin aux qualités humaines, qui sont des savoir-faire d’une autre sorte, et le français le suit ici volontiers : Она умеет слушать Oná oumiéiet sloúchat’, « elle sait écouter » ; Он не умеет ждать On nie oumiéiet jdat’, « il ne sait pas attendre » ; Ты умеешь хранить секреты? Ty oumiéiech’ khranít’ siekriéty ?, « tu sais garder un secret ? ».
Un savoir-faire s’acquiert, et le russe a un verbe pour cette acquisition : научиться naoutchít’sia, apprendre à, perfectif de учиться. Il est le chemin qui mène à уметь : Я научился плавать, теперь я умею плавать, « j’ai appris à nager, maintenant je sais nager ». Les verbes de l’étude et de l’enseignement sont rassemblés à la page apprendre ou enseigner.
Le perfectif d’уметь est суметь soumiét’. Il ne dit pas qu’on a acquis une compétence, mais qu’on est parvenu à un résultat, une fois, grâce à son habileté ou à ses efforts. Ses formes conjuguées sont des futurs : сумею signifie « j’y arriverai », non « je sais faire ».
Le français dit ici « réussir à », « parvenir à », et le russe dispose pour cela d’autres moyens encore, notamment la tournure impersonnelle удаться, présentée à la page réussir, y arriver. Retenez de суметь qu’il garde la marque de son origine : on y entend le savoir-faire mis au service d’un résultat.
Choisissez la forme qu’appelle chaque phrase. Touchez une réponse, puis Correction.
Le troisième verbe est le plus irrégulier des trois, et ses formes sont déjà décrites ailleurs : nous ne les reprenons pas en tableau. Au présent, le г du radical alterne avec ж aux quatre personnes du milieu : могу, можешь, может, можем, можете, могут mogoú, mójech’, mójet, mójem, mójetie, mógout. Le mécanisme est exposé à la page les consonnes qui alternent. Au passé, le masculin n’a pas de -л : мог, могла, могло, могли mog, moglá, mogló, moglí, comme l’explique la page le passé et ses masculins sans -л. Retenez surtout l’accent, qui frappe la désinence à la première personne puis recule sur le radical.
Мочь ne parle pas de ce que vous savez, mais de ce que la situation vous permet. Il couvre presque tout ce que couvre « pouvoir », à une exception près : la permission ou la possibilité dites sans sujet, qui reviennent à можно.
| Emploi | Ce qu’il dit | Exemple |
|---|---|---|
| les circonstances | un empêchement, ou son absence | Я не могу прийти: я работаю. Ia nie mogoú priïtí : ia rabótaiou. — Je ne peux pas venir : je travaille. |
| le corps | une capacité physique, présente ou perdue | После операции он не может ходить. Póslie opierátsii on nie mójet khodít’. — Depuis l’opération, il ne peut pas marcher. |
| la permission accordée | on autorise une personne nommée | Вы можете идти. Vy mójetie idtí. — Vous pouvez disposer. |
| l’éventualité | une chose qui risque d’arriver | Он может опоздать. On mójet opozdát’. — Il risque d’être en retard. |
| la demande | on sollicite quelqu’un | Ты можешь закрыть окно? Ty mójech’ zakrýt’ oknó ? — Tu peux fermer la fenêtre ? |
La quatrième ligne demande un peu d’attention, car le français ne l’entend pas toujours ainsi. Он может опоздать ne dit pas qu’il a le droit d’arriver en retard, mais que c’est possible, qu’il faut s’y attendre. La négation peut alors porter sur l’infinitif : Он может не прийти On mójet nie priïtí, « il se peut qu’il ne vienne pas ».
Là où le français dit « je n’arrive pas à », le russe dit simplement не могу, suivi d’un infinitif le plus souvent perfectif, parce qu’il s’agit d’un résultat qui se refuse : Я не могу понять, « je n’arrive pas à comprendre » ; Я не могу найти ключи Ia nie mogoú naïtí klioutchí, « je ne trouve pas mes clés ». La page de l’aspect après un modal, citée plus haut, détaille cette préférence. Deux tours voisins sont à connaître. Не могу не suivi d’un infinitif dit qu’on ne peut s’en empêcher : Я не могу не согласиться с вами Ia nie mogoú nie soglassít’sia s vámi, « je ne peux qu’être d’accord avec vous ». Больше не могу Ból’che nie mogoú dit qu’on est à bout : « je n’en peux plus ».
