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Cours de langues›Le passé en -di

Le passé en -di : ce que vous avez vu de vos yeux

Le turc a deux passés, et le choix entre eux n’a rien à voir avec la chronologie. Il dit d’où vous tenez l’information.

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Un temps, quatre temps français

Le suffixe -di couvre à lui seul ce que le français répartit entre le passé composé, l’imparfait, le passé simple et le plus-que-parfait. Une action achevée est à ce temps, quelle que soit sa durée ou sa place dans le récit.

Pour un francophone, c’est une simplification franche : plus d’hésitation entre « je mangeais » et « j’ai mangé ». Ce sont les gérondifs et les mots de temps qui précisent, quand il y a lieu de préciser.

La construction est celle de toute la langue : racine, suffixe de temps, suffixe de personne. Le suffixe prend quatre formes selon l’harmonie vocalique et durcit après une consonne sourde. Voir les mutations.

Ce que ce temps affirme sur vous

Voilà la notion centrale, et elle n’a pas d’équivalent en français.

En employant -di, vous ne dites pas seulement qu’une chose a eu lieu. Vous dites que vous en répondez : vous l’avez vue, vécue, ou vous en êtes assez sûr pour l’assumer. C’est le passé du témoin et du participant.

Si ce n’est pas le cas — si vous rapportez ce qu’on vous a dit, si vous découvrez après coup, si vous racontez une histoire qui ne vous est pas arrivée — le turc exige l’autre passé. Voir le passé rapporté en -miş.

Les linguistes appellent cela l’évidentialité : l’obligation grammaticale d’indiquer la source de ce qu’on affirme. Une trentaine de langues dans le monde le font ; le français n’en fait pas partie.

Pourquoi c’est un vrai piège

Parce qu’un francophone, n’ayant pas cette catégorie, emploie -di par défaut. Résultat : il affirme avoir été témoin de choses qu’il a seulement entendu raconter. L’erreur n’est pas grammaticale mais pragmatique — elle donne une impression étrange, comme quelqu’un qui affirmerait trop.

À l’inverse, employer -di à bon escient produit un effet immédiat de justesse. C’est l’un des marqueurs qui séparent un apprenant correct d’un apprenant naturel.

Trois emplois à connaître

1

Le récit personnel

Raconter sa journée, son voyage, son enfance. Tout ce dont vous avez fait l’expérience directe.

2

Les faits établis

L’histoire, les dates, ce que tout le monde tient pour acquis. On n’a pas besoin d’avoir vu pour assumer.

3

Le constat immédiat

« Ça y est », « c’est arrivé », « j’ai compris » : le turc emploie ce passé là où le français mettrait parfois un présent.

Un mot enfin sur les temps composés. En combinant ce suffixe avec d’autres — le présent, le futur, l’aoriste — le turc obtient l’équivalent de notre imparfait, de notre conditionnel passé et de notre plus-que-parfait. Ce sont des empilements réguliers, et ils s’apprennent une fois les temps simples acquis. Voir la copule suffixée.

Ce qui s’apprend vraiment ici. Non pas le suffixe, qui est simple, mais le réflexe de se demander d’où l’on tient ce qu’on dit. C’est une habitude de pensée, et elle ne se prend qu’en écoutant des Turcs raconter des choses. Notre cours de turc est entièrement audio, en leçons de quatorze minutes.

Exercices : le passé en -di

Chaque question porte sur le suffixe -di et sur ce qu’il affirme de celui qui parle, tels qu’ils viennent d’être décrits. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. Le suffixe -di couvre à lui seul ___ temps français.
  2. Une action achevée se met à ce temps ___.
  3. Pour un francophone, l’hésitation entre « je mangeais » et « j’ai mangé » ___.
  4. Ce qui apporte les précisions de temps, ce sont ___.
  5. L’ordre de construction du verbe est ___.
  6. Le suffixe -di prend ___ formes selon l’harmonie vocalique.
  7. Après une consonne sourde, le suffixe ___.
  8. En employant -di, vous affirmez, sur la chose racontée, ___.
  9. Le passé en -di est le passé ___.
  10. Pour ce que vous rapportez d’après quelqu’un d’autre, le turc exige ___.
  11. L’évidentialité est ___.
  12. Le nombre de langues du monde qui marquent l’évidentialité est d’environ ___.
  13. L’erreur du francophone qui emploie -di par défaut est ___.
  14. Raconter sa journée, son voyage ou son enfance relève de l’emploi ___.
  15. Les dates et les faits d’histoire se mettent à ce passé parce que ___.
  16. « Ça y est », « j’ai compris » : le turc emploie ce passé là où le français mettrait parfois ___.
  17. En combinant ce suffixe avec le présent, le futur ou l’aoriste, on obtient ___.
  18. Ce qui s’apprend vraiment ici, c’est ___.

Toute la grammaire turque, chapitre par chapitre

Cinquante-neuf pages qui se répondent — de l’harmonie vocalique à l’ordre des suffixes du verbe, des six cas au discours rapporté, avec des exercices corrigés sur chacune. Une langue où tout se colle au bout du mot, dans un ordre qui ne varie jamais.

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Questions fréquentes

Que couvre le passé en -di ?

À lui seul, ce que le français répartit entre passé composé, imparfait, passé simple et plus-que-parfait. Toute action achevée s’y met, quelle que soit sa durée.

Pourquoi le turc a-t-il deux passés ?

Parce qu’il distingue la source de l’information. -di s’emploie pour ce qu’on a vu, vécu ou qu’on assume ; l’autre passé sert pour ce qu’on rapporte ou découvre après coup.

Qu’est-ce que l’évidentialité ?

L’obligation grammaticale d’indiquer d’où l’on tient ce qu’on affirme. Une trentaine de langues dans le monde le font ; le français n’en fait pas partie, d’où la difficulté pour un francophone.

Quelle erreur commettent les francophones ?

Employer -di par défaut, et donc affirmer avoir été témoin de choses seulement entendues. L’erreur n’est pas grammaticale mais pragmatique : elle donne l’impression d’affirmer trop.

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