« Sur la table » se dit en wolof quelque chose comme « au dessus de la table ». Les positions y sont des noms, pas des prépositions — et la locution de lieu se lit exactement comme une possession.
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Le wolof n’a pas de mot pour sur, ni pour sous, ni pour derrière. Il a des noms qui désignent des régions de l’espace, et il les place derrière la préposition générale ci. Voir ci et ak.
Employés seuls après ci, ils répondent déjà à une question de lieu : ci kaw, dessus ; ci biir, dedans ; ci ginnaaw, derrière ; ci wet, à côté. Ces quatre réponses sont utilisables le jour même, sans rien savoir d’autre de la langue.
On pourrait croire à une commodité de description : après tout, notre devant vient aussi d’un nom. En wolof, ce n’est pas une étymologie, c’est le fonctionnement actuel de la langue.
Biir est le ventre. Ginnaaw est le dos. Kanam est le visage. Suuf, de son côté, est aussi le nom de la terre, celui que vous avez peut-être déjà rencontré sous la forme suuf si. Voir les classes nominales.
Le wolof situe donc les objets les uns par rapport aux autres en leur prêtant un corps : ce qui est derrière la maison est à son dos, ce qui est dans le sac est à son ventre. C’est une image que l’on retrouve dans beaucoup de langues, mais rarement aussi vive et aussi régulière.
Quand un nom de position est suivi du nom du repère, les deux sont reliés comme un possédé l’est à son possesseur, par le lien en -u que porte la consonne de classe. Voir la possession et le lien -u.
Autrement dit, une locution de lieu wolof a la forme d’un groupe possessif : « le dessus de la table », « l’arrière de la maison ». L’ordre est celui que vous connaissez déjà — la position d’abord, le repère ensuite :
Nous ne donnons pas ici la consonne de classe de chacun de ces sept noms : comme tout nom wolof, chacun s’apprend avec son déterminant, entendu et non déduit. Voir quelle classe pour quel nom.
Il n’y a aucun paradigme à retenir ici : sept noms, et la construction que vous employez déjà pour dire « la maison de Moussa ». C’est l’un des chapitres les moins coûteux du dossier.
Puisque ce sont des noms, ils entrent dans le système d’accord comme les autres, et c’est la position, non le repère, qui commande la consonne du lien. Voir l’accord de classe.
Sans nom de position, la localisation reste volontairement vague. Le wolof précise quand la précision compte, et laisse le contexte faire le reste — souvent là où le français aurait déjà choisi entre sur et sous.
Le piège du francophone est un piège de traduction. Devant « sur la table », il cherche un mot pour sur, n’en trouve pas, et pose le nom du repère tout seul. Le résultat n’est pas faux, il est flou : il dit que l’objet est du côté de la table, pas qu’il est posé dessus. Ci seul ne choisit pas la face de l’objet ; seul le nom de position le fait.
Un dernier repère, pour ne pas confondre deux séries. Le wolof possède aussi des adverbes de lieu bâtis sur l’opposition entre le proche et le lointain, celle-là même qui traverse les déterminants et les démonstratifs : voir les démonstratifs. Et pour demander où se trouve quelque chose, la question choisit sa propre construction : voir les questions.
Sept mots pour ne plus jamais être perdu. Demander son chemin, dire où l’on a posé une chose, indiquer une place assise : ces situations reviennent chaque jour d’un séjour. Notre cours de wolof les fait pratiquer en audio, en leçons de quatorze minutes.
Chaque question porte sur les sept noms de position présentés ci-dessus et sur la façon dont ils se relient au repère. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante-sept pages qui se répondent — des classes nominales au système de focus, le cœur de la langue. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.
Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.
Par une locution qui signifie littéralement « au dessus de la table » : la préposition ci, puis le nom de position kaw, puis le nom du repère — ci kaw taabal bi.
Sept suffisent : kaw le dessus, suuf le dessous, biir l’intérieur, ginnaaw l’arrière, kanam l’avant, digg le milieu, wet le côté.
Pour deux raisons. Plusieurs sont aussi des noms de parties du corps — le ventre, le dos, le visage. Et ils se relient au repère par le lien de possession, si bien qu’une locution de lieu a la forme d’un groupe possessif.
Celle du nom de position, qui tient ici le rôle du possédé. Ce n’est pas le repère qui commande, un point où les francophones raisonnent spontanément à l’envers.
Oui, et cela reste correct — simplement vague. L’énoncé situe alors l’objet auprès du repère sans dire s’il est dessus, dessous ou dedans. La précision est facultative en wolof, là où le français l’impose.
Oui, comme pour tout nom wolof : c’est elle qui donne la consonne du lien. Elle ne se devine pas, elle s’entend — raison de plus pour apprendre ces mots dans des phrases entières.
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