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Cours de langues›Réfléchi et réciproque

Se laver, se rencontrer : deux suffixes pour deux « se » différents

Le français emploie « se » pour tout. Le turc distingue ce qu’on se fait à soi-même de ce qu’on se fait l’un à l’autre — et les deux suffixes ne se ressemblent pas.

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Deux notions que le français confond

Notre pronom « se » recouvre au moins trois choses différentes. « Il se lave » : il lave lui-même. « Ils se regardent » : chacun regarde l’autre. « Ça se vend bien » : personne en particulier ne le vend.

Le turc sépare ces trois cas avec trois suffixes distincts. Le troisième est le passif, traité ailleurs. Les deux premiers font l’objet de cette page.

Le réfléchi indique que l’action revient sur celui qui l’accomplit. Il s’ajoute à la racine, avant le temps et la personne, comme tous les suffixes de cette famille.

Le réciproque indique que plusieurs participants agissent les uns sur les autres. C’est le suffixe de « se rencontrer », « se disputer », « s’écrire ».

Le réciproque fait plus que réciproquer

Voici son intérêt principal, et il déborde largement la grammaire du pronom « se ».

Ce même suffixe sert à exprimer l’idée de faire quelque chose ensemble, ou de faire quelque chose collectivement, sans qu’il y ait réciprocité à proprement parler. Plusieurs personnes courent ensemble, chantent ensemble, travaillent de concert : un seul suffixe le dit.

Il exprime aussi, avec certains verbes, une idée de dispersion ou d’action désordonnée accomplie par plusieurs — une nuance que le français ne peut rendre qu’avec un adverbe.

C’est pourquoi il faut se méfier de la traduction mécanique : un verbe portant ce suffixe ne correspond pas forcément à un verbe pronominal français. Il vaut mieux apprendre ces verbes comme des unités.

Le réfléchi, lui, est souvent figé

Beaucoup de verbes réfléchis turcs ont pris un sens propre, éloigné du verbe de base. Le suffixe est là, historiquement, mais le sens ne se déduit plus. Ce sont des mots du vocabulaire, pas des constructions à fabriquer.

Pour un réfléchi véritablement productif, le turc emploie plutôt un mot signifiant « soi-même », accompagné des suffixes possessifs — une construction parallèle, plus explicite. Voir les pronoms.

L’ordre des suffixes de voix

Les quatre suffixes — réfléchi, réciproque, causatif, passif — peuvent se combiner, et leur ordre n’est pas libre.

Il suit la logique du sens : chaque suffixe s’applique à ce qui le précède. Un causatif suivi d’un passif signifie « avoir été fait faire » ; l’ordre inverse signifierait autre chose.

Le point de vigilance est phonétique. Ces suffixes sont courts et se ressemblent : une seule consonne peut séparer un réciproque d’un passif, un réfléchi d’un causatif. À la lecture, on les distingue ; à l’oreille, dans un débit normal, beaucoup moins.

C’est l’une des raisons pour lesquelles le turc paraît difficile à comprendre alors qu’il est facile à construire. La difficulté est dans l’écoute, pas dans la règle — un constat qui vaut pour une grande partie de cette grammaire. Voir les mutations de consonnes.

Ce qu’il faut travailler. Non pas produire ces formes, ce qui viendra naturellement, mais les repérer dans un mot entendu. Cela ne s’obtient que par l’exposition répétée. Notre cours de turc est entièrement audio, en leçons de quatorze minutes.

Exercices : le réfléchi et le réciproque

Chaque question porte sur les deux suffixes présentés ci-dessus et sur l’ordre des suffixes de voix. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. « Il se lave » exprime une action ___.
  2. « Ils se regardent » exprime ___.
  3. « Ça se vend bien » relève ___.
  4. Là où le français emploie se pour ces trois cas, le turc ___.
  5. Le suffixe du réfléchi se place ___.
  6. « Se rencontrer », « se disputer », « s’écrire » demandent ___.
  7. Ce même suffixe sert également à dire ___.
  8. Plusieurs personnes qui chantent ensemble emploient donc ___.
  9. Avec certains verbes, ce suffixe exprime en plus une idée de ___.
  10. Cette nuance, le français ne peut la rendre qu’___.
  11. Un verbe portant ce suffixe correspond-il toujours à un verbe pronominal français ? ___
  12. Beaucoup de verbes réfléchis turcs ___.
  13. Ces réfléchis figés sont donc ___.
  14. Pour un réfléchi vraiment productif, le turc emploie ___.
  15. Les suffixes de voix sont au nombre de ___.
  16. L’ordre de ces suffixes ___.
  17. Un causatif suivi d’un passif signifie ___.
  18. Une seule consonne pouvant séparer un réciproque d’un passif, la difficulté est ___.

Toute la grammaire turque, chapitre par chapitre

Cinquante-neuf pages qui se répondent — de l’harmonie vocalique à l’ordre des suffixes du verbe, des six cas au discours rapporté, avec des exercices corrigés sur chacune. Une langue où tout se colle au bout du mot, dans un ordre qui ne varie jamais.

Passez à la pratique

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Questions fréquentes

Quelle différence entre réfléchi et réciproque ?

Le réfléchi indique que l’action revient sur celui qui l’accomplit — « il se lave ». Le réciproque indique que plusieurs participants agissent les uns sur les autres — « ils se regardent ». Le turc a deux suffixes distincts.

Le réciproque sert-il à autre chose ?

Oui, à exprimer l’idée de faire quelque chose ensemble ou collectivement, sans réciprocité véritable — et parfois une nuance de dispersion que le français ne rend qu’avec un adverbe.

Peut-on fabriquer librement des verbes réfléchis ?

Pas vraiment : beaucoup ont pris un sens propre, éloigné du verbe de base. Pour un réfléchi productif, le turc emploie plutôt un mot signifiant « soi-même » avec les suffixes possessifs.

Pourquoi ces suffixes sont-ils difficiles ?

Parce qu’ils sont courts et se ressemblent : une seule consonne peut séparer un réciproque d’un passif. On les distingue à la lecture, beaucoup moins à l’oreille dans un débit normal.

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