En français, « il dit qu’il viendra » devient « il a dit qu’il viendrait » dès qu’on touche au verbe principal. En turc, la subordonnée ne bouge pas d’un suffixe.
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Le français déplace les temps d’une subordonnée dès que la principale passe au passé : « il dit qu’il vient » devient « il a dit qu’il venait », « il dit qu’il viendra » devient « il a dit qu’il viendrait ». C’est ce qu’on appelle la concordance des temps, et le turc ne l’applique pas.
Dans une subordonnée turque nominalisée, la forme du verbe ne dépend pas du temps de la principale. Elle dépend d’une seule question : au moment où se situe le verbe principal, le procès est-il déjà là, ou reste-t-il à venir ? Deux suffixes, deux réponses, et rien d’autre à calculer.
Cette page ne discute ni le choix du nom verbal, ni le cas que réclame chaque verbe principal, ni le suffixe possessif qui désigne l’agent de la subordonnée : voir les noms verbaux. Elle ne regarde que la valeur temporelle des deux suffixes.
Un test pour ne pas se tromper de chapitre : si la parole rapportée est conservée telle quelle et suivie d’un verbe de parole, elle relève du discours rapporté. Ici, la subordonnée est toujours nominalisée et porte un suffixe possessif.
Ce sont les mêmes suffixes que ceux qui qualifient un nom — voir les participes — mais on les regarde ici de l’intérieur d’une subordonnée, pour leur seule valeur de temps.
Huit formes, comme toujours : -dık, -dik, -duk, -dük après une voyelle ou une consonne sonore, -tık, -tik, -tuk, -tük après une consonne sourde. Devant le suffixe possessif, le -k final devient -ğ- : geldiğim, aldığım, gördüğüm, okuduğum, gittiğim, konuştuğum. Voir l’harmonie vocalique et les mutations de consonnes.
Il couvre l’accompli comme l’en-cours : geldiğini biliyorum, « je sais qu’il est venu », mais aussi burada çalıştığını biliyorum, « je sais qu’il travaille ici ». Un francophone cherche ici une forme de présent et ne la trouve pas. Il n’y en a pas : au moment où je sais, le procès est là, cela suffit.
Deux formes, -acak et -ecek, avec un y de liaison après une voyelle, et le même adoucissement du -k devant le possessif : geleceğim, alacağım, göreceğini, okuyacağını.
Geleceğini biliyorum : « je sais qu’il viendra ». Le couple geldiğini biliyorum / geleceğini biliyorum résume le chapitre entier — un seul suffixe change, et c’est le seul qui porte le temps.
Changez la principale, la subordonnée ne bronche pas. Geleceğini biliyorum, je sais qu’il viendra ; geleceğini biliyordum, je savais qu’il viendrait ; geleceğini söyledi, il a dit qu’il viendrait. Le français a employé trois formes de verbe subordonné ; le turc a employé la même, et c’est la principale qui a tout dit.
Symétriquement, geldiğimi söyleyeceğim signifie « je dirai que je suis venu » : la subordonnée reste en -dik parce qu’elle sera, à ce moment-là, déjà réalisée. Le temps turc est relatif là où le nôtre est absolu.
Trois erreurs reviennent sans cesse, et ce sont trois erreurs de traducteur : on cherche en turc une pièce que le français possède et que le turc n’a pas.
« Il a dit qu’il viendrait » n’appelle aucune forme de condition : geleceğini söyledi, avec le suffixe du futur. Le -sa du conditionnel n’a rien à faire ici.
Geçen hafta geleceğini söyledi, dün geldi. La visite a eu lieu, et le suffixe reste celui du futur : ce qui compte est qu’elle était à venir quand il a parlé.
Geleceğim est à la fois « je viendrai » et « le fait que je vienne ». C’est le cas de la subordonnée et le verbe principal qui tranchent : geleceğimi söyledim.
Trois précisions utiles, sans sortir du sujet. La négation se place dans la subordonnée, avant le suffixe temporel : gelmediğini biliyorum, « je sais qu’il n’est pas venu » — voir la négation. Quand la subordonnée n’a pas de verbe, c’est olmak qui fournit la forme : hasta olduğunu biliyorum, « je sais qu’il est malade » — voir les verbes en etmek. Et les deux suffixes s’emploient aussi après un mot interrogatif, là où le français passe par une question indirecte : ne yapacağımı bilmiyorum, « je ne sais pas ce que je vais faire », ne istediğini anladım, « j’ai compris ce qu’il voulait ».
Retenez la hiérarchie : la principale situe la scène, la subordonnée dit seulement si elle arrive avant ou après. Tant qu’on traduit nos temps un à un, on produit des phrases turques inutilement compliquées et souvent fausses. Voir aussi le passé en -di et les relatives.
Pourquoi cela s’installe par l’oreille. Cette hiérarchie ne se décide pas en cours de phrase : à vitesse de conversation, on n’a pas le temps de se demander si le procès précède ou suit. Il faut avoir entendu cent fois geldiğini et geleceğini dans des phrases réelles pour que le bon suffixe vienne seul. Notre cours de turc est entièrement audio, en leçons de quatorze minutes.
Chaque question porte sur la valeur temporelle de -dik et de -ecek telle qu’elle est exposée ci-dessus. Touchez une réponse, puis Correction.
Cinquante-neuf pages qui se répondent — de l’harmonie vocalique à l’ordre des suffixes du verbe, des six cas au discours rapporté, avec des exercices corrigés sur chacune. Une langue où tout se colle au bout du mot, dans un ordre qui ne varie jamais.
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Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.
Non, pas au sens français. La subordonnée nominalisée ne recule pas quand la principale passe au passé : elle indique seulement si son procès est réalisé ou à venir par rapport au verbe principal.
Geleceğini söyledi, avec le suffixe du futur. Notre conditionnel ne correspond à rien ici : ce qui compte est que la venue était à venir au moment où il a parlé.
La première dit « je sais qu’il est venu », la seconde « je sais qu’il viendra ». Un seul suffixe change, et c’est lui seul qui porte le temps.
Avec le suffixe du réalisé, qui couvre aussi ce qui est en cours : burada çalıştığını biliyorum, « je sais qu’il travaille ici ». Il n’existe pas de forme de présent séparée dans cette construction.
Huit : -dık, -dik, -duk, -dük après une voyelle ou une consonne sonore, -tık, -tik, -tuk, -tük après une consonne sourde. Devant le suffixe possessif, le -k devient -ğ-.
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