Comparer en italien est d’une simplicité rassurante jusqu’au moment de traduire « que ». L’italien a deux mots là où le français n’en a qu’un, et le choix entre di et che ne dépend pas du sens mais de la nature du mot qui suit.
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Pour dire qu’une chose en dépasse une autre, l’italien met più devant l’adjectif ; pour dire l’inverse, meno. Rien à retenir de plus : l’adjectif ne change pas de forme et s’accorde normalement avec son nom.
Pour l’égalité, deux couples : (così)… come et (tanto)… quanto. Le premier mot est presque toujours omis dans la langue parlée, et l’on entend simplement come.
Deux tournures de comparaison progressive se disent tous les jours et se construisent exactement comme en français. Sempre più et sempre meno rendent « de plus en plus » et « de moins en moins » ; più… più rend « plus… plus ».
Le français dit que dans tous les cas. L’italien tranche selon la nature de ce qui suit, et un francophone qui l’ignore emploie di partout, ce qui s’entend immédiatement. La règle est mécanique, et elle s’applique sans exception.
Di devant un nom, un pronom ou un nombre. C’est le cas le plus fréquent, celui où l’on compare deux êtres ou deux objets sur une même qualité.
Che dans tous les autres cas. La liste est courte et se tient en quatre situations, qui ont toutes en commun que le mot comparé n’est pas un nom nu.
| Ce qui suit | Exemple | Traduction |
|---|---|---|
| un infinitif | È più facile parlare che scrivere. | plus facile de parler que d’écrire |
| un adjectif | È più simpatico che intelligente. | plus sympathique qu’intelligent |
| un adverbe | Meglio oggi che domani. | mieux aujourd’hui que demain |
| un mot précédé d’une préposition | A Roma fa più caldo che a Milano. | plus chaud à Rome qu’à Milan |
| deux noms compléments du même verbe | Bevo più acqua che vino. | je bois plus d’eau que de vin |
La dernière ligne est celle qu’on rate toujours, et elle mérite qu’on s’y arrête. Comparez : Marco legge più di Paolo compare deux lecteurs, donc di ; Marco legge più libri che giornali compare deux choses lues par la même personne, donc che. Le sens du test est là : si les deux termes comparés occupent la même fonction dans la phrase et dépendent du même verbe, c’est che.
Quand le second terme est une phrase avec un verbe conjugué, l’italien passe par di quello che ou di quanto : è più intelligente di quello che sembra, « il est plus intelligent qu’il n’y paraît ».
Pour dire « le plus » ou « le moins » d’un ensemble, l’italien fait comme nous : un article, puis più ou meno. Mais il ne répète pas l’article, et c’est la faute la plus visible du francophone, parce que le français en met deux.
Le français écrit le garçon le plus sympathique, avec deux articles ; l’italien n’en met qu’un, au début du groupe, et enchaîne directement più après le nom. Le complément qui délimite l’ensemble s’introduit par di, souvent soudé à un article, ou par tra et fra quand on compare des individus d’un groupe. Les formes de l’article lui-même sont décrites à la page il, lo, un, uno.
Une phrase comme è il libro più bello che abbia letto, « c’est le plus beau livre que j’aie lu », montre au passage qu’un superlatif entraîne souvent un mode particulier dans la proposition qui suit. Ce point relève de la page che, cui, il quale, qui traite le verbe de la relative.
Voici le morceau le plus agréable de la page, parce qu’il est facile et immédiatement rentable. Quand il n’y a pas de comparaison et qu’on veut seulement dire « très », l’italien colle -issimo à la fin de l’adjectif, après avoir retiré sa voyelle finale. Le résultat s’accorde comme un adjectif ordinaire en -o.
Deux petites régularités d’orthographe suffisent à couvrir presque tous les cas. Les adjectifs en -co et -go conservent leur son dur en ajoutant un h : lungo donne lunghissimo, ricco donne ricchissimo, stanco donne stanchissimo. Ceux dont l’accent tombe plus haut dans le mot, comme simpatico, gardent au contraire le son doux : simpaticissimo. Et les adjectifs en -io perdent simplement leur finale : vecchio donne vecchissimo.
La même terminaison s’ajoute à des adverbes, et ces formes sont parmi les mots les plus fréquents de la conversation italienne.
L’autre façon de dire la même chose est molto devant l’adjectif : molto bella vaut bellissima, sans différence de sens. Un francophone aura tendance à n’employer que celle-là, par analogie avec très, et il aura tort : là où notre suffixe -issime fait littéraire, -issimo est de la langue de tous les jours, y compris chez des enfants. Le reconnaître à l’oreille est indispensable ; le produire donne aussitôt un italien plus naturel.
