Le suffixe du pluriel s’écrit tantôt -ler, tantôt -lar. Ce n’est pas une exception : c’est la règle la plus importante de la langue.
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Le cours vous fait parler sans passer par l’écrit ; ces pages vous donnent l’écrit et la règle, si vous les voulez. Les deux vont ensemble, aucun n’exige l’autre.
En turc, les voyelles d’un mot se ressemblent. Quand on ajoute un suffixe, ses voyelles s’alignent sur la dernière voyelle du mot auquel il s’accroche. Le suffixe change donc de forme selon son support, sans changer de sens.
Le résultat est que le turc coule : les mots, même longs, restent faciles à prononcer, parce qu’on ne saute jamais d’un type de voyelle à un autre. C’est une langue construite pour la bouche autant que pour la grammaire.
Pour un francophone, c’est une gymnastique inhabituelle — nous n’avons rien de tel — mais elle s’automatise plus vite qu’on ne le croit, parce qu’elle repose sur une logique physique.
Il faut les distinguer, parce que les suffixes appartiennent à l’un ou à l’autre, et jamais aux deux. C’est la seule chose à mémoriser dans ce chapitre.
Certains suffixes n’ont que deux variantes, en e ou en a. Le choix dépend de la dernière voyelle du mot : voyelle antérieure, on prend e ; voyelle postérieure, on prend a.
C’est le cas du pluriel — -ler ou -lar — du datif, du locatif et de l’ablatif. Voir le pluriel et les cas de lieu.
D’autres suffixes ont quatre variantes, en i, ı, ü ou u. Le choix tient compte de deux propriétés de la dernière voyelle : sa position dans la bouche, et l’arrondissement des lèvres.
C’est le cas de l’accusatif, du génitif, des suffixes possessifs et de la copule. Voir l’accusatif et le génitif.
Point essentiel : quand plusieurs suffixes s’empilent, chacun s’harmonise avec celui qui le précède, pas avec la racine du mot. L’harmonie se propage de proche en proche jusqu’au bout du mot. Voir l’agglutination.
Elles existent, elles sont peu nombreuses, et elles ont toutes une explication.
Les mots empruntés. Une part du vocabulaire vient de l’arabe, du persan et du français, et ces mots n’obéissent pas toujours à l’harmonie dans leur propre corps. Mais attention : les suffixes qu’on leur ajoute, eux, s’harmonisent normalement — en prenant appui sur la dernière voyelle prononcée du mot. Voir les emprunts et la réforme.
Une poignée de suffixes invariables. Quelques-uns ne changent jamais de forme, notamment certains suffixes de temps et le suffixe qui signifie « aussi ». Ils s’apprennent comme des cas isolés.
En dehors de cela, la règle tient. Et elle tient si bien qu’un Turc entendant un mot inventé saura d’instinct quels suffixes lui vont — ce qui vous arrivera aussi, après suffisamment d’écoute.
Comment l’installer pour de bon. Surtout pas en récitant des tableaux de voyelles. En entendant des centaines de mots suffixés jusqu’à ce que la mauvaise forme sonne faux à votre oreille. C’est exactement ce que fait notre cours de turc, cent pour cent audio, en leçons de quatorze minutes.
Chaque question porte sur l’harmonie vocalique telle qu’elle est exposée ci-dessus : les deux systèmes, la propagation en chaîne et les entorses à la règle. Touchez une réponse, puis Correction.
Cinquante-neuf pages qui se répondent — de l’harmonie vocalique à l’ordre des suffixes du verbe, des six cas au discours rapporté, avec des exercices corrigés sur chacune. Une langue où tout se colle au bout du mot, dans un ordre qui ne varie jamais.
Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.
La règle qui veut que les voyelles d’un suffixe s’alignent sur la dernière voyelle du mot auquel il s’accroche. Le suffixe change de forme sans changer de sens.
Parce que le pluriel relève de l’harmonie à deux formes : après une voyelle antérieure on prend -ler, après une voyelle postérieure -lar. C’est le même suffixe.
Le premier a deux variantes, en e ou a, et ne tient compte que de la position de la voyelle. Le second en a quatre et tient compte aussi de l’arrondissement des lèvres. Chaque suffixe appartient à l’un ou à l’autre.
Pas toujours dans leur propre corps, mais les suffixes qu’on leur ajoute s’harmonisent normalement, en prenant appui sur leur dernière voyelle prononcée.
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