Ils sont peu nombreux et vous ne pouvez pas les éviter : ce sont les verbes de la première phrase que vous direz. Leur irrégularité n’est pas un désordre, elle se range en quatre familles.
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Les verbes irréguliers de l’italien sont les mêmes que ceux du français : être, avoir, aller, faire, vouloir, pouvoir, devoir, dire, savoir. Ce n’est pas un hasard, et cela vous donne un point d’appui.
Un verbe très employé résiste à la régularisation : il est répété si souvent qu’il se transmet tel quel, avec ses accidents. Un verbe rare, au contraire, s’aligne sur le modèle général. C’est pourquoi les listes d’irréguliers se ressemblent d’une langue romane à l’autre, et pourquoi il faut apprendre celle-ci d’abord : sans elle, on ne peut dire ni sono francese, ni non ho tempo, ni vado a casa.
Avant d’ouvrir les tableaux, une observation qui vous fera gagner du temps. L’irrégularité se concentre sur deux personnes, io et loro, qui partagent presque toujours le même radical. vengo et vengono, esco et escono, scelgo et scelgono, dico et dicono, posso et possono : une seule forme à retenir pour deux cases du tableau. Les personnes tu, noi et voi restent, elles, beaucoup plus proches de l’infinitif, et souvent tout à fait régulières. Dans la liste qui suit, la forme de voi n’est irrégulière que chez cinq verbes très courts : siete, fate, date, state, dite.
Les terminaisons régulières et les verbes qui les suivent sont traités à la page le présent de l’indicatif : elles ne sont pas reprises ici, où l’on ne s’occupe que des radicaux.
Ces deux-là ne ressemblent à rien, pas même à leur infinitif. Il n’y a aucune logique à y chercher : ils s’apprennent en bloc, le premier jour, et ils servent tous les jours.
| Personne | essere | avere |
|---|---|---|
| io | sono | ho |
| tu | sei | hai |
| lui, lei | è | ha |
| noi | siamo | abbiamo |
| voi | siete | avete |
| loro | sono | hanno |
Une forme pour deux personnes. sono vaut « je suis » et « ils sont ». L’italien vit très bien avec cette ambiguïté, parce que ce qui suit la tranche : dans sono italiano l’adjectif est au singulier, dans sono italiani il est au pluriel. Quand rien ne départage, on ajoute le pronom.
Le h de avere ne se prononce pas. Il ne sert qu’à distinguer ces formes de mots qui se prononcent exactement pareil : ho contre o « ou », hai contre ai « aux », ha contre a « à », hanno contre anno « année ». Un francophone ne risque pas de le prononcer ; il risque de l’oublier en écrivant.
L’accent de è n’est pas décoratif. Sans lui, on écrit e, qui veut dire « et ». La différence entre Marco è alto, « Marco est grand », et Marco e alto, « Marco et grand », tient tout entière dans ce trait.
Enfin, avere couvre en italien un terrain que le français confie à « être » : on a faim, on a froid, on a raison, et on a un âge.
Ces deux verbes servent aussi à former les temps composés, où le choix entre eux obéit à des règles propres, exposées à la page le passé composé. Autre emploi à connaître : la troisième personne du singulier sert au vouvoiement, car la politesse italienne passe par un pronom de troisième personne. Lei è francese? signifie « Vous êtes français ? », et ce système est décrit à la page les pronoms compléments.
andare, fare, dare, stare se conjuguent ensemble parce qu’ils s’abrègent de la même manière : leurs formes sont si courtes qu’il ne reste presque rien du radical.
| Personne | andare | fare | dare | stare |
|---|---|---|---|---|
| io | vado | faccio | do | sto |
| tu | vai | fai | dai | stai |
| lui, lei | va | fa | dà | sta |
| noi | andiamo | facciamo | diamo | stiamo |
| voi | andate | fate | date | state |
| loro | vanno | fanno | danno | stanno |
Les quatre partagent la même finale au pluriel, -anno, qui s’écrit comme le nom anno et se prononce de même. Trois d’entre eux abrègent aussi la forme de voi — fate, date, state — tandis que andate reste régulier.
Une précision d’orthographe que beaucoup de méthodes passent sous silence : dà porte un accent écrit, parce que da sans accent est une préposition. va, fa et sta n’en ont pas besoin, et la première personne de dare s’écrit aujourd’hui do, sans accent non plus.
fare mérite une attention particulière parce qu’il a un radical double : facc- devant les terminaisons en o et en -iamo, fa- ailleurs. C’est aussi l’un des verbes les plus productifs de la langue.
stare a deux vies : verbe ordinaire, il dit la santé et le fait de se trouver quelque part ; auxiliaire, il sert à former l’action en cours, ce que traite la page l’action en cours. Les formes d’ordre va’, fa’, da’, sta’, elles, appartiennent à la page donner un ordre.
potere, volere, dovere et sapere forment un groupe à part : ils se placent devant un infinitif, directement, sans préposition, comme en français.
| Personne | potere | volere | dovere | sapere |
|---|---|---|---|---|
| io | posso | voglio | devo | so |
| tu | puoi | vuoi | devi | sai |
| lui, lei | può | vuole | deve | sa |
| noi | possiamo | vogliamo | dobbiamo | sappiamo |
| voi | potete | volete | dovete | sapete |
| loro | possono | vogliono | devono | sanno |
Regardez les deux premières colonnes : la voyelle du radical se dédouble exactement là où l’accent de la voix tombe sur elle. puoi, può, vuoi, vuole ont un uo ; possiamo, potete, vogliamo, volete, où l’accent s’est déplacé sur la terminaison, retrouvent un simple o. Ce n’est pas un caprice, c’est un mécanisme de toute la langue, et vous le retrouverez plus loin avec vieni et veniamo.
