LIMBAVotre méthode de langue 100 % audio
Cours de langues›Fabriquer des noms

Trois suffixes qui transforment un verbe wolof en nom

Vous savez dire « travailler » : vous savez donc dire « travailleur », et vous ne l’avez jamais appris. Le wolof fabrique ses noms sur ses verbes — et il le fait là où le français change complètement de mot.

La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l’application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s’écoutent en ligne, et non sur ce site.

Une dérivation qui change de direction

Le wolof suffixe énormément ses verbes, et l’essentiel de ce travail produit d’autres verbes : c’est la matière de la page les extensions verbales, qui traite cette direction et elle seule.

Ici, nous prenons la direction inverse : du verbe vers le nom. À partir d’un verbe que vous connaissez déjà, trois suffixes fabriquent un nom que vous n’avez pas eu besoin d’apprendre.

Pourquoi cela compte-t-il autant pour un francophone ? Parce que notre langue, elle, change de mot. « Travailler » donne « travailleur », mais « bon » donne « bonté », « marcher » ne donne rien du tout et il faut dire « la façon de marcher » en quatre mots. Un francophone apprend chacun de ces noms séparément et suppose qu’il en va de même en wolof. Il se prépare à mémoriser des mots qu’il pourrait construire.

Les trois suffixes

-kat : celui qui fait l’action

C’est l’équivalent de notre -eur. On l’ajoute au verbe :

  • liggéey « travailler » → liggéeykat « travailleur »
  • jaay « vendre » → jaaykat « vendeur, marchand »

Le mot est long, et c’est précisément ce qui le rend reconnaissable : une fin de mot en -kat désigne quelqu’un, et le début du mot vous dit ce qu’il fait. C’est le premier suffixe à entraîner son oreille à repérer.

-aay : la qualité devenue nom

Il fabrique un nom abstrait à partir d’un verbe de qualité :

  • baax « être bon » → baaxaay « la bonté »
  • rafet « être beau » → rafetaay « la beauté »

Notez le sens de la flèche, qui est l’inverse du nôtre. Le français part de l’adjectif pour faire le nom ; le wolof part du verbe, puisque les qualités y sont des verbes. Ce n’est pas une nuance de terminologie : cela vous dit où chercher le mot dont vous avez besoin.

-in : la façon de faire

Le plus dépaysant des trois, et le plus utile à comprendre le jour même :

  • dox « marcher » → doxin « la façon de marcher »
  • wax « parler » → waxin « la façon de parler »
  • lekk « manger » → lekkin « la façon de manger »

Là où le wolof a un mot, le français en aligne quatre. Dès qu’une conversation commente la manière dont quelqu’un fait quelque chose — et les conversations font cela sans arrêt — ces noms apparaissent, et un francophone qui ne connaît pas le suffixe entend un mot inconnu alors qu’il connaît parfaitement le verbe qui s’y cache.

Ce que le nom fabriqué emporte avec lui

Un nom dérivé est un nom comme les autres : il reçoit une classe nominale. Savoir laquelle est une autre question, celle de quelle classe pour quel nom, et elle ne se règle pas depuis le suffixe.

La conséquence est pratique et immédiate : quand vous fabriquez un de ces noms, vous ne fabriquez pas son déterminant. Un nom wolof s’apprend avec lui — voir les classes nominales.

Une prudence nécessaire

Ces trois suffixes sont productifs, mais ils ne sont pas libres. Une forme que vous construisez par analogie sur un verbe quelconque a de bonnes chances d’être comprise ; elle n’est pas pour autant le mot que les gens emploient. Nous ne donnons ici que des formes établies, et le réflexe à prendre est le même que pour tout le reste du vocabulaire : on vérifie qu’un mot existe avant de l’adopter.

La vraie difficulté, de toute façon, n’est pas de produire ces noms mais de les reconnaître. Le mot est plus long que le verbe, il arrive au milieu d’une phrase rapide, et rien ne vous signale qu’il est fabriqué. C’est exactement le genre de mécanisme qui cède à l’écoute répétée et résiste aux listes.

