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Cours de langues›L’accusatif et la définitude

L’accusatif turc : le cas qui dit « le » et non « un »

Le turc n’a pas d’article défini. Il a mieux : un suffixe qui, posé sur le complément, signale qu’on parle d’une chose précise.

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Le choix que vous devrez faire à chaque phrase

Quand un verbe turc a un complément d’objet, vous avez deux possibilités, et elles ne disent pas la même chose.

Complément nu, sans suffixe : l’objet est indéfini ou générique. L’équivalent de « je lis un livre » ou « je lis des livres » — on ne sait pas lequel, et cela n’a pas d’importance.

Complément à l’accusatif : l’objet est défini, identifié, connu des deux interlocuteurs. L’équivalent de « je lis le livre » — celui dont on a parlé, celui qui est là.

Le turc n’ayant pas d’article défini — voir ni genre ni article — c’est ce suffixe qui porte toute la différence. L’oublier ou le mettre à tort change le sens de la phrase, pas seulement sa correction.

Quand l’accusatif est obligatoire

Certaines situations ne laissent aucun choix, et les connaître règle l’essentiel des hésitations.

Les noms propres

Une personne, une ville, un pays sont définis par nature. En position de complément, ils prennent toujours l’accusatif.

Les pronoms

« Moi », « toi », « lui », « nous » : même raison. Voir les pronoms.

Après un démonstratif

« Ce livre » désigne forcément un livre précis. L’accusatif suit. Voir bu, şu, o.

Après un possessif

« Mon livre » est également défini. Voir le génitif et la possession.

Et quand il est interdit

Symétriquement, un complément précédé d’un nombre ou d’un mot de quantité — « trois livres », « beaucoup de livres » — reste généralement nu, sauf si le contexte le rend précis. Voir le pluriel.

Pourquoi c’est difficile pour un francophone

Parce que notre langue tranche cette question avant le nom, avec l’article, et de façon automatique. Nous choisissons « le » ou « un » sans y penser, et cette décision est déjà prise au moment où nous formulons.

Le turc la prend après le nom, au moment de le suffixer. Il faut donc anticiper — ou se reprendre. C’est un changement de rythme mental plus qu’une difficulté grammaticale.

S’ajoute une subtilité : la position dans la phrase. Un complément indéfini se colle généralement au verbe, tandis qu’un complément à l’accusatif peut s’en éloigner. La définitude et la place vont donc de pair. Voir l’ordre des mots.

La bonne nouvelle : une erreur d’accusatif ne rend presque jamais la phrase incompréhensible. Elle fait porter l’attention sur le mauvais élément, ce qui se corrige dans l’échange. Ne laissez pas ce chapitre vous empêcher de parler.

Ce qui règle ce chapitre. Entendre des milliers de phrases où le choix est fait correctement, jusqu’à ce que la version fautive sonne étrange. Aucune règle apprise ne produit ce réflexe assez vite pour la conversation. Notre cours de turc est entièrement audio, en leçons de quatorze minutes.

Exercices : l’accusatif et la définitude

Chaque question porte sur le choix entre complément nu et complément à l’accusatif, tel qu’il est expliqué ci-dessus. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. L’accusatif turc marque le complément d’objet ___.
  2. Un complément laissé nu, sans suffixe, est ___.
  3. Si ce suffixe porte autant de sens, c’est parce que le turc n’a pas ___.
  4. Oublier l’accusatif ou le mettre à tort change ___ de la phrase.
  5. En position de complément, un nom propre prend ___ l’accusatif.
  6. Les pronoms employés comme complément ___.
  7. Après un démonstratif comme bu, le complément ___.
  8. Un complément portant un possessif est ___.
  9. Précédé d’un nombre ou d’un mot de quantité, le complément reste généralement ___.
  10. Cette absence d’accusatif après un nombre souffre une exception quand ___.
  11. Le français tranche la question du défini ___ le nom.
  12. Le turc prend cette même décision ___ le nom.
  13. La difficulté pour un francophone est décrite comme ___.
  14. Un complément indéfini se place généralement ___.
  15. Un complément à l’accusatif, lui, ___ du verbe.
  16. Une erreur d’accusatif rend la phrase ___.
  17. Ce qui règle vraiment ce chapitre, c’est ___.

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Questions fréquentes

À quoi sert l’accusatif en turc ?

À marquer le complément d’objet défini. Comme le turc n’a pas d’article défini, c’est ce suffixe qui distingue « je lis le livre » de « je lis un livre ».

Quand l’accusatif est-il obligatoire ?

Avec les noms propres, les pronoms, et après un démonstratif ou un possessif — tous définis par nature. Il est en revanche généralement absent après un nombre ou un mot de quantité.

Pourquoi les francophones s’y trompent-ils ?

Parce que le français tranche cette question avant le nom, avec l’article, de façon automatique. Le turc la tranche après le nom, au moment de le suffixer : il faut anticiper.

Une erreur d’accusatif est-elle grave ?

Rarement bloquante. Elle fait porter l’attention sur le mauvais élément, ce qui se corrige dans l’échange. Ce chapitre ne doit pas vous empêcher de parler.

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