Ты можешь…? et Вы можете…? sont des demandes correctes, mais directes. Pour les adoucir, le russe emploie le conditionnel, c’est-à-dire la forme du passé suivie de бы, et il la fait souvent précéder d’une négation qui ne nie rien : elle rend la demande plus discrète.
La première ligne est une phrase à savoir par cœur dès les premières semaines : elle vous sauvera plus d’une conversation. La dernière montre que le même tour sert au reproche, et qu’il vaut aussi bien pour le présent que pour le passé, puisque le conditionnel russe ne distingue pas « pourrais » et « aurais pu ». Le procédé est exposé à la page le conditionnel.
Le perfectif de мочь est смочь smotch’. Il fournit d’abord le futur ordinaire : смогу, сможешь… смогут smogoú, smójech’… smógout, « je pourrai, tu pourras ». La forme буду мочь existe, mais on ne l’emploie guère ; dites Завтра я смогу прийти Závtra ia smogoú priïtí, « demain je pourrai venir ». Au passé, смог présente une possibilité réalisée, ou manquée, à un moment précis, là où мог décrit une capacité ou un empêchement qui ont duré.
| Phrase | Aspect | Ce qu’elle dit |
|---|---|---|
| Я всю ночь не мог заснуть. | imperfectif | je n’ai pas pu m’endormir de toute la nuit : un état qui dure |
| Наконец я смог заснуть. | perfectif | j’ai fini par m’endormir : le résultat, à un moment précis |
| В молодости он мог бегать часами. | imperfectif | une capacité passée, qui a duré des années |
| Он смог пробежать десять километров. | perfectif | une performance réalisée, une fois |
| Если смогу, позвоню. | perfectif, futur | si je peux, j’appellerai |
Dans bien des phrases, les deux aspects se disent et la nuance reste mince : Я не мог прийти et Я не смог прийти rapportent tous deux qu’on n’est pas venu. Le second insiste sur l’occasion manquée, le premier sur l’empêchement lui-même. Ne cherchez pas à trancher à chaque fois ; retenez surtout le futur смогу, que vous emploierez sans cesse.
Reste le cas où personne n’est sujet. Можно mójno, invariable, dit qu’une chose est permise ou possible, en général ou pour une personne que l’on met au datif. Il se fait suivre d’un infinitif ou, dans une demande, d’un simple nom : Можно счёт? Mójno stchot ?, « l’addition, s’il vous plaît ». Sa construction, ses temps et ses voisins надо, нужно et нельзя sont exposés à la page les tournures sans sujet ; nous ne retenons ici que la frontière qui le sépare de мочь.
| Phrase | Transcription | Ce qu’elle dit |
|---|---|---|
| Можно мне взять эту книгу? | Mójno mnie vziat’ ètou knígou ? | Puis-je prendre ce livre ? La permission est demandée, la personne au datif. |
| Ты можешь взять эту книгу. | Ty mójech’ vziat’ ètou knígou. | Tu peux prendre ce livre. La permission est accordée à un sujet. |
| Здесь можно купить билеты. | Zdies’ mójno koupít’ biliéty. | On peut acheter des billets ici : une possibilité ouverte à tous. |
| Он может купить билеты. | On mójet koupít’ biliéty. | Il peut acheter les billets : il en a le temps, ou l’argent. |
| Можно не спешить. | Mójno nie spiechít’. | Rien ne presse : l’action n’est pas nécessaire. |
| Сюда нельзя. | Sioudá niel’ziá. | On n’entre pas ici : l’interdiction. |
La différence est grammaticale avant d’être une affaire de sens. Можно n’a pas de sujet : la personne, si on la nomme, est au datif, мне, тебе, вам. Мочь a un sujet au nominatif et se conjugue. Pour demander une permission, Можно? est la formule la plus naturelle, et elle se répond par elle-même ; Могу ли я войти? se dit aussi, dans un registre plus soutenu. Pour accorder la permission à quelqu’un, on dira Вы можете войти, ou tout simplement Можно.
