Un suffixe suffit. Et le turc pousse le passif plus loin que nous : il peut mettre au passif des verbes qui n'ont aucun complément d'objet.
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Un suffixe s'ajoute à la racine du verbe, avant tous les autres. Le verbe se conjugue ensuite normalement : temps, personne, négation s'empilent derrière comme d'habitude. Voir l'agglutination.
Le suffixe a deux formes, dont le choix dépend de la fin de la racine — voyelle ou consonne, et laquelle. C'est une répartition régulière, sans exception notable.
Ni auxiliaire, ni participe, ni accord. Là où le français mobilise « être » plus un participe passé qu'il faut accorder, le turc ajoute deux ou trois lettres. Voir ni genre ni article.
Voici la particularité qui rend ce chapitre intéressant. En français, seuls les verbes ayant un complément d'objet direct peuvent se mettre au passif : on ne peut pas dire « il est marché ».
Le turc, lui, met au passif des verbes intransitifs. Le résultat est une phrase sans aucun sujet, qui décrit une action sans dire qui l'accomplit. C'est l'équivalent le plus exact de notre « on » — mais sans même le pronom « on ».
Cette construction est partout dans la vie courante : les panneaux, les consignes, les règlements, les annonces. « Ici, on ne fume pas », « on entre par là », « on part à huit heures » sont tous des passifs impersonnels.
Parce que c'est la façon neutre de formuler une règle ou un usage sans désigner personne — donc sans risquer d'être trop direct. Le turc y recourt beaucoup plus souvent que le français au passif.
Il existe, mais il est rare. Le turc emploie le passif précisément quand il ne veut pas nommer l'auteur de l'action ; préciser « par qui » va donc à contre-courant de la construction. Quand c'est nécessaire, une postposition s'en charge.
Le passif appartient à un ensemble de suffixes qui modifient la relation entre le verbe et ses participants. Ils se combinent entre eux, dans un ordre fixe, et forment l'un des mécanismes les plus puissants de la langue.
Faire faire quelque chose à quelqu'un. Il peut même s'empiler sur lui-même. Voir le causatif.
Se faire à soi-même, ou se faire l'un à l'autre. Voir réfléchi et réciproque.
« Il a été fait construire » : la combinaison est parfaitement normale en turc, et intraduisible d'un bloc en français.
Attention à un point de vigilance : certains suffixes de cette famille se ressemblent beaucoup à l'oreille. Un verbe passif et un verbe réfléchi peuvent différer d'une seule lettre. C'est une difficulté de compréhension avant d'être une difficulté de production.
Ce qu'il faut viser. Reconnaître ces suffixes à l'écoute, dans le flux d'un mot long. C'est exactement ce que travaille notre cours de turc, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes.
Trente-sept pages qui se répondent — des deux règles qui gouvernent toute la langue jusqu'aux phrases complexes. À parcourir dans l'ordre, ou au gré de vos questions.
Lire cette page ne vous fera pas parler — écouter, si. Quatorze minutes par jour, vous répétez à voix haute ce que vous entendez, et la langue s'installe. La première leçon est gratuite sur la plateforme ou l'application, sans carte bancaire.
Par un suffixe ajouté à la racine, avant tous les autres. Ni auxiliaire, ni participe, ni accord : là où le français mobilise « être » plus un participe, le turc ajoute deux ou trois lettres.
Un passif formé sur un verbe intransitif, qui produit une phrase sans aucun sujet. C'est l'équivalent le plus exact de notre « on », mais sans même le pronom — et on le trouve partout sur les panneaux et les consignes.
C'est possible mais rare. Le turc emploie le passif précisément quand il ne veut pas nommer l'auteur ; quand c'est nécessaire, une postposition s'en charge.
Oui, avec le causatif, le réfléchi et le réciproque, dans un ordre fixe. « Il a été fait construire » est une forme parfaitement normale en turc.
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