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Cours de langues›L’applicatif -al

L’applicatif : faire quelque chose pour quelqu’un

Le français ajoute une préposition. Le wolof ajoute une syllabe au verbe — et le bénéficiaire devient un complément à part entière.

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Ce que fait ce suffixe

L’applicatif ajoute au verbe un participant supplémentaire : celui pour qui, ou vers qui, l’action est accomplie. Le wolof en possède deux, dont le plus visible est -al.

Là où le français dit « je cuisine pour toi » en ajoutant une préposition et un pronom, le wolof modifie le verbe lui-même. Le bénéficiaire cesse d’être un ajout périphérique : il devient un complément du verbe.

Les descriptions savantes qualifient -al d’applicatif-bénéfactif, ce qui indique que ses valeurs se recouvrent partiellement avec celles du causatif — une porosité fréquente dans les systèmes de ce type. Voir les causatifs.

Pourquoi c’est plus qu’une commodité

On pourrait croire qu’il s’agit d’une simple économie de mots. C’est davantage que cela.

Le bénéficiaire change de statut

En français, « pour toi » reste un complément accessoire : on peut le retirer sans toucher à la phrase. En wolof, une fois le verbe suffixé, le bénéficiaire est attendu par le verbe lui-même.

C’est une différence de construction, pas seulement de forme. Elle rapproche le bénéficiaire du complément d’objet, et modifie l’organisation de toute la phrase.

Il couvre plusieurs relations

Au-delà du bénéficiaire — celui à qui le service est rendu — le suffixe peut introduire la destination, le destinataire, parfois la cause ou le motif. Le français emploierait « pour », « à », « en faveur de », « à cause de » selon les cas.

Il est très employé

Rendre service, faire quelque chose à la place de quelqu’un, agir en son nom : ces notions sont centrales dans la vie sociale sénégalaise, et le vocabulaire les exprime constamment. Vous entendrez ce suffixe plusieurs fois par conversation.

Ce qu’un francophone doit surveiller

Ne pas ajouter de préposition. Un débutant suffixe correctement le verbe, puis ajoute par réflexe un équivalent de « pour ». C’est redondant : le suffixe fait déjà le travail, et la préposition de trop se remarque.

Ne pas confondre avec le causatif. « Faire cuisiner quelqu’un » et « cuisiner pour quelqu’un » sont deux opérations différentes, et deux suffixes différents. La confusion produit un contresens — vous dites que l’autre a fait le travail alors que vous l’avez fait pour lui.

Se rappeler qu’il se combine. Applicatif et causatif peuvent coexister sur un même verbe, dans un ordre déterminé. On obtient alors des formes longues où deux participants supplémentaires sont introduits. Voir les extensions verbales.

Notez enfin que ce suffixe ressemble, à l’oreille, à d’autres éléments de la langue — notamment à une des formes de l’impératif. Le contexte tranche sans difficulté, mais c’est une source d’hésitation pour un débutant. Voir l’impératif.

Un suffixe socialement utile. Proposer de faire quelque chose pour quelqu’un est l’une des formules les plus employées au Sénégal. La maîtriser change la qualité de vos échanges. Notre cours de wolof la met en situation, en leçons audio de quatorze minutes.

Exercices : l’applicatif et le bénéfactif

Chaque question porte sur le suffixe applicatif décrit ci-dessus. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. L’applicatif ajoute au verbe ___.
  2. Le wolof possède ___ applicatifs.
  3. Le plus visible des deux applicatifs est ___.
  4. Pour dire « je cuisine pour toi », le wolof ___.
  5. Une fois le verbe suffixé, le bénéficiaire est ___ par le verbe lui-même.
  6. En français, « pour toi » reste un complément ___.
  7. Le suffixe rapproche le bénéficiaire ___.
  8. Au-delà du bénéficiaire, le suffixe peut introduire ___.
  9. Le français rendrait ces différentes valeurs par ___.
  10. Vous entendrez ce suffixe ___.
  11. Après avoir suffixé le verbe, ajouter un équivalent de « pour » est ___.
  12. « Cuisiner pour quelqu’un » demande ___.
  13. Confondre applicatif et causatif produit ___.
  14. Applicatif et causatif sur un même verbe ___.
  15. À l’oreille, -al ressemble à ___.
  16. Les descriptions savantes qualifient -al d’___.

Toute la grammaire wolof, chapitre par chapitre

Quarante-sept pages qui se répondent — des classes nominales au système de focus, le cœur de la langue. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.

Le wolof, la langue du Sénégal

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Questions fréquentes

Que fait l’applicatif en wolof ?

Il ajoute au verbe un participant supplémentaire : celui pour qui, ou vers qui, l’action est accomplie. Le wolof en possède deux, dont le plus visible est -al.

Faut-il ajouter une préposition en plus ?

Non, c’est redondant : le suffixe fait déjà le travail. Un francophone ajoute par réflexe un équivalent de « pour », et cette préposition de trop se remarque.

Quelle différence avec le causatif ?

« Faire cuisiner quelqu’un » et « cuisiner pour quelqu’un » sont deux opérations distinctes, avec deux suffixes distincts. Les confondre produit un contresens sur qui a fait le travail.

Le bénéficiaire reste-t-il accessoire ?

Non. Une fois le verbe suffixé, le bénéficiaire est attendu par le verbe lui-même : il se rapproche du complément d’objet et modifie l’organisation de la phrase.

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