Quatre adjectifs disposent, en plus des formes régulières avec più, de formes héritées du latin. Le système est le même qu’en français avec bon, meilleur, le meilleur, ce qui aide beaucoup.
| Adjectif | Comparatif | Superlatif relatif | Superlatif absolu |
|---|---|---|---|
| buono | migliore | il migliore | ottimo |
| cattivo | peggiore | il peggiore | pessimo |
| grande | maggiore | il maggiore | massimo |
| piccolo | minore | il minore | minimo |
| bene | meglio | — | benissimo |
| male | peggio | — | malissimo |
Les formes régulières restent disponibles : più buono et più cattivo s’emploient très bien, surtout à propos du goût (questa pizza è più buona). Avec grande et piccolo, en revanche, le partage est net : più grande et più piccolo parlent de la taille, tandis que maggiore et minore parlent de l’âge, du rang ou de l’importance.
Le point qui fait trébucher est ailleurs : migliore est un adjectif, meglio un adverbe, et le français fait la même distinction avec meilleur et mieux. On dit donc questo vino è migliore, parce qu’on qualifie un vin, mais oggi sto meglio, parce qu’on qualifie une manière d’aller. Même partage entre peggiore et peggio. Devant un nom, migliore perd souvent son -e final : il miglior amico.
Ottimo et pessimo ne sont pas réservés à l’écrit soutenu, contrairement à ce que leur allure latine suggère : ce sont les mots que l’on entend dans un bureau, dans un bar, au téléphone. Un simple ottimo! vaut approbation complète.
Voilà la règle qui rapporte le plus à un francophone, parce qu’elle porte sur quatre mots employés à chaque phrase et parce que le français ne prépare pas du tout à son fonctionnement. Le français distingue très, qui accompagne un adjectif, et beaucoup de, qui accompagne un nom. L’italien emploie le même mot, molto, dans les deux cas — mais il le fait varier dans un seul.
Devant un nom, ces mots sont des adjectifs et s’accordent. Ils prennent le genre et le nombre du nom qu’ils déterminent, comme n’importe quel adjectif en -o.
Devant un adjectif ou un adverbe, et après un verbe, ils sont invariables. Ils ne déterminent plus rien : ils règlent un degré, et restent en -o quoi qu’il arrive.
La phrase test à retenir est molte ragazze molto simpatiche : le même mot y figure deux fois, accordé la première parce qu’il détermine ragazze, invariable la seconde parce qu’il modifie simpatiche. Qui sait produire ce groupe a compris la règle entière.
Un dernier mot sur poco, qui a une forme abrégée très courante : un po’, avec apostrophe, signifie « un peu » et se suit de di devant un nom. Un po’ di pane, un po’ stanco, aspetta un po’.
Ces formes arrivent par l’oreille, pas par le tableau. Personne ne calcule molte ou molto en parlant : les groupes se répètent jusqu’à sonner juste. C’est le principe de notre cours d’italien en leçons de quatorze minutes, et cette page se replace dans l’ensemble du dossier à partir de la grammaire italienne complète. Pour la position de l’adjectif lui-même, avant ou après le nom, voyez la place de l’adjectif.
Choisissez la forme qui convient pour rendre le français donné entre parenthèses. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante pages qui se répondent, avec des exercices corrigés sur chacune. Elles donnent le plus de place à ce qui trompe précisément un francophone : essere ou avere au passé composé, l’accord du participe, les pronoms groupés, les particules ne et ci, le subjonctif après penso che, l’article devant le possessif. Comprendre l’italien coûte peu ; c’est le parler juste qui se travaille, et ces pages traitent exactement les endroits où le français induit en erreur.
Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.
Di devant un nom, un pronom ou un nombre : più alto di Luca, più di venti. Che devant un infinitif, un adjectif, un adverbe, un mot précédé d’une préposition, et quand les deux termes comparés dépendent du même verbe : bevo più acqua che vino.
De deux façons équivalentes : molto devant l’adjectif, ou la terminaison -issimo ajoutée à l’adjectif. Molto bella et bellissima disent exactement la même chose. La seconde forme est très employée dans la langue parlée, bien plus que notre suffixe en -issime.
Parce qu’il a deux emplois. Devant un nom, il détermine et s’accorde : molti libri, molta pazienza. Devant un adjectif ou un adverbe, ou après un verbe, il règle un degré et reste invariable : molto stanca, mi piace molto. Même partage pour troppo, tanto et poco.
Migliore est un adjectif et qualifie un nom, meglio est un adverbe et qualifie un verbe : exactement le partage du français entre meilleur et mieux. Questo vino è migliore mais oggi sto meglio. Même chose entre peggiore et peggio.
Non. L’italien ne répète pas l’article : il ragazzo più simpatico della classe. C’est une faute très fréquente chez les francophones, parce que le français met bien deux articles dans « le garçon le plus sympathique ».
Les deux existent. Migliore convient partout ; più buono s’emploie très naturellement quand il s’agit de goût, comme dans questa pizza è più buona. En revanche, maggiore et minore ne remplacent pas più grande et più piccolo pour parler de taille : ils disent l’âge, le rang ou l’importance.
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