Nos deux verbes les plus fréquents n'ont pas d'équivalent unique. Le wolof répartit leurs emplois entre plusieurs constructions — et chacune est plus précise.
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Parce que « être » et « avoir » sont les deux verbes les plus employés du français, et que tout apprenant cherche instinctivement leur traduction. Il n'y en a pas — ou plutôt, il y en a plusieurs, selon ce qu'on veut dire.
Ce n'est pas une lacune du wolof. C'est que nos deux verbes recouvrent, en français, des opérations très différentes que nous avons regroupées par accident historique. Le wolof les distingue.
« Il est grand », « c'est chaud ». Aucun verbe « être » n'intervient : la qualité est le verbe. Voir les adjectifs sont des verbes.
« Je suis américain », « il est professeur ». Cela passe par le focus complément, parce que l'information nouvelle est l'attribut lui-même.
La localisation emploie le présentatif, qui sert précisément à signaler une présence.
« Il y a » relève d'un verbe d'existence propre, distinct de tout ce qui précède.
Quatre emplois, quatre constructions. Un francophone qui cherche un verbe unique tourne en rond ; celui qui accepte la répartition progresse vite, parce que chaque construction est simple prise séparément.
La possession s'exprime par un verbe qui signifie proprement « avoir, posséder » — le wolof en possède bien un, contrairement à l'arabe maghrébin par exemple. Il se conjugue comme n'importe quel verbe, avec les constructions habituelles.
Relier deux noms — « la maison de Moussa » — est une opération différente, qui ne passe pas par un verbe du tout. Voir la possession et le lien -u.
Les sensations et les états — avoir faim, avoir froid, avoir mal — se rendent le plus souvent par des verbes propres, chacun désignant l'état en question. Là encore, la qualité est le verbe.
L'auxiliaire, enfin, n'existe pas : le wolof ne construit aucun temps composé avec « avoir », puisque le verbe ne se conjugue pas. Tout ce que le français fait avec « j'ai fait » se dit en wolof par une forme simple.
Deux verbes passe-partout sur lesquels se replier quand on ne sait pas.
Des constructions plus précises, et surtout : aucun verbe irrégulier à apprendre, là où « être » et « avoir » sont les pires du français.
Apprendre chaque emploi séparément, comme une formule, sans chercher le point commun.
Le chapitre qui débloque les premières phrases. Se présenter, dire où l'on est, dire comment on va, dire ce qu'on possède : tout est là. Notre cours de wolof les installe dès les premières leçons, en audio, quatorze minutes à la fois.
Quarante-sept pages qui se répondent — des classes nominales au système de focus, le cœur de la langue. À parcourir dans l'ordre, ou au gré de vos questions.
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Cela dépend de l'emploi. Une qualité est déjà un verbe ; une identité passe par le focus complément ; une localisation par le présentatif ; l'existence par un verbe propre.
Oui, pour la possession proprement dite, et il se conjugue comme n'importe quel verbe. Mais relier deux noms, comme « la maison de Moussa », ne passe pas par un verbe du tout.
Par un verbe propre désignant l'état, comme pour les autres sensations. En wolof, la qualité ou l'état est le verbe.
Non. Le wolof ne construit aucun temps composé avec un auxiliaire, puisque le verbe ne se conjugue pas. Tout ce que le français dit avec « j'ai fait » se rend par une forme simple.
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