Un suffixe reconnu vaut cent mots appris. Entendre liggéeykat ou waxin passer dans une phrase, et comprendre sans y penser de quel verbe ils viennent, s’installe par l’oreille. Notre cours de wolof est entièrement audio, en leçons de quatorze minutes.

Exercices : les noms dérivés du verbe

Chaque question porte sur les trois suffixes présentés ci-dessus et sur les noms donnés en exemple. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. Cette page traite la dérivation ___.
  2. La dérivation qui produit un autre verbe est traitée ___.
  3. Le suffixe qui désigne celui qui fait l’action est ___.
  4. liggéey « travailler » donne ___.
  5. liggéeykat veut dire ___.
  6. jaay « vendre » donne ___.
  7. Le suffixe qui fabrique un nom de qualité est ___.
  8. baax « être bon » donne ___.
  9. baaxaay veut dire ___.
  10. rafet « être beau » donne ___.
  11. Le suffixe qui dit la façon de faire est ___.
  12. dox « marcher » donne ___.
  13. doxin veut dire ___.
  14. wax « parler » donne ___.
  15. Pour rendre doxin, le français aligne ___.
  16. Un nom fabriqué par dérivation ___.
  17. La bonne habitude est d’apprendre le nom dérivé ___.
  18. Une forme construite par analogie sur un verbe quelconque ___.

Toute la grammaire wolof, chapitre par chapitre

Quarante-sept pages qui se répondent — des classes nominales au système de focus, le cœur de la langue. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.

Passez à la pratique

Apprenez à parler la langue wolof

Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.

  • Leçon 1 gratuiteAucune carte bancaire demandée
  • 9,99 € par moisAnnulable à tout moment
  • 12 languesLe même accès les ouvre toutes
Le cours de wolof →
1 La plateforme web Écouter la leçon 1 → 9,99 € par mois — depuis n’importe quel navigateur, rien à installer
2 Les applications mobiles 9,99 € par mois — iPhone et Android, un seul abonnement pour les deux

Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.

Questions fréquentes

Comment dit-on « travailleur » à partir de « travailler » ?

En ajoutant le suffixe d’agent -kat : liggéey « travailler » donne liggéeykat. Le même procédé donne jaaykat « vendeur » à partir de jaay « vendre ».

À quoi sert le suffixe -aay ?

À fabriquer un nom abstrait sur un verbe de qualité : baax « être bon » donne baaxaay « la bonté », rafet donne rafetaay « la beauté ». Le wolof part du verbe là où le français part de l’adjectif.

Qu’est-ce que doxin ou waxin ?

Des noms de manière, formés avec -in : « la façon de marcher », « la façon de parler ». Le wolof dit en un mot ce que le français dit en quatre.

Quelle classe reçoit un nom dérivé ?

Il en reçoit une, comme tout nom wolof, mais le suffixe ne permet pas de la déduire. La question est traitée sur la page consacrée à l’attribution des classes, et la parade reste d’apprendre le nom avec son déterminant.

Peut-on fabriquer ces noms librement ?

Les suffixes sont productifs, pas libres. Une forme construite par analogie sera souvent comprise, sans être le mot que les locuteurs emploient réellement : mieux vaut vérifier avant de l’adopter.

Apprenez à parler la langue wolof

Plus de 10 000 personnes ont appris avec la méthode LIMBA depuis sa création. 9,99 € par mois, annulable à tout moment. La première leçon reste gratuite, sans carte bancaire. Rappel : les deux formules sont indépendantes l’une de l’autre, et les leçons s’écoutent en ligne.

Formule 1 — En ligne
Plateforme web — 9,99 € par mois

Toutes les langues depuis votre navigateur. Rien à installer. Annulable à tout moment. Ne donne pas accès aux applications mobiles.

Accéder à la plateforme →
Formule 2 — Sur mobile
Applications — 9,99 € par mois

Les mêmes leçons sur iPhone et Android, connexion Internet requise. Annulable à tout moment, depuis les réglages de votre compte App Store ou Google Play. Ne donne pas accès à la plateforme web.