La négation de можно n’est pas не можно, qui ne se dit pas, mais un autre mot : нельзя niel’ziá. Il couvre à la fois l’interdiction et l’impossibilité, et c’est l’aspect de l’infinitif qui choisit entre les deux, comme l’expose la page de l’aspect après un modal. Ne le confondez pas avec можно не, qui existe bel et bien : ce tour ne nie pas la permission, il dit qu’une action n’est pas nécessaire. Можно не приходить Mójno nie prikhodít’ signifie « vous n’êtes pas obligé de venir ».
Le francophone qui cherche « peut-être » pense à можно, parce qu’il y entend « pouvoir ». Mais « peut-être » se dit может быть mójet byt’, mot à mot « il peut être », tiré de мочь, et souvent réduit à может dans la conversation. Можно n’y a aucune part.
La dernière ligne introduit возможно, de la même famille, qui signifie « peut-être » ou « c’est possible » sur un ton un peu plus réservé. Les trois mots, можно, может быть et возможно, se ressemblent à l’oreille ; seul le premier dit une permission.
Demandez-vous si la phrase nomme la personne qui peut, ou si elle ne nomme personne.
Voici le partage que la langue française prépare mal, parce qu’elle laisse souvent « pouvoir » empiéter sur « savoir » : on entend couramment « il peut conduire » pour « il sait conduire ». Le russe ne suit pas cet empiétement. Уметь dit qu’une compétence est acquise ; мочь dit que les conditions permettent, ou non, de l’exercer. La même action peut donc se dire avec l’un ou l’autre, et le sens change du tout au tout.
| Phrase | Transcription | Ce qu’elle dit |
|---|---|---|
| Я не умею плавать. | Ia nie oumiéiou plávat’. | je ne sais pas nager : je n’ai pas appris |
| Я не могу плавать: вода холодная. | Ia nie mogoú plávat’ : vodá khólodnaia. | je ne peux pas nager : l’eau est froide |
| Он умеет играть на пианино. | On oumiéiet igrát’ na pianíno. | il sait jouer du piano : il a appris |
| Сегодня он не может играть: у него болит рука. | Siegódnia on nie mójet igrát’ : ou niegó bolít roúka. | il ne peut pas jouer aujourd’hui : il a mal à la main |
| Мой сын уже умеет читать. | Moï syn oujé oumiéiet tchitát’. | mon fils sait déjà lire |
| Без очков я не могу читать. | Biez otchkóv ia nie mogoú tchitát’. | sans lunettes, je ne peux pas lire |
| Я не умею, но могу научиться. | Ia nie oumiéiou, no mogoú naoutchít’sia. | je ne sais pas, mais je peux apprendre |
La dernière ligne résume ce partage en six mots. Le premier verbe constate l’absence de compétence ; le second affirme que rien n’empêche de l’acquérir. Pour trancher dans les autres cas, posez-vous une question simple : si l’obstacle disparaissait demain — l’eau froide, la main blessée, les lunettes oubliées —, la personne pourrait-elle agir ? Si oui, elle sait déjà faire, et c’est мочь qu’il faut. Si non, parce qu’elle n’a jamais appris, c’est уметь.
Le contresens n’est pas anodin. Un adulte qui dit Я не могу читать laisse entendre qu’il n’a pas ses lunettes ou pas de lumière ; s’il dit Я не умею читать, il avoue qu’il est analphabète. Un francophone qui veut s’excuser de ne pas savoir danser en disant Я не могу танцевать fait plutôt penser à un empêchement, une cheville foulée par exemple.
Au perfectif, les deux verbes se rapprochent, et bien des phrases acceptent l’un comme l’autre : Он смог решить задачу et Он сумел решить задачу On soumiél riechít’ zadátchou disent tous deux qu’il a résolu le problème. La nuance tient à ce que chacun hérite de son imperfectif : суметь met en avant l’habileté ou l’effort, смочь la possibilité. Pour un empêchement extérieur — une maladie, un train manqué —, c’est смочь qui vient naturellement : Я не смог прийти, я был болен Ia nie smog priïtí, ia byl bólien, « je n’ai pas pu venir, j’étais malade ».
