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Cours de languesLa possession et le lien -u

La possession en wolof : la voyelle qui relie

Le possédé d'abord, le possesseur ensuite, et entre les deux une voyelle unique — la même qui sert à construire les propositions relatives.

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La construction

Pour relier deux noms dans un rapport de possession, le wolof place d'abord le possédé, puis le possesseur. Entre les deux s'insère un lien formé de la consonne de classe du possédé suivie de la voyelle u.

C'est l'ordre inverse de l'anglais — qui dirait « Moussa's house » — et le même que celui du français, qui dit « la maison de Moussa ». Le wolof remplace simplement notre « de » par une voyelle collée.

Le point qui compte : la consonne du lien vient du possédé, pas du possesseur. C'est la maison qui décide, pas Moussa. Un francophone a tendance à raisonner l'inverse, parce que dans notre langue le possesseur est le mot qui « commande » la préposition. Voir l'accord de classe.

Une voyelle, deux emplois

Voici ce qui rend ce chapitre plus intéressant qu'une simple règle de construction.

La voyelle u qui marque la possession est exactement la même que celle qui introduit une proposition relative. Un nom de classe b donne bu dans les deux cas. Voir les relatives.

Ce n'est pas une coïncidence. Dans les deux constructions, la voyelle u signale que ce qui suit vient préciser le nom qui précède — que cette précision soit un possesseur ou une proposition entière. La langue traite donc la possession comme un cas particulier de subordination.

Pour un apprenant, c'est une économie appréciable : une seule forme à maîtriser pour deux usages qui semblent sans rapport.

Ce qu'il faut distinguer

La forme en -u ne détermine pas le nom : elle annonce qu'il va être complété. Trois voyelles, trois fonctions — -i pour le défini proche, -a pour le défini lointain, -u pour la subordination. Voir déterminants et distance.

Possession et appartenance

Comme dans toutes les langues, il faut distinguer deux choses que le français mélange sous le même mot.

1

Relier deux noms

« La maison de Moussa ». C'est ce que fait la construction décrite ici : elle produit un groupe nominal, pas une phrase.

2

Dire qu'on possède

« Moussa a une maison ». C'est une phrase entière, et elle passe par un verbe. Voir être et avoir.

3

Dire « ma », « ta »

Avec un pronom comme possesseur, la construction reste la même : le possédé, le lien, puis le pronom. Voir les pronoms.

Un mot enfin sur les noms composés. Le wolof fabrique quantité de mots en accolant deux noms par ce même procédé — le second précisant le premier. Beaucoup de ces composés se sont figés et fonctionnent aujourd'hui comme des mots uniques, au point que le lien y est devenu invisible.

Un chapitre très rentable. Relier deux noms est l'opération la plus fréquente d'une conversation : dire à qui appartient une chose, d'où vient quelqu'un, de quoi on parle. Une seule construction couvre tout cela. Notre cours de wolof l'installe dès les premières leçons, en audio, quatorze minutes à la fois.

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Questions fréquentes

Comment dit-on « la maison de Moussa » en wolof ?

Le possédé vient d'abord, le possesseur ensuite, reliés par la consonne de classe du possédé suivie de la voyelle u. L'ordre est celui du français, avec une voyelle à la place de « de ».

La consonne du lien vient-elle du possesseur ?

Non, du possédé. C'est la maison qui décide, pas Moussa — un point où les francophones raisonnent spontanément à l'envers.

Pourquoi la même voyelle sert-elle aux relatives ?

Parce que dans les deux cas, elle signale que ce qui suit vient préciser le nom qui précède. La langue traite la possession comme un cas particulier de subordination.

Cette construction dit-elle « avoir » ?

Non. Elle relie deux noms et produit un groupe nominal. Pour dire « Moussa a une maison », qui est une phrase entière, il faut un verbe.

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