Le français a besoin de deux verbes pour dire qu’on sort acheter du pain. Le wolof n’en emploie qu’un, parce que le déplacement tient dans un suffixe.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l’application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s’écoutent en ligne, et non sur ce site.
Le wolof peut inscrire dans le verbe lui-même l’idée qu’on se déplace pour accomplir l’action. Deux suffixes s’en chargent, et ils s’opposent par la direction du mouvement.
-i dit qu’on y va. De jënd, « acheter », on obtient jëndi, « aller acheter » : partir de là où l’on est, et acheter là-bas. Le suffixe se colle au radical, qui ne bouge pas.
-si dit qu’on vient. Le même radical reçoit ce second suffixe pour dire que le déplacement s’effectue en sens inverse : on vient faire la chose ici. Deux syllabes voisines, deux mouvements opposés.
Le français, lui, aligne deux verbes — un verbe de mouvement, puis un infinitif. C’est cette différence de construction, plus que le sens, qui demande un peu d’entraînement.
Voici ce qui rend le choix entre les deux suffixes un peu déroutant, et parfaitement régulier une fois compris.
Ce qui décide du suffixe, ce n’est pas où l’action se passe : c’est l’endroit où l’on se trouve en parlant. Le mouvement qui s’éloigne de ce point prend l’un, le mouvement qui s’en rapproche prend l’autre.
Assis dans la cour, vous envoyez un enfant chercher de l’eau : il s’éloigne, c’est le premier suffixe. Attablée devant le repas, la même personne appelle l’enfant resté dehors : il vient vers elle, c’est le second. La course est la même ; le mot change parce que le locuteur a changé de place.
« Il est parti chercher l’eau » et « il est venu chercher l’eau » existent en français, mais rien ne vous oblige à trancher : « il va chercher l’eau » se passe très bien de préciser. En wolof, le suffixe tranche pour vous — donc vous devez trancher avant de parler.
Aller au marché, aller chercher les enfants, venir manger, passer prendre quelque chose, sortir acheter du pain : ces suffixes sont dans la bouche de tout le monde en permanence. Vous les entendrez le premier jour, bien avant de savoir ce qu’ils sont.
Il faut le dire tout de suite, parce que c’est la confusion la plus coûteuse de tout ce chapitre : le wolof possède deux suffixes -i qui n’ont rien à voir. Celui décrit ici dit qu’on se déplace. L’autre retourne le sens du verbe et lui fait dire le contraire. Voir le réversif -i.
Heureusement, ils se séparent par un critère de forme, et il est franc :
Ce critère se vérifie à l’oreille aussi bien qu’à l’écrit, à condition de savoir qu’il existe. Un apprenant qui l’ignore entend une syllabe finale et hésite entre deux sens opposés — alors que la consonne qui précède lui donnait la réponse.
Il traduit mot à mot et aligne deux verbes. Le réflexe est de prendre le verbe « aller », puis de poser le second verbe derrière, comme en français. On se fait comprendre, mais on parle à côté de la langue : le wolof avait un seul mot pour cela, et il ne l’a pas employé.
Il confond le déplacement avec le futur proche. C’est le piège le plus sournois, et il vient d’une ambiguïté du français : dans « je vais acheter du pain », notre « vais » peut signifier que je sors, ou simplement que l’action est imminente. Le wolof ne mélange pas les deux. Le suffixe directionnel parle d’un déplacement réel, physique ; la façon de dire l’avenir est une autre affaire. Voir le futur.
Il oublie de choisir. Comme sa langue ne lui a jamais demandé d’orienter le mouvement, il emploie toujours le même suffixe — généralement celui de l’éloignement, parce qu’il l’a appris le premier. Le résultat n’est pas faux partout, mais il sonne étrangement dès qu’on invite quelqu’un.
Il n’entend pas la syllabe. Entre le verbe simple et le verbe directionnel, l’écart est d’une syllabe finale — et tout le déplacement est dedans. Vous croirez entendre « acheter » là où l’on vous dit « va acheter ». Nous ne détaillons pas ici les ajustements de forme que peut connaître un radical terminé par un groupe de consonnes : ces verbes s’apprennent entendus, pas fabriqués. Voir les extensions verbales.
Les suffixes des courses et des invitations. Envoyer quelqu’un, proposer de passer, appeler à table : trois situations par jour, et toutes les trois portent l’un de ces suffixes. Notre cours de wolof les met en scène, en leçons audio de quatorze minutes.
Chaque question porte sur les deux suffixes de déplacement décrits ci-dessus. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante-sept pages qui se répondent — des classes nominales au système de focus, le cœur de la langue. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.
Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.
Qu’on se déplace pour accomplir l’action. -i dit qu’on y va — de jënd, « acheter », on obtient jëndi, « aller acheter » — et -si qu’on vient le faire.
Selon l’endroit où vous parlez, et non selon le lieu de l’action. Le mouvement qui s’éloigne de vous prend l’un, celui qui se rapproche prend l’autre.
Par la forme du radical. Si sa consonne finale est doublée devant le suffixe, c’est le réversif, celui qui inverse l’action. Si le radical reste tel quel, c’est le directionnel.
On se fait comprendre, mais on parle à côté de la langue : le wolof avait un seul mot pour cela. Le déplacement se met dans le verbe, pas devant lui.
Non, et c’est un piège du français : notre « je vais acheter » mélange le déplacement et l’imminence. Le suffixe directionnel ne parle que d’un déplacement réel.
Constamment. Aller au marché, aller chercher les enfants, venir manger, passer prendre quelque chose : ce sont les phrases ordinaires d’une journée.
Plus de 10 000 personnes ont appris avec la méthode LIMBA depuis sa création. 9,99 € par mois, annulable à tout moment. La première leçon reste gratuite, sans carte bancaire. Rappel : les deux formules sont indépendantes l’une de l’autre, et les leçons s’écoutent en ligne.
Toutes les langues depuis votre navigateur. Rien à installer. Annulable à tout moment. Ne donne pas accès aux applications mobiles.
Accéder à la plateforme →