Pour dire qu’on parle une langue, le russe ne recourt d’ordinaire ni à уметь ni à мочь : il dit Я говорю по-русски Ia govorioú po-roússki, « je parle russe », ou Я знаю русский язык Ia znáiou roússkiï iazýk, « je connais le russe ». Я могу говорить по-русски se dit aussi pour une compétence, mais peut faire entendre une possibilité de circonstance : « je suis en mesure de parler russe, ici, maintenant ». Уметь apparaît plus volontiers pour la lecture et l’écriture : Он умеет читать по-русски, но ещё не говорит, « il sait lire le russe, mais il ne le parle pas encore ».
Entre знать et уметь, la frontière passe entre ce que l’on peut dire et ce que l’on peut faire. Connaître les règles des échecs, c’est savoir les énoncer ; savoir jouer aux échecs, c’est être capable de mener une partie. Le russe le dit avec deux verbes, là où le français se contente de deux constructions du même verbe.
| Phrase | Verbe | Ce qu’elle dit |
|---|---|---|
| Я знаю правила шахмат. Ia znáiou právila chákhmat. | знать | je connais les règles des échecs : une information |
| Я умею играть в шахматы. Ia oumiéiou igrát’ v chákhmaty. | уметь | je sais jouer aux échecs : une pratique |
| Я знаю, как приготовить борщ. Ia znáiou, kak prigotóvit’ borchtch. | знать, как | je connais la recette du bortsch : une méthode |
| Я умею готовить борщ. Ia oumiéiou gotóvit’ borchtch. | уметь | je sais faire le bortsch : le geste maîtrisé |
| Он знает русский язык. On znáiet roússkiï iazýk. | знать | il connaît le russe : une langue apprise |
| Он умеет читать по-русски. On oumiéiet tchitát’ po-roússki. | уметь | il sait lire le russe : une capacité |
Regardez la troisième ligne : знать, как suivi d’un infinitif est parfaitement correct. Il dit qu’on connaît une méthode, une recette, un chemin — Я знаю, как открыть эту дверь Ia znáiou, kak otkrýt’ ètou dvier’, « je sais comment ouvrir cette porte », parce qu’on connaît le truc. Ce n’est pas ce que dit уметь, qui parle d’un geste maîtrisé. On peut fort bien connaître la recette sans savoir la réussir, et le russe le dit sans effort : Я знаю, как это делается, но сам не умею Ia znáiou, kak èto diélaietsia, no sam nie oumiéiou, « je sais comment ça se fait, mais je ne sais pas le faire moi-même ».
En revanche, знать suivi directement d’un infinitif, sans как, ne s’emploie pas pour dire un savoir-faire. Я знаю плавать est un calque du français, qu’un Russe corrigera en Я умею плавать. Le piège est d’autant plus sournois que la phrase française est d’une parfaite banalité : c’est précisément devant l’infinitif que le mot « savoir » doit vous mettre en alerte.
Ces trois verbes et leurs voisins ont donné à la conversation une série de formules qui s’emploient telles quelles. Vous les entendrez avant de pouvoir les analyser, et il vaut mieux les apprendre d’un bloc.
| Formule | Transcription | Sens |
|---|---|---|
| Не знаю. | Nie znáiou. | Je ne sais pas. |
| Понятия не имею. | Poniátiia nie imiéiou. | Aucune idée. |
| Кто его знает. | Kto iegó znáiet. | Allez savoir. |
| Откуда мне знать? | Otkoúda mnie znat’ ? | Comment voulez-vous que je le sache ? |
| Насколько я знаю… | Naskól’ko ia znáiou… | À ma connaissance… |
| Как знаешь. | Kak znáiech’. | Fais comme tu l’entends. |
| Дай мне знать. | Daï mnie znat’. | Fais-moi signe, préviens-moi. |
| Теперь буду знать. | Tiepiér’ boúdou znat’. | Je le saurai pour la prochaine fois. |
| Может быть. | Mójet byt’. | Peut-être. |
| Не может быть! | Nie mójet byt’ ! | Pas possible ! |
| Больше не могу. | Ból’che nie mogoú. | Je n’en peux plus. |
| Чем могу помочь? | Tchem mogoú pomótch’ ? | En quoi puis-je vous aider ? |
| Как ты мог! | Kak ty mog ! | Comment as-tu pu ! (à un homme) |
| как можно скорее | kak mójno skoriéie | le plus vite possible |
Quelques-unes appellent un commentaire. Как знаешь, mot à mot « comme tu sais », abandonne la décision à l’autre, souvent avec une pointe de désapprobation : c’est notre « fais comme tu veux » prononcé en haussant les épaules. Дай мне знать met la personne prévenue au datif, et se dit au vouvoiement Дайте мне знать. Теперь буду знать montre le futur de знать dans l’un de ses emplois les plus courants : on remercie de l’information, ou l’on tire la leçon d’une erreur.
