Il traduit « il paraît que », « apparemment », « tiens donc ». Un seul suffixe pour tout cela — et le français a besoin d'une phrase entière.
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Le turc possède deux passés, et ils ne se distinguent pas par le moment de l'action mais par la source de l'information. Le premier, en -di, s'emploie pour ce qu'on a vu ou vécu — voir le passé en -di. Le second, en -miş, pour tout le reste.
« Tout le reste » recouvre trois situations bien distinctes, et c'est ce qui rend ce suffixe si riche.
Ce qu'on rapporte. Vous transmettez une information reçue de quelqu'un d'autre. L'équivalent de « il paraît qu'il est parti » — sans avoir à ajouter « il paraît que ».
Ce qu'on déduit. Vous constatez un résultat et vous en inférez la cause. Vous voyez le sol mouillé : « il a plu ». Vous ne l'avez pas vu pleuvoir.
Ce qu'on découvre avec surprise. Vous réalisez quelque chose qui vous avait échappé. Le suffixe porte alors une nuance d'étonnement que le français rend par l'intonation ou par « tiens ».
Tout récit dont le narrateur n'a pas été témoin se met à ce temps : contes traditionnels, légendes, histoires drôles, anecdotes rapportées. Un conte turc commence et se déroule entièrement en -miş. C'est un marqueur de genre littéraire à lui seul.
Usage remarquable : on peut employer ce passé pour une action dont on a été l'auteur mais dont on n'était pas conscient — pendant le sommeil, l'ivresse, la maladie, ou l'enfance trop jeune pour s'en souvenir. « J'ai dormi », dit par quelqu'un qui s'en rend compte au réveil.
En employant -miş pour quelque chose que votre interlocuteur vient d'affirmer, vous signalez que vous ne le prenez pas à votre compte. C'est une façon polie — ou franchement moqueuse, selon le ton — d'exprimer le doute. Cette nuance est très employée dans la conversation courante.
Il ne signifie pas que l'information est fausse. Il dit seulement que vous ne l'avez pas constatée vous-même — ce qui est une précision, pas un désaveu.
Notre langue ne nous oblige jamais à indiquer d'où nous tenons ce que nous disons. Nous pouvons le faire — « il paraît que », « apparemment » — mais c'est facultatif, et nous l'omettons la plupart du temps.
En turc, le choix est obligatoire à chaque phrase au passé. Il n'existe pas de forme neutre qui permette de ne pas se prononcer. Un francophone qui emploie -di partout affirme donc constamment avoir été témoin — ce qui sonne faux, parfois présomptueux.
La bonne approche n'est pas d'apprendre une règle mais de prendre une habitude : avant de raconter quelque chose au passé, se demander est-ce que j'y étais ? La réponse choisit le suffixe.
Ce suffixe sert aussi de participe, avec le sens d'un résultat acquis, et entre dans la formation de temps composés qui expriment l'antériorité. Voir la copule suffixée.
Le chapitre qui fait passer pour un bon locuteur. Maîtriser l'opposition entre les deux passés produit un effet immédiat de justesse, bien supérieur à celui d'un vocabulaire étendu. Et cela s'acquiert uniquement en écoutant des gens raconter. Notre cours de turc est cent pour cent audio, en leçons de quatorze minutes.
Trente-sept pages qui se répondent — des deux règles qui gouvernent toute la langue jusqu'aux phrases complexes. À parcourir dans l'ordre, ou au gré de vos questions.
Lire cette page ne vous fera pas parler — écouter, si. Quatorze minutes par jour, vous répétez à voix haute ce que vous entendez, et la langue s'installe. La première leçon est gratuite sur la plateforme ou l'application, sans carte bancaire.
Pour ce qu'on rapporte d'après autrui, ce qu'on déduit d'un indice, et ce qu'on découvre avec surprise. Autrement dit, pour tout ce dont on n'a pas été témoin direct.
Non. Il dit seulement que vous ne l'avez pas constatée vous-même — une précision sur la source, pas un désaveu. Selon le ton, il peut toutefois marquer le doute ou l'ironie.
Parce que le narrateur n'a pas été témoin de ce qu'il raconte. Tout récit rapporté — conte, légende, histoire drôle — se déroule entièrement en -miş, au point que c'est un marqueur de genre.
Oui, pour une action dont on a été l'auteur sans en être conscient : pendant le sommeil, la maladie, ou une enfance trop jeune pour s'en souvenir.
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