Cherchez le mot pour « plus » : il n’existe pas, et le mot pour « que » non plus. La comparaison wolof est un verbe, pas une forme de l’adjectif — et ce verbe change selon qu’on compare une qualité ou un nombre.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l’application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s’écoutent en ligne, et non sur ce site.
Un francophone qui veut dire « mon frère est plus grand que moi » cherche deux choses : un mot pour « plus », un mot pour « que ». Il n’en trouvera aucun des deux, et ce n’est pas un manque de vocabulaire : le wolof ne compare pas en modifiant une qualité, il compare en employant un verbe supplémentaire.
Ce verbe est gën, « surpasser, être mieux ». La phrase wolof ne dit donc pas « plus grand que » ; elle dit « surpasser », et le terme dépassé est simplement l’objet de ce verbe. Le « que » du français n’a rien à traduire : il disparaît.
Que la comparaison se fasse par un verbe n’a rien d’étonnant dans cette langue, puisque les qualités y sont déjà des verbes et que le verbe ne change pas de forme. Il n’y avait aucune place où loger un comparatif.
C’est le verbe de la comparaison de qualité. Ceeb bi gën na mburu mi « le riz est meilleur que le pain ». Le terme surpassé suit gën comme son objet, sans rien devant lui.
Quand on veut nommer la qualité sur laquelle porte la comparaison, on ajoute le verbe de qualité à gën : gën a rafet « être plus beau », gën a gaaw « être plus rapide ». Le bloc entier fonctionne comme un seul verbe.
Une réserve honnête : nous ne donnons pas ici de règle ferme sur la place du verbe de qualité lorsque les deux termes comparés sont exprimés dans la même phrase. Retenez le principe — gën porte la comparaison, le verbe de qualité dit en quoi — et sachez que gën seul suffit dès que le contexte indique de quelle qualité on parle.
Le français emploie le même « plus » pour « plus beau » et pour « plus nombreux ». Le wolof change de verbe : dès qu’on compare des quantités ou des effectifs, c’est épp. Jigéen ñi épp nañu góor ñi « les femmes sont plus nombreuses que les hommes ».
Le réflexe à installer est donc une question à se poser avant de parler : est-ce que je compare une qualité ou un nombre ? La réponse choisit le verbe.
Pour l’égalité, pas de « aussi… que » : un seul verbe. Yem nañu « ils sont égaux, ils sont au même niveau ». Le second terme s’introduit par ak, dont la page ci et ak détaille les emplois.
Puisqu’il n’y a pas de comparatif, il n’y a pas davantage de « le plus grand ». Le wolof obtient le superlatif par le moyen le plus simple : il compare le terme à l’ensemble. Gën na ñépp dit « il surpasse tout le monde », c’est-à-dire « c’est le meilleur ». Le quantifieur employé est celui de la totalité, traité sur la page tout, chaque, aucun.
Rien n’empêche de mettre une comparaison dans une construction de focus quand on veut désigner précisément celui qui l’emporte : voir le focus sujet.
Voilà le second point où le francophone s’arrête, parce qu’il cherche l’inverse de « plus ». Le moyen le plus sûr, et celui qui vous évitera de fabriquer une tournure boiteuse, consiste à retourner la comparaison : au lieu de « je suis moins grand que mon frère », dites « mon frère me surpasse ». La phrase est naturelle, et vous n’avez qu’un verbe à manier.
Ne confondez pas avec l’intensité. Tout ce que nous venons de voir suppose un second terme : quelque chose ou quelqu’un que l’on dépasse, que l’on égale. Dès qu’il n’y a plus de second terme — « très grand », « tout noir » — on quitte la comparaison pour le degré absolu, qui a ses mots propres et sa propre page : les intensifs spécifiques. Le test est mécanique : s’il y a un « que » dans votre phrase française, c’est une comparaison ; s’il n’y en a pas, c’est une intensité.
Trois verbes, et la comparaison est réglée. Encore faut-il les entendre choisir, en situation, par des gens qui ne réfléchissent pas. Notre cours de wolof vous les fait entendre en contexte, en leçons audio de quatorze minutes.
Chaque question porte sur les trois verbes de comparaison présentés ci-dessus et sur ce qu’ils remplacent. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante-sept pages qui se répondent — des classes nominales au système de focus, le cœur de la langue. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.
Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.
Par un verbe, gën, qui signifie « surpasser ». Il n’existe ni mot pour « plus » ni mot pour « que » : le terme dépassé devient simplement l’objet du verbe.
gën compare des qualités, épp compare des quantités et des effectifs. Le français emploie « plus » dans les deux cas ; le wolof choisit son verbe selon ce qu’on compare.
Avec le verbe yem, « être au même niveau », le second terme étant introduit par ak. Notre « aussi… que », en deux morceaux, se ramène donc à un seul verbe.
Aucune forme particulière. On compare le terme à l’ensemble : gën na ñépp, « il surpasse tout le monde », vaut notre « c’est le meilleur ».
Le plus sûr est de retourner la comparaison : plutôt que « je suis moins grand que mon frère », dites « mon frère me surpasse ». Un seul verbe à manier, et la phrase reste naturelle.
Plus de 10 000 personnes ont appris avec la méthode LIMBA depuis sa création. 9,99 € par mois, annulable à tout moment. La première leçon reste gratuite, sans carte bancaire. Rappel : les deux formules sont indépendantes l’une de l’autre, et les leçons s’écoutent en ligne.
Toutes les langues depuis votre navigateur. Rien à installer. Annulable à tout moment. Ne donne pas accès aux applications mobiles.
Accéder à la plateforme →