Du côté de мочь, Чем могу помочь? est la question du vendeur, de l’employé au guichet, de quiconque se met à votre disposition. Как ты мог! s’accorde comme tout passé : à une femme, on dira Как ты могла! Enfin как можно suivi d’un comparatif signifie « le plus… possible » : как можно скорее, le plus vite possible, как можно раньше kak mójno rán’che, le plus tôt possible.
Complétez chaque phrase. Plusieurs sont des formules à apprendre telles quelles.
Tout ce qui précède se ramène à une suite de décisions, que l’on peut prendre dans l’ordre avant d’ouvrir la bouche.
Est-ce une information ? Une adresse, un nom, une date, une réponse, un fait, une personne dont on sait qui elle est, une langue que l’on a étudiée : c’est знать, avec un complément direct, une subordonnée ou о. Si le « si » français introduit une question, pensez ли. Si l’on a fait la connaissance de la personne, pensez знаком.
Est-ce un savoir-faire ? Une chose apprise, que l’on fait avec ses mains, son corps ou son talent : c’est уметь, suivi d’un infinitif, imperfectif pour les compétences ordinaires. Le mot « savoir » suivi d’un infinitif doit déclencher ce réflexe, et non знать.
Est-ce une possibilité ou une permission ? Si la personne est sujet, c’est мочь, conjugué ; si personne n’est nommé, ou si la personne est au datif, c’est можно, dont le contraire est нельзя. Et si le moment compte — l’information qui arrive, le résultat obtenu, la possibilité à venir —, passez aux perfectifs : узнать, суметь, смочь.
Un réflexe d’oreille avant tout. Personne n’a de mal à comprendre la différence entre savoir et savoir faire une fois qu’elle est expliquée. La difficulté est de choisir le bon verbe au moment où l’on parle, quand le français souffle « je sais » ou « je peux » plus vite que la réflexion. Ce réflexe ne s’acquiert qu’en entendant et en répétant des phrases entières, я умею плавать, я не могу прийти, можно войти, jusqu’à ce que le verbe vienne de lui-même. C’est ce que travaille notre cours de russe entièrement audio, en leçons de quatorze minutes, sur la plateforme web comme dans nos applications. Écoutez la première leçon aujourd’hui.
Choisissez le mot que la situation réclame. Demandez-vous s’il s’agit d’une information, d’un savoir-faire, d’une possibilité ou d’une permission.
Plus de cent cinquante pages qui se répondent — la mécanique de la langue, les verbes pris un à un, le vocabulaire par thème — avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.
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Знать dit qu’une information est dans votre tête : une adresse, un fait, une personne, une langue étudiée. Уметь dit qu’un savoir-faire est acquis : nager, conduire, cuisiner. D’où Я знаю, где он живёт, « je sais où il habite », contre Я умею плавать, « je sais nager ». Le français emploie « savoir » dans les deux cas ; le russe choisit d’après la nature de ce que l’on sait.
Non. Знать suivi directement d’un infinitif ne s’emploie pas pour dire un savoir-faire : c’est un calque du français. On dit Я умею плавать. En revanche, знать, как suivi d’un infinitif est correct et dit qu’on connaît une méthode : Я знаю, как открыть эту дверь, « je sais comment ouvrir cette porte ».
La première phrase dit que vous n’avez jamais appris à nager. La seconde dit que vous savez nager, mais qu’une circonstance vous en empêche : l’eau est froide, vous êtes blessé, c’est interdit. Уметь parle de la compétence, мочь de la possibilité de l’exercer. La phrase Я не умею, но могу научиться, « je ne sais pas, mais je peux apprendre », réunit les deux.