Deux formes valent d’être surveillées. dobbiamo ne ressemble à rien d’autre dans sa colonne : personne ne le devine, tout le monde l’oublie. può porte un accent écrit obligatoire. Et vuoi comme puoi se terminent par -i alors que la logique voudrait un -e.
Ces quatre verbes sont l’outil de survie du voyageur : avec posso, vorrei — que vous rencontrerez plus tard — et sa dov’è, on se débrouille partout.
Voilà la famille la plus rassurante du lot, à condition d’en comprendre le principe. dire et bere ne sont pas irréguliers dans leur conjugaison : ils sont irréguliers dans leur infinitif, qui a perdu une syllabe en chemin. Le présent, lui, restitue le radical complet et se conjugue ensuite tout à fait normalement.
| Personne | dire, radical dic- | bere, radical bev- |
|---|---|---|
| io | dico | bevo |
| tu | dici | bevi |
| lui, lei | dice | beve |
| noi | diciamo | beviamo |
| voi | dite | bevete |
| loro | dicono | bevono |
Une fois bev- admis, bere est un verbe régulier en -ere, du début à la fin : plus rien à mémoriser. dire se comporte pareil sur dic-, avec une seule anomalie, la forme de voi : c’est dite et non dicete. Le même mécanisme s’observe chez tradurre, « traduire », qui donne traduco, traduciamo, traducono.
Dernière famille, et la plus productive. Chez ces verbes, les deux personnes qui portent l’irrégularité — io et loro — font apparaître un g qui n’existe nulle part ailleurs dans la conjugaison. Les quatre autres personnes restent proches de l’infinitif, avec le dédoublement de voyelle déjà rencontré chez potere.
| Personne | venire | tenere | scegliere | uscire |
|---|---|---|---|---|
| io | vengo | tengo | scelgo | esco |
| tu | vieni | tieni | scegli | esci |
| lui, lei | viene | tiene | sceglie | esce |
| noi | veniamo | teniamo | scegliamo | usciamo |
| voi | venite | tenete | scegliete | uscite |
| loro | vengono | tengono | scelgono | escono |
venire et tenere marchent exactement du même pas : -ng- chez io et loro, ie chez tu et lui, radical nu chez noi et voi. Ce modèle vaut pour toute leur descendance, et elle est nombreuse : rimanere, « rester », donne rimango et rimangono.
scegliere illustre une variante du même phénomène : le groupe -gli- devient -lg- chez io et loro, et seulement là. On retrouve ce basculement chez togliere, « enlever » (tolgo, tolgono), et cogliere, « cueillir, saisir » (colgo, colgono).
uscire est à part, et c’est le verbe le plus déroutant de la page pour un débutant : la voyelle du radical change complètement. Là où l’accent tombe sur le radical, on entend esc- ; là où il passe sur la terminaison, on retrouve usc-. Personne ne devine esco à partir de uscire, et l’erreur usco est universelle chez les francophones débutants.
Ces tableaux ne se retiennent pas en les lisant. Ils se retiennent parce que l’on a entendu vengo, esco et dobbiamo cent fois dans des phrases dites à vitesse normale, jusqu’à ce que la forme fautive sonne faux d’elle-même. C’est le travail de le cours d’italien, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes : la première leçon est offerte, et la suite se fait par abonnement.
Complétez chaque phrase avec la forme irrégulière correcte, puis touchez Correction.
Quarante pages qui se répondent, avec des exercices corrigés sur chacune. Elles donnent le plus de place à ce qui trompe précisément un francophone : essere ou avere au passé composé, l’accord du participe, les pronoms groupés, les particules ne et ci, le subjonctif après penso che, l’article devant le possessif. Comprendre l’italien coûte peu ; c’est le parler juste qui se travaille, et ces pages traitent exactement les endroits où le français induit en erreur.
Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.
Ceux de cette page suffisent à tenir une conversation simple : essere, avere, andare, fare, dare, stare, potere, volere, dovere, sapere, dire, bere, venire, tenere, uscire, scegliere. Ce sont aussi les plus fréquents, donc ceux que vous pratiquez le plus vite.
Parce que l’italien s’est trouvé avec deux formes devenues identiques et qu’il ne s’en embarrasse pas : ce qui suit le verbe tranche presque toujours. Sono stanco est au singulier, sono stanchi au pluriel. Si la phrase reste ambiguë, on ajoute le pronom sujet.
Non, jamais : le h italien est purement graphique dans ces formes. Il sert à les distinguer à l’écrit de o, ai, a et anno, qui se prononcent exactement pareil. L’oublier en écrivant est l’une des fautes les plus visibles.
En retenant que la voyelle suit l’accent de la voix : quand l’accent tombe sur le radical, on entend esc- — esco, esci, esce, escono ; quand il passe sur la terminaison, on retrouve usc- — usciamo, uscite. Le même partage explique vengo face à veniamo.
Non : posso entrare, voglio dormire, devo andare, so nuotare. L’infinitif suit directement, comme en français. Les verbes qui réclament au contraire une préposition forment une liste à part, propre à chaque verbe.
Parce que da sans accent existe déjà comme préposition, et qu’il fallait distinguer les deux mots. Rien ne concurrence va, fa et sta, qui s’écrivent donc sans accent. La première personne, elle, s’écrit aujourd’hui do.
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