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Le wolof n’a pas de mot pour « chaque ». Il dit « le jour qui est » — une proposition relative là où nous posons un petit mot, et sa consonne change avec le nom.
Le cours complet de wolof se télécharge : 36 leçons audio de 14 minutes, en fichiers MP3, pour un paiement unique de 29 €. Aucun abonnement, rien à résilier. La leçon 1 est plus haut, gratuite et complète.
Cette page répond à deux questions seulement : combien de temps et combien de fois. Elle ne répond pas à « quand », qui demande un moment, un jour ou une date, et qui relève d’une autre page : voir l’heure et la date.
La distinction paraît scolaire ; elle est en réalité décisive, parce que le wolof ne traite pas ces deux choses de la même façon. Un moment se nomme. Une durée se compte. Et une fréquence, elle, se construit — avec un procédé qui n’a aucun équivalent chez nous.
Autant le dire tout de suite pour éviter une déception : vous ne trouverez pas dans le dictionnaire un mot wolof pour chaque, ni pour souvent pris comme un bloc. Ce sont des tournures, et une fois la tournure comprise, elle se décline sur tous les mots de temps.
Là où le français a besoin de pendant — « j’ai attendu pendant deux ans » — le wolof pose simplement la quantité de temps derrière le verbe, sans aucun mot de liaison. C’est cohérent avec le reste de la langue, qui se passe presque de prépositions.
On compte donc la durée comme on compte n’importe quoi d’autre : ñaari at, deux ans ; ñetti bés, trois jours. Le mot de temps reste au singulier, comme après tout nombre. Voir les nombres.
Le réflexe à désinstaller est donc celui de la préposition. Un francophone cherche par quoi rendre pendant, ne trouve rien, et finit par glisser un équivalent de dans ou de à. La phrase devient alors bancale, et le plus souvent elle change de sens : elle situe au lieu de mesurer.
Voici la surprise de ce chapitre. Pour dire qu’une chose a duré longtemps, le wolof ne cherche pas un adverbe : il emploie le verbe yàgg, dont le sens est précisément « durer longtemps ». Yàgg na dit « cela a duré », « il y a longtemps », « ça fait un moment ».
Cela n’a rien d’exotique dès qu’on se souvient que les adjectifs sont des verbes en wolof. La durée suit la même logique que les qualités : ce que nous exprimons par un mot accessoire, la langue l’exprime par un procès.
Le mot qui compte les occurrences est yoon, notre « fois » : benn yoon, une fois ; ñaari yoon, deux fois. Pour poser la question elle-même, il faut le mot interrogatif qui veut dire « combien », et il appartient à une autre page : voir les questions.
Reste le cas le plus fréquent et le plus intéressant : la fréquence régulière, notre chaque. Le wolof la construit avec une proposition relative, dont le verbe signifie « être, se trouver » — voir être et avoir. Littéralement : « le jour qui est ».
Chaque jour. Le nom bés est de classe b, d’où le relatif en bu.
À chaque instant, tout le temps. Saa entraîne un relatif en su.
Chaque année. At entraîne un relatif en mu.
Regardez ces trois formes ensemble : bu, su, mu. La tournure ne change pas d’un pouce ; seule la consonne bouge, et elle vient du nom. C’est le mécanisme d’accord qui traverse toute la langue, appliqué ici à l’expression du temps. Voir l’accord de classe et les relatives.
La conséquence pratique est nette, et elle explique pourquoi tant d’apprenants butent ici : vous ne pouvez pas dire « chaque jour » si vous ignorez la classe du mot « jour ». Une expression de fréquence n’est pas un bloc à mémoriser, c’est une petite phrase à construire.
Un dernier point, qui vaut économie. Ces compléments accompagnent naturellement la forme verbale de l’inaccompli, celle de l’habitude — mais ce sont eux qui datent l’habitude et la chiffrent, pas le verbe. Voir l’inaccompli di. De la même façon, un mot de temps posé en tête de phrase suffit souvent à renvoyer le récit en arrière, sans marque de passé sur le verbe : voir le passé en -oon.
Trois tournures, et vous parlez de vos habitudes. Dire ce qu’on fait chaque jour, combien de temps on reste, combien de fois on est venu : c’est la matière de presque toutes les premières conversations. Notre cours de wolof les installe à l’oreille, en leçons audio de quatorze minutes.
Chaque question porte sur les façons de chiffrer le temps présentées ci-dessus. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante-sept pages qui se répondent — des classes nominales au système de focus, le cœur de la langue. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.
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En posant la quantité de temps derrière le verbe, sans aucun équivalent de notre pendant : ñaari at, deux ans ; ñetti bés, trois jours. Le mot de temps reste au singulier.
bés bu nekk, littéralement « le jour qui est ». Le wolof n’a pas de mot pour chaque : il emploie une proposition relative, dont la consonne est celle de la classe du nom.
Elle ne change pas : seule la consonne du relatif bouge, parce qu’elle vient du nom. bés bu nekk, saa su nekk, at mu nekk sont trois fois la même construction.
Avec yoon, notre « fois » : benn yoon, une fois ; ñaari yoon, deux fois. La question « combien de fois » demande en plus le mot interrogatif traité à la page des questions.
Par un verbe, yàgg, qui signifie « durer longtemps ». C’est la même logique que pour les qualités, qui sont elles aussi des verbes en wolof.
Le verbe prend la forme de l’inaccompli, mais ce sont les compléments de fréquence qui chiffrent et datent l’habitude. Ce sont eux que l’on apprend ici ; la forme verbale a sa propre page.
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