Cela dépend de ce que vous entendez par là. Si vous savez qui est la personne, ou si vous la connaissez bien, dites Я его знаю. Si vous voulez dire que vous avez fait sa connaissance, employez знаком, qui s’accorde et met la personne à l’instrumental après с : Вы знакомы с моей женой? D’où la phrase Я знаю, кто он, но мы не знакомы, « je sais qui c’est, mais nous ne nous connaissons pas ».
Avec la particule ли, placée après le mot sur lequel porte la question, le plus souvent le verbe : Я не знаю, придёт ли он, « je ne sais pas s’il viendra ». Ce « si » introduit une question indirecte et n’a rien de conditionnel ; le traduire par если est un calque que l’oreille russe relève.
Non. C’est un verbe d’état : on sait une chose ou on ne la sait pas, et rien ne s’achève. Son futur se forme avec буду, comme dans la formule Теперь буду знать, « je le saurai pour la prochaine fois ». Узнать, qu’on présente parfois comme son perfectif, désigne un autre procès : apprendre une nouvelle, se renseigner, reconnaître quelqu’un. Il forme sa paire avec узнавать.
Sur la première conjugaison, sans aucune irrégularité : умею, умеешь, умеет, умеем, умеете, умеют oumiéiou, oumiéiech’, oumiéiet, oumiéiem, oumiéietie, oumiéiout. L’accent reste sur le е du radical. Le passé est умел, умела, умели, et le perfectif суметь se conjugue de la même façon, avec des formes qui sont des futurs.
Pour les savoir-faire ordinaires, l’imperfectif : уметь плавать, уметь водить машину, уметь готовить. On sait pratiquer une activité, non accomplir une fois un acte unique. Un perfectif se rencontre dans des tours d’éloge où l’on vante l’art d’obtenir un résultat, comme Он умеет найти выход из любой ситуации ; pour vos propres phrases, l’imperfectif est le choix sûr.
Quand personne n’est sujet. Можно est invariable et met la personne au datif, s’il y en a une : Можно войти?, Можно мне взять эту книгу?. Мочь se conjugue et demande un sujet au nominatif : Ты можешь взять эту книгу. Pour demander une permission, Можно? est la formule la plus naturelle ; pour l’accorder à quelqu’un, on dit Вы можете… ou simplement Можно.
Parce que la négation de можно est un autre mot, нельзя : Сюда нельзя, « on n’entre pas ici ». Le tour можно не existe, mais il dit autre chose : qu’une action n’est pas nécessaire. Можно не приходить signifie « vous n’êtes pas obligé de venir », et non « vous ne pouvez pas venir ».
Может быть, souvent réduit à может, signifie « peut-être » et vient du verbe мочь : Может быть, он уже дома. Можно dit une permission ou une possibilité générale : Здесь можно купить билеты. Les deux mots se ressemblent à l’oreille, mais employer можно pour « peut-être » revient à dire tout autre chose : « on peut », « c’est permis ».
Avec le futur du perfectif смочь : смогу, сможешь, сможет, сможем, сможете, смогут. Завтра я смогу прийти, « demain je pourrai venir » ; Если смогу, позвоню, « si je peux, j’appellerai ». La forme буду мочь existe, mais on ne l’emploie guère. Au passé, смог rapporte une possibilité réalisée ou manquée à un moment précis.
Souvent mince, et bien des phrases acceptent les deux : Он смог решить задачу et Он сумел решить задачу disent qu’il a résolu le problème. Суметь met en avant l’habileté ou l’effort, смочь la possibilité. Pour un empêchement extérieur, une maladie ou un train manqué, on dit plutôt Я не смог прийти.
Par le conditionnel de мочь, souvent précédé d’une négation qui ne nie rien : Не могли бы вы говорить медленнее?, « pourriez-vous parler plus lentement ? ». Au tutoiement, la forme s’accorde avec la personne : Ты не мог бы мне помочь? à un homme, Ты не могла бы мне помочь? à une femme. Вы можете…? est correct, mais plus direct.
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