Compter jusqu’à cent en turc coûte une soirée : aucune dizaine composée, aucune liaison à placer. Le vrai travail commence après, quand il faut classer, partager ou couper en parts.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l’application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s’écoutent en ligne, et non sur ce site.
Les unités : bir, iki, üç, dört, beş, altı, yedi, sekiz, dokuz, et le zéro, sıfır. Puis les dizaines : on, yirmi, otuz, kırk, elli, altmış, yetmiş, seksen, doksan. Enfin yüz, cent, et bin, mille.
Voilà la liste entière. Chaque dizaine est un mot à part, sans calcul : là où le français fabrique « soixante-dix », « quatre-vingts » et « quatre-vingt-dix » à coups d’additions et de multiplications, le turc dit yetmiş, seksen, doksan. Quatre-vingt-dix-neuf devient doksan dokuz, deux mots.
Le reste se juxtapose, du plus grand au plus petit, sans conjonction et sans trait d’union : on bir pour onze, yirmi beş pour vingt-cinq, yüz otuz yedi pour cent trente-sept, bin dokuz yüz seksen dört pour une année. Rien ne relie les éléments : c’est leur ordre qui fait le nombre.
Deux détails qui trahissent le débutant. Yüz et bin se disent seuls, jamais précédés de bir — on dit yüz lira, pas bir yüz lira — mais milyon et milyar, eux, l’exigent : bir milyon. Et le nom qui suit un chiffre reste au singulier, règle qui appartient au pluriel. Quant au bir qui sert d’article indéfini, il relève de ni genre ni article.
Le cardinal est un mot nu. Dès qu’on veut en faire un rang, une part ou une répartition, un suffixe s’ajoute — et il obéit à l’harmonie vocalique comme tous les autres.
Le suffixe -(I)ncI a quatre visages : -inci, -ıncı, -uncu, -üncü. D’où birinci, beşinci, altıncı, onuncu, üçüncü, yüzüncü. Après un nombre qui finit par une voyelle, la voyelle du suffixe tombe : ikinci, yedinci, yirminci.
Dört donne dördüncü : son t final s’adoucit devant la voyelle du suffixe, comme le décrivent les mutations de consonnes. Pour demander « le combien ? », on dit kaçıncı. Et deux mots très courants échappent au suffixe : ilk, le premier, et son, le dernier.
Celui-là n’a pas d’équivalent français en un mot, et c’est pourquoi on l’oublie. -(ş)Ar signifie « tant chacun », « tant à la fois » : -ar ou -er après une consonne — birer, üçer, beşer, onar, yüzer — et -şar ou -şer après une voyelle : ikişer, altışar, yedişer. Dört s’adoucit de nouveau : dörder.
Herkese ikişer tane verdi : il en a donné deux à chacun. İkişer ikişer girdiler : ils sont entrés deux par deux. Le français a besoin de trois mots là où le turc suffixe, ce qui explique qu’un francophone ne pense jamais à cette forme tout seul.
Le turc met le dénominateur au locatif, puis énonce le numérateur : üçte bir pour un tiers, dörtte üç pour trois quarts, onda bir pour un dixième. L’ordre est donc l’inverse du nôtre. Les quatre formes du locatif jouent normalement — voir datif, locatif, ablatif.
Les pourcentages suivent le même moule : yüzde elli, cinquante pour cent, yüzde on, dix pour cent. À l’écrit, le signe se place devant le nombre, dans l’ordre où on le prononce.
Devant un nom dénombrable, on entend très souvent üç tane kitap plutôt que üç kitap. Et quand le nom disparaît, tane reste : Kaç tane? — İki tane.
Une demie autonome, c’est yarım : yarım saat, une demi-heure. Une demie qui suit un entier, c’est buçuk : bir buçuk saat, une heure et demie. Jamais l’un pour l’autre.
Deux chiffres voisins collés signifient « environ » : beş on kişi, une dizaine de personnes ; üç beş gün, quelques jours ; bir iki dakika, une ou deux minutes.
Encore deux points d’écriture. La virgule décimale se lit virgül : sıfır virgül beş pour une demie en chiffres. Et la moitié d’une chose précise se dit avec une forme possessive — elmanın yarısı, la moitié de la pomme — construction qui appartient au génitif.
Un dernier repère de tri : tout ce qui se compte sans chiffre — beaucoup, quelques, chaque, aucun — n’est pas d’ici et vit sur la page des mots de quantité.
Les nombres sont le premier terrain d’écoute utile. Un prix lancé au marché, un numéro de quai, une heure de bus : ce sont des suites de mots courts, dits vite, que l’œil ne prépare pas. Notre cours de turc les fait entendre dans des situations réelles, en leçons de quatorze minutes.
Chaque question porte sur un point exposé ci-dessus : la formation des nombres, les trois suffixes qu’ils reçoivent et les habitudes de comptage. Touchez une réponse, puis Correction.
Cinquante-neuf pages qui se répondent — de l’harmonie vocalique à l’ordre des suffixes du verbe, des six cas au discours rapporté, avec des exercices corrigés sur chacune. Une langue où tout se colle au bout du mot, dans un ordre qui ne varie jamais.
Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.
Par simple juxtaposition, du plus grand élément au plus petit, sans conjonction ni trait d’union : on bir, yirmi beş, yüz otuz yedi. Les dizaines de soixante-dix à quatre-vingt-dix sont des mots simples, yetmiş, seksen, doksan.
Avec le suffixe ordinal sous ses quatre formes : birinci, ikinci, üçüncü, dördüncü, beşinci. Après une voyelle, la voyelle du suffixe tombe. Les mots ilk et son, le premier et le dernier, échappent au suffixe.
Une forme qui signifie « tant chacun » ou « tant à la fois » et que le français ne rend qu’en plusieurs mots. Herkese ikişer tane verdi : il en a donné deux à chacun. Le suffixe est -ar ou -er après une consonne, -şar ou -şer après une voyelle.
En mettant le dénominateur au locatif, avant le numérateur : üçte bir pour un tiers, dörtte üç pour trois quarts, yüzde elli pour cinquante pour cent. L’ordre est l’inverse du français.
Yarım est une demie autonome : yarım saat, une demi-heure. Buçuk suit obligatoirement un nombre entier : bir buçuk saat, une heure et demie. Les deux ne se remplacent jamais.
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