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Cours de langues›Le conditionnel

Si… alors : l’hypothèse turque tient dans un suffixe

Pas de mot « si » obligatoire, pas de mode conditionnel. Un suffixe posé sur le verbe suffit à poser une condition — et un autre exprime ce qui aurait pu être.

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Le suffixe de condition

Ajouté au verbe, il transforme la proposition en hypothèse : « si tu viens », « si j’ai le temps ». Il se place après le suffixe de temps, avant celui de personne, selon l’ordre habituel.

Un mot signifiant « si » existe aussi et se place en tête de proposition. Il n’est pas obligatoire : le suffixe suffit. Quand les deux se combinent, l’hypothèse est simplement soulignée.

La proposition conditionnelle vient avant la principale, comme toutes les subordonnées turques. Voir l’ordre des mots.

Deux hypothèses, deux constructions

La condition réalisable

« Si tu viens, nous irons » : l’hypothèse est ouverte, elle peut se produire. Le verbe de la subordonnée porte simplement le suffixe de condition, et la principale se met au futur ou à l’aoriste.

La condition irréelle

« Si tu étais venu, nous serions allés » : l’hypothèse ne s’est pas réalisée, ou ne peut pas l’être. Le turc combine alors le suffixe de condition avec un élément de passé, dans la subordonnée comme dans la principale.

C’est ici que le turc remplace notre conditionnel : la principale prend un suffixe de futur suivi d’un élément de passé, ce qui donne l’équivalent exact de « je serais allé ». Voir la copule suffixée.

Ce qu’il faut en retenir

Le turc n’a pas de mode conditionnel comme le français. Il obtient le même résultat en empilant des suffixes qu’il possède déjà — condition, passé, futur — selon des combinaisons régulières. Il n’y a donc aucune conjugaison nouvelle à apprendre, seulement des assemblages. Voir l’agglutination.

Les autres emplois du suffixe

Comme souvent en turc, un suffixe utile ne sert pas qu’à une chose.

1

Le souhait

Combiné à certaines particules, il exprime le regret ou le désir : « si seulement… ». C’est une tournure très courante.

2

La suggestion

« Et si on partait ? » se construit avec ce suffixe, souvent accompagné de la particule interrogative.

3

La concession

Suivi d’un mot signifiant « aussi », il donne « même si », « quand bien même ». Une combinaison figée à apprendre entière.

Un dernier point de vigilance. Le français emploie le conditionnel pour la politesse — « je voudrais », « pourriez-vous ». Le turc ne le fait pas : c’est l’aoriste, souvent à la forme interrogative, qui remplit ce rôle. Transposer notre conditionnel de politesse en turc produit une phrase bancale.

Un chapitre plus simple qu’il n’en a l’air. Ce qui effraie dans le conditionnel français — la concordance, les formes irrégulières — n’existe pas ici. Il n’y a qu’un suffixe et des combinaisons régulières. Notre cours de turc les met en situation, en leçons audio de quatorze minutes.

Exercices : le suffixe de condition et l’hypothèse

Chaque question porte sur le suffixe de condition et sur les constructions de l’hypothèse décrites ci-dessus. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. En turc, l’hypothèse se marque par ___.
  2. Dans le verbe, le suffixe de condition se place ___.
  3. Le mot signifiant « si » se place ___.
  4. Ce mot signifiant « si » est-il obligatoire ? ___
  5. Quand le mot « si » et le suffixe se combinent, ___.
  6. La proposition conditionnelle vient ___ la principale.
  7. Cette place de la subordonnée ___.
  8. Dans une condition réalisable, le verbe de la subordonnée porte ___.
  9. Dans une condition réalisable, la principale se met ___.
  10. La condition irréelle combine le suffixe de condition avec ___.
  11. Dans la condition irréelle, cet élément de passé apparaît ___.
  12. Pour obtenir l’équivalent exact de « je serais allé », la principale prend ___.
  13. Le turc ___ un mode conditionnel comparable à celui du français.
  14. Ces constructions demandent d’apprendre ___.
  15. Combiné à certaines particules, le suffixe de condition exprime ___.
  16. « Et si on partait ? » relève de ___.
  17. Suivi d’un mot signifiant « aussi », le suffixe de condition donne ___.
  18. Pour la politesse — « je voudrais », « pourriez-vous » — le turc emploie ___.

Toute la grammaire turque, chapitre par chapitre

Cinquante-neuf pages qui se répondent — de l’harmonie vocalique à l’ordre des suffixes du verbe, des six cas au discours rapporté, avec des exercices corrigés sur chacune. Une langue où tout se colle au bout du mot, dans un ordre qui ne varie jamais.

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Questions fréquentes

Comment dit-on « si » en turc ?

Par un suffixe de condition ajouté au verbe. Un mot signifiant « si » existe aussi mais n’est pas obligatoire : le suffixe suffit, et les deux ensemble soulignent l’hypothèse.

Le turc a-t-il un mode conditionnel ?

Non. Il obtient le même résultat en empilant des suffixes qu’il possède déjà — condition, passé, futur — selon des combinaisons régulières. Aucune conjugaison nouvelle à apprendre.

Comment distinguer le possible de l’irréel ?

La condition réalisable prend le seul suffixe de condition. La condition irréelle y ajoute un élément de passé, dans la subordonnée comme dans la principale.

Peut-on employer le conditionnel par politesse ?

Non, le turc ne fonctionne pas ainsi. C’est l’aoriste, souvent à la forme interrogative, qui exprime la politesse. Transposer notre « je voudrais » produit une phrase bancale.

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