Au Sénégal, un rendez-vous se fixe aussi bien sur un moment de prière que sur un chiffre. Les sept jours de la semaine, eux, viennent tous de l’arabe — et s’apprennent en une soirée.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l’application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s’écoutent en ligne, et non sur ce site.
Le mot central est waxtu, l’heure — un mot venu de l’arabe, comme presque tout ce qui, dans cette page, sert à découper le temps. Voir les emprunts à l’arabe.
Pour donner une heure, on fait précéder waxtu du nombre. Attention à un détail qui s’entend beaucoup : à partir de deux, le nombre se relie au nom compté par un -i. On dit donc ñaari waxtu, deux heures, et non le nombre posé nu devant le nom. Voir les nombres.
Pour demander l’heure, la question se bâtit sur ban, « quel », placé devant waxtu — ban waxtu, quelle heure. Le reste de la phrase dépend de la construction que la question impose, et c’est une autre affaire : voir les questions.
Un mot d’honnêteté pratique, enfin. Pour les minutes et les horaires précis, vous entendrez très souvent les chiffres français, comme pour les prix : les deux systèmes cohabitent dans la même phrase sans que personne n’y trouve à redire. Voir le wolof urbain de Dakar.
Voici le point que les manuels passent souvent sous silence, et qui fera la différence entre comprendre un horaire et le manquer.
Suba, le matin. Bëccëg, le plein jour. Ngoon, la fin de l’après-midi et le soir. Guddi, la nuit. Ces quatre mots suffisent à situer presque tout ce qu’on raconte d’une journée.
Dans un pays très majoritairement musulman, les cinq prières quotidiennes découpent la journée, et leurs noms servent de repères horaires parfaitement ordinaires — y compris pour fixer un rendez-vous qui n’a rien de religieux.
Fajar ouvre la journée avant le lever du soleil. Tisbaar marque le début de l’après-midi, takkusaan le milieu de l’après-midi, timis le coucher du soleil ; celle de la nuit ferme la série. Entendre « on se voit à takkusaan » est aussi banal, là-bas, que notre « on se voit en fin d’après-midi ».
Pour un francophone, c’est le vrai choc de ce chapitre : le temps se dit avec des repères, pas seulement avec des chiffres. Un visiteur qui n’a appris que waxtu et les nombres comprendra les horaires de la banque, et pas ceux de la vie réelle.
Trois mots à apprendre tout de suite, parce qu’ils reviennent dans chaque conversation : démb, hier ; tey, aujourd’hui ; ëllëg, demain. Posés en tête de phrase, ils situent le récit sans qu’il soit besoin de toucher au verbe. Voir le passé en -oon.
Les sept jours portent des noms d’origine arabe, ce qui n’étonnera personne dans une société islamisée de longue date : altine lundi, talaata mardi, àllarba mercredi, alxames jeudi, àjjuma vendredi, gaawu samedi, dibéer dimanche.
Àjjuma, le vendredi, est aussi le jour de la grande prière collective : c’est le repère le plus saillant de la semaine, et il structure le rythme d’un séjour comme d’une semaine de travail.
Weer désigne à la fois la lune et le mois. Le lien n’est pas une curiosité poétique : c’est un calendrier lunaire qui se cache derrière le mot.
Dans la conversation courante, les mois se nomment massivement en français. Le calendrier religieux, lui, garde ses propres noms, et ce sont les grandes fêtes — Korite, Tabaski — qui servent de points fixes dans l’année.
Nawet, la saison des pluies, et noor, la saison sèche. Notre découpage en quatre saisons n’a aucun équivalent, et traduire « en hiver » n’a tout simplement pas de sens.
Pour dire une date complète, le plus sûr est de combiner ce que vous avez : le nom du jour de la semaine, le nombre, et le nom du mois tel qu’on l’emploie sur place. C’est ainsi que la plupart des locuteurs procèdent, et personne n’attend de vous une formule savante.
Le chapitre qui vous évite de rater un rendez-vous. Les jours, les quatre moments de la journée, les repères de prière : trois listes courtes, et vous suivez un horaire donné à l’oral. Notre cours de wolof les fait entendre dans de vrais échanges, en leçons audio de quatorze minutes.
Chaque question porte sur les mots de l’heure et du calendrier présentés ci-dessus. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante-sept pages qui se répondent — des classes nominales au système de focus, le cœur de la langue. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.
Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.
Avec le mot waxtu, précédé du nombre relié par un -i : ñaari waxtu, deux heures. Pour demander l’heure, on place ban, « quel », devant waxtu.
Altine lundi, talaata mardi, àllarba mercredi, alxames jeudi, àjjuma vendredi, gaawu samedi, dibéer dimanche. Tous sont d’origine arabe.
Parce qu’ils découpent la journée pour tout le monde. Tisbaar, takkusaan, timis se donnent comme repères d’un rendez-vous ordinaire, exactement comme nous dirions « en fin d’après-midi ».
Quatre mots suffisent : suba le matin, bëccëg le plein jour, ngoon la fin de l’après-midi et le soir, guddi la nuit.
Dans la conversation courante, les mois se nomment massivement en français. Le calendrier religieux garde ses propres noms, et les grandes fêtes — Korite, Tabaski — servent de points fixes dans l’année.
On ne le traduit pas. L’année se divise en deux saisons, nawet la saison des pluies et noor la saison sèche : notre découpage en quatre n’a pas d’équivalent.
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